D'AVAUGOUR
leur expédition, ces dix-sept braves, dont le chef se nommait Dollard, firent leur testament, se confessèrent et communièrent ensemble, ct, en préser.. 9 des saints autels, promirent de ne jamais demander quartier et de se soutenir fidèlement les uns les autres. Le ler mai,ils se trouvèrent au pied du saut des Chaudières, sur la rivière des Outaouais. Ayant trouvé là un petit fort construit de pieux à demi pourris, ils résolurent d'y attendre les Iroquois. Ceux-ci ne tardèrent pas à paraitre. Le combat dura dix jours. Des 700 Iroquois qui avaient assiégé ce petit fort, un grand nombre furent tués et mis hors de combat. Des masses de cadavres iroquois s’élevèrent autour de la palissade durant la dernière attaque, et servirent aux assiégeants pour l'escalader, Les vainqueurs furent stupéfaits de la résistance que leur avaient opposée les dix-sept Français renfermés dans un si faible réduit, sans eau, sans nourriture, et sans un instant de repos. Aussi, affaiblie ct lassée, l’armée iroquoise renonça-t-elle au projet d'attaquer Québec.
17. Les IJroquois reparurent, au printemps suivant, en différents endroits de la colonie et y firent de grands dégâts. Un prètre du séminaire de Montréal fat tué en revenant de dire la messe à la campagne. M. de Lauzon, sénéchal de la Nouvelle-France, et fils du précédent gouverneur, eut le même sort, ainsi que plusieurs personnes de considération. Enfin, depuis Tadoussac jusqu'à Montréal, on ne voyait que des traces sanglantes du passage de ces barbares.
Dans le même temps, la colonie fut désolée par une sorte d’épidémie qui sévissait indistinctement sur les Français et sur les Sauvages, mais particulièrement sur les enfants.
18. M. d’Argenson eut pour successeur le baron d'Avaugour, qui arriva à Québec le 31 août 1661, Le peu de secours que M. d'Argenson recevait de la compagnie des Cent-Associés, sa mauvaise santé,
IT. Que firent les Iroquois au printemps suivant? Quel autre fléau vint désoler la colonie dans le même temps?--18. Quel fut le suocesseur de M. d’Argenson?
66 HISTOIRR DU CANADA. [1662
comme aussi des chagrins particuliers, l'avaient en. gagé à demander son rappel avant le temps.
19. Lo premier soin de M. d'Avaugour, après son arrivée en Canada, fut de visiter tous les postes de son gouvernement, Après cette visite, il se décida à demander au roi les troupes et les munitions qui lui paraissaient nécessaires pour la défense de la colonie. L'année suivante, M. d’Avaugour recut un renfort de 400 hommes avec plusieurs officiers de mérite, ce qui causa la plus grande joie dans Québec.
20. Cette joie fut bientôt troublée par la dissension qui éclata entre le gouverneur et Mgr. de Laval, au sujet de la traite de l’eau-de-vie avec les sauvages. De tout temps, il y avait eu défense rigoureuse de vendre aux sauvages des boissons enivrantes, et le baron d'Avaugour lui-même avait prohibé cet abus sous les peines les plus sévères. w
Mgr. de Laval avait lancé l’excommunication générale contre les traiteurs d’eau-de-vie aux sauvages. Une femme de Québec leur en ayant vendu, fut surle-champ conduite en prison. Par charité pour elle, le Père J, Lalemant voulut intercéder pour la délinquante auprès du gagverneur; et celui-ci, par une résolution bien contraire à son ordonnance, lui répondit brusquement que, puisque la traite de l’eau-de-vie n'était pas une faute punissable pour cette femme, elle ne le serait désormais pour personne. Raïide et inflexible, rien ne put faire revenir M. d’Avaugour sur sa décision indiscrète. Tout le monde en fut bientôt instruit, et le désordre devint extrème; ce qui porta Mgr. de Laval à renouveler l’excommunication contre les traiteurs. La petite chrétienté, qui avait donné les plus belles espérances, tomba dans un état déplorable de confusion et de démoralisation. Elle n'écoutait plus ni évêque, ni prédicateurs, ni confesseurs.
19. Quel fut le premier soin de M. d’Avaugour après son arrivée en Canada ? Quel parti prit-il après cette visite? Mut-il exaueé ?—20. Cette joie ne fut-elle pas troublée ?
[1662 it en.
8 son )Ostes e, il nuntfense recut rs de ébec, nsion , au ages, se de et le abus
n géages, Surelle, éline réndit e-vie me, le et our fut qui tion vait état Elle Con-
rivée