‹ Cours abrégé d'histoire [microforme]Chapitre 38 sur 309 · ALEXANDRE LE GRAND · texte numérisé non relu

ALEXANDRE LE GRAND

22. Vers ce même temps, Alexandre le Grand succéda à Philippe, son père, roi de Macédoine. Ayant soumis la Grèce, il prit le chemin de l'Asie, s'empara de l’Asie-Mineure, et s'avança vers Jérusalem dans le dessein de l’asservir, et de punir les Juifs de lour attachement aux rois de Perse. A son approche, le grand-prêtre Jaddus, qui avait succédé à son père Jonathan (350), ordonna des prières publiques; puis les rues de la ville ayant été jonchées de fleurs, les portes furent ouvertes, et le grand-prêtre sortit audevant du conquérant avoc les prêtres et les lévites revètus de leurs habits sacerdotaux, et suivis d’une multitude qui chantait des hymnes sacrés. A la vue du pontife, qui portait le nom de Jéhova gravé en lettres d’or sur sa poitrine, Alexandre se sentit pénétré de respect, et le salua avec une vénération religieuse. Il entra ensuite à Jérusalem, visita le temple, et fit des offrandes pour les sacrifices.—S'étant emparé de l'Egypte, il repassa en Asie, et conquit presque tous les pays jusqu'aux Indes. L'empire assyrien fut compris dans ses conquêtes, et les Juifs se trouvèrent sous la domination de ce nouveau maître, devant qui, dit l'Écriture, La terre se taisait (332).

23. Après la mort d'Alexandre, ses généraux massacrèrent tous les membres de sa famille, et se partagèrent ses Etats. Antigone eut l'Asie, Ptolémée Lagus ou Soter l'Égypte, Lysimaque la Thrace, et Cassandre la Macédoine. Plusieurs de ces princes, mécontents de leur part, excitèrent de nouveaux troubles, et, après la bataille d’Ipsus (301), la Syrie devint le partage de Séleucus. La Judée ou Palestine, placée entre les deux puissants empires de Syrie et d'Égypte, qui la convoitaient également, à cause de sa situation et de son importance, passa plus d'une

22, Par qui la Sytie fut-elle subjuguée ?—Qu'était Alexandre ? Par qui fut-il apaisé lorsqu'il allait à Jérusalem pour la détruire ? Quelle conquête fit ensuite Alexandre ?—Quel fut le sort de la Judée durant les conquêtes d'Alexandre ?—23. Quel fut le sort de la Judée après la mort d'Alexandre ?

112 LIISTOIRE SAINTE.

fois de la domiration égyptienne à celle des rois de Syrie.

24. Les Juifs furent d’abord sous la domination des rois grecs égyptiens, qui continuèrent de les protéger. Ptolémée Philadelphe, fils de Ptolémée Lagus fit traduire les Livres saints de l’hébreu en grec: cette traduction de l’ancien Testament, fort célèbre sous le nom do Version des Septante, fut faite par soixante-douze savants juifs choisis parmi les anciens de la nation, et placée dans la magnifique bibliothèque d'Alexandrie, capitale des rois d'Égypte (277).

25. Séleucus Nicator, roi de Syrie, avait permis aux Juifs; pendant le tempsqu'ils furent sous son pouvoir, de vivre suivant leurs lois et sous le gouvernement des souverains pontifes, qu'ils conservèrent jusqu’au rétablissement de la royauté. Antiochus le Grand, roi de Syrie, qui disputa la Judée à Ptolémée Philadelphe, s'en empara, et traita les Juifs avec douceur. Ptolémée Philopator, vainqueur d’Antiochus (217), étant dans le temple de Jérusalem, voulut entrer dans le Saint des saints; mais une main invisible le renversa, et on l’emporta du temple à demi mort. Rovenu à lui, il conçut une haine violente contre les Juifs, et, de retour en Égypte, il persécuta ceux qui étaient à Alexandrie, et les fit exposer aux éléphants; mais ces animaux, méconnaissant leurs conducteurs, se jetèrent sur eux, et ne firent aucun mal aux Hébreux. Alors le prince rentra en lui-même, et rendit la liberté aux Juifs. Peu après il perdit la Palestine, qui passa aux Syriens.

26. Sous le règne de Séleucus Philopator, Simon, indigne ministre du temple et ennemi du grand-prêtre Onias, persuada au roi de Syrie (176) que le temple renfermait des trésors immenses qui n'étaient point destinés aux sacrifices. Séleucus reçut cet avis avec

24. Comment la Tudée fut-elle traitée par ses dominateurs ?—256. Quelle fut la conduite de Ptolémée Philopator envers les Juifs ?— 26. A quelle occasion Séleuous voulut-il faire piller le temple ?— Quel fut le ehâtiment d’Héliodore ?

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ANTIOOHUS. 113

is de d'autant plus de plaisir qu'ayant été vaincu par les des Romains, il s'était obligé à leur payer un tribut conpro- sidérable, pour la sûreté duquel il leur avait laissé son AgUS fils Démétrius en otage. Îl envoya donc Héliodore, rec : son premier ministre, à Jérusalem, avec ordre d’enlèbre lever tous les trésors du temple; mais ce sacrilége, par accompagné de ses gardes, étant entré dans le saint ciens lieu malgré les prières du pontife et la désolation du )thè- peuple, sa troupe est aussitôt renversée; il est lui- 277). mème terrassé par un cavalier revêtu d'armes terribles; aux deux jeunes hommes d’une beauté éclatante étaient à voir, ses côtés, et le frappaient à coups redoublés. Hélionent dore épouvanté demeure sans mouvement; on le traîne w'au hors de ce lieu redoutable; il est presque sans vie. and, Le grand-prêtre, touché de compassion, offre pour hila- sa guérison une victime expiatoire. ‘Rends grâces eur. à Onias, dit une voix céleste, car c’est à sa prière que 17), tu dois la vie.” Héliodore ne céla point la vérité au dans roi, et lui dit que s’il avait un enhemi il pouvait l’enren- voyer piller le temple, l’assurant qu’il serait au moins brisé de coups, s’il n’y perdait la vie.

27. Antiochus Épiphane, successeur de Séleucus, voyant les troubles qui régnaient parmi les Juifs, et irrité de ce qu’ils avaient osé se révolter contre lui, livra de nouvelles attaques à la religion du vrai Dieu. Excité par Ménélaüs et Jason, indignes frères du saint prêtre Onias, qui, pour plaire au roi, avaient pris des noms grecs, et avaient obtenu, à prix d'argent, l’un après l’autre, la dignité de grand-prètre, il alla à Jé. rusalem, y mit tout à feu et à sang, et passa ensuite en Egypte. Pendant son absence, Onias fut massacré par ses ennemis, qui usurpèrent le sacerdoce, introduisirent parmi le peuple les mœurs corrompues des Grecs, etlivrèrent la Judée aux horreurs de la guerre civile. Le ciel annonça le châtiment de ces attentats: pendant quarante jours on vit dans les airs des cavuliers revêtus d’habits brillants, armés de lances et formant des escadrons, leurs épées étincelaient

17. Quelle fut ls conduite d’Antioshns Épiphane envers les Juifs ?

et on entendait le choc de leurs boucliers; les dards lancés s'entre-croisaient, et les guerriers paraissaiont se mêler comme dans les combats. Les événements que ces terribles présages faisaient craindre, ne tar dèrent pas à 8e réaliser,

HUITIÈME ÉPOQUE

Depuis la persécution d'Antiochus (168 avant J.-C.), Jusqu'à l'avénement de Notre Seigneur Jésus-Christ.

1. Antiochus, à son retour d'Égypte, parut en Judée; il fit partout un horrible carnage, et mit tout Israël en deuil. Ayant fait élever des autels dans toutes les villes, il ordonna aux Juifs d’y offrir de l’encens aux idoles. Arrivé à Jérusalem, il alla au temple, et prit tous les vases ct les trésors, fit brûler les livres de la loi, et plaça la statue de Jupiter sur l'autel du vrai Dieul.....établit en autorité à Jérusalem des hommes encore plus cruels et plus impies que lui. Ce n’était partout que meurtres ct pillages ; les murs de Jérusalem furent abattus, on vit Te sanctuaire souillé; la plupart des habitants prirent la fuite ; le temple fut désolé et devint une solitude. Toute la gloire de Jérusalem était anéantie; le service divin était interrompu dans la ville sainte. : Enfin Antiochus, résolu de ruiner la religion des Juifs, déclara qu'il voulait qu'il n’y eût désormais dans tous ses

tats qu’une seule religion ; il défendit d’adorer un autre Dieu que le sien. 4

Le Seigneur, qui avait envoyé ses anges pour frapper Héliodore, pouvait punir de même Antiochus et ses ministres; mais Israël avait mérité d’être châtié; ges crimes avaient irrité le Très-Haut, et dans sa miséricorde, le Dieu d'Abraham, au lieu d'abandonner son peuple et de le laisser vivre selon ses déairs, voulut, par un prompt châtiment, le faire rentrer dans

LA EE ES PER VS CE CT SE SEE RCE EE NCA “iei TS: ci 1. Comment les Juifs furent-fR traités par Antiosbus Épiphane ?

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le devoir. “Tout cela, dit Bossuet, était écrit dans les livres inspirés, ”

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