SECTION QUATRIÈME. L
FORME DE L'ÉP@PÉE. D d L’Epepée cemprend erdinairement trois parties, la prepesilion du sujet, l'invecatien, et le récit. | D’aberd, la nature etle ben sens exigent que teut Ç aütéur, entrant en matière, prepose ce dent il s’agit ; et ce début deit être simple, clair et sans apprêt : c’est le précepte d’Herace et de Beiïleau :
Que le début seit simple, et n’ait rien d’affecté, N’allez pas, dès l’aherd, sur Pégase menté, Crier à vos lecteurs d’une veix de tennerre : e Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre. Que produira l’auteur après teus ces grands cris ?
. La montagne en travail enfante une seuris.
n ; ou ce de aleur ; 1 être pale, midité
re.
Oh ! que j'aime bien mieux cet auteur plein d’adresse, Qui, sans faire d’aberd de si haute premesse, Me dit d’un ton aisé, deux, simple, harmonieux : Je chante les combats, et cet homme pieux, Qui, des bords phrygiens conduit dans lAusonie, Le presvier aberda les champs de Lavinie.
&: Mure, en arrivant, ne met pas teut en feu ; Et pour denner beauceup ne nous premet que peu. ART. poët. chant 3e.
An ès la proposition, le poète invoque une Diviniit de la quelle il obtient la révélation des causes surnaturelles de l’événement qu’il va raconter. Comme il ne peut savoir humainement ce qui s’est passé dans le Ciel, à propos, par exemple, de l’établissement d’Enée en lialie ; il prie quelque Muse de l’en instruire. L’invocation peut être d’un style très-élevé : c’est une prière à un Dieu. On peut par conséquent y mettre beaucoup de chaleur, de force et de dignité : elle est de soi Lyrique. Muse, dit Virgile, Muse, raconte-moi ces grands événements :
Dis pourquoi de Junon les fiers ressentiments, Poursuivant en tous lieux le malheureux Enée, Troublèrent si longtemps la haute destinée D'un Prince magnanime, humain, religieux.
Tant de fiel entre-t-il dans les ames des Dieux ? Deuirre.
Le poète, se supposant exaucé, commence enfin son récit d’un ton roütenu ét presque prophétique. On sent que c’est un Dieu qui parle, et bn fait un récit à des Dieux,
Mais, dans son récit, le poète garde un ordre tout différent de celui de l’histoire. Celle-ci suit exactement l’ordre que la nature même lui prescrit : les causes se remuent ; l’action se fait ; elle est achevée : tout marche directement et sans détour.
Au contraire dans la poésie, on se jette quelquefois au milieu des événements, comme si le lecteur était instruit de ce qui a précédé, surtout lorsque l’entreprise est de longue durée ; et l’on renvoie l’exposition des causes à quelqu’occasion favorable que le poète sait faire naître.
Semper ad eventum festinat, et in medias res,
Non secüs ac notas, auditorem rapit:
Horn. art, poet.
Ainsi en a usé Virgile dans son Enéide. Après avoir commencé à la septième année des voyages de son héros qui, parti tout d’un coup des côtes de Sicile, touchait presque à l'Italie ; il le transporte par une tempête à Carthage, où la Reine Didon apprend de lui l’histoire de ses malheurs et de ses aventures ; et par ce moyen le poète a occasion d’instruire en même temps son lecteur de ce qui a précédé le départ de Sicile. Tel est l’art du poète dans la narration.
Quant à ce qui a rapport au sujet en lui-même, aux différentes parties qui composent l’action, aux opérations des Dieux jointes aux différents rôles que doivent jouer les héros, au nombre et aux caractères des personnages ; c’est le fruit du génie du poëte. C’est à lui à choisir d’abord un sujet susceptible de merveilleux, à combiner ensuite les rapports des
e tout moyens avec la fin, à former le labyrinthe de l'intrigue, cacte- à serrer les nœuds, préparer le’ dénouement, disposer auses tous ses tableaux selon l’intérêt général de l’ouvrage, : tout de sorte qu’il en résulte un tout régulier qui paraisse naturel, et dont l'intérêt aille toujours croissant ; et qui, uefois conduisant le lecteur de merveille en merveille, lui était laisse toujours apercevoir dans le lointain une perntre- spective plus charmante qui séduit sa curiosité, et sition l'entraîne malgré lui jusqu’au dénouement et à la fin poète | de la pièce. C’est là ce que l’on appelle Part des | choses, | SECTION CINQUIÈME.
et. STYLE DE L’'ÉPOPÉE.
\près L’Epôpée ayant pour objet d’exciter l’admiration, es de le style ou la couleur qui lui convient est le merveilicile, leux durécit, C’est ici que lé poète doit choisir les une | pensées, les expressions, les tours,. les nombres et d de l'harmonie, et montrer le langage ennobli, enrichi, s;et paré, élevé au plus haut degré de: perfection. néme D'un air plus grand encor la poésie Epique, rt de Dans le vaste récit d’une longue action, . Se soutient par la fable, et vit de fiction. ême, Là pour nous enchanter tout est mis en usage : aux Tout prend un corps, une ame, un esprit, un visage : que Chaque vertu devient une Divinité :
ères Minerve est la prudence, et Vénus la beauté. pète. Ce n’est plus la vapeur qui produit le Tonnerre ; > de C’est Jupiter armé pour effrayer la terre : des Un orage terrible aux yeux des matelots,
C’est Neptune en courroux qui gourmande les flots :
Echo n’est plus un son qui dans l’air retentisse ;
C’est une Nymphe en pleurs, qui se plaint de Narcisse.
Ainsi dans cet amas de nobles fictions,
Le Poëte s’égaie en mille inventions,
Orne, élève, embellit, agrandit toutes choses,
Et trouve sous sa main des fleurs toujours écloses.
Qu’Enée et ses vaisseaux, par le vent écartés,
Soient aux bords Africains d’un orage emportés ;
Ce n’est qu’une aventure ordinaire et commune ;
Qu'un coup peu surprenant des traits de la fortune.
Mais que Junon, constante en son aversion,
Poursuive sur les flots les restes d’Ilion :
Qu’ Eole, en sa faveur les chassant d’Italie,
Ouvre aux vents mutinés !es prisons d’Eolie :
Que Neptune en courroux, s’élevant sur la mer,
D’un mot calme les flots, mette la paix dans l'air,
Délivre les vaisseaux, des Syrtes les arrache ;
C’est là ce qui surprend, frappe, saisit, attache.
Sans tous ces ornements le vers tombe en langueur ji
La poésie est morte, ou rampe sans vigueur :
Le Poète n’est plus qu’un orateur timide ;
Qu'un froid historien d’une fable insipide, Boiceau. art. poét. chant. 8e.
SECTION SIXIÈME