DE TRACT
tion de juger, avec le marquis de Trac j, des plaintes portées contre M. de Mésy ; mais Dieu en avait réglé autrement, et ils durent s'occuper à réparer les fautes commises par ce gouverneur dans la conduite des affaires intérieures de la colonie.
" Messieurs de Tracr. de Courcelles et Talon, " disent les annales de l'Hôtel-Dieu, ''étaient doués de toutes les qualités qu'on pouvait souhaiter. Ils joignaient à un extérieur prévenant, beaucoup d'esprit, de douceur, de prudence, et s'accordaient parfaitement pour donner une haute idée de la puissance et de la majesté royale; ils cherchèrent tous les moyens propres à former ce pays, et y travaillèrent avec une grande application. Cette colonie, sous leur sage conduite, prit des accroissements merveilleux, et, selon les apparences, on pouvait espérer qu'elle deviendrait florissante. "
10. Aussitôt que le vice-roi eut reçu les secours qu'il attendait, ses premiers soins furent de garantir la colonie des incursions des Iroquois. Il fit immédiatement construire trois forts: le premier, à Sorel, le second, à Chambly, et le troisième, à Sainte-Thérèse. Ces ouvrages, qui furent exécutés avec extrême diligence, intimidèrent d'abord les Iroquois^ surtout les Agnieî*s, et leur bouchèrent le pa^sage principal et ordinaire pour entrer dans la colonie ; mais ils ne tardèrent pas à s'en ouvrir plusieurs autres.
11. Au printemps suivant, résolu de montrer aux Iroquois qu'on était en état de les punir de leurs insultes et de leur perfidie, le vice-roi marcha contre eux, à la tête de 600 soldats du régiment de Carignan, plus nn pareil nombre de Canadiens et une centaine de Sauvages. A l'approche des Français, effrayés, ils abandonnèrent leurs villages, et allèrent se mettre à couvert dans des lieux où il ne fut pas possible de les atteindre.
10. Quels furent lea premiers soins du vice-roi, aussitôt qu'il eût reçu les 8«C0'jr3 qu'il attendait? Quels moyens prit-il? — 11. Que fit !• ric«»roi pour montrer aux Iroquois qu'on était en état de les punir de leurs Iniultes? Que firent-Ils & l'approche des Français?
t2 HISTOIRE DU CANADA. [1668
12. Le dernier acte d'autorité du marquis de Tracy, avant de repasser en France, fut d'établ.r la compagnie des Indes Occidentales dans tous les droits de colle des Cent-x\ssociés. Cette compagnie, qui exista dix ans (16G4-1C74), ne jorit guère plus à cœur que la précédente les xjitérêts de la colonie. 13 En septembre 1667, le Conseil supérieur arrêta que les dîmes ne seraient levées qu'au vingt-sixième, et qu'elles seraient payées en grains. Vers le mèm,e temps, les Pères Garnier. Bruyas, Millet et Carheil, Jésuites, s'établissaient, comme missionnaires, dans les cantons iroquois; et les Pères Dab Ion, Marquette, Allouez et autres, allaient visiter les tribus sauvages jusqu'alors inconnues: les Foutéouatamis, les Miamis, les Outagamis, les Sakis, les Illinois, etc., et se fixaient au saut Sainte-Marie, ou sur les bords des grands lacs Supérieur et Michigan.
14. La traite de l'eau-de-vie fut toujours le principal obstacle à la conversion des Sauvages: elle paralysait partout les travaux des missionnaires ; cependant les iroquois pouvaient la faire librement avec les Anglais et les Hollandais.
15. L3 roi ayant donné l'ordre de faire rentrer en France le régiment de Carignan, quatre compagnies obtinrent de demeurer au Canada; elles se axèrent plus tard dans le pays, et plus spécialement sur les bords de la rivière Eichelieu. Plusieurs des officiers, qui étaient gentilshommes, y reçurent des fiefs ou des seigneuries.
16. En 1668, Mgr. de Laral fonda un petit séminaire à Québec ; il y avait déjà établi le grand Séminaire, cinq ans auparavant.