‹ Cours abrégé d'histoire [microforme]Chapitre 57 sur 309 · DA · texte numérisé non relu

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Terre-Neuve étaient connues des Basques et des Bretons, 3, La guerre que la France avait eu à soutenir contre l'Espagne, ne lui avait pas permis de poursuivre ses découvertes commencées par Vérazzani, En apprenant le succès des Espagnols ct des Portugais dans le Nouveau-Monde, François I, roi de France, résolu d'établir aussi des colonies en Amérique, Ce prince disait en plaisantant: ‘Quoi, ils se partagent tranquillement “entre eux le Nouveau-Monide! je voudrais bien voir “l'article du testament d'Adam qui leur lègue l’Amé- “rique !”

4, Hrançois i revetit d'une commission le célèbre navigateur Jacques-Cartier, l’autorisant à prendre possession de tous les pays qu’il pourrait découvrir, afin d'y porter les lumières de l'Évangile ét de la civilisation chrétienne.

5. Cartier s'embarqua pour l'Amérique au port de Saint-Malo, sur les côtes de la Bretagne, le 20 avril 1534, Son expédition ne comptait que deux vaisseaux de soixante tonneaux chacun, montés par soixantoun hommes d'équipage.

6. Le 9 juin, Cartier pénétra dans le golfe du fleuve appelé ensuite Saint-Laurent, et le parcourut, tant du côté du sud que du côté du nord. Il fit ensuite voile vers le sud, et entra, le 3 juillet, dans une baie fort profonde, où il souffrit beaucoup du chaud; c’est pour cela qu'il la nomma Baie des Chaleurs. De là, il poursuivit son expédition ; mais la violence des vents le força à chercher un refuge dans la baie de Gaspé.

7. A peine les vaisseaux furent-ils dans cette baie, que le rivage fut couvert de naturels. Voyant l’em-

3. Pourquoi la France n’avait-elle pas poursuivi ses découvertes sommencées par Vérazzani? Quelle résolution François I prit-il, en apprenant le sucoès des Espagnols ct des Portugais dans le Nouveau- Monde ?—4, Quel navigateur François I envoya-t-ilen Amérique ?— 5.0 ù Cartier s’embarqua-t-il pour son premier voyage en Amérique ?— ÿ. Quand Cartier pénétra-t-il dans le golfe du fleuve appelé ensuite Saint-Laurent?—7, Que fit-il, voyant l’empressement des indigènes à venir auprès des Frangais Ÿ

ressement des indigènes à venir auprès des Français.

artier fit planter uno croix, haute de trente picds, sous le croisillon de laquelle était un écusson en bosse à trois fleurs de lis, avec cette inscription: VIVE LE ROI DE FRANCE |! Tout l'équipage s'agenouilla devant cette croix, la saluant respectueusement et montrant le ciel à ces pauvres sauvages, pour leur faire entendro que de ce signe vient le salut, |

8. Craignant que les vents, qui commençaient à s'élever, ne l’obligeassent à passer l'hiver en Canadu, Cartier résolut de partir, #11 mit à la voile le jour de l'Assomption, après avoir assisté à la sainte mess avec tous les siens ; et, le 5 septembre, ils arrivèreni au port de Saint-Malo, d'où ils étaient partis, Cartier emmena en France deux des fils d’un chef de sauvages qu'il avaitobtenus à Gaspé, Taignoagny et Domagayua. 9. Le roi de France fut si satisfait du rapport que lui fit Cartier, que l’année suivante, 1535, il lui donna une commission plus ample que la première, et lui fournit un armement plus considérable.

10. La nouvelle expédition se composait de trois vaisseaux: l’un, d'environ cent vingt tonneaux, aphs la Grande Hermine ; un autre, de soixante, appelé

a Petite Hermine ; et le troisième, nommé l'Æmeérillon, de quarante tonneaux.

11. Cartier nous apprend que, avant de partir de Saint-Malo, lui et tous ceux qui devaient l’accompagner dans cette expédition, dont un assez grand normbre de gentilshommes, s'étant confessés, participèrent à la sainte Eucharistie dans l’église cathédrale de Saint-Malo, le 16 mai, fète de la Pentecôte, anniversaire du jour où les Apôtres avaient commencé d’annoncer l'Évangile aux nations ; et que, pour attirer la bénédiction de Dieu sur la sainte expédition qu'ils allaient entreprendre, il voulut qu'ils reçussent celle

8. Que fit Cartier craignant que les vents ne l’obligeassent à pneser l'hiver en Canada? Quel jour mit-il à la voile ?—0Q. Quel eltet

roduisit le rapport de Cartier sur le rei de France ?—10. De ecm- Éien de vaissonux se composait la nouvelle expédition ?—11. Que nous apprend Cauruer de cette expédition ?

1535 1535] JACQUES-CARNTIER. 19

sets de l'évêrue du lieu. Comme dans la précédente naicds, visation, co pieux capitaine s'était pourvu do pré- JOBS tres ; il portait aussi avec lui divers objets de piété pour B LS les distribuer aux sauvages, ainsi qu'une statue de la dé trés-sainte Viergo pour son usage et celui des siens, rant 12, La potite expédition mit à la voile le 19 mai ndro 1535. Après avoir été séparés par d’effroyubles tem-

petes, les trois navires no se réunirent que le 26 juillet né à suivant au hâvre de Blanc-Sablon, lieu désigné pour le nadia, rendez-vous. C'était le golfe du fleuve, appelé grande ur de rivière du Canada, que Cartier avait dessein de re- Lo monter, ce qu’il n'avait pu faire l’année préctdente. 13. Le ler août, une tempête l’obligea de s’abri- Her ter dans un port situé à l'entrée du fleuve, du côté kel: du nord. Il nomma ce port le hdvre Saint-Nico- Bay las, et y planta une croix. Le 10 du même mois, fête é que de Saint-Laurent, il entra dans une petite baie, auonuna jourd'hui baie Ste. Géneviève, qu’il nomma du nom de ot lui ce saint martyr. Ce nom s’étendit insensiblement à tout le fleuve. Le 15 août, il se trouvait devant l'ile

rois

d'Anticosti, qu'il nomma ile de l’Assomption, à cause de la solennité de ce jour.

14, Cartier remonta ensuite le fleuve, mouilla auprès d’une île, qu’il nomma île aux Coudres, parce qu'il y trouva beaucoup de coudriers. Plus loin, il rencontra une île beaucoup plus grande qu’il appela île de Bacchus, parce qu’il y trouva des vignes sauvages. Cette île porte aujourd’hui le nom d’île d'Orléans. II constata que ce n’était qu'à cet endroit que le pays commençait à être appelé Canada (1). En remontant

(1) L'opinion de ceux qui font dériver cette dénomination du mot iroquois : Kanata, qui signifie un amas de cabanes ou village, paraît très-bien fondée; et, avec d'autant plus de vraisemblance, que les Hurons, qu'on dit avoir autrefois habité ce pays, emploient souvent le D, là où les Iroquois mettent le T! en sorte 12. Quand la petite expédition mit-elle à la voile ?—13. Qu’arrivat-il à Cartier le ler août? Pourquoi le nom de Saint-Laurent qu’il donra au golfe?—14, D'où viennent les noms de fle aux Coudres et de tle de Bacchus? En remontant le fleuve, que se proposait Cartier ?

20 IISTOIRE DU CANADA [1535

ainsi le fleuve, Cartier se proposait de reconnaitre le pays, et surtout d'aller à la bourgade d'Hochelags, dont lui avaient beaucoup parlé Taiguragny et Domagaya qui, ayant appris un peu de français, pouvaient lui servir d’interprètes auprès des habitants de ce lieu.

15. Ayant trouvé, à son arrivée au bout de l'ile d'Orléans, une petite rivière qui lui parut propre à servir de port à ses bâtiments, Cartier s’y arrèta et la nomma rivière Sainte-Croix, (appelée depuis rivière Saint-Charl:s). Il lui donna ce nom, parce qu'il y arriva le 14 septembre, jour de l’Exaltation de Ia Sainte-Croix.

16. Le lendemain, Cartier recut en cet endroit la visite de Donnacona, chef des sauvages d'une bourgade voisine, appelée Stadaconé. Ce chef, qualifié du titre d'Agouhanna, nom qui, en langue huronne, signifie grand ou chef, était accompagné de plus de 500 sauvages. Stadaconé était située sur l’éminence où est maintenant bâtie la haute-ville de Québec.

17. Donnacona visita plusieurs fois Jacques-Cartier, et put même s'entretenir avec lui, par le moyen des deux sauvages qui avait été emmenés en France, et dont nous avons déjà parlé. Comme l'intention de Cartier, en arrivant à Sainte-Croix, était de partir sans délai pour Hochelaga, il avait mis dans cetto rivière ses deux plus gros vaisseaux, et laissé l’Æmcrillon dans la rade.

18. Cartier partit de Stadaconé le 19 septembre, sur l'Émérillon, avec tous les gentilshommes qui l’accompagnaient, cinquante mariniers, et deux barques ou chaloupes. Arrivé au lac appelé aujourd’hui lac Saint Pierre, il dut y laisser l'Émérillon, qui ne put avancer plus loin, ayant pris apparemment le chenal du nord

nd le mot Æanata des Iroquois, reviendrait à celui de Canada ans le langage des Hurons, pour signifier un village ou une bourgade,

* 16. Que fit Cartier au bout de l’île d'Orléans ?—16. Quelle visite requt-il À Sainte-Croix ?—17. Comment le chef des sauvages

ut-il s’entret@nir avec Cartier ?—18. Quand Cartier partit-il de Étadaeoné ? Que dut-il faire, arrivé au las Saint-Pierre ?

inaitre le ocholaga, et Domapouvaient de ce lieu, t de l'ile b propre à -arrèta et uis rivière ce qu'il y ion de la

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au lieu de celui du sud. Il arma alors se aeux bar ques, les chargea de vivres, et poursuivit ses décou vertes. Dans ieur voyage, les Français apercevaient sur les rives du fleuve un grand nombre de cabanes, habitées par des sauvages adonnés à la pêche; ceux-ci leur apportaient du poisson et recevaient en échange divers objets.

19. La petite expédition arriva à Hochelaga le 2 octobre. Les habitants de cette bourgade, au nombre de mille personnes, accoururent au-devant des Fran cais, leur firent un très-bon accueil, et leur apportèrent du poisson et du maïs, qu’ils jetaient à l’envi dans leurs barques. Touché de la bonne volonté de ce peuple, Cartier descendit à terre, et, ayant fait ranger toutes les femmes d’un côté et les hommes de l'autre, il leur distribua des présents.

20. Le jour suivant, qui était un dimanche, ayant laissé huit matelots pour garder les barques, il partit avec ses gentilshommes ct les autres matelots, pour visiter Hochelaga; il était conduit par trois sauvages de cette bourgade. Après avoir traverse une magnifique petite forèt de chènes, ils se trouvèrent dans une grande et belle campagne, très-fertile, plantée de mais, au milieu de laquelle s'élevait Hochelaga.

21. Cette bourgade, dit Cartier, était entourée de trois palissades circulaires bien liées entre elles, de la hauteur d'environ deux lances. On n’y entrait que par une seule porte, que l’on fermait avec des barres, Elle renfermait une cinquantaine de cabanes, longues d'environ cinquante pas, sur douze à quinze de largeur, toutes construites en bois et couvertes de grandes écorces, artistement cousues les unes avec les autres. Chaque cabane se divisait en plusieurs pièces, et dans le haut était un grenier pour y serrer le maïs desti né à faire le pain.

22. Cartier et sa suite furent reçus à Hochelaga, dans la place publique, au milieu des démonstrations

19. Quand Cartier arriva-t-il à ilochelaga ?—20. Que fit-il le jour suivant ?-—21, Faites la description de la bourgade d'Hochelaga.— 22, Quelle réception fut faite à Cartier à Hochelaga ?

22 HISTJIRE DU CANADA. [1538

de la joie la plus cordiale. Accompagnés de plusieurs des habitants, ils se rendirent ensuite sur la montagne voisine, d’où ils purent prendre connaissance du pee Cartier appela cette montagne Mont-Royal,

où est venu plus tard le nom de Montréal donné à la ville et à l’ile toute entière.

23. Craignant pour l'Æmnérillon, Cartier et sa suite redescendirent le fleuve le jour même. Le lendemain, 4 octobre, ils arrivèrent à leur navire, qu'ils trouvèrent sain et sauf, au lac Saint-Pierre. De là, ils descendirent au lieu appelé dans la suite Trois-Rivières. Ayant mis pied à terre sur celle des îles qui est la plus avancée dans le fleuve, Cartier y fit planter une croix, et continua sa route.

24. Le 11 octobre, l'expédition était de retour au hâvre de Sainte-Croix. Durant l” sence de Cartier, ceux de ses gens restés pour garder les deux navires qu'il y avait laissés, construisirent une espèce de retranchement garni de quelques pièces d'artillerie, afin de se défendre, en cas d'attaque de Îa part des naturels du pays.

25. Pendant l'hiver, les Francais eurent beaucoup à soufirir, non-seulement du froid, auquel ils n’étaient pas accoutumés, mais encore du scorbut, dont ils furent presque tous atteints. Vingt-cinq en moururent, et les autres furent réduits à un tel état de faiblesse, qu'ils avaient presque perdu l'espérance de revoir la France, lorsqu'un sauvage leur procura un remède qui les ramena en peu de jours à la santé,

26. Au printemps suivant (1536), Cartier se rembarqua pour la France, avec deux de ses vaisseaux, abandonnant le troisième faute de bras pour le manœuvrer. Il arriva dans le port de Saint-Malo vers la mi-juillet, Peu avant son départ, le jour même de l’'Invention de la Sainte-Croix, il avait fait planter dans son fort une belle croix, haute d'environ vingt-

mlereimmrmamprsrsnninrprnricabisnanttonn

23. Que firent Cartier et sa suite après leur visite à Hockelaga ? —24, Quand rentrèrent-ils dans le hâvre de Sainte-Croix ?—25. À quelle épreuve Cartier et ses gens furent-ils soumis mandant l'hiver? —26. Que fit Cartier au printemps ?

lusieurs

montaance du t-Royal, donné à

sa suite demain, y trouvèé- , ils des- Rivières.

ai est la nter une

etour au Cartier, - navires spèce de rtillerie, part des

t beau- +] ils n’'ét, dont ils n mouruht de fairance de ocura un santé.

r se r'eMaisseaux, ur le mafalo vers même de planter on vingt- Hockelaga ?

ix?—25. À ant l'hiver?

cinq pieds ; sur le croisillon de laquelle paraissait un

écusson aux armes de la France, avec cette inscrip-

tion: FRANGoIs I, PAR LA GRACE DE DIEU, ROI DES

FRANQAIS, RÈGNE.

Informé des dispositions hostiles des sauvages de Stadaconé, Cartier s’empara de leur chef, Donnacona,

et de plusieurs autres des principaux, et les emmena en France.

27. À son retour, Cartier trouva la France en guerre avec l'Espagne. Par suite, il s'écoula plus de quatre ans avant que François [ put envoyer au Ca-. nada une troisième expédition,

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