‹ Cours abrégé d'histoire [microforme]Chapitre 205 sur 309 · Rome, au contraire, redoubla d'efforts, et le · texte numérisé non relu

Rome, au contraire, redoubla d'efforts, et le

9. Quelles victoires Annibal remporta-t-il sur Scipion ? Sur Sempronius? Sur Flaminius?—10. Qui est-ce qui requt ensuite le cor mandement de l’armée romaine ?—11. Par qui fut gagnée la bataille de Cannes, et quel était le général romain? Combien de Romuins J périrent-ils ?—13. Quelle attitude prit Rome à la suite de es désas tres? Qui envav=-t-elle contre Syracuse ?

sénat, par sa fermeté, releva le courage des citoyens. Touten continuant à défendre na EE l'Italie, elle envoya en Espagne de nouvelles troupes csatre Asdrubal, frère aïné d’Annibal, et chargea Marcellus d'attaquer Syracuse, alliée aux Carthaginois depuis la mort d'Hiéron.

13. Syracuse fut longtemps défendue par Archimède, le plus fameux géomètre de l’antiquité, qui inventa des machines pour lancer des pierres, des quar:tiers de rochers et des poutres, avec tant do force et de justesse que les assiégeants ne pouvaient approchor des murs. D’autres machines, placées au ant des remparts, accrochaient les vaisseaux, les renversaient, les attiraient sur les écueils, où ils étaient brisés ; des miroirs ardents mirent plusieurs fois le feu à la flotte romaine. Tant d'obstacles ne purent décourager Marcellus; ce ne fut cependant qu'au bout de trois ans que la ville fut prise d'assaut. Archimède, que Marcellus voulait sauver, fut tué dans le sac de la ville par un soldat qui ne le connaissait pas.

14. Alors Asdrubal était aux prises en Espagne avec Publius Scipion; celui-ci fut vaincu et tué, mais

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ette fameuse son fils Publius Cornélius Scipion, à peine âgé de Paul Émile, vingt-trois ans, ayant reçu le commandement dos lé- 6). Annibal En romaines, vengea bientôt la mort de son père.

e rapides et brillants succès signalèrent les débuts

x de bagues, tués dans le isgait par ses nder de noud'une faction ispensables; un pays en-

de ce Jeune héros et ruinèrent la puissance des Barca dans la péninsule. Carthagène, leur métropole et leur citalelle, n’osa résister au génie de Scipion (210). Les vaincus, gagnés par une conduite pleine de modération et de générosité, ne tardèrent pas à désarmer. Asdrubal, voyant que tout était perdu de ce côté, rés triomphes. unit 60000 hommes et se précipite pour rejoindre son

ts, et le frère en Italie, par la route que celui-ci avait tracée. . Jamais Rome n'avait été dans un plus pféssant danger. Lo çom-

14. Quel personnage célèbre sida à la défense de Syracuse ? Combien de temps dura le siége ?—14. Par qui fut vainou Publius Saipion? Qui succéda à çe dernier ? Quelle ville P. Cornélius Soipion prit-il sur Asdrubal? Que fit celui-ei voyant ls eause earthaginoise ‘ perdue en Espagne Ÿ

en de Romuins J ite de 208 désas

15. Heureusement, les deux consuls de cette année étaient dignes de soutenir une pareille épreuve. Tandis que Livius Salinator arrêtait les Genk agite à l'entrée de l'Italie, son collègue, Claudius Néron, luissant Annibal bloqué dans son camp,venait se joinilre à Livius, et tous deux taillèrent en pièces Asdrubal, sur les bords du Métuure (207). Dès lors l'issue de la guerre d’Italie fut décidée: Annibal continua à se défendre avec autant d’habileté que de courage; mais désormais il ne pouvait plus espérer la victoire,

16. Suivant l'exemple de Régulus, Scipion alla attaquer les Carthaginois en Afrique. Il punit la défection de Syphax, roi des Numides, en le faisant prisonnier près de Cirtha (Constantine), sa capitale, et il donna ses États à un autre prince africain, Massinissa, très-dévoué aux Romains et qui était un voisin dangereux pour Carthage. La patrie d'Annibal se souvint alors qu'elle possédait un général capable de lutter contre Scipion, et, dans ce pressant danger, elle rappela d'Italie le vainqueur de Cannes, réduit depuis longtemps à la défensive. Annibal, avec les débris de son armée, quitta en frémissant cette terre, où il s'était maintenu seize ans par un prodige de génie; mais il fut vaincu à Zama (202), et Scipion dicta les conditions de la paix qui fut conclue l’année suivante. Elle donna aux Romains l'Espagne et toutes les iles de la Méditerranée. Scipion reçut le surnom d’Africain. Par les intrigues du sénat romain, le grand Annibal fut bientôt chassé de sa patrie, dont il voulait relover la puissance.

17. Le temps de la guerre contre Pyrrhus et des a guerres ae est l'âge d’or de la répu-

lique romaine. La sagesse du Sénat, la concorde des citoyens, leur désintéressement, l'attachement gé-

15. Par qui Asdrubal fut-il arrêté à son entrée en Italie ? Qui gagna la bataïlle du Métaure ?—16. Quelles furent les preimitres a0tions de Soipion après sa descente en Afrique ? Par qui fut gaguée la bataille de Zama? Quel en fut le résultat? Quel surnom reçut Seipion ? Que devint Annibal?—17. Faites le parallèle de Rome 6t de Carthage.

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néral À la religion, à la patrie et à la liberté; la simpiicité des mœurs, l’agriculture honorée ot pratiquée par les plus grands personnages, donnaient à l’état un trésor inépuisable de force morale, tandis que l'organisation militaire, la discipline, l'exercice continuel des armes, auquel tout Romain était assujetti dès l’enfance, rendaient les légions invincibles. Par dessus tout, chaque citoyen avait une foi inébranlable dans les grandes destinées de sa patrie.

Héritière de la richesse de Tyr, Carthage exploitait le commerce de l'Afrique centrale par les caravanes, celui des côtes occidentales de la Méditerranée par ses vaisseaux, Son sénat que présidaient les deux Suffètes, dirigeait les affaires. Les grandes familles étaient tout; le peuple n’était presque rien; mais deux factions, l’une guerrière, l’autre pacifique, divisaient et affail lissaient l'État. Le gouvernement carthaginois, dur et défiant, servi par des mercenaires, ne se fit nulle part d’alliés fidèles, pas même en Afrique, où les villes tributaires se hâtaient, à la première occasion, de secouer le joug. On sacrifiait des enfants en grand nombre au dieu Molock; on mettait en croix les généraux malheureux. Est-il étonnant que Carthage ait succombé, malgré le merveilleux génie d'Annibal ?

18. L'intervention de Philippe III, roi de Macédoine dans les guerres puniques, attira sur cc prince la colère des Romains. Il fut d’abord vaineu sur l’Aoûs, et, quelque temps après, il perdit encore la bataille de Cynocéphale (197) où commandait le consul Flamininus, Philippe fut alors réduit à l’impuissance et acca blé de Sonditibte aussi dures qu'humiliantes.

19. Antiochus, roi de Syrie, avait reçu Annibal dans ses États après la bataille de Zama. L’éternel ennemi de Rome n'avait pas renoncé à l'espoir d’une revanche suprème, et, chassé de sa patrie, il voulut soulever l'Asie et l’animer de sa haine implacable. Antiochus, ambitieux et vain, n'ayant pas voulu

18. Qu'attira sur Philipye ILE, son interve:tion dans les guerres uniques ?— 19, Où se retira Annibal dans son exil? Où et par qui t vaineu le roi Antioehus ? Comment finit Annibal ?

HISTOIRE ANOIGNNE,

suivre les conseils d'Annibal, fut vainen aux Thermo.

yles (191), puis à Magnésio (190). Le vainqueur. Poe Scipion, frère de l'Africain, reçut le surnor d'Asiatique et dicta au roi de Syrie une paix honteu Bientôt Annibal, le héros de Carthage, se donna |: mort à la cour de Prusias, roi de Bythinie, afin de ne pas être livré aux Romains (183). «

20. Porsée, fils et successeur de Philippe IIT, tra. vailla à susciter partout des ennemis aux Romain:: mais le consul Paul Émile fat chargé d’aller porter là guerre en Macédoine. Cet habile général força Per.6e à se renfermer dans son royaume et le vainquit con:

lètement à Pydna (168), en faisant rompre la phaange par ses légionnaires. Les Romains furent si fiers de ce grand succès que le triomphe de Paul Emile surpassa en magnificence tout ce que l’on avait vu juxque-là.æ Persée, après y avoir paru, se laissa mourir de faim en prison. Avec lui disparut le royaume (le Macédoine. L'EÉbpire, alliée de Persée, fut punie par la destruction de soixante-dix villes et la vente À l’encan de cent cinquante mille de ses habitants, La Macédoine avait été partagée en quatre districts, ct quelques années plus tard (148), elle fut réduite en province romaine par le consul Métellus, vainqueur de l’usurpateur Andriscus, à la deuxième bataille de Pydna.

21. La Grèce n’eut pas un meilleur sort; les lisies étolienne et achéenne, qui avaient fait sa force, après s'être armées l’une contre l’autre, s'étaient laissé (lominer par la politique de Rome. Mille Achéens «13: ects de patriotisme furent déportés en Italie, et, au bout de dix-sept années, obtinrent de rentrer dans leur patrie. Quoiqu'ils ne fussent que trois cents suivi vants, ils excitèrent encore une fois la Grèce à l1 vengeance. La ligue achéenne fut reconstituée ct

20. Qu'était-ce que Persée? Où et par qui fut-il défait? Quel châtiment fut infligé à l’Épire ? Par qui la Macédoine fut-elle ré luite en province romaine ?—21. La Grèce fut-elle plus henreuse «10 la Macédoine ? Par qui fut-elle eonquise ? En quelle année dovk-elle province romaine ?

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nomma deux nouveaux stratéwos, Le consul Môtellus, surnommé le Macédonique, vainquit l’un deux à Scar- )hée, et lo consul Mummius triompha du second à Leucopétre (146). La liberté grecque avait péri glorieusement, mais sans retour. Le sénat n'avait plus besoin de mér ger les vaincus. Corinthe, l'une des principales vil ; do la ligue, fut livrée au pillage, et ses habitants devinrent esclaves; la Grèce entière fut réduite on province romaine sous le nom d'Achaiïe (146). É

22, Rome avait juré la ruine de Carthage; mais les prétextes lui manquaient. Le roi des Numides fournit bientôt aux Romains l’occasion d'intervenir. Secrètoment encouragé par ces derniers, Massinissa avait enlevé plusieurs provinces aux Carthaginois. Ceux-ci ayanten vain lin l'arbitrage et la justice du sénat, à bout de patience, prirent les armes. La dernière lutte de Carthage fut terrible: hommes, femmes et mlants, tous se dévouèrent à la défense de leur patrie, tous fabriquaient de nouvelles armes. Les palais mime et les places publiques furent changés en atelives, et, comme l’on manquait de chanvre pour faire des cordes, les femmes donnèrent leurs cheveux; enin, on jura de s’ensevelir sous les débris de la ville plutôt que de la livrer. b

23. Le siége de Carthage dura deux ans, et plus d'une fois les Romains eurent à se repentir de leur audace, I] fallut tout le talent, toute la bravoure du jeune Scipion Émilien, fils de Paul Émile et petit-fils de Scipion l’Africain, pour vaincre l’opiniâtre résistance des assiégés. A la fin la ville fut prise, et presque tous les habitants furent passés au fil de l'épée; le carnage fut horrible, et on ne cessa de tuer que le septième jour. Ainsi périt Carthage; son territoire devint une province romaine (146). Scipion fut ho-

22. Quel fut le prétexte de Ja troisième guerre punique ? Quelle fut l2 conduite du peuple de Carthage dans cette guerro ? -23. Combien de t:mps dura le siége de Carthage ? Par qui cette ville fut-elle prie? Quel fat le sort de ses habitants ?

63 HISTOIRE ANOIENNR,

noré à Rome d'un triomphe digne de sa viotoire, et recut le surnom de second Africain.

24, Quoique les Romains eussent chassé les Cartha ginois de l'Espagne, ils étaiont cependant loin d'en avoir dompté tous les peuples. Une ville du nord de ce pays, Numance, s'immortalisa par une défense déses. pérée. Trois armées romaines s'étaient brisées contre ses remparts; l’une d'elles avaient mêmo capitulé, quand Scipion Émilien, le destructeur de Carthage, vint assiéger cette autre Sagonte. Son premier soin fut de rétablir la discipline parmi les soldats, de serrer étroitement la ville et d’effrayer ses auxiliaires par de torriblesexécutions. Alors la plupartdes Numantins, réduits à la plus affreuse détresse, mirent le feu aux remparts de la ville, et se jetèrent dans les flammes, Le reste se rendit aux Romains. $Scipion en garda cinquante pour servir d'ornement à son triomphe, vondit les autres, et distribua le territoire aux peuples voisins, alliés de Romo (133).

25. Ainsi tout réussissait aux Romains: leur domination s'étendait avec une effrayante rapidité. L'unnée 148 avait vu la Macédoine devenir province de la république; en l’année 146, la Grèce éprouvait le méme sort; la même année Carthage, et, treize ans plus tard, Numance étaient détruites. En 133, Atiale, roi de Pergame, légua au sénat ses Etats, qui formèrent la province d'Asie. Au-delà des Alpes, les Allobroges (Savoie et Dauphiné) et les Arvernes (Auversne) s'avouèrent vaincus etsoumis. Sous prétexte de secourir Marseille, leur alliée, contre les barbares, ses voisins, les Romains s'établirent dans le pays. Sextius fonda la colonie d'Aix, en 123; Martius, en 118, Nar bonne, et le.pays, conquis sous le nom de province romaine, s'agrandit des Pyrénées aux Alpes, et des Cévennes à la Méditerranée.

24. Qu’était-ce que Numance ? Par qui fut-elle assiégée ? Quelle fut sa fin?—26. Sur quels pays venait de s'étendre la domination romaine ?

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siégée ? Quelle la domination

Depuis la conquête de la Grèce et le Tribunat de Gracques, jusqu'au premier Triunwirat (133-60).

1. En ravissant aux autres peuples leur liberté, Rome ébranlait la sienne. Si les distinctions entre les patriciens et le peuple avaient disparu, il s'était formé une nouvelle aristocratie d'argent plus odieuse que la première. Depuis longtemps déjà les PAU populaires grondaient sourdement; elles éclatèrent tout d’un coup, et leur explosion jeta Rome dans un grand péril. Les Gracques furent les premiers auteurs de ce mouvement démocratique continué par Marius ettraversé par de cruelles vicissitudes, avant de triompher avec Césur. Les guerres civiles une fois commencées, ne finirent qu'avec la république elle-même.

2. Le peuple, toujours iii par les patriciens, réclaumait sans cesse les libertés qu'on lui avait promises. Co fut alors que Tibérius Gracchus, et, quelques années après, son frère Caïus, petits-fils de Scipion l'Africain par leur mère, tous deux éloquents et ambitieux, prirent sa défense et entreprirent une réforme sociale, Ces deux tribuns obtinrent tour à tour une puissance immense, et ils effrayèrent la tyrannie des patriciens; coux-ci, tremblants pour leurs biens injustement acquis, pour leur pouvoir usurpé, renversèrent leurs ennemis à force d’intrigues et de violenees. Tibérius (ee et, dix ans après, Caïus, furent assassiués sur la place publique par les patriciens. Mais bientôt parut Marius, qui devait les venger et relever le parti populaire; cet homme fameux commença à se faire connaître dans la guerre contre Jugurtha.

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l. Qu’avait fait Rome pour elle-même, en ravissant aux autres #uples leur liberté? Quelle sorte d’aristocratie avait alors Rome ? Quels furent les premiers auteurs du mouvement démocratique qui venait de se manifester ?—2. Que réolamait le peuple ? Quels furent ses Jéfensours ? Quelle fat la fin de Tibérius ot de Caïus Gracohus ?

3. Micipsa,. roi de Numidie, se sentant près de mourir, partagea 803 États entre ses deux enfants et Jugurtha, son neveu, et les mit sous la protection ro. maine. Dévoré par l'ambition, l'infime Jugurtha trempa ses mains dans le sang de ses cousins, et envahit leur héritage. Cité à Rome pour rendre compte de sa conduite, il osa se présenter; il corrompit le: sénateurs, Commit impunément un meurtre dans Rome mème, et partit en s'écriant: O ville! tu serais âventre si tu trouvais un acheteur. Le sénat, cependant, fut forcé ile lui déclarer la guerre (112).

4. Les premicrs combats furent avantageux à Jugurtha, qui s'était allié à Bocchus, roi de Mauritanie, et achetait ses ennemis comme il avait acheté ses juges; mais le consul Métellus, homme recommandable par sa valeur et son désintéressement, l'eût bientôt réduit à l'extrémité. et il allait recueillir le fruit do sa victoire lorsque l’ambitieux Marius, son lieutenant, le supplanta, prit le commandement de l’armée de Numidie, et continua la guerre. Bocchus, craignant pour lui-même, demanda la paix aux l:0mains; Marius la lui promit à condition qu'il livrer! Jugurtha. Sylla, questeur de Marius, fut chargé de cette négocation, et emmena Jugurtha captif; il s'attribua l’honnour d’avoir terminé la guerre: ce fut une insulte que Marius ne lui pardonna pas. Telle fut l'origine de la haine implacable qui éelata entre ces deux Romains, et qui fut si funeste à la républiquo entière.

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