‹ Cours abrégé de leçons de chymieChapitre 23 sur 29 · CLASSE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE QUATRIÈME

Substances métalloïdes ; 1**. Les alkalis fixeSj la potasse,

la soude, et Vamoniaque, Valkali volatil ; 2®. Les terres

atkalinesy la chaux, la baryte, la stronlite et la m»'

gnésie ; 3°. tes terres non-alkalines, la silice^

l'alumine, la glycine, la zircone et fyttria.

Pour être plus systématique, les substances qui font le sujet de ce chapitre seront traitées en trois sections distinctes, embrassant chacune celles qui possèdent en commun quelques propriétés particulières qui leur sont propres. Ainsi, la première section comprendra les alkalis ; la seconde, les tvircs aiiiaiiuesi «C ia tK^ibièJue) ktf terres Qwj-Aikalines.

[ lOT ] SECTION PREMIÈRE.

Leçon Dix-septième.

Des alhalis fixes et Palkali volatil, la potasse, la soude, et rammoniaque.

Il est maintenant constaté que les alkalis et les terres alkalines ont chacun une base particulière unie à l'oxygène qui en forme un oxyde, et comme ces bases possèdent ea commun des propriétés semblables à celles qui caractérisent les métaux en général, la dénomination pour laquelle on désigne les alkalis, &c. devient convenable. Ainsi, les substances métalloïdes (qui obtiennent cette appellation de metallum, métal, et du mot grec eidos, ressemblance) sont celles dont les bases, dans un état isolé, ont des propriétés particulières qui ressemblent à celles des métaux, un peu différentes, cependant, surtout dans leur gravité spécifique.

Ces bases, dans un état libre et naturel, sont toujours unies avec l'oxygène que l'on peut en séparer par l'opération puissante de la batterie galvanique, et quelques unes par d'autres moyens. Le Chevalier H. Davy, d'Angleterre, et le célèbre Professeur Hare, de l'Université de Philadelphie, sont ceux qui ont pratiqué de la manière la plus étendue et la plus heureuse, les expériences nécessaires pour opérer la décomposition des alkalis, et jusqu'à celles qui ont immortalisé le Chevalier Davy, on considérait encore ces substances comme étant simples. (X)

(X.) Les belles expériences auxquelles se livra le Chevalier Davy pour déconiposer les alkalis, considérés jusqu'alors comme substances simples et élémentaires, le conduisirent à de nouvelles observations sur les causes naturelles des volcans qui excitent tant la curiosité de tout le monde. L'excessive incandescence de la lave au moment où elle jaillit, le bruit particulier qui rannonce, l'eau, les sels, les exhalaisons dont elle est accompagnée, tout le confirma dans l'idée qu'il avait eue, dès le temps de ses premières expériences sur les alkalis, que la principale cause de ces étonnans phénomènes est l'action de l'eau de la iner sur les métaux des alkalis et des terres qu'il suppose exister à un état non encore oxydé dans les profondes entrailles de la terre.

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Les expériences galvaniques sont très intéressantes et les plus brillantes que la chymie et la physique ensemble puissent offrir à la curiosité. Mais revenons aux alkalis proprement dits.

On appelle alkalis des substances solides ou liquides qui verdissent les couleurs bleues végétales, qui ont une saveur acre, brûlante et urineuse, qui sont très solubles dans l'eau, et attirent puissamment l'humidité de l'air; qui ont la propriété d'effervescer certains acides, de rendre misciples les huiles avec l'eau ; de former des sels neutres avec les acides, et du savon, lorsqu'on les unit à des substances grasses. Les alkalis se trouvent plus ou moins répandus dans les trois règnes de la nature, ce qui les fait distinguer en trois classes, tels que les alkalis minéraux, les alkalis végétaux, et les alkalis animaux. Ces alkalis sont de deux genres, les alkahs fixes et l'alkali volatil, et on les subdivise en quatre espèces principales, savoir; lo. ]a potasse^ que Ton appelle alkali végétal, parce qu'on l'obtient principalement des cendres qui résultent de la combustion des bois, quoiqu'il se trouve aussi plus ou moins répandu dans le règne minéral ; 2o. La soude, que l'on nomme alkali minéral, et que l'on obtient principalement des substances marines ; 3o. le lithia, que l'on obtient exclusivement de deux minéraux rares, le spodmnène et le pétalite ; 4o. l'ammoniaque, que l'on appelle alkali volatil, et qui se trouve en abondance dans l'urine des animaux. Mais ces quatre espèces principales d'alkalis se trouvent toutes dans le règne minéral. (X.)

(X.) Outre ces alkalis que, pour la distinction, l'on peut appeler minéraux, quoique l'ammoniaque provienne souvent des animaux, il y a encore des alkalis végétaux, dont les principaux sont le ?norp/na, que l'on tire de Vopium ; le guinine, du quinquina ; le slrichninc, du strichnos ; le vératrine, du vcralrum ; et V'émctine, de Vipccacuanna. Les plus importans, pour leurs propriétés médecinales, sont le morpltia, donl l'acétate est bien préférable à l'opium, surtout parce qu'il n'a pas d'effets astringents, et le quinine, dont le sulphate est un excellent tonique employé avec grand avantage dans la pratique de la médecine.

Les alkalis végétaux sont des principes prochains de quelques plantes et sont composés principalement de carbone, d'oxygène, d'hydrogène et do nitrogène, en proportions différentes.

lo. La potasse est une substance saline que Pon obtient en évaporant à siccité (à sec) les 1 assis des cendres de toutes les plantes non-maritimes.

Cette substance concrète, qui est abondamment répandue dans la nature, se rencontre dans les trois règnes, avec quelques métaux, et dans plusieurs humeurs animales, et les végétaux en contiennent une proportion considérable.

La potasse pure est d'une couleur blanche et parfaitement inodore; sa saveur est acre et caustique ; elle verdit fortement les couleurs bleues végétales, détruit et désorganise la fibre musculaire, et est dissoluble dans l'eau, les substances oléagineuses et les huiles fixes avec lesquelles elle forme du savon. Mais, comme la potasse est déliquescente, ç'est-à-dire qu'elle absorbe toujours l'humidité, seule elle fait du savon d'un liquide imparfait qui est très commun chez les cultivateurs des Etats-Unis. La base de la potasse est le potassium, la potasse étant un composé de celui-ci et d'oxygène, formant un oxyde de potassium.

On peut s'assurer que la potasse est à l'état de pureté, lorsque sa solution dans l'eau distillée n'est pas troublée par ['addition de quelques gouttes d'eau de chaux ou de baryte, et que le précipité qu'elle forme dans la dissolution du nitrate d'argent peut se redissoudre en totalité dans l'acide nitrique.

La potasse se combine avec un gaand nombre de substances pour la plupart desquelles cet alkali a une grande affinité, en particulier pour les différens gaz, les acides, l'eau et le carbone, le soufre, &c. ce à quoi on peut attribuer sa propriété caustique, lorsqu'appliquée sur la peau, ou sur la chair.

La propriété caustique de la potasse est donc due à l'affinité de composition qui s'exerce entre cet alkali et les divers principes dont est constituée la sustance animale. Mais exposée à l'air, ou tenue dans des vases mal-bouchés, la potasse caustique attire de l'atmosphère l'acide carbonique, s'en pénètre rapidement et cesse d'être caustique quand elle en est saturée.

Cette propriété de la potasse d'attirer et d'absorber l'humidité, l'acide carbonique et autres substances nécessaires à la nourriture des plantes, prouve l'avantage que l'on peut tirer, en agriculture, des cendres répandues d'une manière convenable, sur le sol de In terre.

Combinée avec l'acide nitrique, la potasse est la base d'un nitrate (de potasse) qu'on appelle nitre, et dont on se

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gert en médecine, ainsi que dans l'économie domestique, pour conserver les viandes de table. Il en a déjà été fait mention dans une page précédente.

Unie à l'acide carbonique en différentes proportions, la potasse nous procure le sub-carbonate (perlasse) et le carbonate (de potasse) dont on se sert encore en médecine et dans l'économie domestique.

Combinée avec les acides sulphuriques et tartariques, en différentes proportions, la potasse nous fournit des sels neutres dont on se sert beaucoup en médecine, tels que le sulphale de potasse, le super-tartrate de potasse ou la crème de tartre, &c. &c. qui sont des apéritifs.

La potasse se combine encore avec le soufre, et forme avec celle substance, un sulphate, techniquement nommé Hepar sulpJmris^ qui est communément employé en médecine.

Le sulphure de potasse s'obtient en faisant fondre ensemble dans un creuset ou autre vaisseau," une partie égale de soufre et de potasse, et en coulant le mélange liquide sur un marbre.

2o. La soude est un alkali qu'on obtient par l'incinération de plusieurs plantes, et spécialement delà barille d'Espagne qui fournit la plus pure. On l'extrait aussi en combinaison avec l'acide carbonique, du muriate de soude, &c. par l'intermède du peroxide (rouge) de plonb, de la chaux, et du fer. La soude se irouve encore dans quelques eaux minérales, et dans plusieurs substances animales.

La soude a plusieurs propriétés en commun avec la potasse ; comme elle, elle verdit fortement les couleurs bleues végétales, a une saveur acre et brûlante, se fond et se volatilise par l'action du calorique, est obtenue de la même manière, s'unit avec les acides, avec la matière animale ainsi qu'avec le soufre pour former des sulphates.

Comme la potasse, la soude est composé de l'oxygène et d'une base, le sodium^ que MM. Guy Lussac, l'hénard et H. Davy ont obtenu par l'action de l'électricité galvanique. Cette base métallique ne diffère pas de celle de la potasse, si ce n'est qu'elle a moins d'affinité pour l'oxygène que le potassiitm^ti qu'elle se conserve mieux.

Cette découverte du potassium et du sodium est encore récente, et est généralement ultribyée principalement au chevalier H. Davy.

Cependant, la soude diffère de la potnsse en c* qu*elie

Ht moins caustique, en ce que son affinité pour les acides est plus faible, en ce qu'elle s'effleurit à l*air, au lieu de devenir déliquescente par l'absorption de l'haraidité, mais surtout en ce qu'elle donne des produits très différents lorsqu'on la combine avec les acides.

Combiné avec les substances oléagineuses animales, la soude forme du savon dur, celui dont nous nous servons presqu'exchisivement dans cette province. Au contraire, la potasse étant déliquescente, par l'absorption de l'humidité qu'elle retient, fait du savon liquide, lorsqu'on ne se sert que de ce seul alkali.

Outre les substances animales, la soude se combine encore avec diverses substances, et spécialement avec les acides. Unie à l'acide sulphurique, la soude forme un sulphate qu'on appelle sel de g/auber ; à l'acide boracique, un borate qu'on nomme borax , à l'acide muriatique un muriate connu sous le nom de «e/ marin ou sel de table ; à l'acide carbonique en différentes proportions, un carbonate ou sub-carbonate dont on se sert avec l'acide tartarique ou citrique pour produire l'eau effervescente qu'on appelle eau de soude (soda laaterj ; combinée avec l'acide phosphorique, la soude forme un phosphate dont, comme de tous les sels précédents, on se sert plus ou moins en médecine.

Du sel commun de table, on peut obtenir la soude pure, au moyen de tapotasse, par affinité élective, ce qui a lieu dans la confection du savon dur à la manière pratiquée dans cette province. Le lessis dont on se sert pour cette fin, consiste d'une solution de potasse, et le sel d'un muriate de soude. L'acide muriatique, ayant une plus grande affinité pour la potasse que pour la soude, s'unit de préférence à la potasse dont il forme un muriate en solution, tandis que la soude, devenant libre, se combine avec les substances oléagineuses consommées dans le lessis et forme le savon dur. Lorsqu'il est mou, il y a un excès de iessis, ou de potasse en solution, et lorsqu'il est trop dur, il j a un excès de soude ou de sel. (X.)

(X.) La soude mérite une considération particulière, surto.it parce qu'elle est la base du sel marin de table. On sait, pa'- expérience, que ce sel pris en petite quaniiic, aide et hâte la diirestion, et qu'en trop grande dose, il lui nuit et la retarde. Il est un tonique et très bon stimulant pour l^esfoi&sc dont il irrite légéremeat et renforce les ner5 et ief

âo. La lithia est un alkali minéral récemment découvert par un cbymiste" suédois et par Berzélius. Ils l'obtinrent de deux minéraux rares, lespodulème et l^tpétalite^ que l'on connait encore peu en minéralogie.

La lithia à toutes les propriétés caractéristiques d'un alkali fixe ; et comme la potasse et la soude, elle a une base, le lithium, dont l'union avec l'oxygène forme un protoxyde de lithium à la manière des deux alkalis précédents, dont la base respective forme, avec ce gaz, un protoxyde.

fibres, et dont il favorise et accélère ainsi les opérations. Il dissout aussi les phlegmes et les viscosités qui sont si injurieuses à l'économie animale. Mais il en est de ce stimulant utile comme de tout autre, l'excès longtemps continué leur est injurieux, dérange leurs fonctions et viscie les sécrétions, raisons pour lesquelles ceux qui vivent sur la mer à l'air et aux alimens salés, contractent le scorbut. De même pendant le temps d'abstinence et de carême, c'est une très mauvaise coutume d'assaisonner beaucoup les aliments maigres, parce que les ingrédiens que l'on emploie pour cela stimulent et irritent les nerfs et les fibres de l'estomac dont ils diminuent et épuisent ainsi indirectement les forces, outre la distension affaiblissante que cause nécessairement la grande quantité de liquide dont l'estomac sent le grand besoin pour en atténuer l'âcreté et en modérer l'action injurieuse. Beaucoup de personnes pourraient se conformer plus long-temps et plus aisément à leurs devoirs de religion, à l'égard de l'abstinence, si elles évitaient l'excès de l'assaisonnement.

Le sel marin prévient, par son action, la putréfaction des comestibles à laquelle ils tendent pour la plupart; c'est pourquoi, il est généralement employé dans les salaisons, quelquefois en conjonction avec un peu de sel de nitre, (salpêtre). L'opération conservatrice de ces sels parait n'être pas encore bien connue, mais l'on peut bazarder l'opinion que leurs principes constituants ayant une certaine affinité pour les substances, qu'ils conservent plus grande que pour les principes ambiants de l'air qu'ils excluent par leur contact immédiat avec elles, mais pas assez grande pour faciliter aucune décomposition considérable, en opèrent la conservation, d'où vient que trop de ces sels durcit et diminue principalement la fibre de la viande, et que trop peu en permet la décomposition. Cependant, l'acide muriatique est aussi seul un antiseptique, ce qui ne roilile pas «entre l'opinion que je viens de haznrder,

La lithia se distingue de la potasse et de la soude par soii plus grtind pouvoir de neutraliser les acides, par sa propriété de former des sels peu solubles avec les acides carbonique et phosphorique, et par la propriété très déliquescente du muriate de lithium qui est un sel très soluble dans l'alcohol.

4. L'ammoniaque est un composé de nitrogène et d'hydrogène ; mais elle a été renvoyée à cette partie de notre ouvrage pour la description de ses propriétés, parce qu'elle ressemble beaucoup aux alkalis fixes.

L'ammoniaque existe dans un grand nombre de corps organiques. Elle se trouve spécialement dans les substances animales, dans celles surtout qui sont dans un état de décomposition, et c'est principalement cet alkali qui donne aux urines l'odeur, qui les caractérise. La décomposition de plusieurs végétaux appartenant à la classe de plantes cruciformes en fournit aussi des proportions très considérables.

L'ammoniaque, dans la consistence de gaz ou de carbonate, a une odeur vive, forte, pénétrante, et une saveur acre et brûlante, et pour ainsi dire caustique, sans être, cependant, très désagréable ; mais on se la procure généralement dans la forme d'un li(iuide léger et extrêmement volatil qui verdit fortement l'infusion violette, et stimule, irrite et enflamme la peau. A cause de sa propriété stimulante, l'administration de l'ammoniaque à l'intérieur est excellente dans le traitement des maladies subtoniques. — Par exemple, la maladie indigène qu'on appelle ici le charbon^ et qui n'est autre chose qu'une inflammation érésypéleuse, est toujours accompagnée, lorsqu'elle est bien caractérisée, d'une gangrène plus ou moins considérable qui commence au point morbide, parce que, dès son début, l'inflammation est si active et si violente, que la partie affectée se trouve immédiatement épuisée, perd son ton naturel et devient gangreneuse, et le sang ne pouvant plus y circuler librement, y demeure stagnant, s'y coagule et donne la couleur noire d'où la maladie dérive son nom. — C'est pourquoi, dans le traitement de cette maladie redoutable, l'usage, sur la partie affectée, de l'ammoniaque, proprement mitigée, est très recommandable pour élever la partie affectée à son ton naturel, pour arrêter ou modérer le progrès de la gangrène. Or la fiante de vache contient une certaine proportion d'ammoniaque jn-opreineiit niélangcedans cette substance (jui, outre la piopriété stimulante

qu'elle tient de cet alkali, a encore celle d'être dès émolliente. Son opération sénative, dans le traitement du charbon, et donc fondée en principes, et mérite la réputation qu'on lui donne. (X.)

L'ammoniaque, ou l'alkali volatil, qu'on appelle aussi corne de cerf, parce qu'elle .s'y trouve en grande quantité, est un réactif très usité en cliymie, et que plusieurs employent avec avantage. Cet alkali jouit encore d'une foule de propriétés médecinales qui le rendent très précieux dans la pratique de la médecine. C'est un puissant stimulant, comme on vient de le voir, et on s'en sert avec avantage dans l'asphyxie, dans le delirium tremens, &c. et on l'a recommandé en boisson, dans quelques liquides appropriés, pour combattre et opposer les effets funestes de la morsure de la vipère et du chien enragé, dont il neutralise les venins.

On s'en sert encore avec succès, à l'intérieur et à l'extérieur, dans les cas de faiblesse contre les brûlures, les piqûres d'insectes et les engelures, surtout de celles qui sont accompagnées ou menacées de gangrène.

Cependant, comme le gaz ammoniaque est impropre à la respiration, lorsque dans des cas d'asphyxie ou de syncope, on l'approche au nez dont il stimule en action les nerfs qui se communiquent au cerveau, il faut éviter soigneusement d'en faire respirer au patient, autrement, au lieu de l'arrêter, on peut diminuer en lui les pouvoirs vitaux.

L'ammoniaque dont on se sert en médecine s'obtient ordinairement, à l'état de gaz, par affinité élective, de la décomposition du rnuriate d'ammoniaque, que l'on trouve dans le règne minéral, par le moyen de la chaux vive pulvérisée dans la proportion d'environ un tiers de rnuriate à deux de la chaux convenablement mêlés ensemble. La chaux offre une base alkaline qui a une plus grande affinité pour l'acide muvialique que n'en a l'ammoniaque ; il y a un échange de base, l'acide mnriatique se combine de préférence avec la chaux, en forme un muriate dur et solide, et

(X.) J'ai écrit, en 1826, un petit traité sur le charbon que j'avais destiné pour le journal médical de Québec; mais quelques circonstances en ont retardc,jusqu'à présent, la publication. Le Dr. X. Tessicr, cependant, en a fait une n>enlion icspectuble dans sa belle traduction de l'ouyrage de Bégin.

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raintnoniaquc se dégage à l'état de gaz. C'est sur ce principe que nos fioles dites de corne-de-ccrf sfint préparées avec du muriate d'ammoniaque et de la chaux vive finement pulvérisés, mélangés ensemble et tenus dans des fioles toujours bien bouchées. C'est de cette manière encore, et d'après les mêmes principes d'affinité élective, que le gaz ammoniaque ayant une grande affinité pour l'eau qui l'absorbe rapidement, l'on se procure l'eau de corne-decerf, en mettant un mélange de cette sorte avec environ six fois autant d'eau limpide au poids (une chopine fait une livre) que le muriate d'ammoniaque, dans une retorte que l'on expose à une chaleur assez intense pour la distiller. — Comme dans le cas que l'on vient de mentionner, l'échange de base alkaline et le dégagement du gaz ammoniaque ont lieu, et le gaz absorbé par l'eau avec laquelle il se combine, est recueilli dans un vaisseau approprié. Mais, dans ce cas comme dans toute autre de distillation, il faut avoir grand soin de bien lutter le goulot et la bouche de la retorte, et de les tenir toujours enveloppés d'un linge souvent trempé dans l'eau froide ou à la glace, afin de pouvoir opérer, par l'absorbtion du calorique au lieu de son exite, la condensation de la substance que l'on distille. Avec ces précautions et de cette manière, l'on peut distiller à loisir tout ce que bon nous semble dans la pratique de la médecine et l'économie domestique.

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