‹ Cours abrégé de leçons de chymieChapitre 18 sur 29 · PHYSIQUES, SUBSTANCES ET PRINCIPES · texte numérisé non relu

PHYSIQUES, SUBSTANCES ET PRINCIPES

CHYMIQUES, &e.

Leçon Première.

Définition de la Chymie, Analyse^ Synthèse^ âçc.

L'Univers que nous habitons est composé d'esprit et de matière, ce qui donne lieu à plusieurs sciences principales cultivées par les hommes. Cependant, la nature nous présente toujours sans elles les mêmes phénomènes, €t c'est une vérité constante que, dans toutes nos recherches scientifiques, aucun système établi ne peut changer les lois fixes de la nature, quoique, par l'adoption du système, l'on puisse beaucoup plus facilement en obtenir la connaissance.

Dieu est un pur esprit qui remplit le ciel et la terre, et l'homme est doué d'un esprit raisonnable dont nous admirons tous les jours les opérations. Or les sciences qui ont rapport à l'esprit se divisent en deux principales, sçavoir, lo. la Théologie, qui traite des attributs de la divinité et de nos devoirs envers elle, et 2o. la Métaphysique, qui a pour objet la connaissance de l'esprit humain et de ses facultés.

Les sciences qui ont rapport à la matière se divisent en trois principales, qui sont si étroitement liées ensemble qu'en étudiant les principes de l'une, on est forcé de

prendre connaissance de ceux des deux autres. Elle.* sont, lo. l'histoire naturelle, 2o. la physique, et 3o. la ehymie.

lo. L'histoire naturelle traite du caractère extérieur, particulier ou assimiîatif, des corps physiques, organiques ou inorganiques, qui peuvent servir à les distinguer, les considérant dans leur état naturel, sans égard à aucun changement quelco!ique qui pourrait être l'effet ou de l'ar^ ou de l'accident, les distinguant seulement par leur apparence extérieure et par le rapport plus ou moins inamédiat qu'ils ont entr'eux.

L'histoire naturelle comprend la Géologie, la Minéralogie, la BoTAMOUE et la Zoologie.

2o. La physique traite des proprié lés générales et des lois du mouvement, spontané eu artificiel, des corps physiques en masse, tous collectivement ou chacun séparément, en étudiant la cause et les effets, telles que leur attraction mutuelle, leur adhésion respective, leurgi'avité spécifique, &c, &c. dont cette science prend connaissance.

La physique renferme la mécanique, la statique,

I'hYUROSTATIQUE, l'oPTIQUE, l' ACOUSTIQUE, et I'aSTRONO-

MiE, et leurs subdivisions.

3o. La chymie apprend à connaître la nature intime des corps physiques décomposables, l'action particulière et réciproque de leurs pariicuîes constituantes, et a pour objet leur composition et leur décomposition.

La chymie a recours et se borne à l'analyse et à la synthèse des substances soumises à ses lois.

Pour être plus systénmtique et plus intelligible, la chymie peut être proprement divisée en trois espèces principales qui traitent chacune des différents objets de Tua des trois règnes de la nature. On la reconnaît donc en chymie animale, en chymie végétale et en chymie minérale. Mais dans la pratique on la subdivise encore en dix autres espèces de moindre compréhension ; sçavoir,

lo. La chymie philosophique, qui considère l'ensemble des piincipes qui servent de base à la théorie de cette science, et leur application aux diverses opérations de la nature et des arts.

2g. La chymie météorique qui s'occupe des phénomènes qu'on observe dans l'atmosphère.

So. La chymie minérale, qui prend connaissance de la formation, de la modification, de l'attraction, et de l'usage particulier de chacun des minéraux : celle-ci renferme

encore les diverses opérations de la docimasie et de la métallursjie.

4o. La chymie végétale, qui traite de la formation, de l'accroissement et de l'analyse des végétaux.

5o. La chymie animale, qui étudie la structure, la composition et les principes constituants des principaux organes des animaux.

60. La chymie physiologique, qui s'occupe des fonctions et de la consistance des diverses sécrétions de ces mêmes organes.

7o. La chymie pharmacologique, qui prescrit les règles que l'on doit observer dans la composition des remèdes, et fait connaître la comptatibilité et l 'incomptabilité de leurs <livers ingrédients. Cette partie de la chymie embrasse une immensité d'objets, et est susceptible d'une foule d'ap« plications; car la plus simple opération pharmaceutique offre des circonstances qu'il importe beaucoup de reconnaître et d'observer très soigneusement.

80. La chymie judiciaire, qui s'occupe de la découverte et de la nature des ingrédients qui ont pu avoir causé la mort à quelqu'un.

9o. La chymie technologique, qui nous guide dans les divers procédés des arts et les simplifie.

100. La chymie économique, qui nous enseigne les moyens de satisfaire à nos besoins, et s'occupe des procédés les plus salubres, les plus économiques et les plus propres à perfectionner nos travaux et nos usages domestiques.— Celle qui traite des gaz en particulier, s'appello chymie pneumatique, et celle qui traite des objets commcrçables, se nomme chymie de commerce.

Le mouvement intérieur des particules constituantes des corps résulte de la composition et de la décomposition qu'opèrent entr'elles les principes chymiques en action, effectuant, dans leur mode d'existence et dans leur nature, un changement plus ou moins considérable.

Pour parvenir à la connaissance du mouvement intérieur de leurs particules constituantes et de leurs divers principes, à l-aidô puissant du calorique (la chaleur) et de la mixtion des diverses substances chymiques, on a recours à deux moyens principaux ; sçavoir, l'analyse et la synthèse.

L'analyse est l'art de décomposer, ou de réduire à ses parties élémentaires ou constituantes, un corps composé, sans avoir recours à aucun moyen mécanique ; ce qui la

eiistingue de la simple division, qui consiste à séparer ou diviser un corps en ses parties intégrantes, chacune contenant une certaine quantité de tous les ingrédiens élémentaires qui entrent dans la composition de tout le corps divisé.

L'analyse peut être simple ou absolue, ou destructive ; par exemple, l'analyse de l'air atmosphérique consiste dans la séparation de ses deux principaux constituants, l'oxygène et le nitrogène, deux gaz que l'on peut réunir, ce qui fait qu'elle est simple; mais, comme après l'analyse d'une fleur, l'art ne saurait la reproduire dans son premier état naturel, l'on peut dire que cette analyse est absolue ou destructive, parce que la fleur ne saurait être reproduite.

Pour analyser, on peut se servir de presque toutes les substances chymiques qu'on appelle ré-agents, parce que cette opération est toujours fondée sur l'action que les corps exercent mutuellement les uns sur les autres, et sur leurs diverses attractions chymiques. Mais il y a des corps très actifs, tels que tous les acides minéraux, dont la composition est généralement bien connue, et dont l'action est très prompte et toujours certaine.

La synthèse est l'opération qui sert de preuve à l'analyse ; c'est-à-dire que, comme l'analyse est l'art de séparer ou de décomposer, la synthèse est celui de reformer ou recomposer, par un procédé convenable, les corps qwe le chymiste a décomposés.

■ La synthèse, qui est opposée à l'analyse, a lieu dans un grand nombre de circonstances, et, en analysant un corps, on fait beaucoup de synthèses ; car, l'ordre et la proportion des ingrédiens qui entrent dans la composition des corps, qui subissent l'opération de l'analyse, étant dérangés ou détruits, le mode de composition doit être bien différent. C'est ainsi que, lorsqu'un corps renferme trois ou quatre substances élémentaires, deux ou trois se réunissent assez souvent, pendant que hi quatrième est isolée de manière à faire naître différents produits qui n'existaient pas auparavant. Cependant, la synthèse peut s'opérer plus simplement sur des corps composés dont les particules intégrantes demeurent dans leur état primitif, comme on le voit dans les minéraux, les particules constituantes de la plupart desquels n'adhèrent ensemble que par le principe d'une simple agrégation, comme dans le feldspath, le granité, le mica, Je quariz, le silex, 8(c, &c. 8cc.

Leçon Seconde.

Différents modes ^existence des Corps Physiques.

Tousles corps sontou solides, ou liquides ou aëriformes.

Les corps solides sont ceux dont l'attraction de cohésion, ou d'agrégation, est assez forte pour empêcher, entre leurs particules, un mouvement facile et l'introduction ou Hmpression d'aucun autre corps, sans l'application d'une force considérable.

Les substances liquides sont celles dont les particules cohérent faiblement, admettent un mouvement facile entr'elles, et cèdent aisément à l'intreduction ou à l'impression des substances solides.

Les substances liquides sont encore distinguées par le nom de fluides, parce qu'elles sont disposées à s'écouler spontanément, et sous ce rapport, l'air atmosphérique est un fluide, parce que, comme tel, il est porté à s'écouler et à presser de tous côtés, et que les substances plus légères 'peuvent y flotter.

Les substances aëriformes sont celles qui sont de la consistance de l'air que nous respirons, étant fluides, élastiques, expansibles et compressibles, comme le sont tous les gaz.

Les gaz sont des fluides aëriformes qui consistent de substances combinées chymiquement avec le calorique, et sont capables d'exister constamment sous la compression et à la température de l'air atmosphérique. Ainsi, chaque gaz est composé de deux substances au moins : lo. de celle qui, à l'aide du calorique, est convertie en gaz, et que l'on appelle la base du gaz, comme étant celle dont celui-ci tient toutes les qualités spécifiques qui le caractérisent : 2o. un gaz est encore composé du calorique, qui, par sa combinaison ehymique avec la base, la constitue en gaz ou en fluide, d'une élasticité permanente.

Un gaz peut avoir une base simple ou composée, ce qui fait que les gaz sont distingués en simples et composés, selon que la base l'est ou non. Mais, bien que la base d'ungaz puisse être simple, cependant, strictement parlant, il est encore composé, puisque la substance élémentaire, qui en forme la base, est combinée chymiquement avec le calorique qui la constitue gaz, comme on le voit dans l'oxygène, l'hydrogène, le nitrogène, &c.

La plupart des substances solides dècomposables sont converties en liquides par rinterposition, entre leurs paiticuleé, du calorique dont une certaine augmentation d'intensité convertit encore les fluides en vapeur, et même en gaz, par la décomposition qu'il en occasionne, en séparant, par sa présence entr'elles, leurs particules intégrantes, et en se combinant cliymiqueraent avec leurs particules élémentaires qui servent de bases aux différents gaz, simples ou composés, qui s'échappent de ces substances dècomposables ainsi exposées à l'influence puissante du calorique en action, comme on le voit dans le procédé de l'ébuUition et de l'évaporation des liquides, dans le procédé de la combustion des combustibles et dans celui de la putréfaction ou décomposition des substances organiques, telles que les animaux, les plantes, &c.

Leçon Troisième.

Substances et Principes C/ij/tnigues, S^c

La philosophie et la logique nous enseignent que tout ce de l'existence duquel nous avons une idée et auquel nous pouvons attribuer une manière d'être, une action ou une propriété, est substance ; d'où vient, qu'en grammaire, on appelle substantif le nom de chaque chose commune dont nous avons quelque connaissance.

Mais les substances sont nécessairement reconnues, lo. en substances matérielles, comme celles qui entrent dans la composition de toutes les choses visibles, palpables, et pondérables, telles que la terre, l'eau, le bois, les minéraux, «&c. 2o. en substances immatérielles, comme celles qui constituent les choses qui ne possèdent pas, d'une manière évidente à nos sens, les propriétés qui caractérisent la matière, et que, pour cette raison, on appelle substances immatérielles, parcequ'elles le sont en elîet ou nous paraissent l'être, telles que l'esprit, la pensée, le calorique, l'électricité, l'attraction, l'affinité, &c. &c. — Les substances matérielles sont distinguées par le nom générique de substantifs physiques, parcequ'elles tombent sous nos sens; et les substances immatérielles le sont par celui de substantifs métaphysiques, parce qu'elles soi)t de^ conceptions de l'esprit.

Les substances matérielles sont douées de deux espèces de propriétés, les physiques et les chymiques qui leur sont communes; et l*étude des phénomènes qu'elles occasionnent a donné lieu à deux sciences relatives, savoir, la physique et la chymie qui, comme on l'a déjà vu au commencement de ce traité, sont étroitement liées ensemble.

Les propriétés physiques des substances matérielles sont ou générales et primitives, ou secondaires et particulières. Les premières sont ainsi appelées parce qu'elles sont communes à toutes les substances matérielles connues, et les secondes, parce qu'on ne les observe que dans quelquesunes seulement.

Parmi les propriétés primitives sont l'extension, l'impénétrabilité, la mobilité, la divisibilité, la gravitation, la porosité et l'indestructibilité, qui sont communes et générales ; et parmi les secondaires sont la couleur, l'opacité, la transparence, la densité, la solidité, la dureté, la fluidité, l'élasticité, &c. qui sont particulières à certaines substances et souvent accidentelles.

L'extension est la propriété d'occuper une certaine portion d'espace, et une substance est dite avoir de l'extension, quand elle a de la longueur, de la largeur, et de l'épaisseur.

Par IMPENETRABILITE* cst entendu que deux portion» de matière ne peuvent à la fois, occuper le même espace au même moment. A»nsi tout ce qui possède extension et impénétrabilité est matière.

La mobilité' est cette susceptibilité de la matière de pouvoir être mise en mouvement.

La matière, quoique susceptible de mouvement, n'a cependant pas le pouvoir absolu de se mouvoir d'ellemême, ni d'arrêter son progrès, quand elle a reçu une impulsion. Les auteurs indiquent cette indifférence de la matière, au repos et au mouvement, par le terme de vis INERTIE, comme si elle dépendait d'une force particulière et spécifique y résidant, mais il y a raison de la regarder simplement comme une propriété négative de la matière, qui est en conséquence entièrement abandonnée à l'opération des causes différentes qui agissent constamment sur elle. Il en est donc du visinertije des philosophes, comme de la débilite' des pathologistes, c'est-à-dire que, biea qu'ils les considèrent comme causes opératives, ces flàoicf n« marquent qu'une condition passive qui rend la

matière plus susceptible de recevoir les diverses impres^^^ sions des causes réelles de la nature.

Par divisibilité, on entend la susceptibilité de la matière de pouvoir être divisée à un degré de finesse extrême. Un grain d'or peut être réduit en une feuille si fine, qu'elle peut couvrir une surface de 50 pouces quarrés et contenir deux millions de points visibles, et l'or qui couvre le fil d'argent que l'on emploie pour faire du drap ou de la dentelle d'or, est étendu sur une surface douze fois aussi grande.

Tous les corps physiques descendent en droite ligne vers le centre de la terre lorsqu'ils sont exposés en liberté à une certaine distance de sa surface, et le principe ou le pouvoir qui produit cet effet s'appelle l'attraction de gravitation, l'attraction terrestrielle ou simplement sa gravité, et la force requise pour séparer de la terre, ou pour lever un corps de sa surface, ou pour l'empêcher de descendre vers elle, s'appelle son poids. Toutes les particules de la matière sont également affectées par la gravité; ainsi le poids d'une substance est toujours proportionnel à la quantité relative de la matière qui la compose ou en raison du nombre de particules pesantes qu'elle contient.

Les particules fines dont consistent les corps physiques sont disposées de manière à laisser un certain espace ou intervalle entr'elles, et cet arrangement particulier s'appelle porosité. Ces interstices sont quelquefois perceptibles à vue d'oeil, d'autres fois ils ne le sont qu'au moyen du microscope. Mais quand bien même elles ne seraient pas toujours tout-à-fait visibles, leur existence n'en est pas moins certaine, car toute substance peut être diminuée en volume, soit par quelque opération mécanique, soit par la réduction de sa température.

D'après les lois de la nature, Yindestructihilité est cette propriété de la matière de toujours conserver son existence réelle, soit dans un état solide, liquide ou de gaz. Cette proposition paraît d'abord contraire à l'observation et aux faits; l'eau, les substances volatiles, comme l'alcohol, l'éther, &c. s'évaporent par la chaleur et se perdent ; le bois et le charbon sont consumés par le feu et disparaissent ; mais dans tous ces phénomènes et autres semblables, il n'y a pas une seule particule de matière qui soit, dans un sens absolu, détruite ou réduite au néant, car cette idée est contraire aux lois de la nature autant qu'à la

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raison. Cette destruction, cette consommation apparente de la matière n'est simplement qu'un changement de sa forme ou de sa composition en une autre, car il est aisé de prouver que les mêmes particules matérielles d'une substance quelconque, après avoir subi un tel changement, possèdent encore toutes les propriétés caractéristiques de la matière. Ainsi, les mots destruction et consommation, ne sont pas des termes absolus, mais ici- tifs.

Quant aux particules secondaires dont nous avons déjà fait mention plus haut, elles semblent, pour la plupart, dépendre de l'opération de deux principes opposes, la cohésion et la répulsion, et comme leur opération n'a lieu qu'au moyen de deux certaines circonstances qui la favorisent, la condition où sont les substances qui lui sont soumises sont casuelles; d'où vient que les propriétés nouvelles qui en résultent sont secondaires ou accidentelles. Pour comprendre comment les particules d'une substance peuvent adhérer ensemble et former un tout, il faut le» supposer douées du pouvoir de l'attraction réciproque, et ce pouvoir s'appelle cohésion, attraction cohésive ou attraction d^agrégation, pour la distinguer de l'attraction terrestrielle.

La gravité a lieu entre des masses de matière différente, et agit à une distance sensible et quelquefois très grande, tandis que la cohésion exerce son influence à une distance insensible et très petite. La matière est encore sujette a une autre espèce d'attraction différente de celles que nous venons de mentionner, et qu'on appelle Vatiraclion chymique ou Vajfinité. Comme la cohésion, elle n'agit qu'à une distance insensible, ce en quoi elle diffère de la gravité. Elle exerce son influence entre les particules dissimilaires seulement, tandis que la cohésion unit entr'elle» des particules semblables. Ainsi un morceau de marbra est un agrégé de petites portions de marbre attachées les unes aux autres par cohésion, et ces parties d'un tout, ainsi adliérentes, s'appellent particules intégrantes, dont chacune, toute petite et fine qu'elle soit, est du marbre aussi parfait que la masse elle-même. Mais les particule* intégrantes du marbre consistent de deux substances principales, la chaux et l'acide carbonique, qui sont différente» l'une de l'autre aussi bien que du marbre, et sont unie* par attraction chymique, et on les appelle particules constituantes du marbre. Les particules intégrâmes d'une

substang* sont agrégées ensemble, tandis que les constituantes sont unies par affinité chyitiique.

Les propriétés chymiques des substances sont dues à l'affinité, et tous les phénomènes chymiques résultent de l'opération de ce principe; et quoiqu'il exerce son influence indistinctement sur toutes les substances, et les affiscte à différents degrés, il est lui-même sujet à des modifications particulières, comme on le verra dans la suite, dans ses divisions et le pliw grand développement de ses opérations.

L'union chymique de deux substances s'appelle combi' naison, et son résultat est la formation d'une substance nouvelle qui possède des propriétés qui lui sont propres, el différentes de celles de ses constituants. Le changement de nature d'une substance préalablement composée est souvent suivi de sa destruction apparente, et dans ce cas, on dit que sa décomposition a eu lieu.

L'opération de l'affinité chymique ainsi expliquée, et comme elle le sera plus loin dans le cours de cet ouvrage, ouvre un champ vaste et intéressant à l'investigation du philosophe et du curieux. Par exemple, nous pouvons étudier l'affinité qui se manifeste entre différentes substances ; essayer à découvrir la proportion de leurs constituants ; s'assurer de l'incompatibilité qu'il y a'souvent entre plusieurs d'entr'elles ; et enfin, après avoir cueilli et arrangé tous les faits isolés et obscurs qui ne peuvent autrement parvenir à notre connaissance, nous pouvons en tirer des conclusions générales et en faire, avec avantage, une application convenable dans les occasions qui se présentent ; d'où vient que la chymie peut être définie la science qui a pour objet la connaissance et l'examen des diverses relations qu'établit l'affinité entre les difllérentes substances de la création, comme aussi de la nature et la constitution des composés qu'elle produit, et des lois qui règlent ses actions.

Mais comme les corps physiques sont tous composés de substances matérielles, et que ceu^x-ci sont, les uns organisés et les autres non-organisés, il s'ensuit que la matière, ou les substances matérielles sont encore subdivisées en substances ou corps organiques et inorganiques.

Les corps organiques sont ceux qui sont plus ou moini

Sourvus de sensibilité et d'irritabilité, et du pouvoir de igir«r «t d'assimiler c< qui convient au soutien de leur

système, coram« aussi celui de reproduire leur propre espèce, tels que les plantes et les animaux proprement dits; c'est-à-dire, qu'ils sont doués de certains principes qui les animent, et que pour cette raison, on appelle vitaux, parce qu'ils sont ceux dont la vie dépend immédiatement pour la continuation de leur existence, et qui résistent continuellement à l'influence des principes chymiques qui agissent toujours plus ou moins en opposition à la vitalité de tous les corps organiques ou animés.

Les corps inorganiques, ou inanimés, sont ceux qui sont dépourvus de sensibilité et d'irritabilité, et sont incapables de digestion et d'assimilation, ainsi que du pouvoir de se reproduire ; c'est-à-dire qu'ils sont l'effet naturel d'une simple agrégation et cohésion entre leurs particules intégrantes, ou résultent d'une opération et d'une affinité chyraique entre leurs particules constituantes, comme on le voit dans les métaux, les pierres, les alkalis, les sels, les terres, &c. &c.

La matière organique est encore distinguée en substance animale et en substance végétale, selon qu'elle vient des animaux ou des plantes, et toutes les deux sortes peuvent être simples ou composées et d'une consistence solide, liquide ou aëriforme, comme on l'a déjà vu dans la leçon précédente.

Lorsqu'une certaine quantité de matière organique a été, pour une cause ou pour une autre, privée de la vie, elle devient, dès ce moment, inorganique, et, comme les organiques, les substances inorganiques sont divisées en substances composées et en substances simples ou élémentaires.

Une substance composée est celle qui consiste de plusieurs substances élémentaires, et qui, pour cette raison, est susceptible de décomposition en ses parties constituantes, tels que le sont les oxydes, les métaux, l'air, l'eau, plusieurs des gaz, et presque tous les minéraax.

Une substance élémentaire est cell» qui consiste d'ube certaine quantité de matière simple qu'on ne saurait décomposer, telles que le phosphore, le soufre, le carbone, quelques uns des gaz, quelques minéraux pierreux, et la plupart des métaux avant leur combinaison chymique avec l'oxygène qui en forme des oxydes. Ainsi les substances simples sont les éléments des substances composées.

On appelle parties «u particules constituantes, les substances élémentaires dont un corps est composé, ai parties

©u particules intégrantes, celles dont chacune consiste d'une quantité plus ou moins considérable des particules constituantes ou élémentaires dont tout ce même corps est composé ; de sorte que la décomposition d'une substance consiste à la réduire en ses parties constituantes, et la division à la séparer en ses parties intégrantes.

En chymie, comme en physique, le mot corps signifie un objet matériel avec lequel nos sens peuvent avoir quelque relation ; ainsi d'après cette manière philosophique de considérer les choses, le mot coj'ps est synonyme avec celui de substance et exprime un objet qui peut consister de matières simples ou composées.

Les substances élémentaires sont encore appelées substances chymiques, parce que, dans tous ces procédés, elles sont la clef dont le chymiste ne sçaurait se passer.

Les substances chymiques sont supposées être simples ou élémentaires, parce que l'art n'a encore pu réussir â les décomposer parfaitement.

Outre cinq substances nouvelles qui sont un peu douteuses (comme la lithia, \e thoiniium, le selimim, \&cadmium et la thorina,) les substances chymiques sont maintenant reconnues au nombre de cinquante trois ; et pour faciliter la mémoire des étudiants en chymie, elles sont, par quelques auteurs, divisées et classées, à peu de chose près, comme suit:

A. — V,-Les substances impondérables ouïes principes chymiques ; Vajfinité, Vaitraction^ le calorique^ ï électricité et la lumière.

On les appelle principes chymiques, parce qu'ils sont les principaux agents de toiis les changements chymiques et de toutes les compositions et décompositions des différents corps physiques qui sont soumis à leur action. — Quelques chymistes les considèrent comme de simples propriétés de la matière, quoique l'affinité et l'attraction soient peut-être les seules qu'on ait raison de regarder comme telles.

B. — 2^ .-Les substances acidifiantes; Voxygène^ \t ckhriney le fiuorincy Viodine et VhydTogène.

Elles sont ainsi nommées, parce qu'on les suppose capables de rendre acides ou sûres, les autres substances avec lesquelles elles deviennent en contact, quoique cette propriété soit bien douteuse dans les quatre dernières.

C. — S*. -Les substances acidifiables non métalliques ; Xhydrogènci le nitrogêne, le soufre^ le phosphore, le carbone et le barone.

On les appelle acidifiables, parce que, lorsqu'elles entrent en combinaison chyraique avec l'oxygène, (le premier et peut-être le seul principe acidifiant,) elles deviennent acides.

D. — ^^ .'Les substances métalloïdes, ou ayant une apparence métallique .- V . celles qui sont la base des alkalis ou des terres alkalines, telles que la potasse, la soude, la chaux, la baryte, la stractite et la magnésie .- 2°. celles qui sont la base des terres qui ne sont pas alkalines, telles que la silice, Valumine, la glicine, la zircone et Vyttria.

Ces substances sont appelées métalloïdes, parce qu'elles ont, pour la plupart, une base métallique, et toutes, quelques ressemblances aux métaux.

E, — 5^. -Les métaux proprement dits,- tels que le fer, le manganèse, Vétain, le zinc, Varsenïc, le molybdène, le tungstène, le columbium, le cuivre, Vantimoine, le bismuth, le cobalt, le titane, le tellure, le cerium, Vurane, Vor, V argent, la platine et ses alliages, \e palladium, V osmium, \z rhodium, Viridium, le mercure, le plomb et le nickel.

Ces substances simples nous réprésentent, en miniature, l'univers entier et tous les objets matériels décomposables de la création ; car la terre, les plantes et les animaux, l'air, l'eau, les aliments et les minéraux, les remèdes et tous les objets naturels avec lesquels aucun de nos sens peut avoir la moindre relation, sont tous composés d'une ou de plusieurs de ces substances chymiques qu'on appelle élémentaires.

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