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Vers le même temps, l'intendant Talon obtint

du roi, pour canse de santé, son retour en France. Son Aministration, active et intelligente, avait fait avancer le pays fort rapidement, ? Aussi, les amis de la colonie regrettèrent-ils son départ. “M. Talon nous quitte” écrivait la Mère de l’Incarnation, ‘‘et retourne en France, au grand regret de tout le monde et à la perte de tout le Canada, car, depuis qu’il est ici en qualité d’intendant, le pays s’est plus fait et les affaires ont plus avancé qu'elles n'avaient fait depuis que les Français y habitent.” Il s'était occupé attentivement de tous les besoins de la colonie, et avait étudié les ressources qu’elle présentait. Par ses soins, des découvertes avaient:été faites dans le Nord et dans l'Ouest, les mines de fer de la baie St. Paul avaient été examinées, l'exploitation de celle du Saint-Maurice avait été encouragée, et des mémoires avaient été dressés pour le ministère de la marine. 7

A cette mème époque, la petite vérole, appelée aussi picoite, vint ravagex ie nord du Canada, et ache-

va de dépeupler ces vastes contrées.

19. Au mois d'août 1670, M. Talon revenait au Canada 1ccompagné du Révérend P. Allard, récollet, et de quatre autres religieux du même ordre. Le même navire avait aussi amené une partie des cinq cents faniilles et des secours considérables que le roi avait accordés à M. Talon pour la colonie. Il portait aussi M. Perrot, qui venait au Canada comme gouverneur de Montréal, en remplacement de M. de Maisonneuve, qui avait demandé à se retirer. M. Perrot avait obtenu du roi des lettres, dans lesquelles il était expres-

18. Que sait-on de l’administration de l’intendant Talon —19. Quels religieux arrivèrent à Québec an mais d'août 140? De quels personnages étaient-ils accompagnés !

sément déclaré qu'elles avaient été données au nom de M. de Bretonvilliers, supérieur-général du Séminaire de St. Sulpice. Le droit des seigneurs de Montréal à nommer le gouverneur de l'ile, était ainsi s0lennellement reconnu.

20. “Toute l'ile de Montréal,” dit le Père de Charlevoix,”’ressemblait à une communauté religieuss, parce que, dès le commencement, on avait eu un soin particulicr à n’y recevoir que des habitants d’une conduite exemplaire. Ils étaient, d’ailleurs, les plus exposés aux courses des Iroquois; et, comme les Israélites, au retour de la captivité de Babylone, ils s'étaient vus obligés, en bâtissant leurs maisons et en défrichant leurs terres, d’avoir presque toujours leurs outils d’une main, et leurs armes de l’autre, pour se défendre d’un ennemi qui ne faisait la guerre que par surprise.”

21, Afin d'opposer une nouvelle barrière aux Iroquois, M. de Courcelles conçut le dessein de bâtir un fort à un endroit nommé Cataracoui ; mais il n’en eut pas le temps, car, après en avoir tracé le plan et pris toutes les mesures pour ie faire exécuter, il! dut se rendre à Québec, où l’attendait son successeur.

M. de Courcelles avait demandé son rappel en France pour cause de santé. Il fut sincèrement regretté, car il avait déployé une sagesse et une fermeté qui le rendaient cher aux Français, et le faisaient craindre des Sauvages

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