‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 39 sur 77 · CÉLÈBRES POÈTES LYRIQUES ET ÉLÉGIAQUES · texte numérisé non relu

CÉLÈBRES POÈTES LYRIQUES ET ÉLÉGIAQUES

19. Poètes iyriques.—Les Grecs ont eu End Anacréon, Sapho, Stésichore, Alcée. gi

Pindare que, au jugement d’Horace, il est tétnérafté de vouloir imiter, est sublime dans ses élans. Son

nom est devenu le synonime de l’entnousiasme \yrique : : H

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il porte avec lui l’idée de transports d’écarts, de dé sordre, de digressions. C’est un fleuve grossi par les torrents, qui précipite ses eaux bruyantes du haut des roehers, et inonde tout de ses flots. Lib. 4. Od. 1.

Anacréon, poète voluptueux, et par là même dangereux, ne respire que l’amusement et la mollesse, ne chante que l’amour, le vin et les plaisirs. C’est ‘un ruisseau limpide qui roule avec un doux murmure ses eaux argentées sur un sable d’or à travers des bosquets de myrtes et des prairies émaillées de fleurs.

Sapho est pleine de feu et de vivacité ; Stésichore rempli de gravité et de noblesse.

Alcée, plus grand encore, et plus majestueux, semble Apollon lui-même qui pince sa lyre d’or.

—Horace, chez les Latins, a réuni en lui seul tous les caractères des poètes Grecs. C’est un fleuve qui, tantôt paisible au milieu de ses rives fleuries, marche sans bruit vers la mer; et tantôt, quand les torrents ont grossi ses eaux, emporte avec lui les rochers qu’il a minés, les arbres qu’il a déracinés, les troupeaux, les moissons du laboureur, et fait retentir au loin les forêts et les montagnes.

Jean-Baptiste Rousseau, chez les Français, a tellement excellé en ce genre, qu’il a mérité le surnom d'Horace Français. Partout il est admirable: son style est sublime et parfaitement soutenu : ses pensées sc lient bien ; il pousse sa verve avec la même force depuis le début jusqu’à la fin. Mais il manque quelquefois d’une certaine souplesse, qui donne de la grâce et fait jouer les membres avec facilité.

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Malherbe, . Racan, les deux Racines, le Franc de Pompignan etc... se sont aussi distingués'en ce genre.

20. Poètes élégiaques. On ne peut rien dire des poètes Grecs Elégiaque*, parce qu’il ne nous reste presque plus rien de leurs élégies G

—Les poètes élégiaques Latins sont Tibulle, Properce et Ovide. Tibulle est naturel, doux et élégant: Properce est plus ferme, mais un peu dur: Ovide, quoique très-coulant, est trop diffus; il montre trop d'esprit, et n’en suppose pas assez dans son lecteur.

-- En français;il est assez difficile de trouver une bonne Elégie, si on excepte celle de Malherbe à Du Perrier. Elles sont, pour la plupart, ou fades et langoureuses,

.Ou trop assaisonnées. Heureusement que ce genre

n’est pas fort important pour former le goût.

SECTION SIXIÈME

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