CÉLÈBRES POÈTES TRAGIQUES ET COMIQUES
—Les Grecs, chez qui la Tragédie a pris naissance, se glorifient à juste titre d’avoir produit trois poètes célèbres. Sous Eschyle, la Tragédie, inventée par Fhespis, et encore informe, se perfectionna, et commençä à prendre une forme réglée. Mais il était réservé à Sophocle son disciple de lui donner cette perfection qui nous offre dans ses ouvrages l’exemple du beau, et le modèle des règles. Euripide qui lui succéda est moins élevé et moins vigoureux: mais il a Pavantage d’être partout tendre, touchant et vraiment tragique.
—On ne. trouve chez les Latins aucun modèle qui ait excellé en ce genre.
—Parmi nous, Corneille, Racine et Crébillon pas-
sent pour avoir marché sur les traces des plus grands’
maîtres. Crébillon est plus hardi, plus vif, plus éner-
gique que les deux autres ; Corneille plus élèvé.et
édid
plus sublime : Racine se montre pa plus tendre et plus aimable.
Si nous passons au comique, le premier qui se présente à nous est, chez les Grecs, Aristophane. Né avec un génie libre et gai, ce poète, au jugement des connaisseurs, possédait au suprê.ne degré cette tour nure d’esprit qui fait le vrai comique: mais il. joue les gens grossièrement, et trop à découvert.
Le second est Ménandre : il est plaisant d’une manière plus honnête; son style est pur, net, élevé, naturel ; il persuade en orateur, et il instruit en philosophe. La Muse d’Aristophane, dit Plutarque, ressemble à une femmeefrontée, et celle de Ménandre à une femme honnête.
—Parmi les Latins, Plaute se distingue par le selet la plaisanterie. Mais il a de mauvaises pointes, des bouffonneries, des turlupinades, de plats jeux de mots ; et Horace dit nèttement qu’il y a de la sottise à vanter ses bons mots et la cadence de ses vers.
At nostri proavi Plautinos et numeros et Laudavêre sales, nimiüm patienter utrumque, Ne dicam stultè, mirati.
Quelque soit d’ailleurs son mérite, on ne peut lwi pardonner, non plus qu’à Aristophane, de n’avoir pas respecté les lois de la décence et de l’honnéteté..
On admire partout dans Térence le goût, la déli-* &atesse, l'élégance et les grâces. Mais il était trop bon pour avoir cette qualité qui fait ressortir le comique, c'est-à-dire cette fingsse assaisonnée d’un peu de maligaité. C’est pourquoi, on le met au dessous
do Pla vivacité de l’intrigue et l’enjouemenht du À il a bien plus de décence, de pureté Ce style et de’'noblesse.
—Molière, chez les Français, est celui qui a rem porté l’universalité des suffrages. Il a su allier le piquant avec le naïf, le singulier avec le nature}; ce qui est le plus haut point de perfection dans tout gen.c. (a)