‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 79 sur 209 · J 81R JAMES KEMPT · texte numérisé non relu

J 81R JAMES KEMPT

14. A ia réunion de la nouvelle Chambre, en novembre 1827, le gouverneur refusa de confirmer l'éjection de M. Papineau, comme président de la Chambre ; le lendemain, cette dernière était prorogée. De nouvelles requêtes, revêtues de plus de 80000 signatures, demandant le rappel du comte de Dalhousie. et une enquête sur les affaii-es de la province, furent portées en Angleterre, en 1828, par MM. îs'elson, Yiger et Cuvilliei", et renvoyées à un comité spécial.

15. Pendant que le Bas-Canada était en proie aux dissensions, le Haut-Canada était agité par des débats violents, dus en apparence à la même cause.

16. Pour faciliter le rétablissement de la concorde, le gouvernement impérial appela le comte de Dalhousie au gouvernement des Indes, et Sir .James Kempt, lieutenant-gouverneur de la Xouvelle-Êcosse, vint le remplacer à Québec, où il arriva le 2 septembre 1828. Le nouveau gouverneur s'attacha à demeurer neutre entre la Chambre et le Conseil ; il reconnut immédiatement M. Papineau comme Président de l'Assemblée, et laissa la Chambre libre d'employer, sauf le salaire du gouverneur et des juges, tout l'argent mis à la disposition de la couronne par le Parlement impérial.

17. Les instructions données à Sir James Kempt par le ministre des colonies, en Angleterre^ au sujet des subsides, n'étaient pas de nature à satisfaire pleinement la Chambre; cependant, pour ne mettre aucune entrave à la marche des atîaires, elle vota la somme de £200000 pour faire des améliorations en tout genre. Dans la session suivante, elle en appropria 20000 pour construire une prison à Montréal, 12000 pour bâtir un hôpital de marine à Québec, 38000 pour améliorer les chemins, et 8000 pour promouvoir lo développement de l'instruction publique.

14. Que oe passa-t-il à la réunion de la nouvelle Chambre, en 1827 ? — lô. En quel état étaient alors les esprits dans le Haut-Canada ? — 16. Q'-e fit le gouvernement impérial, pour faciliter le rétablissement de la concorde ? Que fit Sir James Kempt V — 17. Quelle somme d'argent vota la Chambre d'aesemblée ?

Elle s'était occupée, en outre, de l'aîiiélioration du ])0rt do Montréal, de la navigation à la vapeur entre Québec et Halifax, de la construction d'une douane à Québec et de l'établissement de plusieurs phares en différents endroits du pax's. En un mot, les représentants du peuple avaient amplement prouvé que s'ils voulaient, — comme c'était d'ailleurs leur droit — avoir le contrôle absolu des finances, ils n'étaient mus en cela que par un ardent désir de travailler plus efficacement dans les intérêts du pays, que ne l'avaient fait jusqu'alors la plupart des gouverneurs et de leurs créatures sans vergogne et sans patriotisme.

18. Sir James Kempt fut remplacé par lord Aylmer, qui arriva à Québec le 13 octobre 1830. Au commencement de son administration, lord Aylmer chercha à concilier les esprits ; mais les injustices révoltantes du pouvoir avaient jeté dans les cœurs les germes d'un profond mécontentement; et les longs et violents débats auxquels avait donné lieu l'importante question des subsides, avait laissé dans les esprits une aigreur, une animosité bien difficile à calmer. Engagés dans la voie du droit constitutionnel, les d* pûtes ne faisaient, à vrai dire, que leur devoir en combattant avec tant d'ardeur pour l'obtention d'un de leurs plus importants privilèges : celui de voter les subsides et d'en contrôler l'emploi ; mais peut-être eurent-ils le tort de ne pas se plier davantage aux circonstances, et de tenir opiniâtrement à l'obtention immédiate et complète de ce privilège; leur obstination fut cause qu'aucun compromis ne pat s'établir entre la Chambre et le gouverneur, et que les diffieult 's existantes, au lieu de s'apaiser, dégénérèrent bientôt en révolte ouverte contre l'autorité établie.

19. A Montréal, pendant l'élection d'un membre, le 21 mai 1832, il y eut des troubles sérieux, pendant

18. Par qui Sir James KetuDt fut-il remplacé? Quelle conduite tint lord Aylmer, au commencement de «en administration? — 19. Qje &• passa -t-il à Montréal pendant l'élection d'un membre ? Qu'arriva-t-il Ue remarquable peu apro? cet iv<.''uenient de M'intr-al?

1835] LORD ATLMER. 143

lesquels trois Canadiens furent tués par les troupes an2;laises.

Peu après cet événement, le choléra éclata pour la première fois en Canada, <et y fit de terribles ravages, surtout à Québec, où il enleva le dixième de la population. Ce fléau reparut en 1834, et fit encore de nombreuses victimes.

20. Dans sa session de 1834, la Chambre législative, après de longs et violents débats, adopta une série de 92 résolutions, renfermant tous les griefs de la colonie contre la méti-opole. Inspirées par M. Papineau, et rédigées par M. Alorin, elles furent présontr^es par !M. B^dard et adoptées par la Chambre, maigre l'opposition de plusieurs membres influents, entre autres MM. Nelson, Quesnel et Cuvillier.

Pendant ce temps-là, une partie de la population du Haut-Canada se prononçait pour la politique de la Chambre léscislative du Bas-Canada.

l:e Parlement impérial, après de longs débats, laissa au bureau colonial la solution de toutes ces questions,-

21-. Au mois d'octobre 1834, le Parlement canadien lut dissous. Les élections furent accompagnées de grands troubles, malgré les associations constitutionnelles formées dans les villes, pour le maintien dos institutions et des lois.

22. A sa session de février 1835, la nouvelle Chambre protesta contre le discours de loi-d Aylmer, à la fin de la session précédente, et renouvela toutes ses demandes ; mais le gouvei-neur, mécontent, prorogea la Chambre. Sur ces entrefaites, lord Ajlmer fut rappelé, et remplacé par lord Gosford, qui arriva à (Québec, le 24 août 1835.

20. Que fit la Chambre l''>gislative dans sa session de 1834? Quelle «^tait alors l'atiitide du Haut-Canala? — 21. Que ?e pa-sa-t-il au mois d'octobre 1834? — 22. Que fit la nouvelle Chambre, à sa sessioi) de février? Qu'arriva-t-il après la prorogation de la Chambre?

CHAPITEE IV.

De l'arrivée du Commissaire royal, a l union des deux Canadas^ (] 835-1 841).

SOMMAIRE

1. 2. Lord Goslbrd. — 3. Nouveaux gouvernements dans lefi autres provinces. — 4. Les mécontents soulèvent le peuple. — .0. Troubles de 1887-38 dans le Bas-Canada. — 6. 7. Troubles dans le Haut-Canada. — 8. 9. Lord Gosford est remplacé par lord Durliam. — 10. 11. Lord Svdenham, gouverneur. — 12. 13. Bill li'union ; son but. — 14. Le Canada à l'époque de l'union.

1. Lord Go.sford vint en Canada, accompagné de Sir Charles Gray et de Sir James Gi-ipps, ses adjoints, en qualité de commissaire royal. Il était chargé de s'enquérir des affaires du pays et d'en rendi-e le eomptr. le plus détaillé possible. Il fit, en conséquence, un long rapport tout hostile aux Canadiens, et iqui, par cela même, fut approuvé par la Chambre des Communes et par les ministres en Angleterre.

2. Peu après son arrivée, le nouveau gouverneur convoqua la Chambre pour le 27 octobre suivant. Cette chambre rcfasa do reconnaître formellement la commi^^sion envoyée par le gouvernement impérial pour prendre connaissance des affaires du pays, pressentant les instructions qu'elle en avait reçues. Cependant, elle vota une liste civile de six mois, en reconnaissance de ce que lord Gosford avait accordé de bonne grâce les sommes néce^^saires aux dépenses contingentes.

3. Le Haut-Canada, qui avait d'abord sollicité des réformes, venait d'élire une chambre dont la majorité se déclarait en faveur da gonvernement. Le Nouveau- Brunswick et la Xouvelle-Ecosse acceptaient les propositions de l'xVngleterre, en sorte que le Bas-Canada se trouva isolé.

1. En quelle qualité lord Gosford rint-il au Canada, et de quoi (^tait-il chargé? — 2. Que fit le nouveau gouverneur, peu après son arrivée? Quelle attitude prit cette chambre? — 3. Quelle attitude i.renaient alors les provinces voisines?

Page 1