‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 11 sur 77 · DE LA POÉSIE PASTORALE · texte numérisé non relu

DE LA POÉSIE PASTORALE

La poésie pastorale s'élève de quelques degrés au dessus de l A pologue. Ce n’est plus l’agneau, ni le bœuf, ni la chèvre qui occupent la scène; ce sontJes Chevriers mêmes et les Bergers qui s’entretiennent de ce qui les intéresse et les environne. Dans l’Apologue, c’étaient des hommes sous le masque des animaux. Ici il n’est question ni de symbole, ni d’allégories. C’est la vérité qui parait elle-même sans détour et sans mystère ; et si quelquefois l’allégorie s’y trouve encore, c’est plutôt une finesse, qu’une obligation de l’art.

La poésie pastorale est une 2mitalion de la wie rhampêtre représentée avec tous ses charmes possibles.

La vie champêtre étant la première occupation de l’homme, elle doit être un des plus anciens genres de poésie. Ce fut comme de lui-même que We 1 2

(x) Voyez à la fin du volume quelques unes de ces beautés, développées dans la fable du chêne et du roseau, dans celle du vieillard et des trois jeunes hommes, et dans celle des lapins, par le Batieux.

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dans cet état, se sentit porté à célébrer la tranquillité et le bonheur dont il jouissait. Nous aimons naturellement les champs ; et le printemps y appelle les plus délicats. Les prés fleuris, l’ombre des bois, la verdure des campagnes, les oiseaux, les vallées riantes, les ruisseaux, tous ces objets ont un droit naturel sur le cœur humain ; et lorsqu’un poëte sait, dans une action intéressante, nous offrir la fleur de ces objets déjà charmants en eux-mêmes, et nous peindre avec des traits naifs une vie semblable à celle des bergers,nous croyons jouir avec eux. La comparaison de leur état avec le nôtre simplifie nos mœurs, et nous ramène insensiblement au goût de la belle nature.

Dans ce genre comme dans les autres, il y a un point au delà et en deçà du quel on ne peut trouver le bon. Ce n’est point assez de parler de ruisseaux, de brebis, de bergers ; il faut du neuf et du piquant dans l’idée, dans le plan, dans l’action, dans les sentiments. L'essentiel, pour arriver à ce degré de perfection, est de lire les grands modèles, d’observer la nature, et de choisir les traits qu’elle nous ofie,

SECTION PREMIÈRE

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