‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 25 sur 77 · LIFE · texte numérisé non relu

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L'Odyssée est le récit poétique du retour merveilleux d'Ulysse à Ithaque.

Homère est admirable surtout dans l'invention et la disposition : il n’excelle guères moins dans l’élocution et l’harmonie. Il a de plus l'avantage d’avoir ouvert le premier la route, et d’avoir poussé l’Epopée presqu’à sa perfection.

—Chez les Latins, Virgile a composé l'Enéide, qui cest le récit poétique de l’établissement merveilleux d'Enée en Italie. Virgile, qui a beaucoup imité Homère qu’il estimait presque jusqu’à l’adoration, a su éviter quelques défauts qui ont échappé à son modèle. Rival d’'Homère et peut-être supérieur pour V’élocution, les maîtres de l'art trouvent qu’il lui est inférieur pour l'invention et la disposition, Si on voulait néanmoins établir une comparaison entr’eux, ‘1 se trouve dans les catalectes des poètes anciens un

‘ fragment d’Epigramme d’un auteur incertain, qui

peut servir au jugement qu’on doit faire des poêmes de ces deux célèbres auteurs. Ce fragment dit qu'Homère est plus vaste et plus grand, Virgile plus : régulier et plus fini. C’est Virgile qui est censé parler, et qui parle en homme modeste.

Mæonium quisquis Romanus nescit Homerum,

Me legat, et lectum credat utrumque sibi.

Jllius immensos miratur Græcia campos ;

At minor est nobis, sed benè cultus ager. (a)

(a) Si quelque Romain n’entend pas Homère, qu’il me lise, et qu’il croïe nous avoir lu tous les deux. La Grèce admire dans le chantre de Méonie un immense do. maine ; le mien est plus petit, mais mieux cultivé,

En eflet,les petits ouvrages sont toujours plus achevés que les grands, parce qu’on peut donner plus de temps et plus de loisir pour les achever.

— Chez les Français, Fénélon s’est distingué par ses aventures de Télémaque. Partout on y admire un génie riche, fécond, et magnifique pour inventer ; une sage disposition de toutes les parties; une élocution qui embellit tout, qui entraîne le lecteur ; une harmonie qui enchante ; une morale pure, claire et sublime qui intéresse tous les sexes, tous les âges, et toutes les conditions. Dans cetie dernière partie, il est bien supérieur à Homère et à Virgile. Enfin, il ne lui manque que d’avoir écrit en vers pour égaler en tout, et même surpasser ses modèles.

Voltaire s’est aussi fait un nom par sa Henriade: mais il s’en faut bien que ce poême mérite les éloges qu’on lui a prodigués. L’ordonnance en est défectueuse ; le plan manque d’unité, règle prescrite à l’Epopée. Le poète ne remplit pas la proposition établie dans ses premiers vers :

Je chante ce héros qui régna sur la France Et par droit de conquête et par droit de naissance.

Ée’sujet est donc Henri IV, qui va faire la conquête d’un royaume qui lui appartient, et qu’on lui dispute. Cependant il n’en est pas question pendant les quatre premiers chants. Les faits importants ne sont pas assez développés. La partie dramatique est faiblement traitée ; le ton est trop narratif ; l’intérêt manque à la Hénriade ; et si le héros attache, c’est parce que

18 acheplus de

gué par admire venter ; ; une 2Cteur ; Claire s âges, partie, nfin, il égaler

riade :

éloges fectu- ’Epotablie

c’est Henri IV, c’est-à-dire un Roi dont le nom parle à tous les cœurs. Le Monarque Français est toujours heureux, ou à la veille de l'être: on éprouve rarenent pour lui ces alternatives de crainte et d’espérance, ces intéressantes perplexités qui font tour à tour partager les diegrâces, et goûter les triomphes Enfin,on reproche à ce poême le manque de merveilleux, si essentiel à l’Epopée. On prétend que ces défauts sont en quelque sorte effacés par la richesse du coloris, l’harmonie de la versification, la vivacité des images, la rapidité du récit, la beauté des détails et des portraits. Mais ces portraits, trop multipliés, ne sont pas assez variés, et ne sont contrastés que par des antithèses. Dans le cours de l’action, le poète oublie l’idée qu’il a donnée de ses personnages, pour les laisser agir au hasard, sans aucune conformité

avec le caractère sous lequel il les a annoncés. Quant à son élocution, on ne saurait disconvenir que,

sonessesnn secs ososecoecss0, 808 VETS tOUrNÉS Sans art, D'une moitie rime habillés au hasard,

Seuls, et jetés par ligne exactement pareille,

De leur chute uniforme importunant l’oreille,

Ou bouffis de grands mots qui se choquent entr’eux, L'un sur l’autre appuyés, se traînant deux à deux,

ne produisent qu’une monotonie insipide et un ennui invincible. Tout le monde trouve que la Henriade est un beau poême, disait un homme sensé ; 3 je veux croire que c’en est un. Mais d’où vient qué personne n’eh peut lire plus d’un chant de suite ?

»1 COUE , sk d Je

— Chez les Anglais, Milton s’est distingué par son Pc, adi: p rdu ; le Tasse, chez les Italiens, par sa Jérusalem délivrée; et le Camoëns, en Portugal, par ses Lusiades,

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