DE CHAMPLAIN
jSottille, commnndéepar de Eoquemont, dut, après six heures de combat, se rendre à l'amiral Kertk. Sa destruction entraînait nécessairement les suites les plus fâcheuses pour la colonie.
20. En 1629, une escadre anglaise, commandée par les frères Kertk, se présenta devant Québec, et M. de Champlain, n'ayant encore reçu aucun secours de France, fut obligé de se rendre. En apprenant l'arrivée de cette escadre, Champlain avait convoqué une assemblée des principaux de la colonie pour délibérer de concert sur le parti à prendre ; il y fut arrêté que, dans l'impuissance où l'on était de se défendre, on chercherait à obtenir la meilleure composition que l'on pourrait. Champlain obtint, en effet, une composition hunnête et raisonnable. Il fut permis aux Français de sortir avec leurs armes, leurs habits et les pelleteries qui leur appartenaient en propre ; aux soldats, d'emporter chacun leurs habits et une robe de castor, et aux religieux, leurs robes et leui'S livres, en leur promettant à tous de les conduire en Angleterre, et de là en France.
21. Le bndemain de la capitulation, 20 juillet, le capitaine Louis Kertk prit possession de la place et traita Champlain avec beaucoup d'égards. Il offrit sa protection et pleine liberté à doux ou trois familles françaises établies à Québec, si elles voulaient rester dans le pays. C'est que Louis Kertk était français de naissance, homme ati'able et très-poli. Champlain et les Jésuites partirent avec Thomas Kertk pour Tadoussac, où ils préferaient attendre le départ de la flotte pour l'Europe. David Kertk reçut Champlain avec politesse.
22. A son arrivée en Angleterre, le 20 octobre 1629, Champlain apprit que la paix avait été conclue entre la France et l'Angleterre, deux mois avant la prise de Québec. Il se rendit chez l'ambassadeur
20. Qu'arriva-t-il en l'année 1629? — 21. Qu'eut lien le lendemain de la capitulation? — 22. Qu'apprit Champlain à son arrivée en Angleterre? Où se rcndit-ii?
français, auquel il présenta un mémoire de ce qui H'était passé, et l'original de la capitulation do Québec. Mais il s'écoula plus de deux ans avant que la difficulté fût réglée.
CHAPITEE III.
De la restitution à la France, du Canada et de
VAcadie, à la formation de la compagnie
de Montréal (1632-1640).
SOMMAIRE
1-3. Le Canada est restitué à la France. — 4, Chatnplain gouverneur.— i. Établissement des Trois-Rivières. — 5-7. Collège des Ji siiites. — 8-9. Mort de M. de Champlain ; son éloge. — 10-11. M. de Montmagny lui succè<ie. — 12—13. Fondation de SilK-ry. — 14-15. Fondation de l'Hôtel-Dieu et des Ursulines. — 16. Les Iroquois attaquent les Hurons et les Algonquins.
1. Peu après l'arrivée de Champlain à Paris, en 1629, le gouvernement français envoya en Angleterre demander la restitution du Canada et de l'Acadie. Le 29 mars 1632, un traité entre les deux couronnes fut conclu à St. Germain en Laye, en ve'tu duquel le roi d'Angleterre promettait de restituer à sa majesté très-chrétienne tous les lieux occupés par les Anglais dans la Nouvelle-France.
2. La compagnie des Ccnt-As^ociés rentrait alors dans tous ses droits. Ou songea d'abord à envo^'er Champlain pour reprendi^i possession du Canada; mais la compagnie n'avait ni vaisseaux pour faire le voyage, ni fonds pour en obtenir. Ainsi, l'on crut qu'il valait mieux charger de cette affaire Guillaume de Caen, qui, à de grandes richesses, joignait la modération. D'ailleurs, comme la prise de Québec par les Anglais lui avait causé de grands dommages, \i, semblait juste de lui fournir l'occasion de réparer
1. Que fit le gouveruement français, peu aj.r<is l'arrivée de Champlain à Paris? Quel en fut le résultat? — 2. Qui fr.t d'aburd chargé de reprendre possci?iou de Québec?
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ses perces. En conséquenco, lo roi lui accorda la jouissance des revenus du pays pendant une année, 'après laquelle Champlain devait reprendre son ancienne charge. Ëmery de Caen fut donc envoyé à Québec, comme commandant, non-seulement de la flotte, mais encore de toute la colonie.
3. Québec fut remis aux Français le 13 juillet 1632. Il y avait déjà près de trois ans que les Anglais s'en étaient emparés. Les Français restés dans le pays avaient trouvé ce temps bien long ; aussi, furent-ils. remplis de joie, lorsqu'à la place du pavillon anglais, ils virent flotter le drapeau blanc. Depuis le départ de Champlain, ils avaient été privés de secours religieux et même maltraités par leurs compatriotes protestants, qui étaient passés au service de l'ennemi.
4. Connaissant le zèle et l'expérience de Champlain, la compagnie lui confia de nouveau le gouvernement de la Nouvelle-France, avec des pouvoirs plus amples qu'auparavant. Il fit voile de Dieppe, le 23 mars 1633 ; sa flottille portait environ 200 personnes, tant matelots que colons, avec des marchandises, des armes et des munitions en abondance ; parmi les passagers étaient les ER. Pères Classe et de Brebœuf. La petite flotte mouilla devant Québec le 23 mai. Grande fut la joie des habitants du pays, quand ils virent arriver le fondateur de la colonie ; car tous connaissaient et admiraient son dévoùment et son noble caractère.
5. Pour ôter aux sauvages de l'ouest la pensée de descendre au-dessous de Québec, afin d'y trafiquer avec les Anglais, Champlain établit un poste de trafte sur un îlot, auquel on donna le nom de Eichelieu. Cet îlot est situé en haut du rapide qui porte ce nom, à mi-distance entre ^Montréal et les Trois-Eivières. L'année suivante, 1634, il envoya le sieur de la Vio-
3. Quand la ville de Québec fut-elle remise aux Français? — 4. Rentrée dans tous ses droit?, que fit la compagnie en 1633 ? Quand la petite flu te mouilla-t-elle uevant Qu'vbec? — 5. Quel moyen prit Champlain pour ôter aux sauvages de l'oueit la pensée de descendre au-dessous de Québec pour y trafiquer avec les Anglais? Que fit-il encore l'ani.ée suivante?
lette en établir un autre aux Trois-Riviùros, à l'embouchure de la rivière du même nom.
6. Vers la fin de 1635, un collège fut érii^é à Québec BOUS la direction des Eévérends Pères Jésuites. Le -fere Charlevoix remarque qu'en moins de trois ans après la restitution du Canada, il y eut quinze Jésuites dans le pays. Tous ces missionnaires sedistini^uèrent par une piete, un zèle, une résignation et un dévoûmcnt extraordinaires. Le premier fruit de leur zèle tut^ la fondation du collège dont on vient de parler
i. La nouvelle d'une institution collégiale à Québeo eut 1 effet d engager plusieurs familles honorables de i^rance a passer au Canada, où elles pourraient désormais procurer à leurs enfants une éducation chrétienne et une instruction convenable à leur état Les sauvages mêmes, dans l'espoir d'y faire instruire les leurs, 80 rendirent de toutes parts aux environs de Québec.
8. Mais un événement vint tout-à-coupjeter le deuil dans la colonie: la mort de M. de Champlain. Cet homme, qui avait exposé son corps à tant de périls ondure tant de^iudes priration^, soutenu tant de fatigues et d épreuves, succomba, enfin, aux atteintes < une paralysie, qui le conduisit au tombeau après deux moiset demi de souffrances, le jour de Xoël IboD, après avoir reçu les secours de la relio-ion avec de grands sentiments de piété.
9. Champlain fut universellement reo-retté et -i jiiste titre, car c'était un homme de bien et de mérité Ce qu on admirait le plus en lui, c'était son activité' sa constance à suivre ses entreprises, sa fermeté et son courage dans les plus grands dangers, un zèle ardent et désintéressé pour la patrie, un cœur tendre et compatissant, et un grand fonds d'honneur et de charité. Mais ce qui met le comble à tant de bonnes qualités, c est qu'il parut toujours nn homme vérita-
n,*;i ^V^!^ fave"': fut confériîe à la colonie, vers la lin de 16.35 ?7 Que effet produisit sur la population l'érection d'un collège ''-8 ..2nelévénementj,nt jeter le deuil dans la colonie ?-9. Quelle mé moire a laisst e M. de Champlain? Vi'ejic me-
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blemcnt chrétien, zélé poiu' le service do Bien, plein de candeur et de religion.
10. Le successeur de ^I. de Champlain fut X. de Montmagny, chevalier de Malte, qui, à une sincère piété, Joignait -un zèle et une fermeté rares. Il arriva à Québec le 11 juin 1636. A son débarquement, il fut reçu par la population toute entière, et 6ô rendit à l'église où. le Te Deum fut chanté en signe de joie et de reconnaissance. H. do Châteaufort avait remplacé M. do Champlain par intérim.
11. Au commencement de l'année 1636, lesTroquois avaient paru en armes au milieu du pays des Harons ; mais ceux-ci les repoussèrent avec l'aide de quelques Français qui se trouvaient parmi eux.
12. Pour mettre les sauvages chrétiens, et ceux qui se préparaient à le devenir, à l'abri des insultes des Iroquois et des rigueurs de l'hiver, on fonda, en 1637, la bourgade de Sillery, près de Québec. Le promoteur de cette œuvre nationale et religieuse fut l'illustro commandeur de Malte, !Xoël Brulart de Silîery, ancien Ministre d'état, qui, venant d'embrasser l'état ecclésiastique, ne s'occupait plus qu'à l'exercice des œuvres de charité.
13. Douze familles chrétiennes fort nombreuses, avaient d'abord pris possession des logements qu'on leur avait préparés à Sillery ; elles furent bientôt suivies de plusieurs autres. Ces sauvages prirent peu à peu un esprit et des mœurs convenables à des chrétiens. Le voisinage de Québec, loin do leur nuire, leur fut favorable; car les habitants de cette ville naissante menant généralement une vie régulière, no pouvaient qu'inspirer de l'estime pour la religion aux néophytes de Sillery.