‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 38 sur 77 · TOUT LE CHŒUR CHANT · texte numérisé non relu

TOUT LE CHŒUR CHANT

O divine, Ô charmante loi :

O justice ! O bonté suprême!

Que de raisons, quelle douceur extrême D’engager à ce Dieu son amour et sa foi ! aus.

L’Ode sé divise en sfances ou strophes. Dans 14 première strophe, l’assortiment et le nombre des vers sont à peu près au choix et à la disposition du poète. Mais la première strophe une fois assortie, elle sert de ‘règle à toutes les autres.

Il y a cependant, en français, des pièces lyriques où le poète ne garde aucun assortiment ni de vers, ni de strophes. On les appelle alors Odes dithyrambiques ou dithyrambes. Telle eet l’Ode sur limmortus bilé de l'ame par Delille, et dont voici un fragment,

D’où me vient de mon cœur l’ardente inquiétude ? En vain je promène mes jours Du loisir au travail, du repos à l’étude ; . Rien n’en saurait fixer la vague incertitude, Et les tristes dégoûts me poursuivent toujours. Des voluptés essayons le délire ; | Couronnez-Moi de fleurs, apportez-moi ma Lyre ; Grâces, Plaisirs, Amours, Jeux, Ris, accourez tous. Que le vin coule, Que mon pied foule Les parfums les plus doux.

Mais quoi! Déjà la rose pâlissante Perd son éclat, les parfums leur odeur;

Ma Lyre échappe à ma main languissante, Et les tristes ennuis sont rentrés dans mon cœur.

Volons aux plaines de Bellone ; Peut-être son brillant laurier

ss À mon cœur va faire oublier la Le noir chagrin qui l’environne.

Ts Marchons : déjà la charge sonne, ee Le fer brille, la foudre tonne ; de J'entends hennir le fier coursier ; L’acier retentit sur l’acier ; es L’Olympe épouvanté résonne ni Des cris du vaincu, du vainqueur ; bis Autour de moi le sang bouillonne::

la A ces tableaux mon cœur frissonne, | , Etla pitié plaintive a crié dans mon cœur, D'un air moins turbulent J’Ambition m’appelle, Sublime quelquefois, et trop souvent cruelle : Pour commander j'ohéis à sa loi.

Puissant dominateur de la terre et de l’onde, Je dispose à mon gré du monde, >; Et ne puis disposer de moi.

use

Ainsi d’espérances nouvelles Toujours avide et toujours dégoûté, Vers une autre félicité Mon ame ardente étend.ses ailes ; Et rien ne peut calmer, dans les choses mortelles, Cette indomptable soif de l’immortalité, -

Ah! si ce noble instinct, par qui du grand Homère, Par qui des Scipivns l’esprit fut enfanté,

N’était qu’une vaine chimère,

Qu’un vain roman par l’orgueit inventé ; Aux limites de sa carrière, “D'où vient que l’homme épouvanté

À l’aspect du néant se rejette en arrière ?

Pourquoi, dans l'instabilité k

De cette demeure inconstante,

Nourrit-il cette longue attente

De l’immuable Eternité ? Q

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Non ce n’est point un vain systême,

C’est un instinct profond vainement combattu ; Et sans doute l’Etre Suprême Dans nos cœurs le grava lui-même,

Pour combattre le vice et servir la vertu.

Dans sa demeure inébranlable, Assise sur l’Eternité, La tranquille immortalité, Propice au bon, et terrible au coupable,

Du temps, qui sous ses yeux marche à pas de géant, Défend l’ami de la justice, Et ravit à l’espoir du vice !

L’asile horrible du néant.

Oui : vous, qui de l’Olympe usurpant le tonnerre, Des éternelles lois renversez les autels ;

Lâches oppresseurs de la terre, »

Tremblez, vous êtes immortels.!

Et vous, vous, du malheur victimes passagères,

Sur qui veillent d’un Dieu les regards parternels,

Voyageurs d’un moment aux terres étrangères, Consolez-vous, vous êtes immortels !

Et vous, vous que mon cœur adore, Faudra-t-il donc vous perdre sans retour ?

Non, si d’un jour plus beau cette vie est l’aurore, Nous nous retrouverons dans un autre séjour : O mes amis ! nous nous verrons encore.

‘Qu'en nous reconnaissant nous serons attendris ! Du haut des célestes lambris, Sur ce séjour de douleur et d’alarmes Nous jetterons un regard de pitié, Æt nos yeux n’auront plus à répandre de larmes,

Que les pleurs de la joie et ceux de l’amitié.

“Cependant exilés dans ce séjour profane, Cultivez les arts enchanteurs; Ils calmeront les maux où le ciel vous.condamne ; Ils mêleront quelque charme à vos pleurs.

Mais ne profanez point le feu qui vous anime ; Laissez-là des plaisirs les chants voluptueux, . Et leur lyre pusillanime.

Célébrez l’homme magnanime ; Célébrez-l’homme vertueux ; Et que vos sons majestueux Soient sur la terre un prélude sublime Des hymnes chantés dans les cieux.

Quant à l’Elégie, elle n’a point de forme particulière ; on ne la distingue que par la nature du sentiment qui y règne. On peut lui rapporter plusieurs des Eglogues que nous avons citées, comme /e tombeau d’.Adonis par Bion, la mort de Daphnis par Virgile, l’Zdylle du ruisscau par Madame Deshoulières, et plusieurs Odes, surtout celle d'Horace sur la mort de Quintilius, et celle de Malherbe à Du Perrier, pour consoler ce père de la mort ile so fille. Nous citerons ici cette dernière, parce qu’elle iuérite d’être connue.

Ta douleur, Du Perrier, sera donc éternelle ; Et les tristes discours

Que te met en l’esprit l’amitié paternelle, L'augmenteront toujours ? |

* Le malheur de ta fille au tombeau descendue Par un commun trépas, Est-ce quelque Dédale où ta raison perdue Ne se retrouve pas ?

Je sais de quels appas son enfance était pleine, Et nai pas entrepris, in;crteux ami, de soulager ta peine Avercque son mépris.

Mais elle était du monde, où les plus belles choses Ont le pire destin:

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses, : L'espace d’un matin.

Ne te lasse donc plus d’inutiles complaintes ; Mais, sage à l’avenir, [teintes Aime une ombre comme ombre; et des cendres é- Eteins le souvenir,

Non qu’il ne soit cruel que la terre possède Ce qui te fut si cher ;

Muis en un accident qui n’a point de remède, Il n’en faut point cheucher.

erons La mort a des rigueurs à mu le autre pareilles ; nnue. On a beau la prier :

- La cruelle qu’elle est se bomche le: oreilles, Et nous laisse ovier.

Le pauvre en sa cabane, où l2 chaume le couvre, Est sujet à ses lois ;

Et la garde, qui veille aux be «ères du Louvre, N'en défend pas nos Ro

De murmurer contre elle et pe re païence Ilest mal à propos.

Vouloir ce que Dieu veut est la s2ule scienee Qui nous met en repos. :

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