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Cette même année, trois soldats français, con

12. Quel fut le dernier acte d'autorité du inarqui; de Tracy, avant de repasser en Fra:,ce ? — 13. Quel arrêt le Conseil supérieur rendit-il en septembre 1667 ? — 14. Quel obstacle renccitrait-on toujoure à la conversion de la plupart des >auvaiîes *'' — 15. Qu'est devenn le régi'rentde Carignan? — 16. Quel établissement fonda Mgr. de Laval •D 1668? — 17. Quelle conduite tint le gouverueur à l'égard de trois soldats français coupables de meurtre ?

IGTO] DE CÔURCELLES. 73

vaincus d'avoir enivré et ensuite tué uu chef iraquoî?, furent fusil es, par ordre du gouverneur, en présence des Iroquois qui étaient venus se plaindre,

M>de Courcelles maintenait, par sa fermeté, la bonne intelliicence entre les Français et les Sauvages, et faisait régner la paix parmi ces derniers.

18. Vers le mémo temps, l'intendant Talon obtint du roi. pour cause de santé, son retour en France.

Son administration, active et intelligente, avait fiait avancer le pays fort rapidement. Aussi, les amis de la colonie regrettèrent-ils son départ. '' ^L Talon nous quitte " écrivait la Mère de l'Incarnation, " et retourne en France, au grand regret de tout le monde et à la perte de tout le Canada, car, depuis qu'il est ici en qualité d'intendant, le pays s'est plus fait et les affaires ont plus avancé qu'elles n'avaient fait depuis que les Fraaçais y habitent. 'g^ Il s'était occupé attentivement de tous les besoins de la colonie, et avait étudié les ressources qu'elle présentait. Par ses soins, des découvertes avaient été faites dans le Xord et dans l'Ouest, les mines de fer de la baie St. Paul avaient été examinées, l'exploitation de celle du Saint-Maurice avait été encouragée, et des mémoires avaient été dressés pour le ministère de la marine. '

A cette même époque, la petite vérole, appelée aussi picûtte, vint ravager le nord du Canada, et acheva de dépeupler ces vastes contrées.

19. A" niois d'août 1670, M. Talon revenait au Canada accompagné du Kévérend P. Allard, récollet, et de quatre autres religieux du même ordre. Le m^mo navire avait aussi amené une partie des cinq cents fiimilles et des secours considérables que le roi avait accordés à M. Talon pour la colonie. Il portait aussi M. Perrot, qui venait au Canada comme gouverneur de Montréal, en remplacement de M. de Mai.vonneuve,

ui avait demande à se retirer. M. Periot avait obtenu du roi des lettres, dans lesquelles il était expres-

18. Que pait-on de l'administration de l'intefidant Talon T— -19. Quels religieux arrivèrent à Québec wy niovs d'août H)70 ? De quel» jjersonnages étaient-ils accompagnés ?

74 aiBXOIRE DU CANAPA. [1572

sémont déc-aré qu'elles avaient été données au nom lie AI. de Brctonvilliers, supérieur-général du Séminaire de St. Sulpicc. Le droit des seigneurs de Montréal à nommer le gouverneur de l'île, était ainsi soienncllement reconnu.

20. *' Toute l'île do Montréal," dit le Père de Charlevoix, "ressemblait H une communauté religieuse, parce que, dès le commencement, on avait eu un soin particulier à n'y recevoir que des habitants d'une conduite exemplaire. Ils étaient, d'ailleurs, les plus exposés aux courses des Iroijuois; et, comme les Israélites, au retour de la captivité de Eabylone, ils s'étaient vus obligés, en bâtissant leurs maisons et en défrichant leurs terres, d'avoir presque toujours leurs outils d'une main, et leurs armes de l'autre, pour se détendre d'un eiinemi qui ne faisait la guerre que par surprise."

21, Afin d'opposer une nouvelio barrière aux Iroquois, M. de Coiircelles conçut le dessein de bâtir un fort à un endroit nommé Cataracoui ; mais il n'en eut pas le temps, car, après en avoir tracé le plan et pri* toutes les mesures pour lO faire exécuter, il dut se rendre à Québec, où l'attendait son successeur.

M. de Courcelles avait demande son rappel en Franco pour cause de santé. Il fut sincèrement regi'etîé, car il avait déployé une sagesse et "une fermeté qui le rendaient cher aux Fran-;ais, et ic faisaiout craindre aes Sauvages.

CHAPITP.li: II.

De la prernihe administration de M. de FroJiienac, à celle de M. de Denonville (lCT--lGb5).

SOMMAIRE

1. De Frontenac, gouverneur; son caractère. — 2. Fort de Cataracoui. — 3. Difficultés que se crée M de Frontenac par

20. Quelle éteit a conduite de la population de Montréal vers le môme temps î — 22. Quel dessein conçut M. de Courcùlea, pour o;*» poser une Bouveile barrière aux Iroquoia t

1673J DE FBONTENAC 1' 75

riiiflexibiliié de son caractère. — i-6. M, de la Salle complète la découverte du Ttlis^e^ipi. — 7. Kappel de M. de Frontenac et de M. Diichesneau. M. de la Barre, gouverneur. — 8. Exçéditioo de il. de la Barre contre îesiroqnois; il manque u'énergie.

1. !M. de Courcelles fut remplacé par Louis de Buade, comte de Frontenac, lieutenant général des armées du roi. Il arriva à Québec au commencement de l'automne 1672.

2. L'année suivante, M. de Frontenac fit construire le fort qu'avait projeté 31. de Courcelles, à l'endroit appelé Cataracoui, et lui donna son nom ; c'est aujourd'hui Kingston.

3. Vers ce même temps, le comte de Frontenac, ayant appris qu'à Montréal des ofSciers du roi faisaient la traite malgré les défenses publiques, envoya le sieur Eizard, lieutenant de ses gardes, pour les ai'rêter; or, M. Perrot, gouverneur de Montréal, qui était ;issocié secrètement avec l'un des ])i'évenus, prit parti pour ce dernier. Mandé à Québec pour donner sur sa conduite des exj)lications satisfaisantes, M. Perrot s'y refusa; il fut alors arrêté par les ordres du gouverneur-général et emprisonné'au château Saint-Louis.

Mais malheui eu^ïcment M. de Frontenac ne se borna pas à cette vigueur qu'il venait de déployer pour le soutien des lois ; la fougue de son caractère l'emporta beaucoup trop loin. M. Perrot avait à Montréal un ami, M. l'abbé de Saîignac Fénélon, du Séminaire do St. Sulpice, qui n'avait pas approuvé tous les procédés du gouverneur-général ; celui-ci le lit aussi empri- ^onner, sous le prétexte qu'il avait prêché contre lui. Le comte de Frontenac se brouilla ensuite avec M. Duchesneau, intendant de la colonie, exila, de sa propre autorité, le procureur-général et deux des conseillers; enfin, la cour dut le rappeler et la paix fut i-établio dans le pays.

1. Par qui M. de Courcelles fut-il remplacé?— 2. Quand M. de» Frontenac fit-ii construire le fort qu'avait projeté M. de Courcelles % 3. Quelle fut la conduite de il. do Froûteiiac dans le souvemement de la colonie i

7G HISTOIRB DU CANADA. [1GT4

"Le comte de Frontenac," dit le Père de Cbarîevoix, "avait Te prit vif, pénétrant, forme, fécond et fort cultivé ; mais il était sTi>cepiible des plus inju^stes préventions, et capable de les porter bien loin. Sa valeur et sa capacité étaient égales ; personne ne sut mieux prendre, sur les peuples qu'il gouverna, cet ascendant si nécessaire pour les retenir dans le devoir et le respect."

4. En l'année 1673, l'intendant Talon chargea Louis Jolliet, natif de Québec, et le P. Marquette, jésuite, d'aller reconnaître si le fleuve dont parlaient les Sauvages de l'ouest, se jettait dans le golfe du Mexique ou dans l'Océan Pacifique.

Ces deux intrépides voya^çeurs se rendirent à la baie des Puant<, sur le lac Michigan, remontèrent la rivière aux Eenards, qui s'y jette, puis descendirent la rivière Wisconsin jusqu'à son embouchure. De là, ils suivirent le grand cours d'eau dont la rivière Wisconsin n'est qu'un petit affluent; puis, après avoir passé devant les bouches du Missouri et de i'Arkansas, ils s'arrêtèrent en ce dernier endroit, convaincus que le deuve qu'ils venaie.ntde descendre était bien celui que les Sauvages désignaient sous le nom de Michisipi, ou grande rivière, " et qu'il se jette dans 1© golfe du Mexique.

Ils revinrent sur leurs pas; le P. Marquette se fixa chez les nations de l'Ouest, où il mourut deux ans après, et Jolliet retourna à Québec, après avoir failli se noyer au saut Saint-Louis et y avoir perdu la relation détaillée de son voyage.

5. En 1GT4, Québec fut érigé en évêché. Mgr. de Laval qui, jusqu'alors, n'était qu'évêque in partibus de Pétrée. et vicaire apostolioue du Canada, en fut le premier titulaire. Louis XIV avait enfin permis que

' 4. De quoi rintendant Talon chargea-t-il Jolliet et le P. Marnncttf, en 1673 ? Kapport z en peu de nio;.s le voyage de Jolliet et du P. Marqnotte. — 5. En iiuelle amiée Québec fut-il érigé eu évûcliét t^iiel eu fut le premiei- évêqueî

16S4] " DE LA BAERE. 77

cet évêché dépeudit immédiatement du St. Ségo, mais sans cesser d'être uni à l'Église de France.

5. Pendant son gouvernement, lo comte de Frontenac conçut le projet de faire explorer les rpgions intérieures du nouveau continent. Le sieur Cavelier de^ la Salle s'offrit pour cette grande entreprise. C'était un homme instruit, actif, et animé du double désir de s'illustrer et de s'enrichir. M. de la Salle était accompagné du chevalier de Tonti et d'une trentaine d'hommes, tous nouvellement arrivés de France, avec le des ein d'achever les découvertes du Missigsipi, commencées par le sieur JoUiet et le Père Marquette.

6. M. de la Salle monta d'abord à Cataracoui (16T8) dont la seigneurie lui fut cédée, à condition qu'il rebâtirait en pierres le fort de Frontenac. De Cataracoui, il alla à Niagara, où il établit un poste. Puis, il fit construire sur les lacs Érié et Ontario, les premiers vaisseaux qu'on y ait vus; bâtit le fort Saint- Louis, à l'ouest du Mi.-sissipi, et descendit ce fleuve jusqu'à son embouchure dans le golfe du Mexique qu'il atteignit au mois d'aoïjt 1682. Tout le pays qu'arrose le Mississipi fut proclamé colonie française, et reçut le nom de Louisiane en l'honneur de Louis XIY. De la Salle revint ensuite à Québec, d'où il s'embarqua pour la France.

7. Voyant que le gouverneur de Frontenac et l'intendant Duchesneau ne pouvaient plus longtemps vivre ensemble, la cour de France les rappela tous les deux. M. le Fèvre de la Barre, ancien officier de manne, fut nommé pour remplacer M. de Frontenac Il arriva à Québec dans l'été de 1682.

8 En 1684, M. de la Barre porta la guerre chez les Iroquois, et s'avança jusqu'au lac Ontario, à la

5. Quel projet conçut M. de Frontenac pendant .on -ouverneraent ' Quel personnage s'offrit pour cette grande entreprise ?-6. Que fit d abord M. de la Salle ? Où alla-t-iren.uite ?-7; Quel parti prit la oo«.r de Irance voyant que M. de Frontenac et M. Duchesneau ne J^i^fil" n"'?/^"' longtemps ensemble ?-7. Que fit M. de la Barre, en 1684 ? Quel fut le »ésultnt de c^tte expédition '(

78 HISTOIHE DU CANADA. [1G86

tête de 130 réguliers, 700 miliciens et 200 sauvages. Cotte expédition ne fut i^as honorable pour \e gouverneur; car il montra beaucoup trop de faiblesse dans le traité do paix qu'il conclut avec les Iroquois.

CHAPITPtE m.

De l'administration de M, d/t Denonville, à la seconde administration de M. de Frontenac (1685-1689).

SOMMAIRE

1 M. de Denouvillc roraplace M. de la Barre, et pousse vigoureusement la guerre.— 2. Expédit on à la btie d'Hudson.— 3. Iniuste arrest tion de chefs Iroquois.— 4 Expédition de M. de Denon ville.— 5 Construction du fort de Niagara.— 7. Massacre de Lacbine.— 8. Retour de Mgr. de Laval au Canada ; et M',t:. de Saint- Valier, son successeur.— 9. Projet d'invasion des colonies

anglaises. lo. Population française du Canada.

1. Le successeur de M. de la Barre fut le marquis de Denonville, colonel des dragons, qui avait fait preuve de courage et d'habileté, et de qui on pouvait attendre de la fermeté et de la vigueur, lorsque les circonstances l'exigeraient. Le premier soin de M. de Denonville fut de s'instruire de l'état où se trouvaient les affaires avec les Iroquois. Il comprit bientôt qu^ les Français n'auraient jamais ces peuples pour amis, et que la meilleure politique à suivre était de les humilier et de les affaiblir au point de leur faire trouver leur sûreté dans la soumission ou la neutralité.

2. Tout en préparant une expédition contre les Iroquois, ^M. de Denonville envoya, en IGSG, un parti de 90 hommes à la baie d'Hudson, pour reprendre les postes surpris par les Anglais. Les plus célèbres do cette petite troupe étaient les sieurs d'Iberville, de Sainte-Hélène et de Maricourt, officiers braves et^ très-habiles dans la guerre sauvage, et tous trois''

1 Quel fut le successeur de M. de la Barre ? Quel fut le premier s>in du nouveau gouverneur ?— 2. Que fit M. de Denonville, tout en ijréparant une expédition .--.n r*- W:< Iro^uoia ?

16S7] D£ DE^'0:^YILLE, 79

fils de Charles Le IToyne. Dans cette campagne, Icô Anglais perdirent tous leurs établissements dans la baie d'Hudson, à l'exception du fort Xelson.

3. 31. de Denonville attira les principaux chefs iroquois à Cataracoui, sous divers prétextes ; là, il les fit saisir, enchaîner et conduire à Québec, puis en France, où les galères les attendaient. Ce qu'il y eut de plus déplorable dans cette conduite perfide du gouverneur, c'est que celui-ci avait impliqué dans cette trahison deux saints missionnaires, les Pères de Lamberville et Juillet, sans faire attention que non-seulement il mettait ces religieux en danger de perdre la vie, mais qu'il discréditait peut-être sans retour, aux yeux des Kauvages, la religion chrétienne.

4. Au commencement de 1687, après avoir recules renforts qu'il attendait de Fj-ance, le gouverneur so disposa à faire définitivement la guerre aux Iroquois. Il commanda lui-même l'expédition. Composée de 2000 hommes, y compris 300 sauvages, l'expédition partit de l'île Ste. Hélène, le 13 juin, sur 200 oâteaux et autant de canots d ecorce. Arrivé à la rivière des ►Sables, M. do -Denonville fit élever un retranchement dans un lieu avantageux, et y laissa 400 hommes pour assurer la retraite, en cas do quelque malheur. Comme l'armée arrivait à un troisième défilé, elle fut vigoui-euscment attaquée par 800 Iroquois, qui furent a la fin repousses après avoir perdu plus de GO de leurs guerriers, morts sur-le-champ ou des suites du combat. L'armée poursuivit les Iroquois, et pénétra dans le canton de Tsonnonthouan ; mais elle n'y trouva personne. Elle employa plus de dix jours à parcourir le pays, détruisant toutes les boui-gadcs ; elle brûla une immense quantité de blé d'Lide ou maïs, et tua un nombre prodigieux de pourceaux.

3. Quelle conduite perfide tint 31. de Denonville à l'égard des principaux chefs iroquoià ? — 1. Que lit le gouverneur, au commencement ce 1 687 ? Par qui fut commandée l'expédition ? De combien d'hommea ;'-eUe composée ? Qu'éprouva l'arraé» après avoir paasé deu» d« tros-dan:rereux ?

80 mSTOIRE DU CANADA, [1689

5. ]?our asaurer sa victoire snr les Troquois, lo marquis de Dcnonville fit bâtir un fort à Xiagara et y laissa une garni>^on de cent hommes, sous les ordres du capitaine de Troye*^ ]\Iftis, bientôt après, le commandant et presque toute la garnison succombaient à une maladie causée par la mauvaise qualité des vivres.

6. A peine le gouverneur était-il de retour à Québec, que les troquois recommencèrent leurs hostilités. Ils ee répandirent dans la colonie et assiégôi-ent Chambly, d'où ils furent repoussés. On apprit bientôt que ce mouvement avait été encouragé par les Anglais de la Nouvelle-Angleterre, lesquels ne se faisaient aucun scrupule de violer le traité de neutralité. Les Iroquois firent enfin des propositions de paix au .gouverneur; elles furent acceptées.

7. Au lieu de venir conclurele traité de paix commo on s'y attendait, 1500 d'entre eux, excités par un chef huron, firent, durant la nuit du 5 aoi^it 1GS9, une descente dans l'île de Montréal. Ils y massacrèrent hommes, femmes et enfants, mirent le feu partout et emmenèrent du seul canton de Lachine, près de 200 prisonniers, qu'ils brûlèrent ensuite dans leurs villages.

8. Dans ^es difficultés, la colonie f.it encouragée et réjouie par le retour de -^Mgr. de Laval, qui revenait iui Canada pour terminer sa vie au milieu de ses anciennes ouailies. Les vertus du vénérable prélat, ses longs et pénibles travaux dans la J^ouvelle-France, son amour sincère pour les enfants du pays, l'avaient rendu cher aux Canadiens. Il eut pour successeur Mgr. de St. Valier.

9. Vers ce même temps, le gouverneur jugeait que tant que les Anglais seraient en possession de la Xouvelle-YOrk, ils susciteraient continuellement par ja-

5. Que fit le marquis de Denonville pour assurer sa victoire sur les Ir quois? — 6. Que firent les Iroquoi?. aus^^itôt <\uo ie^^ouvorneur tut de rett)ur à Québec ? — 7. La paix que It.-. Iroquois avaiout de- ^ mandée, fut-elle conclue ? — 8. Quei événement vint encoura'j;er et réjouir la colouie, au milieu île ses diflicultés ? Quel fut le sucee«80iur de -Mjir. de Laval ? — 9. Que pensait le orouverneur tou "hauL le voiaiïiage de la colonie anglaise de la Nouvelle York ?

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