‹ Cours abrégé d'histoire [microforme]Chapitre 203 sur 309 · RÉPUBLIQUE ROMAINE, SECTION I · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE ROMAINE, SECTION I

Depuis l'abolition de la royauté, jusqu'à la première guerre Punique (509-264).

1. L'’expulsion des rois, si importante dans l'histore de Rome, n'eut pas pour le peuple les résultats qu'il en pouvait attendre. L'autorité suprème fut con 6e à deux magistrats annuels nommés consuls, toujours choisis parmi les patriciens, revètus du pouvoir et 1e presque tous les insignes de la royauté, La clac aristocratique profita seule de la chute des Tarçuins et il faudra une longue lutte pour établir léquil bre entro les deux ordres. Les deux premiers cons furent Junius Brutus et Tarquin Collatin, qui avaient dirigé cette révolution. |

2. Une conspiration se forma en faveur du roi exilé, et les fils de Brutus y priront part. Leur père, a}rès les avoir condamnés à mort, assista à leur suppiice avec une barbare fermoté, C’est du reste l'époque (les grands dévouements, des courages héroïques. Por senna, roi d’une contrée de l'Étrurie, embrassa la cause de Tarquin. Il obtint d'abord de grands succès; mais lorsqu'il vit Horatius Coclès tenir seul son armée en échec, à la tête d’un pont, et Mucius Scævola, qui avait pénétré dans son camp avec le dessein de l’assassiner, se brûler la main sans témoigner la moindre douleur, parce que cette main s'était trompée en frappantun autre que le roi; lorsqu'il apprit que Clélie, jeune

1. Quel fut le résultat de l'abolition de 1n royauté ? Qui est-ce qui en profita? Quels furent les deux premiers consuls ?—2. (elle eonduite tint Brutus à l’égard de ses fils? Quel souverain e : Lis la cause de Tarquin? Quels actes de dévouement et d'hér ie v on alors chez les Romains ?

Romaine qui lui avait été donnée en otage, venait de usser le Tibre à la nage au milieu des traits qu'on lui (snçait de toutes parts, il reconnut l'impossibilité de réduire un peuple qui poussait si loin le fanatisme du courage et de la liberté; il abandonna la eause des Tarquins et fit la paix.

3. Les plébéiens n'avaient ren gagné à l'expulsion des rois; au lieu d’un maître, ils avaient, dans les sénateurs et les patriciens, une foule de tyrans qui les opprimaient de toutes les manières. Las de co despotisme cruel, ils 8e retirèrent sur le mont Sacré, hors de l'enceinte de Rome; les patriciens effrayés les rap-

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altats qu'il peèrent en leur faisant plusieurs concessions, Les fut con éc lébéiens ne rentrèrent à Rome qu'après avoir obtenu 8, toujours ‘abolition d'une grande partis des dettes et la création uvoir et 00 des tribuns, magistrats populaires dont le pouvoir La classe les mit en état de lutter avec quelque avantage contre 3 Tarquins, l'influence patricienne.

l'équilibre 4. À peine la sédition était-elle apaisée qu'un nouvel

ers con-uls orage éclata. Un jeune patricien, Marcius, qui avait qui avaient mérité, au siêge do Coriole, le surnom de Coriôlan, inliqua au sénat le moyen de retirer le tribunat aux ébéiens, en profitant d’une disette qui les laissait à ki merci de l’État. Les tribuns indigués le firent exiler (481). Coriolan 8e retira chez les Volsques et vint assiéger Rome, qui, ne pouvant lui résister, envoya Véturie, mère du fier exilé, lui demander grâce. À 1 vue d’une mère à ses pieds, Coriolan, qui avait reicté les prières des ambassadeurs, des prêtres même, s'écria: O ma mère, vous m'avez vaincu! Il se retira chez les Volsques, où il mourut dans l'obscurité.

5. Après l'exil de Coriolan, Rome continua d’être agitée par des dissensions intérieures et des guerres au dehors, mêlées de succès et de revers. Minutius ayant été vaincu par les Éques, on eut recours à Quintus

du roi exilé, père, après ur suppiice l'époque «Les ques. Por ssa la cause uCcès; mais armée en la, qui avait l'assassiner, re douleur, frappantun lélie, jeune

? Qui est-ce qui 3. L’expulsion des rois avait-elle été avantageuse aux Plébéiens? 9-9, Quelle Que firent-ils, las du despotisme de l’aristocratie ?—-4, Qu'était Coerain e: br1%a rilan? Pourquoi fut-il exilé? Où so rettra-t-il? Que fit-il end'hér ‘issue vit- suite ?—5, Que devint Rome, après l’exil de Coriolan ? Qui fut alor: oréé dictateur ? Que sait-on de Cincinnatus ?

56 HISTOIRE ANOIENNB.

Cineinnatus, que les députés trouvèrent à la charrne. Il la quitta pour prendre le commandement suprèine, appelé dictature ; et, dès le lendemain, il attaqua l’enno. mi, le battit et fit passer les prisonniers sous le joug.

entré dans Rome en triomphe, il «se hâta d’abdiquer la dictature pour retourner à sa charrue (454).

6. En 451, les Romains n'avaient pas encore de lois écrites. Depuis dix ans, le tribun Térentillus Arsa demandait que le pouvoir des consuls fût limité et que les droits du peuple fussent garantis par une légisiation; le sénat fut obligé de céder après de longs et orageux débats. On envoya des députés en Grèce pour y recueillir les plus sages constitutions. Dix masis trats ou décemvirs, qui réunirent l’autorité des consuls et celle des tribuns, reçurent la mission de rédiger un code de lois. Ce code, connu sous lo nom de Loi des douze tables, parce qu'il fut gravé sur douze tables d’airaïn, maintint à peu près toutes les coutumes anciennes, la séparation des deux ordres, l'autorité absolue du père de famille, le pouvoir du créancier sur le débiteur ; mais il établit l'égalité de tous les citoyens devant la loi, et rendit l'assemblée populaire juge en dernier ressort de toutes les questions.

7. Leur tâche accomplie, les décemvirs entreprirent de garder le pouvoir absolu qu’on leur avait confié, et ils en abusèrent d’une manière odieuse. La conduite de l’un d'eux, Appius Claudius, mit le comble à l'indi-

gnation publique. Ce tyran, ayant voulu ravir la

jeune Virginie, fille d'un plébéien distingué par sa valeur et sa probité, le malheureux père tua sa filla pour la soustraire au déshonneur. Le peuple et l’armée se soulevèrent; le décemvirat iut aboli, et on rétablit les consuls, qui furent bientôt romplacés par les tribuns militaires.

6. Que demandait le tribun Térentillus Arsa depuis dix an+? Pourquoi envoya-t-on des députés en Grèoc ? Que sait-on des iésemvirs ? Qu'était-ce que la loi dite des douze tables ?—7, Quel usige les décemvirs firent-ils du pouvoir? Quelle fut la conduite d'Appius Claudins ? Que fit le père de Virgiuis ? Que devint par suite le désomvirat Ÿ

la charrue.

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; d’abdiquer (454).

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8. Un os plus grands généraux romains de cette époque fut le célèbre Camille. Il prit la ville de Véïes après un siêge de dix ans (405-395). À partir de cette époque, le soldat romain reçut une paie régulière et n'eut plus à craindre de voir sa famille mourir de faim, tandis que lui-mème faisait la guerre à ses frais. Comme tant d’'hommesillustres d'Athènes, Camille fut récompensé de ses services par l'exil.

9. ependant une puis armée gauloise, sous : conduite d'un chef ou Brenn, était descendue en Italie. Klle assiégea Clusium, ville d'Étrurie, qui demanda du secours aux Romains; ceux-ci envoyèrent des ambassadeurs pour arrêter les ennemis. L'un d'eux ayant insulté les Gaulois, ils résolurent d’en tirer vengeance, et se dirigèrent vers Rome. L'armée romaine alla à leur rencontre; mais elle fut mise en déroute et ne put empêcher la prise de Rome (390). Lo Fe qe de . 1 toutes les attaques : une inva-

où, qui rappela les Gaulois dans leu sauver les débris de 11 nation RES RES . Cette invasion laissa cher les Romains une profonde impression de terreur. Dans la suite, aux plus légers bruits de l'approche des Gaulois, on déclarait le tumulte, c'est-à-dire l'extrême danger de la patrie.

10. Rome délivrée des Gaulois, n’en était que plus agitée par les différents partis qui aspiraient à la domination: avec l'aide de leurs tribuns, les plébéiens augmentaiont toujours leur pouvoir. Ils finirent par partager toutes les magistratures ; le consulat, la dictature, la censure instituée pour le maintien des RULES mœurs, La préture chargée de l'administration

e la justice, l'édilité préposée à la conservation et à là construction des édifices publics, etc.

11. Menacée dans ses prétentions exclusives, Rome oppose les plus grands efforts à l'ambition des alliés

8. Que sait-on de Oamille ? Comment in république le trai - ! traita-t- HS are Gaulois en Italie ? Quells parie de ne en + en Qu'est-ce qui sauvs alors Rome d’une ruine eomplète ?— Eu se passa-t-il à Rome après le départ des Gaulois ?—11. A peuples fit-elle presque aussitôt la guerre ? Fut-elle heureuse ?

58 HISFOIRE ANCIENNE.

«n ses voisins. Sa situation était critique, puisqu'elle avait à combattre les Latins et les Samnites à Ia fois, et qu'elle trouvait chez ses adversaires la discipline, le courage et l'habitude des armes qui la distinguaieat elle-même. Malgré leur résistance opiniâtre, elle sou. mit successivement les Latins, les Sabins, les Eques, les Volsques, et parvint à comprimer leurs révoltes multipliées.

12. Parmi ceux qui échappèrent le plus longtemps à la domination romaine, un des plus braves et des plus célèbres fut le peuple samnite.

Quoique les victoires des Romains eussent signalé les premières campagnes, les Samnites illustrérent leur défense par plusieurs triomphes. Le général Pontius Hérennius fit passer une armée romaine sous le joug, au défilé de Caudium, appelé des Fourches Caudines, et lui fit jurer un traité humiliant (322).

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