CAPTIVITÉ DE BABYLONE
et uno sagesse remarquable dont il donna «fouvent des preuves.
5. Vers ce temps-là, vivait une vertueuse Israélite, nommée Susanne, qui avait toujours été un modèle de piété et de fidélité à la loi du Seigneur. Deux vieillards, honorés du titre de juges, conçurent pour elle une passion criminelle ; ils osèrent même la lui déclarer dans un moment où elle se trouvait seule, la menaçant d'une mort ignominieuse si elle refusait do se rendre à leurs désirs. ".Il vaut mieux pour moi tomber entre vos mains étant innocente, leur répondit Susanne, que de commettre le mal devant le Sei-
^gneur. " La jeune Israélite, amenée en présence du peuple pour être jugée, déclara qu'elle était innocente ; elle fut néanmoins condamnée et conduite au supplice. Alors le jeune Daniel protesta contre ce ju- .û:cment, et s'offrit à confondre les infâmes vieillards; il fut écouté, et fit reconnaître l'innocence de Susanne. Les vieillards furent convaincus de faux témoignage, et punis, suivant la loi, du supplice qu'ils avaient voulu faire subir à la chaste Susanne. Daniel se rendait de plus en plus célèbre dans son lieu d'exil, et, Dieu, voulant récompenser sa vertu et l'établir le protecteur de son peuple, permit qu'il fût élevé en honneur dans la cour du roi de Babylone.
6. Cependant Xabuchodonosor, enorgueilli par toutes les victoires qu'il avait remportées, voulut faire adorer sa statue en or de soixante coudées (1) élevée -X cette intention sur la place publique (586). Les grands et les courtisans, saisissant cette occasion pour perdre Ananias, Misaël et Azarias, les firent jeter dans une fournaise ardente, parce qu'ils refusèrent d'adorer la statue du roi ; mais l'ange du Seigneur, étant descendu avec eux, écarta les flammes, et forma au milieu de cette fournaise comme un vent frais et' une douce rosée, de sorte que le feu ne brûla
(1) La coudée équivalait à vingt pouces environ.
5. Rapportes l'histoire de Susanne. — G. A quelle épreuve fut mise I» fidélité de Daniel et de ses con>pagnon5 ? Que i>é8ulta-t-il de cet acte de jalousie de iei ennemis?
que leurs liens, sans toucher même à leurs habits. Tous trois marchaient au milieu des flammes, louant Ht bénissant Dieu, et invitant toutes les créatures à le bénir avec eux. Lorsque Xabuchodonosor, informé do ce qui arrivait, les eut fait appeler, ils sortirent bains et saufs. Le roi, étonné de ce ijrodige, traita avec honneur les trois jeunes Hébreux ; il rendit même un édit par lequel il publiait les merveilles que le Dieu très-haut avait opérées dans son royaume, et ordonnait à ses peuples de l'adorer.
7. Dans l'année 603, Nabuchodonosor avait vu pendant son sommeil une statue d'une hauteur énorme et d'un regard effrayant, dont la tête était d'or, la poitrine et les bras d'ari^ent, le ventre et les cuisses d'airain, les jambes de fer et liis pieds en partie do fer et en partie d'argile; pendant qu'il était attentif à cette vision, une pierre s'était détachée d'une montagne, et, frappant la statue par les pieds, elle l'avait brisée et réduite en poudre, et la pierre était devenue une grande montagne qui avait rempli toute la terre. Le roi avait ouV lie ce songe ; mais son esprit en était demeuré épouvanté. Il condamna à mort tous les sages et les devins de son empire qu'il avait vainement consultés pour savoir ce qu'il avait vu on songe. Daniel, ayant été appelé, demanda un délai pour invoquer le Seigneur, puis il rappela au roi le songe qu'il avait eu, et lui dit que la statue colossale, formée de différentes matières, dgurait la succession des principaux empires qui gouverneraient le monde , '' Quant à la pierre que vous avez vue, ô prince, se détacher de la montagne sans qu'aucun homme y eût touché, et venir briser et réduire en poudre la statue, elle représente le royaume éternel que le Dieu du ciel suscitera, et qui devra renverser et anéantir tous les autres royaumes (1). " Xabuchodonosor, transporté
(1) On s'accorde généralement à reconnaître dans le.s quatre «•mpires fi-^rurés par ce songe, ceux d'AssjTie, de Perse, d'Ale.xandre et ues KomaiiiS Le dernier royaume, qui est représeiitc par la
7. Comment Daniel se rendit-il célùbrc à la Ctur? D'.re> la "•rinUe prophétie de Daniel.
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d'admiration, s'écria: '^ Votre Dieu est vraiment le Dieu des dieux et le Seigneur des rois." 11 combla d'honneurs et de présents Daniel et ses jeunes compagnons.
8. Longtemps après, Xabuchodonosor vit encore en songe un grand arbre qui s'élevait jusqu'au ciel, et il entendit en même temps une voix qui disait : ■* Coupez cet arbre, mais gardez-en la racine, " et cette voix proférait encore d'autres paroles mena- <'antes. Tous les sauces de Babvlone avant été con- •suites en vain sur l'interprétation de ce &onge, Daniel lui annonça que cette vision marquait qu'en punition de son orgueil il serait changé en bète, et que, pendant sept ans, il paîtrait l'herbe comme un bœuf: il l'exhorta en même temps à racheter ses péchés par des aumônes. Ce que Daniel avait prédit se vérifia : le roi, ayant perdu la raison, laissa croître d'une manière démesurée ses cheveux et ses ongles, fut chasse de la société des hommes, et s'enfuit dans les déserts ; mais, au bout de sept ans, l'esprit et le sens lui revinrent; il leva les yeux aux ciel, bénit le Très- Haut, et remonta sur son trône (5G2). L'année suivante Xabuchodonosor mourut, laissant pour successeur son fils Evilmérodach, qui avait déjà été chargé de gouverner l'empire pendant les sept années de "la folie de son père.
9. Cependant le crédit dont Daniel jouissait à la cour ayant excité la jalousie des grands de Babylonc, ils le firent jeter dans une fosse où on gardait sept lions affamés ; mais Dieu le préserva, comme il avait protégé Ananias, Misaël et Azarias. Daniel y resta pendant sept jours, en sortit sain et sauf, et triomj^ha de ses ennemis. Une nouvelle épreuve était encore réservée à son zèle. Les sacrificateurs de Bel, idole des Babyloniens, obtenaient pour leur dieu de grandes
pierre qui se détache de la montagne, est le royaume spirituel de Jésus-Christ, qui doit subsister éternellement,
8. Qnel a été le second songe de Nabuchonosor, et quel fut sou interjjrctation ? — 9. A quelle ^-preuve Daniel se vit-il soumis?
largesses des peuples en viande et en vin : ils les déposaient sur l'autel, et venaient ensuite les prendre pendant la nuit, foisant croire que Bel les avait consommés. Daniel, à leur insu, fit semer de la cendre dans le temple, en présence d'Évilmérodach. Le lendemain la supercherie des sacrificateurs fut reconnue; mais ils se vengèrent de cet affront en obtenant un édit qui défendait d'adorer d'autres dieux que le roi. Daniel refusa de s'y soumettre, et fut de nouveau jeté dans la fosse aux lions; mais, comme la première fois, il ne lui arriva aucun mal. Le roi, à la vue de ce nouveau prodige, y fit jeter les ennemis da prophète, qui furent dévorés en un moment.
10. Ce serviteur du vrai Dieu eut un grand nombre de révélations; les siècles à venir furent dévoilés devant ses yeux: l'ange du Seigneur lui en manifesta les événements les plus remarquables, lui désigna les principaux dominateurs du monde, et lui annonça le règne futur du Messie, fixé à la soixante-dixième semaine d'années, c'est-à-dire quatre cent quatre-vingtdix ans après l'ordre qui devait être donné plus tard par le roi de Perse pour la reconstruction des murs de Jérusalem.
11. L'empire d'Assyi'ie touchait à sa fin • Ealthazar, l'un des successeurs de IsTabuchodonosor, était assiégé dans Babylone par Cyrus, fils du roi des Perses, qui commandait l'armée de son oncle Darius ou Cyaxare II, roi des ]\Iède?. Le monarque assyrien comptait sui' la hauteur et la force des murailles de sa capitale, qu'il regardait comme impreni.ble ; il passait les jours et les nuits en réjouissances et en fêtes. Au milieu d'un festin et dans une orgie, où il s'était plu à profaner les vases sacrés du temple de Jérusalem que Nabuchodonosor avait apportés de Judée, une main céleste traça sa condamnation sur la muraille de la salle en caractères inintelligibles po-îr tous les assis-
10. Rapportez quelques-unes des principales r<5vélatioiis de ce saint prophète. — 11. Comment finit le royaume d'Assyrie? Que vit Balthazar au miHeu d'un festin où il avait profané les va?e< sacrés du teinple de Jérusalem, emportés par Xabuchodonosor?