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PREMIERE PARTIE

DOMIXATIOX FJÎAXÇAISE.

PREMIÈRE ÉPOQUE

LE l'arrivée de JACQUES-CARTIER AU CA.VADA, A LA FONDATION DE QUÉBEC (l^n^-l CO-Sj.

CHAPITP.E PPE:\IîKi>.

De r arrivée de Jacques-Cartier a>i CamyJa à la nomination de 21. de RobercaL comme ' vice-roi {yôZ^-YoA\).

SOMMAIRE

t^-i: ^f Ca7iada.2-G. Jacques Cartier choisi pour une exDédit.on de découverte en Amérique.-6. Cartier dan. e 4iTe du .SamrLa™t.-6 Baie des Chaleurs.-V. Croix plantéfà Gat pe.— 8. Ketour en France.— 10. Second voya-e de --^urtier 1 > ung,ne du non. de Saint-Laurent.-14-17. CaTtier et Donna^i^

Toval '*otJ^"ST''"''-p^^^^^^^ ^ Hochelaga.-22-25. ^TZ^u XiO\ aj. — jb-J ( . lietour en France.

n.i'i'^li^^'ÎA'^'''^^'''^^ ^^''^ "'^-'^^^ ^*^Sion située au noi a-est de 1 Amérique septentrionale. Quand il fut ceeouvert par les Européens, il était habité sur plusieurs points, par diver..es tribus de sauvacres connues depuis sous le nom d'Indiens.

2 Jac-ques-Cartier, habile navi^-ateur de Saint-^Ialo est le premier qui pénétra dan^ l'i ntérieur de cette vaste contrée deja un peu connue des Français ; car nous avons vu que Terre-Xeuve. l'île du Prince-ïîdouard, le Eabi-adoret le golfe Saint-Laurent avaient été succe.^jiivement découverts par les Cabot,ln.s Cortéréal et ' les Verazzani ; que, depuis longtemps déjà, les côtes de

1. Qu'est-ce que le Canada? Par qui était-il habité, à l'époque où Il fut découvert ?-2. Qui pénétra le premier dan« l'in é ri J du Canada .' Le Canada était-il déjà connu ?

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Terre-Xeuve étaient connues des Basques et des BrL'tons. «*

3. La guerre que la France avait eu à soutenir contVe l'Espagne, ne lui avait pas permis de pour- 8ai\Te ses découvertes commencées par Vérazzani. En apprenant le succès des Espagnols et des Portugais dans le 2s'ouveau-]Monde, François I, roi de France, résolut d'établir aussi des colonies en Amérique, fj Ce prince disait en plaisantait : -'Quoi, ils se partagent *' tranquillement entre eux le Xouveau-^rond^ ' je vou- ♦'drais bien voir Varticle du testament d'Adam qui " leur lègue l'Amérique ! "'

4. François I revêtit d'une commission le célèbre navigateui fl .Jacques-Cartier, l'autorisant à prendre possession de tous les pays qu'il pourrait découvrir, afin d'y porter les lumières de l'Évangile et de la civilisation chrétienne.

5. Cartier s'embarqua pour l'Amérique au port de Saint-Malo, sur les côtes de la Bretagne, le 20 avril 1534. Son expédition ne comptait que deux vaisseaux do soixante tonneaux chacun, montés par soixanteun hommes d'équipage.

6. Le 9 juin, Cartier pénétra dans le golfe du fleuve appelé ensuite Saint-Laurent, et le parcourut, tant du coté du sud que du côté du nord. Il fit ensuite voile vers le sud, et entra, le 3 juillet, dans une baie fort profonde, où il souffi-it beaucoup du chaud ; c'est ])Our cela qu'il la nomma Baie des Chaleurs. De là, il poursuivit son expédition ; mais la violence des vents le força à chcrclicr un refuge dans la baie de Gaspé.

7. A peine les vai.sseaux furent-ils dans cette baie, que le rivacce fut couvert de naturels. Voyant l'em-

.>. Pourquoi la France n'avait-elle pas poursuivi ses découvertes coaimencées par Vérazzani ? Quelle ré-^olution Françoi? I prit-il, en apprenant le succès des Espagnols et des Portugais dans le Nouveau- Monde? — 4. Quel navigateur François I envoya-t-ilen Amérique ? — à. Cil Cartier s'euibarqua-t-il pour son premier voyage en Amérique? — v>. Quand Cartier pénétra-t-il dans le golfe du fleuve appelé ensuite .Saint-Laurent? — 7. Que fit-il, voyant rcmjiressemcut «ici iudigèn«8 avenir aupr-.ï d^'n Français '!

pressemerjt des indigènes à venir auprès des Français. Cartier lit planter une croix, haute de trente pieds, sous Iccroisillon de laquelle était un écusson en Dosse à trois fleurs de lis, avec cette inscription : vive lk ROI DE FRANCE ! Tout l'équipagc s'agenouilla devant cette croix, la saluant respectueusement et montrant le ciel à ces pauvres sauvages, pour leur faire entendre que de ce signe vient le salut.

8. Craignant que les vents, qui commençaient a s'élever, ne l'obligeassent à passer l'hiver en Canada, (Jartier résolut de partir. "^11 mit à la voile le jour de l'Assomption, après avoir as.sisté à la sainte messt» avec tous les siens ; et, le 5 se])tembre, ils arrivèrenù au port de Saint-Malo, d'où ils étaient partis. Cartier emmena en France deuxdes fils d'un chef de sauvages qu'il avaitoblenus à Gaspé, Taignoagny et Domagaya.

9. Le roi de France tut si satisfait du rapport que lui fit Cartier, que l'année suivante, lôoô, il lui donna une commission plus amj^le que la première, et lui fournit un armcTuent plus considérable. %

10. La nouvelle expédition se composait de trois vaisseaux: l'un, d'environ cent vingt tonneaux, ai)pelé la Grande Hermine ; un autre, de soixante, appelé \ a Petite Ilenwjie ; et le troisième, nommé r^Wn/fcn, «le quarante tonneaux.

11. Cartier nous apprend que. avant de partir (je Saint-Malo, lui et tous ceux qui devaient l'accompagner dans cette expédition, dont un assez grand nombre de gentilshommes, s'étant confessés, participèrent a la sainte Eucharistie dans l'église cathédrale de Saint-^Ialo. le 10 mai, fête de la Pentecôte, anniver- >a ire du jour où les Apôtres avaient commencé d'annoncer l'Evangile aux nations ; et que, pour attirer la lu'nédiction de l>ieu sur la sainte expédition qu'ils allaient entreprendre, il voulut qu'ils reçussent celle

s. Que fit Cartier craignant que les vents^ ne l'oV^ligeassent à pasfer l'hiver en Canada? Quel jour mit-il à la voile? — 9. Quel effet iiroduifiit le rapport de Cartier sur le roi de France? — 10. De combien de vaisseaux se composait la nouvelle expédition? — 11. Qu© nous apprend Cartier de cette expédition?

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de révèqu© du lieu. Comme dans la préeédente navigatioD, ce pieux capitaine s'était pourvu de prêtres ; il portait aussi avec lui divers objets de piété pour les distribuer aux sauvages, ainsi qu'une statue de la très-sainte Vierge pour son usage et c*eiui des siens.

12. La petite expédition mit à la voile le 19 mai 1535. Après avoir été séjDarés par d'effroyables tempêtes, les trois navires ne se réunirent que le 26 juillet suivant au hâ^-re de Blajic-Sablon, lieu désigné pour le rendez-vous. C'était le golfe du fleuve, appelé grande rivière du Canada, que Cartier avait dessein de remonter, ce qu'il n'avait pu faire l'année précédente.

13. Le 1er août, une tempête l'obligea de s*abi-iter dans un port situé à lentrée du fleuve, du côté du nord. Il nomma ce port le Mvre Saint-Xicolas, et y planta une croix. Le 10 du même mois, fête de Saint-Lauj-ent, il entra dans une petite baie, aujourd'hui baie Ste. Geneviève, qu'il nomma du nom de «•e saint martyr. Ce nom s'étendit insensiblement a tout le fleuve. Le 15 août, il se trouvait devant Tile d'Anticosti, qu'il nomma île de l'Assomption, à cau.se de la solennité de ce jour.

14. Cartier remonta ensuite le fleuve, mouilla auprès d'une île, qu'il nomma Ue aux Coudres, parce qu'il y trouva beaucoup de coudriers. Plus loin, il rencontra une ile beaucoup plus grande qu'il appela Uc de Bacchus, parce qu'il y trouva des vignes sauvages. Cette île porte aujourd'hui le nom cViJe d'Orléans. Il constata que ce n'était qu'à cet endroit que le pays commençait à être appelé Canada (1). En remontant

(]) L'opinion de ceux qui font dériver cette dénomination du mot iroquois : Kanata, qui signifie un amas de cabanes ou village, parait très-bien fondée ; et, avec d'autant plus de vraisemblance, que les Hurons, qu'on dit avoir autrefois habité ce pays, «mploient souvent le D, là où les Iroquois mettent le T, en sorte

12. Qnand la petite exp<?ditioninit-elle <i la voile ? — 13. Qa'arrivnt-il à CflTtier le 1er a-iOt ? Pourquoi le nom de Saint-Laurent qu'il danna au golfe? — 14. L'oh viennent les noms de ile avx Covdr^t et de r/c de Bncchut ' En remontant le fleuy«, que pe proposait Cartier ".'

20 HISTOIRE DU CAK^U)A. [1535

ainsi le fleuve, Cartier se proposait de reconnaître le pays, et surtout d'aller à la rjourgade d'Hochelaga, dont lui avaient beaucoup parle Taiguragny et Domagaya qui, ayant appris un peu de français, ])ouvaient lui servir d'interprètes auprès des habitants de ce lieu.

15. A3'ant trouvé, à son arrivée au bout de Tile d'Orléaïis, une petite rivière qui lui parut propre à servir de port à ses bâtiments, Cartier s'y arrêta et la nomma rivière Sainte-Croix, Rappelée depuis rivière Saint-Charles'). Il lui donna ce nom, parce qu'il y arriva le 14 septembre, joui* de l'Exaltation de la Sainte-Croix.

16. Le lendemain, Cai'tier reçut eu cet endroit la visite de Donnacona, chef des sauvages d'une bourgade voisine, appelée Stadaconé. Ce chef qualifié du titre d'Agoubanna, nom qui, en langue huronne, signifie grand ou chef, était accompagné de plus de 500 sauvages. Stadaconé était située sur l'éminence où est maintenant bâtie la haute-ville de Québec.

17. Donnacona visita plusieurs fois Jacques-Cartier, et put même s'^ ntretenir avec lui, par le moyen des deux sauvages qui avait été emmenés en France, et dont nous avons déjà parlé. Comme l'intention do Cartier, en arrivant à Sainte-Croix, était de j^artir sans délai pour Ilochelaga, il avait mis dans cette rivière ses deux plus gros vrfisseaux, et laissé VÉrr^erillon dans la rade.

18. Cartier partit de Stadaconé le 19 septembre, sur VEmériUo7i, avec tous les gentilshommes qui raccompagnaient, cinquante marinioi*s, et deux barques ou chaloupes. Arrivé au lac appelé aujourd'hui lac Saint Pierre, il dut y laisser rÉmérillon, qui ne put avancer plus loin, ayant pris apparemment le chenal du nord

que le mot Kanata des Iroquois, reviendrait à cehii de Canada dans le langage des Hurons, jiour signifier un village ou une bourgade.

15. Que fit Cartier au bout do lîle d'Orléans? — 16. Quelle risite reçut-il à Sainte-Croix ? — 17. Comment le chef des sauvages VUt-il s'entretenir avec Cartier?— 1 S. Quand Cartier partit-il d© rStadaci'iii^ ? Que diit-U faire-, arrivi'' au ]ac Saint-Pierre ?

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au lieu de celui du sud. Il arma alors ses deux barques, les chargea de vivres, et poursuivit ses découvertes. Dans leur voyage, les Français apercevaient sur les rives du fleuve un grand nombre de cabanes, habitées par des sauvages adonnés à la pêche ; ceux-ci leur apportaient du poisson et recevaient en échange divers objets.

19. La petite expédition arriva à Hochelaga le 2 octobre. Les habitants de cette bourgaie, au nombre de mille personnes, accoururent au-devant des Français, leur firent un très-bon accueil, et leur apportèrent du poisson et du mais, qu'ils jetaient à l'envi dans leurs barques. Touché de la bonne volonté de ce peuple, Cartier descendit à terre, et, ayant fait ranger toutes les femmes d'un côté et les hommes de l'autre, il leur distribua des présents.

20. Le jour suivant, qui était un dimanche, ayant laissé huit matelots pour garder les barques, il partit avec ses gentilshommes et les autres matelots, pour visiter Hochelaga; il était conduitpar trois sauvages de cette bourgade. Après avoir traversé une magnifique petite forêt de chênes, ils se trouvèrent dans une grande et belle campagne, très-fertile, plantée de maïs, au milieu de laquelle s'élevait Hochelaga.

21. Cette bourgade, dit Cartier, était entourée de trois palissades circulaires bien liées entre elles, de la hauteur d'environ deux lances. On n'y entrait que

Èar une seule porte, que l'on fermait avec des barres. Ille renfermait une cinquantaine de cabanes, longues d'environ cinquante pas, sur douze à quinze de largeur, toutes construites en bois et couvertes de grandes écorccs, artistement cousues les unes avec les autres. Chaque cabane se divisait en plusieurs pièces, et dané le haut était un grenier poui* y serrer le maïs desti* né à fil ire le pain.

22. Cartier et sa suite furent reçus à Hochelaga, dans la place publique, au milieu des démonstrations

19. Quand Cartier arriva-t-il à Hochelaga? — 20. Que fit-il le jour suivant? — 21. Faites la description de la bourgade d'Hocbelaga. — 22. Quelle réception fut faite à Cartier & Hochelaga?

de la joio la plus cordiale. Accompagnés de plusieurs des habitants, ils se rendirent ensuite sur la montagne voisine, d'où ils purent prendre connaissance du Says. Cartier appela cette montagne Mont-Roj^al,^ 'où est venu plus tard le nom de Montréal donné à* la ville et à l'iTe toute entière.

23. Craignant pour VÉ/nérillon, Cartier et sa suite redescendirent le fleuve le jour même. Le lendemain, 4 octobre, ils arrivèrent à leur navire, qu'ils trouvèrent sain et sauf, au lac Saint-Pierre. De là, ils descendirent au lieu appelé dans la suite Trois-Ttivières. Ayant mis pied à terre sur celle des îles qui est la plus avancée dans le fleuve, Cartier y fit planter une croix, et continua sa route.

24. Le 11 octobre, l'expédition était de retour au havre de Sainte-Croix. Jjurant l'absence de Cartier, ceux de ses gens restés pour garder les deux navires qu'il y avait laissés, construisirent une espèce de retranchement garni de quelques pièces d'artillerie, afin de se défendre, en cas d'attaque de la part des naturels du pays.

25. Pendant l'hiver, les Français eurent beaucoup à soufl'rir, non-seulement du froid, auquel ils n'étaient pas accoutumés, mais encore du scorbut, dont ils furent presque tous atteints. Vingt-cinq en moururent, et les autres furent réduits à un tel état de faiblesse, qu'ils avaient presque perdu l'espérance de revoir la France, lorsqu'un sauvage leur procura un remède qui les ramena en peu de jours à la santé.

2G. Au printemps suivant (1536), Cartier se rembarqua pour la France, avec deux de ses vaisseaux, abandonnant le troisième faute de bras pour le manœuvrer. Il aiTiva dans le port de Saint-Malo vers la mi-juillet. Peu avant son départ, le jour même de l'Invention de la Sainte-Croix, il avait fait planter dans son fort une belle croix, haute d'environ vingt-

23. Que firent Cartier et sa suite après leur visite à Iloctelaga? — 24. Quand rentèrent-ils dans le havre de .Sainte-Croix ? — 25. A quelle épreuve Cartier et ses ens furent-ils soumis j>»ti'laTit l'hiver? ^26. Que fit Cartier au printemps ?

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