‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 80 sur 209 · LORD GOSFORD · texte numérisé non relu

LORD GOSFORD

4. Lord Gosford convoqua la Cliambre pour le 18 août 1837. La majorité ayant protesté contre les résolutions hostiles que venait d'adopter le Parlement impérial, le gouverneur se hâta de la proroger, après six jours de session. Lord Go sford destitua M. Papineau et plusieurs officiers de milice, auxquels furent décernés les honneurs du triomphe.

5. Après la prorogation de la Chambre, des chefs du parti populaire parcoururent les campagnes, et des associations secrètes se formèrent de tous côtés. Dans une assemblée de .six comtés, tenue à St. Charles, ou fit un appel au peuple. A cette occasion, 3Igr. Lartigue, premier é\:éque de Montréal, publia un mandement, dans lequel il recommandait à ses ouailles de '• ne pas se laisser séduire si quelqu'un voulait les engager à la rébellion contre le gouvernement établi. " Le gouverneur, effrayé, destitua alors un grand nombre de magistrats et d'officiers de milice, tit venir dos troupes du Xouveau- Brunswick, et arma de toutes parts la population anglaise.

Les troubles commencèrent à Montréal, le 7 novembre, puis s'étendirent successivement sur d'autres points. La troupe ne fut pas d'abord heureuse. Sa cavalerie fut mise en déroute prés de Chambly, et le colonel Gore fut repoussé par le Dr. Nelson, à St. Denis, après un combat de six heures. Dans le môme temps, se livrait la bataille de St. Charles, où les insurgés, bien inférieurs aux troupes pour le nombre, tirent une résistance désespérée, et périrent en grand noml)re, ne voulant pas se rendre aux vainqueurs. Les Canadiens, commandés par un nommé M. T. S. Brown, furent abandonnés dès le commencement du combat par leur propre chef, et se défendirent vigoureusement, mais ils durent se soumettre à AVetheral qui avait sous lui trois cents fantassins, avec doux canons et quelques cavaliers.

4. Quand lord Gosford convoqua-t-il la Chambre ? Combien de temps siégea-t-elle ? — 5. Que se pa<sa-t-il après la prorogation de la Chambre V Comment le peuple rcpondit-ii à l'appel qui Tut fait?

La loi martiale fut proclamée dans le district de Montréal, le 5 déceîTJbrc. Sir John Colborne marcha sur St. Eustache avec 2000 hommes, y battit les insurgés, qui s'y étaient retranchés, au nombre d'environ 250, dans l'église et dans le couvent. Le Dr. Chénier, qui les commandait, fut trouvé parmi les morts.

6. Yers le môme temps, dans le Haut-Canada, M. McKenzie, à la tète du mouvement insurrectionnel, fut défait près de Toronto, et obligé de se réfugier aux États-Unis.

7. Le mouvement insurrectionnel de 1837 fit sensation, non-seulement en Angleterre mais encoj'e en France et aux États-Unis. Le gouvernement impérial était alors disposé à prendre toutes les mesures nécessaires pour comprimer l'insurrection. Lord John Russell présenta à l'ouverture du Parlement impérial, en 1838, une loi pour suspendre la constitution de 1791; cette mesure passa, quoique soutenue, d'une faible majorité. Sir JoRn Colborne, qui remplaça temporairement lord Gosford, reçut l'ordre de mettre cette loi à exécution, et de former un conseil spécial pour l'expédition des affaires les pi us pressantes.

8. Lord Gosford fut remplacé par lord Durham, comme gouverneur-général. Celui-ci aiTiva à Québec, le 27 mai de la même année Le fait le plus saillant de l'administration de lorJ Durham, fut l'amnistie qu'il accorda aux prisonniers politiques, arrêtés pendant les derniers troubles. Mais, ayant reçu bientôt après, du gouvernement impérial, un désaveu solennel de cet acte, il en fut si vivement blessé, qu'il donna immédiatement sa démission, et s'embarqua pour l'Europe, avec sa famille, le 1er novembre 1838.

6. Que se passa-t-il vers le même temps, dans le Haut-Canada ? — 7. Quel fut le résultat du mouvement insurrectionnel do 1S37? Qui remplaçatemporiirement lord Gosford ? Quel ordre reçut-il? — 8. Qui est-ce qui remplaça lord Gosford, cmme go iverne ur-général ? Quel, fut le fait le plus saillant de l'administration de lord Gosford ? Que fit-il bientôt après ?

1839] HON. C. p. THOMPSON. l4t

9. Lord Durham lai^^sa radministration à Sir John Colborne. Los réfugiés politiques, aux Etats-Unis, y organisèrent avec quelques Américains, après le départ de Durham, un soulèvement dans les deux Canadas à la fois. Mais les insurrections partielles qui éclatèrent' alors, sur plusieurs points, entre autres à Caughnawaga, à Bcauhamais, à Xapierville, à Sucowe, à Charnbly, furent bientôt comprimées par Sir John Colborne, qui marcha avec sept ou huit mille hommes, sur le pays insurgé, où il promena la torche incendiaire, ne laissant que des ruines et des cendres Bur son passage. Il lit juger par une cour martiale, les prisonniers faits dans cette insurrection : 89 furent condamnés à mort, 47 à la déportation et tous leurs biens furent confisqués.

Dans le Haut-Canada, les insurgés, aidés d'un grand nombre d'Américains qui s'étaient joints à eux, attaquèrent plusieurs endroits, entre autres Prescott, Détroit et Windsor, au printemps de I83S, mais ils furent défaits presque partout.

10. A Sir John Colborne succéda l'honorable Charles Poulett Thompson, président du Bureau de Commerce, qui fut assermenté comme gouverneur-général de toutes les provinces britanniques de l'Amérique du Nord, le 13 octobre 1839. L'année suivante, il fut créé baron de Sydenham.

11. A son arrivée, en Angleterre, lord Durham suggéra aux ministres du gouvernement impérial, d'opérer l'union des deux Canadas. Bientôt le Parlement impérial vota le bill d'union des deux provinces, malgré les jorotcstations de lord Gosford et du duc de Wellington, et malgré les pétitions du clergé catholique et des Canadiens. Ce bill introduit en 1839 dans la Chambre des Communes, reçut la sanction

9. A qui lord Durham laissa-t-ii le gouvernement? Que se passa- ♦.-il après le départ de lord Durham? Comment se terminèrent les insurrections partielles qui éclatèrent sur plusieurs points? Comment furent traité» les prisonniers faits dans cette insurrection ? — 10. Par qui Sir John Colborne fut-il remplacé ?— 11. Que fit lord Duroam, à ion arrivée en Angleterre ? Quand le bill d'union reçut-il la aanction royale ?

royale le 23 juillet 18-40, mais ne fut mis; en vigueur que le 10 février 1841.

12. L'acte d'utiion portait que la langue anglaise serait la seule langue parlementaire; que £45000 seraient affectés d'une manière permanente au traitement du gouverneur et des juges ; que £30000 seraient appropriés à chaque rrgne pour payer les appointements des ministres et de certains fonctionaires; que le nombre des représentants serait de 84, c'est-à-dire 42 pour chacun des deux Canadas, et qu'il faudrait les deux tiers de la Chambre législative pour changer la division électorale de la province et le chiffre de la représentation.

13. La politique qui nous donna ce bill d'union est la même que celle qui avait donné la constitution de 1791, c'est-à-dire qu'on poursuivait sans cesse l'anglilication des Canadiens-Français et l'anéantissement de la religion catholique.

La constitution de 1791 avait été votée pour soustraire la population du Haut-Canada à la domination des Canadiens-Français ; et sa révocation avait pour but de mettre ces mêmes Canadiens-Français sous la domination de la population anglaisée, devenue plus nombreuse.

14. A l'époque oii se consommait ce grand acte d'injustice, la population, le commerce, l'agriculture et l'industrie avaient fait d'immenses progrès en ce pays. Le Bas-Canada, qui ne devait presque rien, l'ut obligé de partager le fardeau de la dette du Haut- Canada, laquelle s'élevait à plus d'un million.

La population du Bas-Canada, qui était de 125000 âmes en 1791, s'était quintuplée. En 1844, époque du recensement le plus rapproché de l'union, le Ba«- Canada comptait 524000 Canadiens-Français, 156000 Anglais et étrangers; en tout, 691000 âmes, dont

12. Que portait l'acte d'union? — 13. QueUe a été la politique qui^ noua donna ce bill d'union? — 14. Oti en était le Cas-Canada, i l'époque de l'union dea deux provinces '.'

1841] LORD 6TDENHAM. 149

573000 catholiques. Il y avait 76000 propriétaires et 113000 mai^o^s; d'rù l'on peut conclure que presque toutes les familles étaient propriétaires.

TROISIEME EPOQUE

DE l'union, a la confédération (184MS67),

CHAPITEE PEEMIEE.

De r union, à T arrivée de lord Elgin (1841-1847) SOMMAIRE.

1.-3. Lacté d'union. — 4. Session de 1841.— G .-8. Lord Sydenham remplacé par Sir Charles Bagot. — 9. Sir Charles Metcalfe, gouverneur. — 9. Siège du gouvernement à Montréal. — 10. Inceniies à Québec. — 11. Sir Charles Metcalfe est remplacé jjar lord Elgin .

]. L'acte d'union introduisit dans la constitution politique du pays: 1*^ un gouvernement responsable, c'est-à-dire formé d'hommes siégeant dans la législature, et devant rendre compte à la Chambre d'Assemblée de leurs actes officiels et des conseils donnés au gouverneur en leur qualité de ministres; 2° il reconnaissait aux députés du peuple le droit de contrôler le revenu public dans toutes ses branches, et d'avoir la haute-main sur toutes les dépenses publiques.

C'était consacrer bien tard des droits que nous avions acquis en devenant sujets anglais, et, pour l'obtention desquels plusieurs de nos compatriotes avaient lutté longtemps dans l'ancienne Chambre

1. Qa'iDtroduÎFit l'acte d'onion dans la constitution politiaae 44 paji? -,

loô HISTOIRE Do CANADA. [1842

d'assemblée, OU ver3é leur sang sur le champ de bataille,

2. Pour faire fonctionner le nouveau gouvernement, l'Angleterre fit choix de lord Sydenhara, autrefois i'hon. Chs. P. Thompson, qui avait trav:îillé à l'union des doux provinces, et qui arriva à Québec le 10 octobre 1839. ,

3. Le Conseil spécial du Bas-Canada, composé d'iiommes vendus au pouvoir, pour la plupart, doana son a."ssentiment à l'acte d'union, après une simple entrevue avec le gouverneur; la Chambre du Haut- Canada, qui y trouvait plus que son compte, fit do môme au bout de (suelques jours de discussion.

4. Le premier Parlement-uni fut ouvert à Kingston, le 13 juin 1S41. On y jeta, dans la première session, les fondements de nos institutions civiles les plus importantes: le système municipal, l'éducation populaire, le cours monétaire, les douanes, etc. Cette mémorable sesision se termina au milieu de regrets univerï^els, causés par la perte do lord Sydenham. qui mourut dc'^ suites d'une chute de cheval, le 17 septembre 1841.

5. Pour ven'r en aide au bureau des travaux publics qui venait d'être établi, et pour consolider la dette du Canada, l'Angleterre vota la somme de £1500000 sterling, au crédit de la province.

6. Lord Sydenham eut pour successeur Sir Charles Bagot. qui arriva à Kingston, la nouvelle capitale, en janvier 1842. Ce fut sous Sir Charles Bagot que le gouvernement responsable ou constitutionnel, fut inauguré.

Page 1