A la tête de la noblesse qui lui était restée on
gone partie fidèle, et des Irlandais ralliés à sa cause, 'harles tenta le sort des armes dans l'espérance de ressaisir son pouvoir. Ses partisans étaient désignés sous le nom de cavaliers, et ses ennemis sous celui do têtes rondes. Il rencontra plusieurs fois l’armée purlementaire avec des chances diverses; la reine Ilonriette de France, qui le secondait héroïquement, tra. versa plus d’une fois la mer pour lui amener dos secours. Vainqueur à Worcester et à Edge-Hill (1542), vaincu à Newbury et à Marston-Moor, il perdit encore la bataille décisive de Naseby (1645), où se distingerer Fairfax et Olivier Cromwell. Celui-ci, ‘“ hornime
‘une grande profondeur d'esprit, hypocrite railiné autant qu'habile politique, également actif et intutigable dans la paixet dans la guerre, ” était le chef de la secte fanatique des indépendants, qui voulaient tout niveler dans le gouvernement comme dans la rekgion.
6. Le roi, vaincu, se confia aux Écossais, qui le livrèrent au Parlement. Il parvint à s'enfuir, fut repris dans l’île de Wight et conduit à Londres, où ses ennemis lui firent son procès. C'était le promier exemple, dans les temps modernes, d'un roi jugé et condamné par ses sujets. Charles [or montra jusqu'au dernier moment beaucoup de dignité, de résignation et de courage; il eut la tête tranchée, le 9 février 1649, sur la place de Whiteball. L’Angleterro a vélébré depuis l'anniversaire de sa mort comme un douil national.
7. Œœomwell recueillit les fruits du rêgicide dont il avait été le principal auteur. IL soumit Ia malhoureuse Irlande avec la férocité d’un bourreau, hattit
6. Qu'est-ce qui fit éclater la guerre oivile et comment se divisa la nation? Qu’était Cromwell ? Quelle bataille gagna-t-il ?—1. ue devint Charles Tor ? Quelle fut sa fin ?—7. Qui est-ce qui arr va au
ouvuir après la mort du roi Charles Ier ? Comment Oromwell traita- -il l'Irlande ? Quel titre regut-il du Parlement?
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ANGLBTERRS. 231 aux deux journées de Dunbar (1650) et de Worcester (1751) lo fils de Charles Ier, défendu par les Écossais, se fraya un chemin au pouvoir absolu en employant tour à tour la force et la ruse. Après avoir chassé avec ignominie ce Long-Parlement qui lui avait donné le titre de généralissime, il se fit nommer, par une autre assemblée, Protecteur ou chef de la république d'Angleterre (1653), et renvoya bientôt après les députés pour régner seul et sans contrôle,
8. Le gouvernement de Cromwell, toujours despotique, mais ferme et habile, ne fut pas moins respecté au dehors qu’au dedans. La Hollande humiliée, la Jamaïque enlevée aux Espagnols, l'acquisition de
Dunkerque, des alliances avantageuses sur le continent, élevèrent etagrandirent l'Angleterre, en même temps que l'acte de navigation assurait sa prépondérance maritime. Cromwell mourut en 1658, à cinie ans, avec la réputation d'un politique de genie.
J Son fils, Richard Cromwell, incapable de porter le fardeau du protectorat, et trop honnête homme Pour se maintenir par des crimes, abdiqua au bout ic quelques mois. La restauration des Stuarts s’accomplit alors dans la personne de Charles II, fils de l'inortuné Charles Ter, grâce au concours et à l'habileté profonde du général Monk, gouverneur de l’Ecos.6 (1660). L'époque des guerres civiles et religieusos de l'Angleterre vit naître l’auteur du Paradis perdu, Milton, qui fut secrétaire de Cromwell. C'est, après Shakspeare, le plus illustre représentant de la poésie anglaise.
10. Charles II, rappelé en Angleterre, prouva que les cruelles lecons de l'expérience avaient été perdues pour lui. Ce prince, bien que doué de qualités brillantes, n'avait aucun souci de l'avenir, et sa-
8. Quel était le gouvernement de Cromwell? A quels peuples Cromwell fit-il la guerre ? A quel âge mourut-il ?--9, Qui lui suoéd: ? Pourquoi Richard Cromwell abdiqua-t-il ? Que sait-on du général Monk ? Quels personhages distingués illustrèrent alors l’Angleterre ?—10. Qu'était Charles II ? Quel était son caractère ? Qu’enud-on par Whigs? Par Tories ?
332 HISTOIRH MODERNB.
“Crifiait tout, même la dignité de son pays, À son amour du plaisir. Il commença par s'aliéner l'esprit public en faisant la guerre à la Hollande et en contractant une alliance intime avec Louis XIV, dont il recevait une pension considérable. C’est de ce rèsno que date la distinction des Wäigs, plus attachés à la causeipopulaire, et des Tories, plus dévoués à la royauté ot à l'Église anglicane.
11. Sans être personnellement hostile aux catholiques, Charles IT fut contraint par le parlement de confirmer le bill du Test, qui les excluait des charges et des emplois. Cet acte était surtout dirigé contre lo duc d'York, frère du roi, dont on se défiait à cause de son attachement à la foi romaine; il se démit, en effet, de sa charge de grand amiral-pour se soustraire au serment. Un bill, conçu dans un esprit plus libéral, honora le ‘gouvernement de Charles IT; ce fut l’habeas corpus destiné à protéger la liberté individuelle. Uue révolte des puritains ou presbytériens rigides d'Écosse, qui ne voulaient ni de l'anglicanisme ni de la monarchie, troubla les dernières années de Charles IT; il mourut en 1685, laissant la couronne à son frère le duc d’York, qui prit le nom de Jacques IT.
12. Ce prince, qui était catholique, crut pouvoir, sans danger, proclamer la liberté de conscience et rendre aux catholiques le libre exercice de leur culte. Mais les protestants, qui réclamaient la liberté quand elle était favorable à l1 propagation de leurs doctrines, la condamnaient dès qu'elle leur semblait devoir wurner contre eux. Les mécontents se concertèrent secrètement avec Guillaume d'Orange. Celui-ci n'hésita pas à s’embarquer pour l'Angleterre avec une armée de quinze mille Hollandais et Allemands dans
le but de renverser son beau-père. Jacques II, qui n'avait pu croire à tant de perfidie, quitta son roÿ-
11. À quoi Charles IT se vit-il contraint par le parlement? Qu'était-ce que le bill du Test? Qu'était-ce que l'hubeas corpus ? Qui succéda à Charles II ?-—-12. Quelle religion Jaeques II professait-il ? Par qui fut-il renversé du trône ? Où 5e retira-t-il ?
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aume sans faire la moindre résistance, et se retira en France, où Louis XIV lui donna pour résidence le château de Saint-Germain, avec cent cinquante mille livres pour acheter un équipage et cinquante mille livres par mois pour son entretien.
13. La révolution de 1688,qui occupe une si grande place dans los annales de l'Angleterre, ne modifia pas sensiblement sa constitution essentiellement aristocratique. Les lords, la bourgeoisie et les communes conservèrent leurs priviléges; les droits de lacouronne furent limités, et le parlement, où dominait l'infuence de la grande propriété, devint le premier pouvoir de l'État. |
14. L’Irlande s'étant soulevée en faveur du roi fugitif, Louis XIV mit à sa disposition un corps de huit mille hommes avec lequel le prince détrôné tenta un débarquement dans cette ile, à Kinsale. Mais ce fut on vain que Château Renaud et Tourville firent des prodiges sur mer. Le lendemain même du jour où co dernier avait remporté, en vue de Dieppe, une brillante victoire sur les Anglais et les Hollandais réunis, le roi Jacques se laissait battre à la Boyne (1690) et prenait la fuite après cette défaite.
15. Guillaume d'Orange, désormais Guillaume TIT, tiompha de tous les obstacles à force d’habileté et de persévérance, et la couronne fut à jamais perdue pour la famille des Stuarts. Le nouveau roi d’Angleterro put même assister à une sorte de renaissance littéraire dans son pays d'adoption. Pope, le traducteur d'Homère, Swift, l’auteur de Gulliver, l’illuste critique Addison et le philosophe Locke, honorèrent leur époque et imprimèrent aux esprits un mouvement fécond.