‹ Cours abrégé d'histoire [microforme]Chapitre 74 sur 309 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ment, Fauss De la formation de la Compagnie de Montréal, à l'adni rap nistration de A. de Lauzon (1640-1650).

adame 4 ) ; ra SOMMAIRE,

i, Compagnie de Montréal.—2, M.de Maisonneuve.—3, Fonle pre- dation de Villemarie ou Montréal.—4, Fort de Richelieu.—5. lières, Les PP, Jogues et Bressani pris par les Iroquois.—6. Paix conarrive. clue aux Trois-Rivières.—7, Traité de la compagnie des Centilières Associés avec les habitants de la ocolonie.—8, Martyre du P. He. Jogues et mort des PP. Masse et de Nouë.—9. Hostilités des , Iroquois.—®, M. d’Ailleboust remplace M. de Montmagny.—10. ayant Qualités de M. de Montmagny.—11. Création d'un Congeil.—12. , $ EM- Bourgade St. Joseph détruite; martyre du P. Danlie.—18. bec fut Destruction de St. Ignace et de St. Louis ; martyre des PP. de eur les Brebeuf et Gabriel Lalemant.—14. Dispersion de la nation ds of huronne.—165-16. Ruine de la bourgade St. Jean et mort des PP. | ÿ Granier et Chabanel.

) en ACsde 1. En 1640, plusieurs personnes, tant ecclésiasti-

ques que laïques, animées d’un zèle religieux, s’associèrent en France, sous le nom de ‘Compagnie de Montréal, ” pour le soutien de la religion catholique en Canada, et pour la conversion des sauvages. Cette société se proposait de former dans l'ile de Montréal une bourgade française bien fortifiée et à l'abri de toute insulte, et où les pauvres seraient reçus et mis en état de subsister de leur travail. Mais il lui fallait un chef propre à assurer le succès de l’entreprise. Elle le trouva dans M. de Maisonneuve, gentilhomme champenais, l’un des associés.

2. M. de Maisonneuve arriva à Québec, au mois de septembre 1641, amenant plusieurs familles de France. Comme la saison était trop avancée pour se rendre immédiatement dans l’ile de Montréal, où il n’y avait pas d'habitation, les nouveaux arrivés passèrent l'hiver à Québec. M. de Maisonneuve avait été nommé gou- 1. Quelle est l'association qui se forma en 1640 pour empéeher 1e colonie de périr? Que se proposait cette sueiété?—2. À qui fut confié le gouvernement de la nouvelle eolonie ? ,

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verneur do la future celonie par la Compagnie de Montréal, suivant le pouvoir que celle-ci avait recu du roi.

3. Au printemps de 1642, M. de Maisonneuve s'embarqua pour l'ile de Montréal avec su petite co nie, et y arriva le 17 mai. Le débarquement se fit sur l'endroit nommé depuis la Pointe-Callières, en pre. sence de M. de Montmagny et du supérieur des Jé. suites, qui y célébra aussitôt la messe. L'ile fut alors mise sous la protection de la très-sainte Vierge, Peu de temps après, une nouvelle recrue arriva de France, puis une troisième l’année suivante. La nouvelle ville fut appelée Villemarie. (On l’entoura d’une palissade de pieux.)

4, Pour empêcher les Iroquois de pénétrer dans la colonie, le gouverneur-général fit Bâtir un fort à l'entrée de la rivière de Sorel. Ce fort fut achevé en peu de temps, quoique pussent faire sept cents [iroquois qui vinrent fondre sur les travailleurs, mais qui furent repoussés avec perte. On donna à ce fort le nom de Richelieu.

Assurés de l'appui des Hollandais de Manhatte (New-York), qui commencçaient à leur fournir des armes et des munitions, et à qui ils vendaient les pelleteries qu'ils avaient enlevées aux alliés des Françai:, les Iroquois ne cessaient pas leurs courses et leurs brigandages.

5. A la nouvelle de la formation de Villemarie, en 1644, les Iroquois, excités par de perfides Hurons, allèrent l’attaquer. Trois Montréalais furent tués et trois autres, faits prisonniers; mais M. de Maison. neuve, qui commandait, tua de sa main le chef des Iroquois.

3. Que fit M. de Maisonneuve au printemps de 1642? Quel nom reçut la nouvelle ville?—4. Que fit le gouverneur-général pour enpéeher les Iroquois de pénétrer dans la cclonie? Qu'est-ce qui encourageait les Iroquois à faire des courses en Canada ?—5,. Que firent les Iroquois, en 1644, en apprenant la formation de Villemarie. Qu'arriva-t-il alors aux PP. Jogues et Bressani? Quelle muveile rogut-on du pays des Hurons ?

1646] DE MONTMA@NY. 57 le de é 1 = NA ; TeCL Vers le même temps, ces mêmes sauvages détrui. saient par le feu des bourgades entières de Hurons, s'em- et en massacraient tous les habitants. Les PP. Joguces mie, et Bressani tombaient aussi entre leurs mains, et

it sur étaient horriblement maltraités.

| pré 6. Peu après la prise du P. Bressani, M. de Champcs Jé- flour, gouverneur des Trois-Rivières, manda à M. de alors Montmagny que des Hurons venaient d'arriver dans Peu son poste avec trois prisonniers Iroquois. Profitant ance, de la conjoncture, M. de Montmagny se rendit aux ville Trois-Rivières, et invita les Iroquois, les Hurons ot issado les Algonquins à une assemblée générale pour y traiter de la paix. Elle y fut en effet conclue.

ans la L'hiver suivant, on vit les Iroquois, les Hurons et fort à les Alsgonquins chasser ensemble aussi paisiblement vé en que s'ils eussent été de la même nation. Les mis- 8 Lr'o- | sionnaires profitèrent de ce calme pour travailler avec , mais une nouvelle ardeur à la conversion des sauvages.

Mais la paix ne fut pas de longue durée. ,

7. Les difficultés survenues entre la compaghie des Cent-Associés et les habitants de la colonie, furent réglées par un traité signé entre les deux parties et confirmé par le roi, en 1645. La compagnie céda aux habitants, représentés par M. de Repentigny, le privilége de faire la traite des pelleteries, à La condition: 1° qu'ils paieraient le clergé, les fonctionnaires à partir du gouverneur, et toutes les dépenses de l'administration ; 2° qu'ils rempliraient les obligations de la société envers les corps religieux, feraientwpasser tous les ans en Canada jusqu’à vingt personnes des deux sexes; et 3° qu'ils paieraient annuellement un millier pesant de peaux de castor agsorties,

8, Le 17 octobre 1646, comme le P. Jogues entrait dans la cabane d’un huron, un iroquois, qui s’y trou-

6. Que manda M. de Champflour, gouverneur des Trois-Rivières ? Que fit M. de Montmagny ? Quel fut le résultat de l'assemblée ?—7. Comment se réglèrent les dificultés survenues entre la conpaguis des Cent-Associés et les habitants de la eolonie ?—8. Quelle fut La în du P. Jegues ?

vait caché, lui fendit la tête d’un coup de hache. Un jeune Français, nommé Lalande, qui accompagnait le missionnaire, eut le mêmo sort que lui. Cette perte fut d'autant plus sensible à la colonie qu'on venait de perdre, l'hiver précédent, les PP. Edmond Masse et Anne de Nouë. Le premier était mort à Sillery ; lo second avait été trouvé gelé sur le grand fleuve, à quelques lieues du fort Richelieu. e 9, En 1647, les Iroquois, divisés en potites bandes, se mirent en campagne: ils brülèrent lo fort Richelicu, abandonné dès l'automne précédent, et allérent surprendre les Algonquins, qui, comptant sur la paix, avaient quitté les Trois-Rivières et s'étaient dispersés pour faire la chasse.

10. Au mois d'août 1648, M. d’Ailleboust succéda à M.de Montmagny. Le nouveau gouverneur était un homme de bien, rempli de religion et de bonne volonté, j il avait commandé dans l’île de Montréal, pendant un voyage en France de M. de Maisonneuve. M. de Montmagny possédait à un haut degré la persévérante énergie qui ne se lasse jamais devant des difficultés toujours renaissantes. ‘ Il emporta, dit le Père Lalemant, les regrets de la‘ éolonie, et laissa une mémoire éternalie de sa prudence et de sa sagesse.” 11. M. d’Aillebounst apportait un nouvel édit royal du 5 mars 1648..* Êet édit portait: Lo que le gouver. neur-géné’al devait, à l’avenir, être nommé pour trois ans seulement; 2° que le roi créait un conseil composé du gouverneur de la colonie, du supérieur des Jésuites de Québec, en attendant qu’il y eût un évèque, du dernier gouverneur sorti de charge, de deux habitants du pays élus tous les trois ans par les gens tenant le conseil et par les syndics des communautés de Québec, de Montreal et des Trois-Rivières, « 12. Le 4 juillet 1648, les [roquois se jetèrent à l’im-

9, Que firent les Iroquois, en 1647 ?—10. Qui succéda à M, «e Montmagny ?=11, Qu'apportait de France M. d’Ailleboust? Quels étaient les dispositifs de l'édit royal?=æ12. Que firent les Iroquois le 4 juillet 1618? Quelle fut la conduite du P. Iuniel au milieu du carpage de 8es néophytes !

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1649 | D'AILLEBOUST. 5y

proviste sut la bourgade huronne de St. Joseph, com. posée de 400 familles et massacrèrent ou firent prisonniers de guerre 700 Iurons. Au milieu du carnage de ses chers néophytes, le P. Daniel baptisa un grand nombre de Catéchumènes par aspersion, puis fut lui-même tué et son corps jeté dans les flammes.

3. Le 16 mars 1649, ces mêmes sauvages, au nombre d'environ mille, la plupart, armés d’arquebuses que leur donnaient les Hollandais, firent irruption d’abord sur la bourgade Saint-Ignace; et, sans perdre eux-mêmes plus de dix hommes, ils tuèrent et firent prisonniers tous les Hurons de ce bourg, puis, allèrent attaquer la bourgade Saint-Louis, qu'ils livrèrent aux flammes. Tandis que 500 Hurons prenaient incontinent la fuite, les PP. de Brebouf et Gabriel Lalemant tenaient ferme pour pouvoir absoudre ou baptiser ceux qui étaient restés dans la bourgade. Ils furent pris l'un ct l’autre par les Iroquois, qui les firent expirer dans les plus horribles tourments.

La haine de ces barbares à l'égard des missionnaires avait surtout la religion chrétienne pour objet. Comprenant que ces deux religieux prononçaient le nom de Jésus dans leur supplice, ils voulurent les empêcher d'invoquer ainsi Celui pour lequel ils mouraient: ils en vinrent donc jusqu’à mettre, à diverses fois, des tisons enflammés dans la bouche des courageux martyrs, afin de leur griller la langue. Le Père de Brebeuf expira ainsi le 16 mars 1649, et le Père Gabriel Lalemant, le lendemain.

14. En apprenant ces désastres répétés, les Hurons de quinze bourgades prirent le parti d'abandonner leurs cabanes et d’y mettro le fou, dans l'espérance de trouver leur salut au milieu des bois ou en se réfu: giant chez d’autres peuples.

15. Que firent encore les Iroquois le 16 mars 1649? Quelle fut la conduite des Pères de Brebeuf et Gabriel Lalemant, dans cette oirconstance ?—14, Quel parti prirent les Hurons de quinze bourgs, en appreuant ces désastres répétés? A quoi se décidèrent les Pères Jésuites de cette mission, le N

5 mai 1649?

Les Pères Jésuites de cette mission se décidèrent à quitter leur résidence de Sainte-Marie, pour suivre trois cents familles huronnes, la plupart chrétiennes, dans l’île de Saint-Jeseph où elles s'étaient réunies,

15. Le 7 décembre 1649, tous les habitants de la bourgade Saint-Jean, presque toute composée de Hurons fugitifs, furent massacrés où emmenés captifs. Le Père Charles Garnier, leur missionnaire, fut tué au milieu de ses néophytes pendant qu'il exerçait son saint ministère. Le Père Koël Chabanel, autre missionnaire, mourut aussi vers ce temps, tué, dit-on, par un huron apostat. ’

16. La destruction de la nation huronne, qui avait été la fidèle alliée des Français, causa dans la colonie une douloureuse sensation, à laquelle se mêlait un sentiment de profonde inquiétude.

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