DE VAUDREUIL-—MONTCALM
avec la soutenus des batteries anglaises qui ouvrirent en même
temps leur feu. Les Français firent des décharges si
nus par rapides et si meurtrières qu’en peu de temps les colon- . les An- nes anglaises furent jetées en désordre, et que, malgré
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les eftorts de leurs officiers, elles prirent toutes la fuite péle-mèle pour se soustraire à la mort qui planait sur elles. . Ce combat coûta à l'ennemi 600 hommes.
14. Dans le même temps, les Anglais étaient plus heureux du côté du lac Champlain et des grands lacs. L'armée formidable d’Amherst avait obligé M. de Bourlamaque à faire sauter les forts Carillon et Saint- Frédéric, et à se retrancher dans l’île aux Noix. Sur les grands lacs, les garnisons de tous les postes se virent contraintes dese replier sur le fort de Niagara, qui fut bientôt obligé de capituler.
15. La saison étant déjà avancée, et désespérant de pouvoir forcer les Français, le général Wolfe résolut d'essayer de combattre le marquis de Montcalm dans une position moins avantageuse. C’est pourquoi, il remonta le fleuve jusqu’au Cap-Rouge. Dans la nuit du 12 septembre, après avoir trompé la vigilance des sentinelles françaises, il débarqua ses troupes à l’improviste dans l’anse du Foulon, gravit les falaises, et, le 15 au matin, les rangea en bataille sur les plaines d'Abraham:
Un prisonnier de guerre du fort Nécessité (Daniel Stobo), qu'on avait laissé libre à Québec, fournit à Wolfe le plan de l'endroit où il lui était possible d’attaquer les Français de ce côté-là.
16. À cette nouvelle, Montcalm accourut aussitôt avec 4500 hommes. Le général Wolfe l’attend..it de pied ferme; mais le marquis de Montcalm, emporté pur une précipitation funeste, résolut de brusquer l’attaque malgré tous les avis scontraires qu'on put lui donner, Les Anglais étaient deux contre un; car ils comptaient plus de 8000 hommes présents sous les
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14. Que se passait-il du côté du lac Champlain et des grands lacs ? —15. Voyant la saison avancée et désespérant de pouvoir forcer les Français, quelle résolution prit Wolfe ? Quel mouvement opéra-t-il ? — 10. Que fit Moncalm, en apprenant eette nouvelle ?
armes. Le résultat était facile à prévoir. Les Anglais restèrent maitres du champ de bataille et s’y fortitio. rent. Wolfe et Montcalm tombèrent blessés mortelleramt durant l'action : le premier expira avant la fin du combat, et le second, le lendemain matin avec tous les sentiments d’un héros chrétien,
La perte des Français, dans cette fatale journée, s'éleva à près de 1000'hommes, y compris 250 prisonniers. Les Anglais perdirent environ 700 hommes, au nombre desquels se trouvaient les principaux of. ciers de l’armée.
17. Après la bataille des plaines d'Abraham, l'armée vaincue traversa la ville de Québec et la rivière Saint- Charles, et rentra, en grande partie, dans le camp de Beauport. M. de Vaudreuil y assembla un conseil de guerre pour aviser aux moyens qu'il convenait de prendre dans les circonstances où l’on se trouvait. I] y fut décidé qu'on se retirerait à la rivière Jacques- Cartier. Il fit avertir M. de Ramezay, commandant à Québec, que l’armée française était en marche pour le secourir.
18. À la nouvelle du résultat de la bataille des plaines d'Abraham, le chevalier de Lévis partit en toute hâte pour la rivière Jacques-Cartier, où il arriva le 17 septembre, et prit le commandement de l’armée. Il représenta au gouverneur qu'il fallait ou brûler la ville, où, par une victoire prompte, l'empêcher de tomber au pouvoir de l'ennemi. Il contremanda immédiatement la retraite qui avait été ordonnée vers les Trois-Rivières. Comme son avant-gawde allait traverser la rivière £‘nt-Charles, il reçut la nouvelle de la reddition de Québec.
M. de Ramezay avait capitulé, la veille, malgré les espérances certaines d’un secours prochain, et avant mème qu'il y eût une seule batterie de dressée contre
17. Où l’armée vaincue se retira-t-elle, après la bataille des plaines d'Abraham ? Quelle conduite tint M. de Vaudreuil ?—18. Que fit le chevalier de Lévis, en apprenant le résultat de la bataille des plaines d'Abraham? Quelle représertation fit-il au gouverneur? Quelle douloureuse nouvelle apprit-il, comme son avant-garde allait traverser la rivière Saint-Charles ?
[1759 1760] DE VAUDREUIL, 111 la place. M. de Lévis ne put contenir son indignation. Entrainé par le découragement, M, de Ramezay avait arboré le pavillon blanc au grand étonnement des Anglais. Un seul oflicier, M. de Fiedmont, s’opposa fortement, devant le conseil de guerre, à la reddition de la ville. Cet événement rendait inexécutable le dessein qu'on avait formé d'attaquer les Anglais, et il fallait rebrousser chemin. Le gros de l’armée se rendit à Jacques-Cartier, où l’on commença à travailler à la construction d'un fort. On y laissa des troupes suflisantes, et l'on se rendit à Montréal pour s’y occuper des moyens d'en effacer la honte.
Par la capitulation, il fut stipulé que la garnison sortirait avec les honneurs de la guerre et serait embarquée pour Ia France, aussi convenablement que possible ; que les habitants conserveraient leurs biens, leur religion, et ne seraient pas transférés comme les Acadiens.
19. L'armée anglaise, forte encore d'environ 9000 hommes, hiverna à Québec, où le général Murray fut laisse pour gouverneur.
20, Au printemps de 1760, M. de Vaudreuil réunit tout ce qui lui restait de troupes, et donna le commandement de cette armée, composée de 6000 hommes, au chevalier de Lévis, qui la fit marcher sur Québec, dans le dessein de s’en emparer.
21. Arrivé à Sainte-Foye, dans les plaines près de Québec, M. de Lévis y rencontra, le 27 avril 1760, le genéral Murray à la tête d’une armée égale à la sienne; l'action s’engagea aussitôt; les Français et les Anglais y montrèrent une bravoure et une ardeur à peu près égales. Les premiers perdirent 800 hommes et les derniers près de 1500; mais la victoire resta aux Français.