SAMSON
les ennemis, et les défit complètement; mais sa victoire lui coûta des larmes amères; car il avait en l'imprudence de faire vœu d'offrir au Seigneur, s’ii obtenait la victoire, ce qui sortirait le premier de sa maison, et viendrait au-devant de lui lorsqu'il retournerait victorieux.
29. Il avait pris aux Ammonites vingt villes, et ruiné leur pays depuis Aroër jusqu'à Mennith (1187); mais, retournant dans sa mrison, à Maspha, il aperçut sa fille unique qui venait au-devant de lui en dansant au son des tambours, Le malheureux père déchira ses vêtements ; sa fille, instruite de ce qui était arrivé, demanda deux mois pour se disposer à ce qui serait ordonné, et vint ensuite se mettre entre les mains de son père.
30. Les Hébreux, par de nouvelles prévarications, attirèrent encore les Philistins sur les terres de la Judée. Cette sixième servitude, qui dura quarante ans (de 1156 à 1116), fit rentrer le peuple en luimème; il demanda pardon, et le Seigneur l'écouta favorablement; mais il voulut, pqur cette fois, le délivrer par un seul homme, et suscita Samson, dont la naissance fut accompagnée de circonstances miraculeuses. L'ange du Seigneur apparut à sa mire, qui jusque-là avait été stérile, et lui dit: “Tu concevras et enfanteras un fils sur la tète duquel le rasoir ne passera point; car il sera nazarcen, c'est-à-dire consacré à Dieu: c’est lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. ”
La conduite des Juifs est vraiment étonnante. Ils connaissent la puissance de Dicu et ses bontés pour eux, et cependant, à peine sont-ils délivrés d’un fléau, qu'ils retombent dans de nouveaux excès, Hélas! tout en blâmant ces alternatives de conversions et de rechutes, reconnaissons avec douleur que nous n'imitons que trop souvent ce peuple inconstant, Nous
29. Qu’arriva-t-il après sa promesse ?—30. La victoire de Jephté rendit-elle les Israélites plus fidèles à Dieu ?—Quel hoinme ex'racrdinaire Dieï suscita-t-il pour les délivrer du joug des Philistins? Que se passa-t-1l de remarquable à la naissance de Samson ?
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31. Samson fil le premier essai des forces dont il était doué, en mettant en pièces un jeune lion qui voulait le dévorer. Outragé par les Philistins, il résolut de s’en venger d’une manière extraordinaire : il prit trois cents renards, leur attacha à la queue des flambeaux ardeus, et les lâcha dans les blés des Philistins, qui devinrent bientôt la proie des flammes. Ce peuple, irrité contre Samson, osa demander aux Israélites de le leur livrer. Ceux-ci eurent la faiblesse d’y consertir, ct l’abandonnèrent à leur haine, après l’avoir lie avec de grosses cordes. Samson, 8e voyant au milieu de ses ennemis, brisa ses liens, et, sans autres armes qu'une mâchoire d'âne, il tua mille Philistins, et mit le reste en fuite. Cette action prodigieuse lui valut l'admiration de son peuple. Plus tard il fut juge des Israëlites, et se rendit redoutable à leurs ennemis. Ayant été renfermé dans Gaza, il enleva les portes de cette ville, et les transporta sur une montagne voisine, passant au milieu de ses enneinis épouvantés. -
32. Désespérant de le vaincre, les Philistins promirent une grosse somme d'argent à Dalila, chez qui Samson se rendait fort souvent, si elle découvrait la cause d’une force si prodigieuse et le moyen de la dompter. Samson eut la faiblesse de céder à ses caresses artificieuses, et lui déclara que sa force consistait dans sa chevelure. La pertide, profitant de son sommeil, lui fit couper les cheveux, et le livra aux Philistins, qui lui crevèrent les yeux et le condamnèrent à tourner la meule d’un moulin (supplice imposé aux esclaves). Ses cheveux croissant de nouveau, ses premières forces lui furent rendues. Un jour de fête, les Philistins le firent amener pour leur servir de jouet; mais Samson, se regardant encore comme le défenseur de son peuple, se fit conduire entre deux colonnes qui soutenaient tout l'édifice, et, ayant
31. Quels furent les principaux exploits de Samson?—-32, Désesnérant de vaincre Samson, quel meyen les Philistins prirent-ils? Qu'arriva-t-il à Samson pendant sa captivité?
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invoqué le Seigneur, il les ébranla avec force, en s'écriant: “Que je meure avec les Philistins!” L’édifice fut renversé, et Samson périt avec trois mille Philistins, les plus notables de la nation (1117).
Samson fut, dans un grand nombre de circonstances de sa vie, la figure de Téeus-Ohrist.
Il avait été doué d’une force extraordinaire : Jésus- Christ est le Dieu fort et puissant.
Samson épouse une femme philistine: Jésus-Christ a appelé à lui toutes les nations de la terre, méme les idolâtres.
Samson défait seul les Philistins et avec les moyens les plus simples: Jésus-Christ détruit l'empire du démon par l& seule vertu de la croix.
Samson emporte sur ses épaules les portes de la ville dans laquelle les Philistins le tenaient prisonnier: Jésus-Christ sort du tombeau malgré les Juifs et ceux qui le gardaient.
Samson meurt volontairement pour sauver son peuple: Jésus-Christ n’est mort que parce qu'il l’a voulu, et lorsque son œuvre a été accomplie.
Samson détruisit plus de Philistins en mourant que pendant toute sa vic: Jésus-Christ, par sa mort, consomme l’œuvre de la rédemption.
33. Héli,qui gouverna le peuple après Samson en qualité de juge et de grand-prêtre, se rendit recommandable par sa piété; mais la mollesse et la négligence avec lesquelles il reprit ses fils Ophni et Phinées, qui étaient devenus le scandale du peuple, attirerent la vengeance céleste sur sa maison et même sur toute la nation. Les Philistins défirent Israël, tuèrent Ophni et Phinées, prirent l’arche, que ces lévites audacieux avaient apportée de la ville de Silo au camp, comme pour obliger le Seigneur à leur donner la victoire. Héli, âgé alors de quatre-vingt-dix-huit ans, apprenant ce désastre, tomba à la renverse, et eut
33. Quel fut le successeur de Samson ?—Quelle fut la conduite d'Héli juge et grand-prêtre ?—Quels sont les malheurs qui arrivèrent
à Héh et à la nation juive ?--Héli survéout-il au désastre qu’'Israël venait dessuyer?
la tête fracassée (1116). Sa judicature avait duré quarante ans.
34, Les malheurs arrivés à la famille d'Héli avaient été annoncés à ce pontife par le jeune Samuel. Cet enfant de bénédiction, offert dès son bas âge par ses parents pour être employé au service du temple, couchait non loin du sanctuaire * une voix l'ayant appelé par son nom, il crut quo c'était le grand-prètre, et aussitôt il alla lui offrir ses services; la même chose eut lieu jusqu’à trois fois. Héli, vers lequel Samuel courait chaque fois, lui dit: “Mon fils, si l’on vous appelle encore, dites: Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute. ” La voix se fit entendre pour la quatrième fois, et Samuel ayant répondu comme Héli lui avait ordonné, le Seigneur lui révéla tous les maux qui allaient fondre sur Israël. Malgré les instances qu'Héli fit le lendemain pour savoir de Samuel ue que Dicu lui avait révélé, il n’arracha qu'avec peine de sa bouche ce que son respect pour la dignité pontificale voulait lui faire taire.
35. Cependant la colère divine éclata aussi sur les Philistins ; l’idole de Dagon, auprès de laquelle on avait mis l'arche, fut renversée, et toutes les contrées où il la menèrent furent affligées de divers fléaux qui les contraignirent de la renvoyer aux Hébreux. Les Philistins la placèrent donc sur un chariot attelé de deux vaches, qui prirent d’elles-mèmes le chemin de Bethsabé, première ville des Israélites de ce côté-là. Les Bethsamites, ayant osé regarder dans l'arche du Seigneur, attirèrent sa colère ; cinquante mille furent frappés de mort. On transporta l'arche sainteà Gabaa, dans la maison d’Abinadab où elle demeura fort longtemps.
36. Depuis plusieurs années, Samuel, choisi de Dieu pour manifester sa volonté, était révéré de tous; sa
34. A qui Dieu révéla-t-illes malheurs qui allaient fondre sur Israël ? —35. Les Philistins gardèrent-ils longtemps l’arche d'alliance ?—Où l'arche fut-elle transporte ?—36. Qui est-ce qui gouverna le peuple
après Héli ?—Pourquoi le peuple désira-t-il être gouverné par des roig plutôt que par des juges?
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. RUTE. 57 vertu lui mérita l'honneur de gouverner les Israélites. Il exerca ses fonctions à Maspha, où il éleva un autel, renouvela l'alliance du Scigneur avec son peuple, et s’efforça de le rendre heureux en le délivrant de ses ennemis; mais, pendant la vieillesse de ce saint homme, la prospérité d'Israël cessa. Ses enfants, Joël et Abia, étant devenus méchants, déplurent au peuple, qui, ne voulant point les avoir pour juges, demanda un roi. Samuel ne put s’emècher d’en témoigner sa peine; mais le Seigneur fui ayant ordonné de contenter le peuple, il se soumit, etne pensa plus qu'aux moyens d'exécuter la volonté de Dieu.
37. Du temps des juges d'Israël, vers 1220, un homme de Bethléem nommé Elimélech et sa femme Noëmi furent obligés, par une famine, de passer avec leurs deux fils dans le pays des Moabites. Quelque temps après leur arrivée en cette contrée, Élimélech mourut. Les deux fils épousèrent deux filles de Moab, dont l’une s'appelait Orpha et l’autre Ruth. Après avoir demeuré là dix ans, ils moururent, et Noëémi resta seule, ayant perdu son mari et ses fils. Elle voulut alors retourner dans son pays; elle fit part de cette résolution à ses deux belles-filles, et leur tit ses adieux, en leur disant: ‘ Allez dans la maison de votre mère, et que le Seigneur en use envers vous comme vous en avez usé vous-mèmes envers Ceux qui sont morts et envers moi.” Orpha, après quelque résistance, suivit ce conseil; mais Ruth, voyant Noémi pauvre et accabléoe de vieillesse, ne voulut jamais la quitter, ‘En quelque lieu que vous alliez, lui ditelle, je vous suivrai: votre peuple sera mon peuple, et votre Dieu sera mon Dieu; en quelque pays que vous mouriez, j y mourrai - ussi, et j'y serai ensevelie avec vous.” Ælles partir nt donc ensemble pour Bethléem. Comme elles y arrivèrent au temps de la moisson, Ruth, pour fournir à leur subsistance, alla ramasser les épis que laissaient les moissonneurs. Or
87, Quelle est l’histoire de Ruth?
* ele glanait un jour duns le champ d'un homme riche nommé Booz, proche parent d'Élimélech, à qui elle fut agréable. Ruth, d'après l’avis de Noëmi et suivant l'usage des Hébreux, épousa Booz, qui était plein d’admiration pour sa vertu. Elle mit au monde Obed, qui fut, par Jessé, l’aïeul du saint roi David.
La conduite de Ruth est un exemple admirable de l'affection que les enfants doivent à leurs parents, et des sacrifices qu’ils sont obligé de faire pour les secourir dans leurs besoins et les soutenir jusqu’à la fin de leur vie.