‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 13 sur 77 · MATIÈRE DE L’ÉGLOGUE · texte numérisé non relu

MATIÈRE DE L’ÉGLOGUE

La matière de l’Eglogue est le repos de la vie champêtre, et tout ce qui l’accompagne. Ce repos suppose une certaine abondance, une liberté parfaite, une douce gaieté. Îl admet des passions modérées, qui peuvent produire des plaintes, des chansons, des combats poétiques, des récits intéressants. Les bergeries sont, à propremént parler, la peinture de l’âge d’or mis à la portée des hommes, et débarrassé de tout ce merveilleux hyperbolique dont les poètes en avaient chargé la description. C’est le règnié de la liberté, des plaisirs innocents, de la paix, de ces biens pour lesquels les hommes se sentent més,. quand les

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passions leur laissent quelques moments pour se re-

; | connaître. Tout ce qui se passe à la campagne n’est

donc point digne d’entrer dans l’Eglogue. On ne doit en prendre que ce qui est de nature à plaire ou à intéresser ; par conséquent il faut en exclure les grossièretés, les choses dures, les menus détails qui ne font que des images oiseuses et muettes; en un mot, tout ce qui n’a rien de piquant ni de doux. À plus forte raison les événements atroces et tragiques ne peuvent y entrer. Un berger, qui s’étranglerait à la porte de sa bergerie, ne serait point un spectacle pastoral ; parceque, dans la vie des bergers, on ne doit point connaître les degrés des passions qui mènent à de tels emportements.

SECTION TROISIÈME

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