ADAM ET EVE
devint vivant et animé d'une âme raisonnable, c'està-dire capable de connaître et d'aimer Dieu. Api*ès avoir créé le premier homme, qu'il nomma Adam, Dieu le plaça dans un jardin délicieux, appelé paradis terrestre, oii il lui donna une comj^agne semblable à lui, formée d'une de ses côtes pendant son sommeil.
Ce sommeil d'Adam figurait la mort de Jésus-Christ par laquelle il fonderait son Eglise, pour être la mère de tous ceux qui voudraient servir Dieu en esprit et en vérité.
Dieu amena devant Adam la première femme qu'il venait de créer, et elle fut nommée Eve. Adam et Eve sont nos premiers parents; Dieu a voulu que nous descendissions tous d'er.x pour nous apprendre A nous aimer comme des frères.
9. Adam et Eve, créés justes et immortels, vivaient dans le paradis terrestre innocents et heureux. Ils pouvaient manger les fruits de tous les arbres qui s'y trouvaient, à rexce2:)tion du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal, dont Dieu leur avait interdit l'uspge; en observant cette défense, ils étaient assurés d'un bonheur inaltérable.
10. Le démon, déchu de l'état heureux dans lequel il avait été créé avec tous les anges (1) et jaloux de la félicité de nos premiers parents, entreprit de les rendre infidèles afin de les rendre malheureux. Jl prit la forme d'un serpent, et. s'approchant de la femme, lui persuada que, si elle mangeait du fruit défendu, elle serait semblable, à Dieu, et qu'elle connaîtrait le bion et le mal. Eve se laissa tromper, mangea de ce fruit, et engagea son mari dans sa désobéissance : de là le péché originel que tout homme a])porte en naissant.
On pourrait être étonné de ce qu'Eve n'e>t point
(1) Les anges sont en nombre incakulable. Ils avaient étù eré.'s dans la grâce et la sainteté; mais un grand nombre dVnliv eux «'étant révoltés contre leur créateur, ù l'instigation de LueitVr, leur chef, fur' nt précipités dans les enfers.
9. Comment Adam et Eve vivaient-ils dans le Paradis Te.re-tre '.' — 10. Qui eet-ce qui porta nos première paients à désobéir/
14 HtSTOIEE SAINTE.
effrayée do voir le serpent lui adresser la parole; mais il faut se rappeler qu'avant le péché, tous les aniinaux rampaient en quelque sorte devant l'homme pour lui rendre hommage. Comme Diea et les anges -conversaient alors avec l'homme en diverses formes, Eve ne dut point être surprise d'entendre parler un serpent.
11. Adam et Eve, devenus prévaricateurs, furent chassés du jardin de délices et condamnés au travail, aux misères de la vie et à la mort, avec toute leur po-vtérité. C'est ainsi que l'homme apprit, par une funeste expérience, que, quoiqu'il lût le roi de la terre, il n'en était pas moins oblige de se soumettre aux ordres de Dieu, et de lui témoigner sou amour et son obéissance.
12. Cependant, loin d'abandonner l'homme dans son malheur, Dieu le regarda d'un œil de miséricorde, et lui promit un liédempteur qui devait naître de la femme. Quelle bonté ! quelle miséricorde ! Depuis cette époque le MESSIE fut l'espoir ot Ie^alntdesa<lorateurs du vrai Dieu.
Dieu n'envoya pas le lîédempteur, aussitôt après la transgression de nos premiers parents, atin que. par leur propre expérience, les hommes sentissent mieux leur faiblesse absolue, et le grand besoin qu'ils avaient d'un Eédcmpteur.
13. Caïn, premier-né d'Adam, Jaloux de ce que les sacrifices d'Abel, son frère, étaient ])lus agréables à Dieu que les siens, conçut contre lui une haine furieuse, et le tua. En punition de son crime, il fui condamné à errer sur la terre, portant sur lui le signe de la malédiction qu'il avait encourue.
Caïn figurait les méchants qui, par les persécutioils qu'ils ne%essent de susciter aux bons, attirent suieux les malédictions de Dieu. Abel représentait nonseulement Jésus-Christ, persécuté et mis à mort par les Juifs, ses frères, mais encore tous ceux qui auraient à souffrir sur la terre pour la gloire de Dieu et le sou-
n. Quel fut le résultat de la (h'-sobéist'ance d'Adam et d'Eve ?— 12. QuellR promesse Dieu fit-il fl Adjiui?— 1.'^. — (iiit-lle fut 1h conduite de Ciiïu à i'éiîiird de si.u l>.~ re Aie) ? Quoi vice l'ut i.i cau*e du i-reuiier meurtre ?
MATIIUSALtlsr. 15
tien de la foi ; cependant le sang de Jésus-Christ, au lieu de crier vengeance, comme celui d'Abel. crie sans cesse miséricorde pour les pécheurs.
14. Les descendants de ce premier meurtrier furent méchants comme lui, et cette race est désignée dans TEcriture sous le nom d'enfants des hommes. Caïn bâtit la première ville, et la nomma Hénoch, du nom de son fils aîné. L'invention des instruments de musique est due aux enfants des hommes, qui connurent auJsL l'art de travailler les métaux. (Adam mourut après avoir passé neuf cent trente ans dans les larmes de la pénitence (oOT-i avant J.-C).
Le sort malheureux de nos ])i'emiers parents, après leur ])éché, est un exemple terrible de la rigueur avec laquelle Dieu punit les ii-ansgresseurs de ses commandements.
15- Aj^rès la mort d" Abel, Dieu avait donné à Adam un, troisième fils du nom de Seth. Il fut le chef de la race sainte qui mérita le nom d'enfants de Dieu (3874). Seth mourut à l'âge de 042 aiis. Enos, son fils, imitateur de ses vertus, établit quelques cérémonies dans le culte que les hommes rendaient à Dieu pour lui €>ffrir leurs hommages, obtenir ses grâces et mériter le bonheur éternel.
16- Les descendants d'Enos furent Gaïnan, 3Ialaléel, Jarcd et Enoch. Ce dernier, après avoir donné l'exemple de toutes les vertus, fut enlevé du monde. Son fils 3Iathusalem vécut neuf cent soixante-neuf ans; c'est le plus grand âge qu'aucun mortel ait atteint.
14. Comment les descendants de Caïn furent-il? appelés? Quelle ville Caïn bâtit-il? A quel âge Adam mourut-ii ? — 15. Qjiel autre enfant Dieu donna-t-il à Adam, après la mort d'Abel ? Quel nom la Sainte Écriture d<»nne-t-elle aux descentlants de Seth ? Kn quoi Ehkh su distinorua-t-il ? — 16. Que ^ait-on d'Enoch'.' (^iiol e>t rin-u me ijui a le plus vrcu ".'
16 filSTOIRE SAINTE.
DEUXIÈME ÉPOQUE
Depuis le déluge (2348 avant J.-C), jusqu'à la vocation d'Abraham (1921 avant J.-C.).
1. Les descendants de Seth conservèrent la crainte de Dieu tant qu'ils restèrent séparés des enfants de Caïn ; mais, s'étant alliés avec eux, lîs quittèrent la voie de la vertu, et abandonnèrent le Seigneur. Les géants, qui naquirent de ces alliances, furent moins fameux par la grandeur de leur taille qne par l'énormité des crimes dont ils se rendirent coupables.
Comme on le voit dans cet exemple, une mauvaise compagnie est un mal des plus pernicieux; c'est comme un roc?' er, contre lequel des milliers d'àmes infortunées se sont perdues sans retour. Tous les remparts de l'innocence ne tardent pas à être détruits par les influences d'une mauvaise compagnie ; les âmes pieuses, sim^^les et innocentes, s'éloignent peu à peu de la pratique de la vertu, étouflent le cri de leur conscience, et se plongent tête baissée dans le vice. Qu'ils sont désastreux et déplorables les eftéts des mauvaises compagnies !
2. Les péchés des liommcs étant montés à leur comble. Dieu résolut de faire tout périr depuis Thomme jusqu'aux animaux par un déluge univo'scl. Cependant Xoé, fils de Lamech et petit-tils de Mathusalem, était juste et parfoit au milieu de la corruption générale. Il trouva grâce devant Dieu, qui lui commanda de construire une arche, d'y entrer avec sa^ famille, et d'j' renfermer un couple de chaque espèce* de tous !cs animaux, afin d'en conserver la race (2348).