TIE DE N. S. J.-C
de ses ennemis, mais céda enfin à la crainte d'être dénoncé à César. En effet les Juifs criaient avec fureur : "Cet homme s'est dit le roi des Juifs; si vous Je délivrez, vous n'êtes point l'ami de César; car quiconque se fait roi se déclare contre César. " Alors Pilate, se lavant les mains à la vue du peuple, leur dit: " Je suis innocent du sang de ce juste ; c'est vous qui en répondrez. — Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants, " s'écrie cette multitude furieuse.
7. Abandonné à ses bourreaux pour être crucifié et conduit à la montagne de Golgotha ou du Calvaire, près de Jérusalem, Jésus est attaché à la croix entre deux voleurs. Lorsque les prophéties, qui avaient annoncé les moindres circonstances du supplice de Jésus, sont accomplies, le divin Rédempteur des hommes déclare du haut de la croix que tout est couso'iiuné, et il expire en pardonnant à ses bourreaux.
8. A la mort de Jésus-Chiist, plusieurs miracles avaient attesté sa divinité, etle troisième jour, il sortit du tombeau, corime il l'avait annoncé. Il apparut à ses disciples pendant quarante jours ; puis, il les conduisit à Béthanie. et. de là, sur la montagne des Oii-. viers, où il monta au ciel en les bénissant.
Dernurs événements survenus en Jadée jusqu'ci la ruine de Jérusalem. Van 136 après J.-C.
1. Les Juifs qui avaient o>é dire: '' Que «on sang retombe sur nous et sur nos enfants, " ne tardent pas à voir s'accomplir l'anathème prononcé contre euxmêmes par leur propre bouche. Ils changent sans cesse de maîtres, qui sont autant de tj'rans imposé.s par les Romains. Ponce Pilate, s'étant rendu coupable du crime de concussion, fut relégué à Vienne
7. QueUes sont les dernières paroles de ,/cSus sur la croix ? — 8. Qu'arriva-t-il à la mort de Jésus-Christ ? Trois jours après ? De qubl lieu monta-t-il au ciel?
1. Que devinrent les Juifs, après la mort de Jéaus-Christ ? Comment avaient-ils attiré sur eux les terribles châtimenti iju'ils eurent à subir.
LA JTDtE APRÈS L'ASCENSIOX DE X. S. J.-C. 133
dans les Gaules, et il eut pour successeur Petronius comme procurateur. A la mort de Caligula, qui avait succédé à Tibère, Hérode Agrippa obtint du nouvel empereur Claude, avec C|ui ii s'était lié d'amitié pendant son long séjour à Kome, presque tous les Etats de son aïeul,. Hérode I, et de plus, le titre de roi de la nation juive. Hérode mourut presque subitement à Césarée, laissant un fils trop jeune poiu' gouverner un pays agité par des troubles continuels, que suscitaient la haine de la domination romaine et les divisions intestines.
2. La Judée fut de nouveau réduite en province romaine, et réunie au gouvernement de Syi'ie. D'avides procurateurs n'épargnèrent aucune douleur, aucun outrage à ce peuple dégénéré, toujours divisé en bectes ennemies, et partagé en factions. En même temps le pajs était désolé par des bandes de brigands ; enfin, sous l'empereur Yitellius, les maux des Juifs devinrent intolérables. Félix, gouverneur de la Judée, et, après lui, Jessius Flonis, livrèrent leur culte et leurs fêtes à la dérision des soldats, et ordonnèrent, au gré de leurs caprices, d'afireuses violences. Poussés à la révolte par un odieux massacre, les Juifs prennent les armes (66 après J.-C). Florus ne peut les soumettre ; mais Vespasien. son successeur, s'empare de plusieurs villes de la J udée, qu'il réduit en cendres ; puis il laisse les Juifs s'afiaibiir par leurs discordes sanglantes, et vient enfin mettre le siège devant Jérusalem (68). Lorsqu'il quitte l'armée pour retourner à Eome, où il avait été proclamé empereur, il charge son fils Titus de continuer la guerre, et lui enjoint de ne faire aucune grâce aux Juifs.
Malgré leurs divisions continuelles, et quoique partagés en différentes factions, les Juifs défendirent la ville de Jérusalem avec un incroyable acharnement. Titus était campé à une lieue de la ville, et en avait fermé toutes les issues. Comme c'était la fête de Pàque (70), une grande multitude de Juifs se trouva
2. Comment fut traitée la Judée par Félix, Florus, Vespaaien e; Titus ? Rspportet les détails de la ruine do Jérusalem.
134 LA JUDÉE APRÈS l'aSCENSIOX DE N. S. J. C.
renfermée dans la ville, et la famine fit bientôt sentir toutes ses rigueurs. Lo sacrifice perpétuel, qui n'avait pas été interrompu depuis son rétablissement par Judas jVIachabée, cessa faute de ministres. Les séditieux n'étaient point touchés de ces maux ; ils n'en étaient que plus animés de fureur et plus obstinés à continuer la guerre. Cependant Titus, ayant pris la forteresse qu'on nommât Antonia, avança ses travaux, vint jusqu'au temple, et se rendit maître des deux galeries extérieures. Ce fut alors que la famine devint horrible : on vit une mère dévorer son enfant. Titus fit attaquer la seconde enceinte du temple et mettre le feu aux portes, en ordonnant néanmoins de conserver le corps de l'édifice ; mais un soldat romain, poussé, dit l'historien Josèphe, par inspiration divine, prit un tison ardent, et le lança dans un des appartements qui tenaient au temple. o Le feu se communiqua rapidement à toutes les parties de l'édifice, qui devint entièrement la proie des flammes, maigre les efforts de Titus. Tout ce qui put être emporté servit au triomphe du général ou fut pillé par les soldats. Après cette première catastrophe, les Juifs se défendirent encore pendant un mois; enfin (le 8 septembre 70) la ville entière tomba au pouvoir des Eomains. Tout fut passé au fil de l'épée : treize cent mille Juifs périrent dans cette guerre. Ainsi fut accomplie la destruction du temple de Jérusalem, suivant la prédiction de Jésus-Christ. Titus lui-même épouvanté de ce châtiment terrible que Dieu infligeait à la nation juive, répétait : •' Ce n'cbt pas moi qui ai vaincu, j'ai été seulement l'instrument de la vengeance divine. '"*
3. Malgré cet é2X)uvan table désastre, les Juifs, toujours aveuglés, attendaient encore un Messie qui devait les délivrer de la servitude des Homains. Ils ne cessèrent de se révolter et d'attirer sur eux de nouveaux malheurs. L'empereur Adrien voulut faire élever un temple à Jupiter dans une ville que les Juifs
3. Quel dernier châtiment fut infligé au peuple juif sous l'emperour Adrien?
avaient IkUic p:ès des ruines de Jérusalem, et dont ils îivaient fait leur nouvelle capitale. Cet ordre de l'emnereur souleva les restes de la nation juive: sous la conduite d'un aventurier, nommé Barcochébas, qui se donnait pour le Messie, elle soutint une nouvelle guerre de trois an s contre les Eomains. Près de six cent mille Juifs périrent et avec eux Barcochébas, dans la forteresse de Bitter, peu éloignée de Jérusalem. Ainsi se consomma la ruine du peuple juif, dont les faibles restes furent vendus comme esclaves et dispersés par toute la terre. L'empereur Adrien donna un autre nom à •Jérusalem, occupée par une colonie romaine ; et. pour ])rcvenir toute révolte, il no permit aux Juifs d'y entrer qu'une seule fois Tannée, au joiu* anniversaire de sa destniction.
mSTOIEE DE LEGLISE.
1. Quand Jésus-Christ fut monte au ciel, les apôtres et les disciples se retirèrent à Jérusalem, et ils y vécui'cnt dans la ]~)rière pour se préparer à recevoir le Saint-Esprit, qui leur avait été promis. La trahison de Judas avait réduit à onze le nombre des apôtres: Mathias, désigné par le sort, leur fut associé pour compléter le nombre de douze. Le matin du jour de la Pentecôte, on entendit tout à coup un grand bruit comme d'un vent impétueux qui venait du ciel, et qui remplit toute la maison où les disciples étaient assemblés; en même temps, ils virent paraître comme des langues de feu qui se partagèrent et s'arrêtèrent sur chacun d eux. Aussitôt ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler diverses langues.
1. Par quel apôtre Judas fut-il remplacé ? Comment les apôtres reçurcnt-ils le Saint-Esprit? Quel fut le succC-s de leurs premières prédications '.'
136 HISTOIRE DE L'ÉOLISE.
Les apôtres travaillèrent dès lors avec ardeur à répandre l'Evangile. Saint-Pierre, dans une première prédication, convertit trois mille' Juifs, et cinq mille <ians la seconde. Les autres apôtres convertirent aussi un grand nombre de personnes.
2. Ces premiers convertis menaient une vie exemplaire et plus qu'humaine: tout ce qu'ils possédaient était commun entre eux. Ils vendaient leui-s terres et leurs biens, et les distribuaient à tous selon le besoin que chacun en avait. Ils persévéraient aussi tous les jours dans la prière, unis de cœur et d'esprit entre eux ; et, romjjant le pain dans les maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu et étant aimes de tout le peuple. Le Seigneur augmentait tous les jours le nombre de ceux qui devaient être sauvés. Mais la plus grande partie du peuple juif demeura dans son obstination et dans gon incrédulité. Les disciples furent persécutés : saint Etienne fut le premier martj^-; les Juifs le lapidèrent. Saint Jacques le Majeur, frère de saint Jean, fut mis à mort par l'ordre d'Hérode Agrippa ; ce prince voulait aus^i faire mourir saint Pierre ; mais un ange le délivra de ses chaînes et le fit sortir de la prison oii il était retenu.
Les apôtres avaient d'abord adressé leurs instructions aux Juifs; ils portèrent ensuite la parole de Dieu aux Samaritains et enfin aux Gentils.
3. Saint Paul, que ion appelait alors Saul, était un des plus ardents persécuteurs des fidèles; mais Dieu le convertit par un miracle, lorsqu'il se rondait à Damas pour y arrêter et pour amener prisonniers à Jérusalem ceux qui avaient embrassé la religion de Jésus-Christ. Dès lors, il s'appliqua à répandre la foi, et il fut celui de tous les apôtres qui contribua le plus> la conversion des Gentils II prêcha d'abord l'Evangile dans les synagogues de
2. Quelle était la conduite des premiers convertis ? Quels furent les premiers martyrs ? A qui les apôtres adressèrent-ils leurs instructions ?— 3. Comment St. Paul d«vint-i! chrétien? Oh prècha-t-iJ 1 Lv.Tno:ile ? i- "
HISTOIRE DE L'ÉOLISE. 137
Damas, et en Arabie. Quelques années après, saint Barnabe le conduisit à Antioche, où ils prêchèrent ensemble ; ils y instruisirent un grand nombre de personnes : de sorte que ce fut à Antioche que les disciples commencèrent à être nommés chrétiens.
Paul et Barnabe portèrent FÉvangile dans File do Chypre et dans une partie de l'Asie Mineure : ils y convertirent beaucoup de Juifs et de Gentils ; puis ils allèrent à Jérusalem pour assister au premier concile, où les apôtres et les prêtres décidèrent que les Gentils convertis ne seraient pas astreints à observer les cérémonies de la loi de 3Ioïse.
4. Saint Paul porta ensuite la parole de Dieu dans l'Asie Mineure, dans la Macédoine et en Grèce, où il lit deux voyages. Il fonda un grand nombre d'églises ; il enseigna particulièrement à Athènes, à Corinthe et à Ephèse. De retour à Jérusalem, il y fut accusé par les Juifs, et conduit à Césarée au gouverneur Félix, qui le retint prisonnier pendant deux ans.Festus, successeur de Félix, l'envoya par mer à Borne, où il fut absous. Il y demeura- deux ans, annonçant le royaume de Dieu. Saint Paul alla encore prêcher dans l'Orient, puis il revint à Bome, où il souffrit le martyre en même temps que saint Pierre, l'an 67 de Jésus-Christ, ]Srous avons de ce grand apôtre quatorze épi très, savoir : une adressée aux Bomains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Ephésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon et une aux Hébreux, ^ous avons aussi deux épîtres de saint Pierre, une do saint Jacques, trois de saint Jean, et une de saint Jude.
5. L'Ecriture sainte donne peu de détails sur les églises fondées par les autres apôtres ; on peut cependant citer les suivantes :
4. Où saint Paul enseigna-t-il particulièrement? Où mourut-il ? Combien avons-nous conservé d'épîtrea de saint Paul ? de saint Pierre ? de saint Jacques ? de saint Jean ? de saint Jude ? — 5. Quelles églises futent fondées ou administrées par saint Pierre ? par saint Jacques le Mineur? Par qui l'Église de Pvome fut-cllc gouvernée après saint Pierre?
^^^ HISrOiaE DE L"ÉGLI3S.
Saint Pierre le prince des apôtres, tint le sié^e d Antioche pendant sept ans; il alla fonder ensuite celui de Eorae, qu'il occupa vingt-quatre ans et demi. Jl souffrit le martyre dans cette ville en môme temps <l ue saint Paul. Après lui, l'Eglise de Rome f\it gouvernée par saint Lin, ensuite par saint Clet. puis par saint Clément. Saint ilacques le .Mineur resta à Jérusalem ou il souffrit le martyre, en 62
6. La très-sainte Yierge demeura'aupres de saint Jean, après que le Sauveur l'eut confiée à ce disciple
f . ^, — ^orps et en âme. Saint
Jean quitta Jérusalem après l'Assomption de la très, «amte \'ierge; il repandit l'iîvangile dans l'Asie Aiineure; on eroitrm'il pénétra jusque chez les Parthes. Il prit soin de 1 Église d^Ephè.e, après le martyre de saint Iimothee, qui en avait été le premier évêque. Saint Jean fonda six églises célèbres, savoir : Smyrne Sardes Pergame ïhyatire, Philadelphie et Laodicée! qui sont avec I phese, les sept églises d'Asie auxquelles cet apo re s adi-esse dans les premiers chapitres de 1 Apocalypse. Il écrivit ce livre dans l'île de Pathmos, ou il avait été exilé pendant dix-huit mois, pai- 1 empereur Domitien, il retourna ensuite à Éphèee ou il écrivit son Évangile, vers l'an 97 de Jésus-âirist Il^mourut dans cette ville en 99, d'autres di.ent en
7. Saint Philippe convertit et baptisa, près de Gaza I eunuque de la reine Candace. dn croit que cet officier porta la rehgion chrétienne en Ethiopie, où elle lit de rapides progrès. On sait aussi par li ti'adition que Saint Thomas prêcha l'Evangile dans les Indes saint André chez les Scythes, ja^tJPh^^