‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 29 sur 209 · ZOROBABEL · texte numérisé non relu

ZOROBABEL

tants comme pour les mages et Ici devins. Daniel, consulté sur ce signe effrayant, en donna l'explication an roi, et cette nuit-là même Cp'us, ayant détourné le cours du fleuve de l'Euphrate. qui traversait la ville, entra dans Babylone, tua Balthazar. et s'empara de l'autorité (558). Il appela ensuite Darius, son oncle, qui devait jouir des conquêtes du jeune prince. Darius, étant maître de Babylone, voulut que Daniel, dont il connaissait les talents, la sagesse et '.es vertus, fût son n^nistre, et il nomma ses trois compagnon?, satrapes ou gouverneurs de provinces. 12. Les soixante-dix années de la captivité prédite par ' le prophète Jérémie étant accomplies, Cyrus, successeur de Darius sur le trône des Perses et des Mèdes, ayant reconnu, comme Daniel le lui faisait lire dans les prophéties d'Isaïe. écrites deux cents ans avant sa naissance, qu'il avait été choisi de Dieu et désigné par son nom comme le ministre des volontés célestes, Cyrus permit aux Juifs, par un édit mémorable, en 536, de retourner dans leur pays, et il leur donna tous les vases que Xabuchodonosor avait emportés. Les Juifs, qui profitèrent de la permission que leur avait accordée Cyrus, arrivés à Jérusalem sous la conduite de Zorobabel, prince de la famille de David, et du grand-prêtre .Tésus ou Josué, étaient au nombre de quarante-deux mille personnes environ ; ils jetèrent les fondements du nouveau temple. Les anciens, à la vue de cet édifice, ne pouvaient retenir leurs larmes en pensant à la magnificence du premier temple; mais les prophètes Aggée et Malachie les consolaient en déclarant que le Messie, le désiré de toutes les nations, rendrait ce nouveau temple bien plus célèbre que Tancien, puisqu'il l'honorerait de sa présence. Les travaux durèrent vingt années, à

12. Cpiubien de temps dura la ca|iiivité de Babylone? Par qui les Juif.j furent-ils reconduits en Palestine? Quels furent leurs premiers soins en arrivant à Jérusalem ? Quels sentimeiits les vieillards manifestaient-ils en voyant le nouveau temple ? Qu'est-ce qu'Aggée et ilalachie annoncèrent à l'égard du temple? Par qui les Juifs furentils entravés dans l'érection du temple et des mwr- de la ville?

cause dcb persécutions que les Sariiaritains buscitèrent aux Juifs. La dédicace de ce temple eut lieu, et le culte y fut rétabli dans une fête solennelle en 516.

13. Artaxercès (Assuérus dans l'Écriture), un des successeurs de Cyrus, honora Xéhémie do sa bienveillance, et le fit son échanson. Ce vertueux Israélite, apprenant que les Samaritains persécutaient ses frères à Jérusalem, obtint la permission de s'y transporter pour relever les murs de la ville sainte. Assuérus publia même un édit à cet effet. C'est de cet édit célèbre que datent les soixante-dix semaines d'années, ou les quatre cent quatre-vingt-dix ans qui devaient s'écouler jusqu'à la venue du Messie, suivant la prophétie de Daniel.

14. Xéhémie, qui, à l'exemple de Moïse, aima mieux })artager les souffrances de son peuple que de jouir des délices de la cour à Suse, résidence habituelle des rois de Perse, arriva sans obstacle à Jérusalem. La Judée était alors sous l'autorité civile du satrape qui administrait pour le roi de Perse les provinces de Syrie et de Palestiro; mais elle était gouvernée, pour la religion, par le grand-pré tre des Juifs, et pour la police et les affaires ordinaires, p>ar les chefs de Juda. La voix de Xéhémie et l'exemple du grand-prètre Éliasib encouragent le peuple, et les murs de Jérusalem se relèvent malgré les efforts jaloux des peuples voisins (■454).

15. E.>dras, de la race d'Aaron. sacrificateur et docteui" de la loi, eut la gloire dérégler l'état civil et religieux du peuple de Dieu. Il fut choisi par Xéhémie pour faire aux Juifs assemblés devant le temple la lecture des livres de Moïse, qui dura sept jours. Esdras mit ensuite en ordre les livres saints, composa les deux livres des Paralipœncnes ou chroniques, auxquels il

13. Quelle était la fonction de Xéhémie à la cour d'Assuérus? Que lit Xéhémie, apprenant que les Samaritains s'; pposaient à la construction des murs de Jérusalem '.' A quelle époque commencent 1©? ^^oixante-dlx semaine? d'années qui devaient s'écouler jusqu'à la vcuue du Messie? — 14. Qui fut associé à son gouvernement? — 15 Quelle fut la gloire d'Esdras? Comment ranima-t-il le v.èle du peupl<j pour la loi de iJicu? Quelle est l'ori^j'ine des Synagogues?

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ajouta l'histoire de son temps, qui fut achevée par Xéhémie. La lecture publique de la loi avait fait une impression salutaire; pour la répéter fréquemment dans toutes les villes de la Judée, on fixa des lieux de réunion publique sous le nom de synajogues, où on lisait et interprétait la loi divine.

16. !Malachie, dernier prophète de l'ancien Te:5tament, vivait vers cette époque. Il censure avec énergie ceux qui offraient à Jérusalem, dans le temple nouvellement rétabli, des hosties défectueuses : il voit par révélation dans ce temple, comme Aggée et Zacharie, la pure victime qui devait s'offrir pour tous; il voit l'envoyé de Dieu précédé d'un autre qui prépare les voies, c'est-à-dire notre Seigneur Jésus-Christ et Jean- Baptiste, son précurseur. Pendant les quatre cents ans qui s'écoulèrent encore jusqu'à la venue du. ^lessie, Dieu fit taire les prophètes pour tenir son peuple dans l'attente de celui qui devait être l'accomplissement de tous les ora^iles.

17. Le premier séjour de Xéhémie en Judée dura environ douze ans, après lesquels il fut appelé auprès d'Artaxercès. Lorsqu'il revint vers ses frères, probablement sous le règne de Darius Xothus (415), durant le pontificat de Joiada, fils d'Éliasib, il trouva que les Juifs, ayant oublié ses sages recommandations et celles d'Esdras, étaient retombés dans les mêmes violations de la loi. Xéhémie, indigné de voir des alliances contra<;tée3 avec des femmes étrangères et le temple habité par des Samaritains, voulut faire cesser ce désordre. Ceux qui refusèrent de se soumettre à sa voix furent exilés. De ce nombre était Manassé, fils du grand-prètre et gendre du gouverneur de la province de Samarie. Manassé, s'étant retiré auprès de son beau-père avec tous les Juifs rebelles, obtint la permission de bâtir sur le mont Cxarizim un temple rival de celui de Jérusalem. En élevant ainsi temple contre temple, autel contre autel, les Samaritains formèrent

16. Que fit le prophète Malfichie? — 17. Quelles importantes réformes fit Xéhémie à son «ecouU séjour eu Judée? Quelle oot l'origme du ichiâiue do Samarie ?

Mil schisni(3 q^ui los rendit un objet criiorreur pour le^ vrais fi'lèle.'^.

18. Les Juifs furent assez paisibles en ce temps sous la domination du roi de Perse, qui protégeait non-seulement ceux qui habitaient la Judée, mais aussi ceux r|ui avaient préféré rester en Assyrie. Néanmoins <;es derniers faillirent être victimes de la haine d'un homme puissant à la cour de Perse.

Un Amalécite nommé Aman, ministre d'Assuérus, abusant de son crédit immense auprès du roi, exigeait que tout le monde fléchît le genou quand il passait : il entreprit même de se faire adorer ; le juif JMardochée seul no voulut point lui rendre un honneur qu'il ne croyait devoir qu'à Dieu. Aman irrité jura do s'en venger, et en effet, à son instigation le roi prononça l'arrôt do mort contre Mardochée et contre tous les Juifs qui habitaient la Perse. Ils devaient être massacrés le même jour dans toute l'étendue du royaume, et leurs biens auraient été livrés au pillage.

19. Le Seigneur avait préparé le remède à un si grand mal, en permettant qu'Assuérus épousât Esther, nièce de ]Mardochée, sans savoir qu'elle fut Juive. Mardochée fit connaître à sa nièce dans quelle consternation étaient plongés les Juifs, et lui déclara qu'il i allait qu'elle allât trouver le roi et qu'elle intercédât pour son peuple. L'entreprise était difficile, car une loi, qui n'exceptait personne, défendait, sous peine de mort, d'entrer chez le roi sans y être appelé. iEsther fit dire à Mardochée: "Allez, assemblez tous les Juifs qui sont dans Suse; jeûnez tous pendant trois jours et trois nuits, et priez pour moi. Je jeiinerai de mon côté avec mes fiU-^s, ensuite j'irai trouver le roi, malgré la loi qui le défend. vS'il faut périr, j'y suis résolue. " Mardochée adressa sa prière au Seigneur : " Dieu d'Abraham, s"écria-t-il, sauvez le peuple que vous vous êtes acquis en le rachetant de l'Egypte ;

18. Qu'arriva-t-il aux .Juifs qui étaient restés en Perse ? — 19. Rapportez l'histoire d'Esther. .

ESTnER. lOf)

ne fermez pas la bouclie au seul peuple du monde qui vous loue. '"' Tout Israël poussa des cris vers le Seigneur et le pria dans un même esprit, car chacun se voyait à la veille d'une mort certaine.

Esther de son côté, eifrayée du péril où était sa nation, quitta ses ornements, prit un habit de deuil et se couvrit la tète de poussière et de cendre. Le temps des prières et du jeûne étant accompli, Esther se para de ses riches vêtements, et, après avoir invoqué une dernière fois Dieu, qui est le maître et le sauveur de tous, elle marcha vers l'appartement du roi, appuyée sur une de ses nlles et suivie d'une autre qui portait sa robe traînante. Assuérus était alors Hur son trône tout brillant d'or et de pierreries, et son visage inspirait la terreur. Lorsqu'il aperçut Estherqui venait à lui sans avoir été appelée, il entra en colère: la reine, effra^'ée par les regards sévères du roi, tomba évanouie. Assuérus attendri courut à elle, la releva, et lui promit de lui accorder tout ce qu'elle demanderait. Esther le pria seulement de venir le lendemain dîner chez elle, et d'y amener Aman, son favori.

Ce qui venait d'arriver fit impression sur l'esprit du roi, et, ne pouvant s'endormir pendant la nuit suivante, il se fit lire les annales de son royaume. Arrivé à l'endroit où se trouvait consignée la révélation que JVIardochée avait faite d'une conspiration tramée par deux serviteurs du roi, qui avaient formé le projet de l'assassiner: '-Quelle récompense cet homme a-t-il reçue? demanda Assuérus. — Seigneur, lui répondit l'ofîicier, on lui a beaucoup promis, mais il n'a rien reçu. " Dans ce même instant Aman venait solliciter du roi les ordres nécessaires pour faire périr Mardochée. Le roi, l'ayant fait entrer, lui demanda ce qu'on pourrait faire à un homme qu'il voulait honorer. Le favori, persuadé que c'était lui-même que eehi regardait, répondit au roi: '' Il faut que cet homme .soit revêtu des ornements royaux; qu'il soit monté sur le cheval du roi ; que le premier seigneur de l'empire, tenant les rênes de son cheval et mar-

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chant devant lui à travers la capitale, (lise : Ainsi sera honoré celui qu'il plaira au roi d'honorer. — Faites exactement, lui dit le roi, à l'égard de !Mardochée tout ce que vous venez de dire. " Ce fut pour Aman un coup de foudre ; mais il fallut obéir.

Le soir étant venu, le roi, suivant sa promesse, alla dîner chez la reine, et lui demanda ce qu'elle désirait de lui. *•' Seigneur, lui dit Esther, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux, accordez-moi la vie, accordez la vie à mon peuple, pour qui j'implore votre clémence. " Et ayant fait connaître son origine au roi, elle lui découvrit aussi toutes les intrigues et la perfidie d'Aman. Le roi indigné prononça la sentence de mort contre cet homme pervers ; et apprenant qu'il avait fait préparer une potence haute de cinquante coudées pour y pendre ^lardochée, il commanda qu'Aman lui-même y fut attaché, et donna ensuite sa place et ses biens au fidèle Israélite.

20. A partir de l'époque où Xéhémie administra la Judée, ce pays n'eut plus de gouverneur particulier; les satrapes de Syrie en laissèrent l'administration entre les mains des grands-prètres ou souverains sacrificateurs. La rivalité des ambitieux qui aspirèrent à cette haute dignité troubla souvent la Judée. A la mort du grand-prètre Joïada (397) le temple fut souillé par un crime dont on n'avait jamais vu d'exemple : Jonathan, qui venait de succéder à son père Joïada, se prit de querelle, dans le temple même, avec son frère, qui était jaloux de son élévation, et il le tua dans le lieu saint.

21. Plus tard (351) le roi de Perse, Artaxercès Ochus, irrité conti'c les Juifs, qui avaient pris part à la révolte des Phéniciens, vint en Judée, prit la ville de Jéricho, et transporta un grand nombre de Juifi dans les contrées étrangères. C'est ainsi que par la suite cette nation se trouva répandue dans toutes les parties du monde connu.

'20. Comment fut gouvernée la Judc^e, à partir de l'administration de N^-ht'inie jusqu'à la domination d'Alexandre? — 21. Qu'entreprit Artaxercès Ochus contre l«i'Juifs?

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