CHAPITRE III
De la restitution à la France, du Canada et de l'Acadie, à la formation de la compagnie de Montréal (1632-1640).
SOMMAIRE
1-3. Le Canada est restitué à la France.—4., Champlain gouverneur.4, Établissement des T'rois-Rivières.—5-7, Collège des Jésuites.—8-9, Mort de M. de Champlain; son éloge.—16-11, M. de Montmagny lui succède.—12-13. Fondation de Sillery.— 14-15. Fondation de l’Hôtel-Dieu et des Ursulines.—16, Les Iroquois attaquent les Hurons et les Algonquins.
1. Peu après l’arrivée de Champlain à Paris, en 1629, le gouvernement français envoya en Angleterre demander la restitution du Carada et de l’Acadie. Le 29 mars 1632, un traité entre les deux couronnes fnt conclu à St. Germain en Laye, en vertu duquel le roi d'Angleterre promettait de restituer à sa majesté très-chrétienne tous les lieux occupés par les Anglais dans la Nouvelle-France.
2, La compagnie des Cent-Associés rentrait alors dans tous ses droits. On songea d’abord à envoyer Champlain pour reprendre possession du Canada; mais la compagnie n'avait ni vaisseaux pour faire le voyage, ni fonds pour en obtenir. Ainsi, l’on crut qu'il valait mieux charger de cette affaire Guillaume de Caen, qui, à de grandes richesses, joignait la modération. D'ailleurs, comme la prise de Québec par les Anglais lui avait causé de grands dommages, il semblait juste de lui fournir loccasion de réparer
1, Que fit le gouvernement français, peu après l’arrivée de Cham-
lain à Paris? Quel en fut le résultat?—2. Qui fut d’abord chargé ke reprendre possession de Québec?
1632 1694] DE CIAMPLAIN. 51 ses pertes. En conséquence, le roi lui accorda la jouissance des revenus du pays pendant une année, après laquelle Champlain devait reprendre son ancienne charge. Émery de Caen fut donc envoyé à Québec, comme commandant, non-seulement de la flotte, mais encore de toute la colonie.
8. Québec futremis aux Français le 13 juillet 1632. Il y avait déjà près de trois ans que les Anglais s’en étaient emparés. Les Français rostés dans le pays avaient trouvé ce temps bien long; aussi, furent-ils remplis de joie, lorsqu'à la place du vo anglais, ils virent flotter le drapeau blanc. Depuis le départ de Champlain, ils avaient été privés de secours relibisou gieux et mème maltraités par leurs compatriotes Sollége protestants, qui étaient passés au service de l'ennemi. 10-11, 4, Connaissant le zèle et l'expérience de Champlain, lery.— la compagnie lui confia de nouveau le gouvernement 6. Les de la Nouvelle-France, avec des pouvoirs plus amples qu'auparavant. Il fit voile de Dieppe, le 23 mars 7 1633; sa flottille portait environ 200 personnes, tant Fa matelots que colons, avec des marchandises, des armes Aie et des munitions en abondance; parmi les passagers PNR étaiont les RR. Pères Masse et de Brebœuf. La petite alle flotte mouilla devant Québec le 23 mai, Grande fut ace la joie des habitants du pays, quand ils virent arriver 0 le fondateur de la colnie; car tous connaissaient et admiraient son dévoûment et son noble caractère.
5. Pour ôter aux sauvages de l’ouest la pensée de descendre au-dessous de Québec, afin d'y trafiquer avec les Anglais, Champlain établit un poste de traite sur un ilot, auquel on donna le nom de Richelieu, Cet ilot est situé en haut du rapide qui porte ce nom, à mi-distance entre Montrél et les Trois-Rivières. L'année suivante, 1634, il envoya le sieur de la Vio-
e qui > Quéque la
alors voyer nada ; ire le crut laume a m0- AL
G par 3. Quand la ville de Québec fut-elle remise aux Français ?—4. ces, il Rentrée dans tous ses droits, que fit la compagnie en 1633? Quand la
petite flotte moujlla-t-elle devant Québec?—5. Quel moyen prit Champlain pour ôter aux sauvages de l’ouest la pensée de descendre au-dessous de Québec pour y trafquer avec les Anglais? Que fit-il encore l’année suivante
à parer
Chamchargé
lette en établir un autre aux Trois-Rivières, à l’em. bouchure de la rivière du même nom,
6. Vers la fin de 1635, un collége fut érigé à Québec, sous la direction des Révérends Pères Jésuites. Le Père Charlevoix remarque qu’en moins de trois ans après la restitution du Canada, il y eut quinze Jésuites dans le pays. Tous ces missionnaires sedistinguèrent par une piété, un zèle, une résignation et un dévoiment extraordinaires. Le premier fruit de leur zèle fut la fondation du collége dont on vient de parler.
7. La nouvelle d’une institution collégiale à Québee eut l'effet d'engager plusieurs familles honorables de France à passer au Canada, où elles pourraient désormais procurer à leurs enfants une éducation chrétienne et une instruction convenable à leur état. Les sauvages mêmes, dans l'espoir d’y faire instruire les leurs, se rendirent de toutes parts aux environs de Québec.
8. Mais un événement vint tout-à-coup jeter le deuil dans la colonie: la mort de M. de Champlain. Cet homme, qui avait exposé son corps à tant de périls, enduré tant de rudes privations, soutenu tant de fàtigues et d'épreuves, succomba, enfin, aux atteintes d'une paralysie, qui le conduisit au tombeau après deux moiset demi de souffrances, le jour de Noël, 1635, après avoir reçu les secours de la religi »n avec le grands sentiments de piété.
9, Champlain fut universellement regretté, et, à ste titre, car c'était un homme de bien et de mérite. Ce qu'on admirait le plus en lui, c'était son activite, sa constance à suivre ses entreprises, sa fermeté ot son courage dans les plus grands dangers, un zèle ardent et désintéressé pour la patrie, un cœur tendre et compatissant, et un grand fonds d'honneur et de charité. Mais ce qui met le comble à tant de bonnes qualités, c’est qu’il parut tUujours un homme vérita-
6. Quelle faveur fut conférée à la colonie, vers la fin de 1635 ?—7 Quel effet produisit sur la population l'érection d’un collége ?--8. Quel événement vint jeter le deuil dans la colonie ?—9,. Quelle mémoire a laissée M. de Champlain?