CHAPITRE in
Du marquis de la Roche, à la fondation de Québec (1578-1608).
SOMMAIRE
1-3 Le marquis de la Koche.— 4. Chauvin.— 5. Le commandatit de Chates.— 6-.9. De Pontgravé et Samuel de Champlain —10. M. de Monts.— 11. Premiers établissements en Acadie — 12-15. Privilège de M, de Monts révoqué.
1. Le second lieutenant-général et vice-roi du Canada fut le marquis de la Roche, seigneui- breton, qui reçut ses titres de Henri III, en 1578, lesquels furent conù)-meo par Henri IV, en 1598. Ce gentilhomme tres-zele catholique, '^ poussé, " dit Champlain, '' d'une sainte envie d'arborer l'étendard de Jésus-Christ dans ces terres, " voulut, avant d'armer une flotte, aller lui-même reconnaître, le pays avec un seul navire, sur lequel d s'embarqua au printemps de 1598. Ind pendamment de son équipage, il avait sur son navire une cinquantaine do repris de justice, n'ayant trouvé personne qui voulût le 8ui\Te, tant l'idée qui était restée du Canada aux français était défavorable T>ar tout le royaume. ^
2. Arrivé à l'île de Sable, M. de la Roche y débarqua ses cinquante colons, leur laissa des vivres et des marchandises, et leur promit de venir les reprendre aussitôt qu'il aurait trouvé sur la terre ferme un lieu favorable pour y former un établissement. D^ns ce dessein, il se rendit du côté de l'Acadie ; mais au retour il fut surpris par un vent si violent, qu'en moins de douze jours il abordait en France. Les troubles qui agitaient alors le royaume le forcèrent d'abandonner ses projets du côté de l'Amérique.
3. Au bout de cinq ans, ayant oui parler de l'aventuro de ces malheureux, laissés dans l'île de Sable, et.
o \ '"'"J'/ fi"^ i® f °^"^ lieutenant-gcnétal et vice-roi du Canada ?— 2. Que fit M. de la Roche, arrivé à l'île de Sable ?— 3. Quelle mi^^ion reçut du roi le pilote Chcdotel, quelques aunces après ?
ie03j DE CEATfiS. 2^
touché' de compassion, le roi ordonna au pilote Chédotel, qui se rendait à Terre-]S^euve, de les recueillir eu passant. Ce dernier ne trouva que douze de ces infortunés ; ils portaient une longue barbe, de longa cheveux, et étaient couverts de peaux de loups marins.
4. La commission de M. de ia Eoche sur le Canada passa à Pierre Chauvin, capitaine de vaisseau, qui obtint en même temps le privilège exclusif de la traite des pelleteries. Le roi n'avait accordé ce privilège à Chauvin qu'à la condition qu'il fonderait une colonie en Canada et y établirait la religion catholique. Marchand et protestant, Chauvin s'occupa peu de ces deux dernières clauses. Après avoir fait deux voyages en Canada, le premier en 1599 et le second en 1600, il mourut en 1601, alors qu'il en projetait un troisième.
5. Le successeur de SL, Chauvin fut le commandeur de Chates, gouverneur de Dieppe, homme de beaucoup de mérite. Quoiqu'il fût déjà avancé en âge, il voulait consacrer ses dernières années au service de Dieu et de son pays. Il forma une compagnie composée de gentilshommes et de marchands, et confia la conduite des vaisseaux au sieur de Pontgravé, navigateur de St. Malo, chargé par le roi de continuer l'exploration du grand fleuve du Canada.
6. Le commandeur de Chates associa au sieur de Pontgravé Samuel de Champlain, gentilhomme de haute capacité et de grand mérite, né à Brouage, en Saintonge. Champlain avait servi deux ans et quelques mois comme oMcier de marine aux Indes occidentales, et ensuite dans le midi de la France, contre les Espagnols.
7. L'expédition partit de Honfleur le 15 mars 1603. Le voyage fut heureux. Laissant leur flotte à Tadous- -ac, où devait se faire la traite. Pontgravé et Cham-
4. A qui passa la commission de M. de la Roche sur le Canada? — 5. Qui succéda à M. Chauvin? Quels moyens prit le commandeur de Chates pour fonder une colonie au Canada ? A qui confia-t-il la conduite des vaisseaux? — 6. Quel personnage le commandeur de Chates associa-t-il au sieur de Pontgravé . — 7. Quel havre attira surtout l'attention de Pontgravé et de Champlain, à leur arrivée en Canada?
plain remontèrent le fleuve en chaloupe jusqu'au saut Saint-Louis, qu'ils ne purent franchir, et reprirent le chemin de Tadoussac, examinant soigneusement le pays, ctrecevantdes indigènes tous les renseignements possibles sur le cours des principales rivières et sur l'intérieur du pays. Ils remarquèrent surtout le beau havre au milieu duquel s'a^^ance le promontoire, dès lors connu sous le nom de Kébcc.
8. Dans la relation de ce voyage, Champlain rapporte qu'ayant questionné les sauva^'es, il reconnut, comme l'avait déjà fait Jacques-Cartier, qu'ils avaient de Dieu les idées les plus tristes et les plus ridicules; et, à l'exemple do ce navigateur, il prit de là occasion de leur expo>cr, en abrégé, la foi catholique, sans omettre le culte des saints, l'un des points que combattaient alors les Huguenots.
9. A leur retour à Honfleur. en 1603, les sieurs de Pontgravé et de Champlain apprirent la mort du commandeur do Chates, c^^i n'avait pu accompagner l'expédition. La mort d«" cet homme si puissant, et en même temps si bien intentionné, fut une perte sérieuse pour le Janada, et un fâcheux contretemps pour de Pontgravé et de Champlain.
10. M. de Chates eut pour successeur PieiTC du Gas, sieur de Xonts, et gentilhomme calviniste. Henri ÏY lui confia, avec le titre de lieutenant général, celui de vice-amiral. Il lui permit aussi l'exercice de sa religion en Amérique, pour lui et pour les siens, pourvu toutefois qu'il y implantât la foi catholique, apostolique et romaine, et qu'il y établit une colonie.
11. M. de Monts conserva la compagnie formée paison prédécesseur, et l'augmenta même de plusieurs négociants. Il fréta quatre navires, et partit du H?ivre, le 7 mars IGO-i, accompagné de MM. de Champlain et do Poutrincourt. L'exjoédition portait plusieurs
8. Qnc remarque Clianijihvin des sauvages ''U'il questionna dans ce voyage ? — 9. Quelle nouvelle Pontgravé et Champlain appriront-il^, à leur retour à Honflcur? — 10. Quel fut le ^ucccsseu^ de M. de Chates? 11. Comment l'expédition de M. de Mnnt* .'tnit-i-lle oonipo«f'e ? Où fut étaVdie la colonie qu'elle portait?