‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 61 sur 77 · RÉFLEXIONS SUR LE THÉÂTRE · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LE THÉÂTRE

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Louis XIV demandait un jour à Bossuet s’il était permis d’aller au spectacle. Sire, répondit le Prélat, il y a de grands exemples pour, et des raisons invincibles contre. Interrogés sur le même sujet, nous répondrons à l’exemple de ce grand homme : il y a contre les spectacles des autorités décisives, etdesraisons | invincibles.

Chez les Grecs, Lycurgue, Soloù et Platon les bannissent de leurs républiques comme un principe de ||} corruption. Selon Platon, ils livrent l'esprit à l’erreur ; Ni ils nous font voir les objets qui ne sont point, où autre- jui { ment qu’ils ne sont, dans un autre point de vue, avec | ; des organes troublés qui donnent leurs couleurs aux | l il objets. Plutarque va jusqu’à attribuer la chute &’Athè- | j 4 nes à l’établissement des jeux scéniques en cette ville, UM

Chez les Latins, Sénèque dit nettement qu’il est qi impossible d’assister aux spectacles sans s’y corrompre ; et Quintilien était dans le même sentiment. Cicéron, dans ses Tusculanes, ne craint point de dire, que jamais la Comédie n’eût existé, si nous n’approuvions pas les crimes. Aussi, chez les Romains, malgré la fureur du peuple pour les spectacles, les Comédiens et les Histrions étaient-ils regardés comme infâmes. Un Chevalier Romain, forcé par Auguste de

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