DAVID
mis îi la têtu de ses troupes, au lieu de demeui-er tranquille dans son j)alais. La tentation le trouva plono:é dans la mollesse et l'oisiveté; il succomba, et, pour cacher la honte de Bethsabée, qu'il avait soumise à ses désirs criminels, il commit un nouveau forfait. Urie, un des plus braves officiers de son armée et mari de Bethsabée, périt par l'ordre du roi, qui éjDOusa sa femme aussitôt après le temps du deuil.
14. Comme David avait sfrandement irrité le Scigneiir, le prophète Xathan vint le trouver, et lui parla ainsi; '• Il v avait dans une ville deux hommes, l'un riche, l'autre pauvre : le riche avait un grand nombre de brebis et de bœufs; le pauvre ne possédait en tout qu'une petite brebis qu'il avait achetée et nourrie. Elle avait été élevée au milieu de ses enfants, mangeant de son pain, buvant dans sa coupe, dormant sur son sein, et il la chérissait comme sa fille. Un étrano-er étant venu manger chez le riche, celui-ci ne voulut point toucher à ses brebis ni à ses bœufs pour lui donner à souper; mais il prit la brebis du pauvre, et la donna à manger à son hôte.
•' Vive Dieu ! s'écria David, indigné contre le riche, ceUii qui a fait cela mérite la mort. Il en rendra quatre fois autant jîour avoir agi de la sorte, et pour n'avoir pas épargné la brebis du pauvre. " Alors Xathan dit H David: •• Cet homme-là, c'est vo\is. " Puis, lui ayant rappelé tous les bientaits dont le Seigneur l'avait comblé, il annon(ja le châtiment qui devait lui être infli*ré en punition de son crime. ^
La prédiction ne tarda pas à s'accomplir : le fils que Bethsabée lui avait donné fut atteint dune violente maladie, dont il mourut au bout de sept jours, malgré les prières et le jeûne de David. Dieu usa cependant de miséricorde envers le roi ; car, quelque temps après, Bethsabéeeut un fils qui fut appelé Salomon, et que le prophète Xathan surnomma aimé de Dieu.
Bientôt le désordre fut à son comble dans la famille royale; Thamar, tille de David, futdéshonorée par
14. Quelle fut la mission du prophète Nathan auprès de David? — .quelles furent lo-j suites du pec:ie de DuvidV
6f) lîISTOIRE .SAINTE.
Amnon, son frère; Absalon. autre fils du roi. pour venger sa sœur, assassina Aninon au milieu d'un fe-* îin. Il se révolta ensuite contre son père, et voulut le détrôner. David, obligé de s'enfuir, adora la volonté <le Dieu dans tous ces événements; il ne cessait de ]»leurer son péché; il ne voulut jamais permettre à (•eux qui l'accompagnaient de punir Sémc-ï, qui le laaudissait et lui jetait dos pierres en le suivant <!o loin.
15. Les gens qui étaient demeurés fidèles à David, désirant le rétablir sur le trône, livrèrent bataille à l'armée d'Absalon, et la défirent. Joab, ayant appris ipie ce fils dénaturé, fuyant sur sa mule, était resté -uspendu à un arbre \)aY les cheveux, se fit conduire au lieu oii se trouvait ce prinre. et le perça de trois dards, sans avoir égard à la prière que David avait laite à tous ses ofiîciers d'épargner la vie de son fils.
Ainsi périt Absalon ! Terrible exemple pour les en- Jants qui sont assez ingrats et dénaturés pour manquer au respect et à Tobéissance qu'ils doivent à leurs parents !
A la nouvelle de la mort d'Absalon, David versa un torrent de larmes; il ne cessait de crier : ''Absalon. mon fils ! mon fils Absalon ! " Etant entré dans Jérusalem, il pardonna à ses ennemis, et ne voulut pas souttrir qu'on ternît la gloire de cette journée par la mort d'un seul homme.
David, fuyant devant son fils révolté, traversa le torrent de (Jédron, figurant ainsi Jésus-Christ trahi* ])ar un des siens, et conduit à Jérusalem pour répandre, non-seulement des larmes, mais son propre sang. ^
K). L'ordre commençait à régner partout lorsque Séba se révolta contre David. Joab eut ordre de le ]>nursuivre, et comme il assiégeait ^[aacha. où le rel>elle s'était enfermé, une femme persuada aux habitants de mettre à jnort ce factieux et de jeter sa tète par-dessus les murs; le calme fut aussitôt rétabli.
Ij. Quel fut le sort d'Absalon? — 10. Quel fut aussi celui de Séb» qui <'ci,jilt réviilté cuntre David?
DAVÎD. eî
17. David soutint encore contre les Philistin s q uelques guerres, dans l'une desquelles il aurait été tue si Abisaï, l'un de ses officiers, n'avait détourné la lance qui allait le percer.
18. Une pensée d'orgueil attira de nouveaux malheurs sur Israël. David, voulant savoir combien ses États renfermaient d'habitants, ordonna, contre l'avis de son conseil, que l'on fit un dénombrement, d'après lequel il trouva dans Israël treize cent mille hommes capables de porter les armes. Dieu, irrité de cette action, fit dire au roi qu'en punition, il lui donnait à choisir entre une famine de sept ans, une guerre de trois mois et une peste de trois jours. Le roi, se considérant comme le seul coupable, choisit la peste, comme pouvant l'attfeindre aussi bien que le dernier de SOS sujets ; en trois jours, elle enleva soixante-dix mille hommes. David, humilié devant le Seigneur, s'écriait en pleurant : '' Qu'ont fait ces brebis que vous châtiez ? C'est moi. Seigneur, qui ai péché. " Il fit dresser un autel sur le mont Moria, et y offrit un holocauste. La douleur l'avait presque conduit au tombeau lorsque Adonias, son fils, soutenu du vieux Joab et du grandprêtre Abiathar, profita de l'occasion pour se faire proclamer roi ; ;nais David, qui, par l'ordre du Seigneur, destinait la couronne à Salomon, le fit promptement sacrer, et le parti d'Adonias fut dispersé.
19. David, se sentant près de mourir, donna ses derniers avis et ses sages instructions à Salomon ; il lui recommanda de bâtir le temple dont il avail dressé le plan, et de ne pas laisser impunis les crimes de Joab qui avait tué Abner et Amaza, ni les outrages de Séméï. Ce prince mourut à l'àgede soixante-onze ans, après un règne de quarante, dont sept à Ilébron. sur la tribu de Juda, et trente-trois à Jérusalem, sur tout Israël; il fut enseveli dans Sion, qui s'appela la ville de David (1015).
1 7. Quel danger courut David dans une guerre contre les Philistins ? — 18. Comment David attira-t-il encore le malheur sur son peuple? — Comment se conduisit-il dans cette occasion? — Combien la peste euleva-t-elle de monde, pendant les trois jours qu'elle dura? — Quel est celui que David désigna pour lui succéder sur le trône ? — lU. A (juel âge David mourut-ilV
6S tlISTOIRE SATN-TÏ.
20. La vie du pieux monarque nous présente le modèle des vertus les plus sublimes. Sa générosité envers Saiil, la ferveur de son amitié pour Jonathas. sa compassion touchante pour son peuple, son courage et sa résignation dans' le malheur, nous révèlent l'âme grande et magnanime du roi. Dans son élévation sur le trône d'Israël et dans ses prodigieuses victoires, nous voyons l'élu du Seigneur ; mais, en lisant le grand nombre de Psaumes et de Cantiques qu'il a composés, nous admirons le repentir si touchant, l'humilité profonde et la foi inaltérable du saint prophète, qui voit dans l'avenir la venue du Messie promis à ses pères, et après lequel son âme ardente et pieuse soupire, comme le cerf altéré soupire après Veau <ùs fontaines.
Le livre des P.s lumes est regardai comme le précis de toute l'Écriture sainte. Personne ne parle plus dignement que le Eoi-Prophète, de Dieu, de sa puissance, de sa sagesse, de sa grandeur, de sa bonté, do sa miséricorde et de sa providence. L'Eglise en fait son exercice ordinaire ; elle s'en occupe le jour et la nuit, et toutes les assemblées retentissent de ces divins cantiques. '' 0 mon Dieu, disait saint Augustin, combien versais-je de larmes par la vive impression que faisaient sur moi les hymnes et les cantiques que j'entendais chanter' dans l'église à votre louange ! En même temps que ces chants si doux, ô mon Dieu ! frappaient mes oreilles, votre vérité coulait et s'insinuait dans mon cœur, et y excitait les sentiments dune piété aussi vive que tendre et délicieuse; je fondais en larmes, et ces larmes mêmes étaient ma consolation et mes délices. "
2L PtÈGXEDE Salomox (lols). — Salomon était bieii jeune encore lorsqu'il prit possession du trône de son père. Pour mettre fin aux révoltes que fomentaient Adonias et ceux de son parti, Salomon eut recours à plusieurs actes de rigueur : Adonias fut mis à mort et avec lui Joab et Sémeï, qui reçurent ainsi le châtiment
20. QueUes preuves de piété et do repentir David a-t-il laisd^^eâ à la post^^rité".' — Quelà sont l«s traits caractéristiques de ce raint roi? — 21. Quel l'ut le sucoesseur de David?
BALOMON. 69
dû à leur conduite à l'égard du roi David. Se voyant affermi eur son trône, lo nouveau roi conduisit eon peuple à Gabaad, où était le tabernacle du Seigneur, et y offrit mille victimes en holocauste..
22. Les premières années du règne de Salomon furent très-heureuses ; nous lisons dans la sainte Écriture que " chacun vivait à l'ombre de son figuier et de sa vigne, et que l'or était méprisé à cause de son abondance. " Le Seigneur, voulant récompenser sa piété, promit de lui accorder tout ce qu'il lui demanderait. Salomon, considérant surtout l'avantage de son peuple, demanda la sagesse pour bien gouverner. Lo Seigneur le rendit le plus sage des rois, lui accorda des richesses immenses et une gloire telle qu'aucun roi. ni avant ni après lui, ne l'a jamais égalé.
23. Salomon eut bientôt occasion de donner des preuves de la sagesse qu'il avait reçue de Dieu. Deux Jemmes, qui demeuraient ensemble, avaient chacune un enfant nouveau-né ; l'un des deux ayant été trouvé mort, chaque mère réclamait l'enfiint vivant comme étant le sien. '■ Qu'on le coupe en deux avec une épée. dit Salomon. et que chacune en ait la moitié. " La véritable mère, sentant ses entrailles émues, aima mieux qu'on donnât son enfant à sa rivale que de le voir tuer. L'autre femme, au contraire, consentait à ce qu'il fût partagé en deux. Alors Salomon, reconnaissant la voix de la nature, déclara que l'enfant vivant appartenait à celle qui aimait mieux en être dépouillée injustement que de le voir mettre en pièces. Tout Israël sut la manière dont le roi avait jugé cette affaire, et l'on eut pour lui des sentiments de crainte et de respect, voyant que la sagesse de Dieu était en lu'.
24. Salomon avait épousé la fille du roi d'Egypte ; il fit aussi alliance avec Hiram, roi de Tyr en Phénicie. (Jelui-ci lui permit de couper sur le Liban dos cèdres
22. Quel fut le règne de Salomon? — Comment l'Ecriture lait-eUe connaître le bonheur des j)remièros annules du r";;^ne de ."^alouiou? — Comment Dieu réc(»m|jensu-t-il sapiét^- ? — 2?>. Quelle preuve de sagesse Salomon donna-t-il'.' — 24. Quel édifice Salomon élcva-t-il à l'honneur du vrai Pieu? — En combien de tcmpu le temple fut-il bâti?
10 mSTOIKE SAINTE.
et des sapins pour la construction du temple ; il reçut on échange, du froment, de l'huile et du vin. Salomon emploj-a sept années et près de deux cent mille hommes à la construction du temple sur le mont Moria, à l'orient de Jérusalem. — Sur cette même montagne Abraham avait offert à Dieu son fils Isaac, et, plus tard, le Sauveur du monde devait s'y offrir en sacrifice H Dieu son Père. — Ce fut la quatrième année de son règne, et 1012 ans avant J.-C. que Salomon fit commencer les travaux de ce superbe édifice, l'une des merveilles du monde.
25. Le temple, bâti sur le modèle du tabernacle que Moïse avait élevé dans le désert, fut divisé on trois parties principales; 1^ le Sanctuaire, où l'arche devait être placée; on le nommait aussi le Saint â^s saints; 2° le Sa<.nt, où. était l'autel des parfums; 3^ les divers parvis. Dans le parvis intérieur, ou parvis des prêtres, se trouvaient l'autel des holocaustes et la mer d'aiî'ain, grand bassin qui servait pour la purification. Le parvis d'Israël était l'enceinte où le peuple s'assemblait pour les prières publiques. Ce temple fut dès lors le seul lieu du monde où le Seigneur permit qu'on lui offrit des sacrifices.
L"or brillait de toutes parts dans ce temple magnifique, et les gonds même des portes étaient de ce précieux métal; il était environné de galeries et de bâtiments magnifiques pour la résidence des lévites et (les otficiers du temple.
26. Aussitôt que le temple fat achevé (100-4). on en fit la dédicace avec une grande solennité, et on y plaça l'arche d'alliance. La fête dura sept jours. , }>endant lesquels on immola vingt-deux mille bœufs vl cent vingt mille brebis. Dieu manifesta publi- (jueinent qu'il agréait les hommages de son peuple, en remplissant le temple d'une nuée miî-aculeutic. A cette vue, Salomon se prosterna le visage eontro terre, et s'écria: "Est-il donc croyable que Dieu veuille habiter sur la terre ! Si le ciel et la terre
25. En combien de parties le tomple était-il divisé ? — Quelle en était la ni.sgnificenee ? — 2<^. Dite.^ quelque chose de la dédic.Tce du temple.
SALOMON. Tl
ne peuvent le contenir, comment le contiendra cette maison que j'ai bâtie ? Econtez, Seigneur, ajouta-t-il. écoutez la voix de votre serviteur; ouvrez sans cesse les yeux sur cette maison ; accomplissez vos promesses, et quand le ciel sera comme l'airain et la terre semblable au fer à cause de nos péchés, laissezvous fléchir par les prières qui vous seront adressées dans ce lieu que vous avez clioisi pour votre demeure. '' Puis, il continua ainsi: --Déni soit le Seigneur qui a donné la paix à son peuple selon ses promesses ! Que le Seigneur notre Dieu soit avec nous comme il a été avec nos pères ; qu'il ne nous abandonne point et ne nous rejette point ; mais qu'il incline nos cœurs vers lui. afin que nous marchions dans toutes ses voies. "
27. Quelque temps après. Dieu apparut pour la sccunde fois à Salomon, et lui dit : •■ Jai exaucé votre prière, et j'ai sanctifie cette demeure que vous avez oàtie en mon nom. Si vous marchez en ma présence comme votre père, dans la simplicité de votre cœur, j'établirai votre règne à jtimais sur Israël. Si vous vous détournez de moi, vuus et vos enfants, et que Vous adoriez des d^eux étrangers, j'exterminerai les Israélites de ce pays que je leur ai donné; je rejetterai loin de moi ce temple que j'ai consacré à mon nom. A quiconque dira dans son étonnement: D'où vient que le Seigneur a traité ainsi ce pa^'s et ce temple ? on répondra : C'est parce que ces peuples ont abandonné le Seigneur, qui les avait tirés de l'Egypte : voilà ce qui leur a attiré tous ces maux. "
28. Salomon, ayant achevé le temple du Seigncui-. bâtit un palais magnifique pour lui et un autre pour la reine. Il entoura de murs Jérusalem et quelques autres villes ; parmi celles qu'il fonda était Palmyre, • iont on retrouve encore aujoui'd'hui les ruines dans le désert, à l'orient de la Palestine.
2î>. La réputation de Salomon se répandit au loin ; on lui envoyait des ambassadeurs de toutes les co!»-
27. Qu'est-ce que Dieu dit à Salomon, la seconde foi« qu'il lui apparut?— 82. Quelrt autres édifices Salomon fit-il encore bâtir? — 2'J. Viue dit l'Écriture de la r(5putatiun de Salomon?
trées; la reine de Saba voulut connaître j>ar olle-méme toutes les merveilles que Ton publiait d'un règne aussi glorieux; elle fit de grands présents au roi, et en reçtit en retour de bien plus considérables.
30. Jusque-là, tout avait été grand et admirable dans la conduite de Salomon ; mais ses immenses richesses et sa puissance formidable corrompirent son cœur, et les alliances coupables qu'il contracta avec des femmes étrangères l'entraînèrent à l'idolâtrie; il adora Moloch, idole des Ammonites, et Chamos, dieu des Moabites; il leur offrit de l'encens et leur érigea des autels. Dieu lui apparut alors, et lui dit: "Puisque vous n'avez pas gardé mon alliance, je diviserai votre royaume, et je le donnerai à l'un de vos serviteurs. Ce ne sera pas néanmoins de votre vivant, en considération de Jjavid, mais sous le règne de votre iils. Je n'ôterai pas même à votre fils le royaume tout entier, à cause de David, mon serviteur, et de Jérusalem, que j'ai choisie. " Celui que Dieu avait marqué })Our régner sur les tribus qui devaient être détachées du royaume de Saloraon était Jéroboam, homme de tète et de résolution, à qui Salomon avait donné une charge considérable dans ses Etats. Cet homme fut averti par un prophète nommé Ahias des desseins de Dieu sur lui. s'il voulait marcher devant le Seigneur. Salomon, qui eut connaissance de ces prédictions faites à. Jéroboam, le poursuivit et le força de s'enfuir en Egypte.
Salomon mourtità l'âge de cinquante-six ans, après un règne de quarante. Il fut enseveli dans la ville de David (962).
.31. Ce prince est l'auteur du livre des Proverbes, de celui de VEcclésiaste et du Cantique des Cantiques. Ses autres ouvrages ne sont pas parvenus jusqu'à nous ; înais ils devaient être en grand nombr-^, puisque l'Écriture nous apprend qu'il a parlé des plantes, depuis
.30. Salomon persévéra-t-il dans sa haute sagesse? — Quelle fut la cause de sa chute ? — Quelle en fut la punition ? — A quel âge mourut-il 1 3]. Quels sont les principaux écrit? de Salomon?
MŒURS ET rOUTUMES DE(? ISRAÉLITES. 73
le ccdre du Liban, jusqu'à Tliysope, et des quadrupèdes, des oiseaux, des reptiles et des poissons.
La vie de Salomon, tant que ce prince garda dans son cœur l'amour et la crainte de i)ieu, otfre le plus éclatant exemple du haut degré de sagesse et de gloire où l'homme peut s'élever, et nous voyons dans sa chute la profondeiu* de l'abîme oii peut entraîner un tcul vice, une seule passion déréglée.
Plusieurs saints Pères croient que Salomon s'est repenti de ses coupables égarements, et que le livre de FEcclésiaste est l'expression de ses sentiments de douleur et de repentir.
.32. Mœurs et Coutumes. — Les Israélites, qui, au temps des patriarches, habitaient sous des tentes et étaient voyageurs sur la terre, eurent, après la loi do Moïse, les mœurs d'une nation sédentaire. Il existait cependant parmi eux peu de professions diverses ; tou.s étaient laboureurs et bergers, menant eux-mêmes leurs troupeaux.
Ils recueillaient quantité de blé et d'orge, et le pur fi'oment est compté comme la principale marchandise qu'ils portaient à Tyr, ville fameuse par son commerce. Ils avaient le miel et l'huile en abondance ; les montagnes de Juda etd'Êphraïm étaient de grands vignobles; aux environs de Jéricho, il y avait des palmiers d'un revenu considérable, et c'était le seul endroit du monde où se trouvait le vrai baume. Cette fertilité du pays et le soin qu'on mettait à le cultiver font comprendre comment, malgré son peu d'étendue, il pouvait nourrir un si grand nombre d'hommes. Chaque Israélite avait son champ à cultiver, et c'était lemèmequiavait été donné en partage à ses ancêtres, K0U8 Josué. On ne se regardait que comme fermier, Dieu étant le véritable propriétaire; par conséquent. il était défendu d'aliéner les biens pour plus de cinquante ans. Ils n'étaient chargés d'aucune autre redevance que des dîmes et des prémices destinées à l'en-
32. Dites-nous ce que vous savez des niœuri et coutumes, des occupations, des richesses, du commerce, de l'habillement, de l'éducationj etc., des Israélitei.
14 HTSTOIRE SAIXTE.
tretien des prêtres et des lévites et aux sacrifices. Les Israélites nourrissaient les mêmes animaux que du temps des patriarches ; ils n'avaient pas de chevaux, parce qu'ils ne sont pas d'un grand usage dans les pavs de montagnes. Les ânes étaieut la monture ordinaire, môme des riches.
Les Hébreux eurent généralement un commerce assez restreint; leur terre siifiisait pour les nourrir. Les Phéniciens, leurs voisins, resserrés dans un étroit espace sur le bord de la mei-, vivaient d'industrie ; ils étaient comme les courtiers et les facteurs des autres nations. Les llébreux s'appliquaient peu aux manufactures; ils ne manquaient cependant point d'excellents ouvriers ; on peut en juger par la consiruction du temple et du tabernacle. Tout porte k croire qu'ils no connurent que fort tard les espèces monnayées, frappées au coin et marquées d'une empreinte.''^ lis employaient dans les échanges les 7nétaux, qu'ils divisaient en fragments dont on dc^^-terminait le poids et la valeur.
L'année des Hébreux était de douze mois de trente jours chacun : il fut ordonné a Moïse de la commencer au printemps, au mois de la Pàque.
Les étOiï'es employées par les Israélites, ' pour les vêtements, étaient la plupart de laine. La beauté de-i habits consistait dans la finesse des tissus et dans les couleurs, dont les plus estimées étaient le blanc et la pourpre rouge ou violette. Les prêtres n'étaient vêtus ^jue de lin. Les vêtements du peuple juif étaient la tunique et le manteau: 'Les Israélites avaient la tête couverte d'une espèce de tiare conime celle des Perse.V et des Chaldéens; c'était une marque de deuil d'avoir la tête nue ou de se la raser, car ils laissaient croître leurs cheveux et .leur barbe. Ils portaient des sandales ; c'est pourquoi ils se lavaient souvent les pied.s.
L'éducation des enfants était l'objet des plus grands soins, tant pour le corpsque pour l'esprit. Les Hébreux méprisaient l'étude des langues étrangères; mais ils savaient presque tous lire, puisqu'il était recommandé à tous d'apprendre la loi de Dieu et de la méditer jour
DIVISION DU ROYAOIE. 75
et nuit. Cette étude était leur unique occupation le joardu sabbat. Ce seul livre suffisait pour les instruire parfaitement: histoire, morale, poésie, législation, tout se trouve dans les Écritures sacrées.
SIXIÈME ÉPOQUE
Depuis la division du royaume (Van 975 avant J.-C), jusqu'à la captivité deBabylone (606 avant J.-C.).
1. Après la mort de Salomon, Eoboam, son fils unique, alla à Sichem, où tout Israël s'était assemblé pour l'établir roi. Jéroboam, à la tête des mécontents, vint le prier de soulager le peuple en diminuant les impots. Le roi, méprisant l'avis des vieillards, qui lui conseillaient de traiter le peuple avec douceur, préféra celui des jeunes gens qui, nourris avec lui' dans les délices, étaient toujours à sa suite, et il réj)ondit au peuple : '• J'appesantirai le joug que mon père vous a imposé ; il vous a châtiés avec des verges, je vous frapperai avec des verges de fer. " «
2. Une réponse aussi' brutale révolta le peuple : dix tribus secouèrent le joug, et élurent Jéroboam pour leur roi.- Eoboam, voulant faire rentrer Israël dans l'obéissance, leva une armée de cent quatre-vino-t mille hommes ; mais un projjhète, nommé Séméias, de la part de Dieu défendit à ses soldats de combattre contre leurs frères, et leur ordonna de retourner chacun dans sa maison. Ainsi le royaume d'Israël fut partagé en deux : les tribus do Juda et de Benjamin, qui demeurèrent fidèles à Eoboam, formèrent le royaume de Juda, dont la capitale fut toujours Jérusalem : les lévites demeurèrent aussi fidèles à la famille de David ; les dix autres tribus formèrent le royaume d'Israël, et le roi Jéroboam établit sa résidence d'abord à Sichem, puis à Thesar.
1. Quelles furent les circonstances qui ament^rent la division du
royaume? — 2. Combien de tribus se soulevèrent contre Roboam ?
Que fit-il en cette circonstance? — Quels noms reçurent le? deux n.ya'imc«? — •»•.,. Mo- (•.) fiiront W< c.Tj.itiilc« ?