‹ Cours abrégé de leçons de chymieChapitre 27 sur 29 · SUPPLEMENT · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT

Contenant quelques observations sur les corps pht/siques, et un tableau comparalif des affinités.

JLeçon Vingt-Unième.

Considérations générales sur les corps physiques des trois règnes de la nature.

Les naturalistes distinguent les corps physiques, du globe qtie nous habitons, en deux grandes classes principales qui les divisent en corps organiques et en corps inorganiques, ce qui établit les trois règnes de la nature, auxquels nous avons déjà fait souvent allusion dans le cours des leçons précédentes.

Les corps organiques sont ceux qui possèdent le pouvoir d'absorptio!!, de digestion, d'assimilation et de reproduction de leur propre espèce, et de croître par intus-susceptiou, tels que les animaux, et les plantes de toute espèce, ce qui en occasionne deux autres subdivisions principales qui les reconnaissent en végétaux et en animaux, et établissent ainsi le règne végétal et le règne animal. Les animaux sont donc des corps organiques que l'on range sous le domaine du règne animal, qui comprend tous les êtres animés locomoteurs depuis l'éléphant jusqu'au poljpe qui forme le dernier anneau de la chaine animale, et la science qui eu traite collectivement est connue par le nom de zoologie, qui les subdivise en plusieurs classes dont les noms particuliers désignent les ordres et les espèces de chaque département de ce règne intéressant, tels que les mammifères, qui comprennent les bipèdes et les quadrupèdes, Iss poissons, le» oiseaux, les reptiles et les insectes, &c. kc.

Les végétaux sont aussi des corps organiques qui sont du ressort du règne végétal, qui comprend tous les arbres et les plantes de toute espèce, et la science qui en traite se nomme botanique^ dont l'étude est aussi avantageuse à la société qu'elle est agréable à l'esprit observateur et amateur des sciences utiles.

Cependant les animaux et les végétaux diffèrent essentiellement, quoique sous quelques rapports, il y ait entr'eux une grande analogie. Les animaux indépendamment de la locomobilité et de la sensibilité qui les caractérisent d'une manière particulière, sont doués d'un plus grand nombre d'organes, et d'une vie plus parfaite, plus active et beaucoup plus développée. Mais ces corps organiques n'ont aucune similutude avec les corps inorganiques. Les premiers existent et se maintiennent à l'état de vie par l'opération des principes vitaux, et les derniers par celle des principes de la cbymie. Cependant ces deux espèces de principes, étant de nature différente, opèrent toujours en opposition chez les êtres animés, et tendent à des résultats différents. Les premiers par leur opération, siii-généris, tendent à la conservation des corps organiques dans un état vivant et animé, à les décomposer et à les réduire à un état d'inertie et de décomposition en leurs constituants élémentaires, et ce jeu de principes antagonistes a lieu jusqu'à ce qu'enfin, les premiers devenant à sépuiser, les derniers d'une nature plus durable, prennent enfin le dessus et réduisent les êtres organiques à la condition la plus hideuse. Ainsi, les personnes qui se prévalent tant d'un corps dont on admire souvent la beauté et la symétrie, sont bientôt converties en matières inorganiques qui retournent, aux plantes et leurs servent de nourriture qu'elles observent et s'assimilent. Les considérations sur la faiblesse et la fragilité naturelle de notre constitution, sont bien propres à faire faire à Thomnie chrétien des réflexions morales utiles à son salut, dont le but est de conserver intact cet être immortel et admirable, I ame, dout le lieu de l'habitation éphémère n'est qu'un néant.

Les corps inorganiques sont ceux qui, étant dépourvus du pouvoir de la digestion, de l'assimilation et de la reproduction de leur espèce, sont un simple résultat de l'affinité de composition et d'aggrégalion, n'augmentant en volume que par jtixta-posUion, et sont placés sous le domaine du règne minéral qui comprend l'air, l'eau, les pierres, les métaux, et tous les constituants de la terre que nons habi-

iom. Les sciences qui en traitent sont la physique^ la géologie et la minéralogie, dont nous avons donné une définition comparative au commencement de cet ouvrage. (X.)

Mais la plus étendue de toutes les sciences naturelles est la chymie, dont le but principale est la connaissance de la nature intime des particules constituantes de tous les corps physiques sous le ciel ; elle embrasse les objets des trois règnes de la nature. Son domaine ne connaît d'autres bornes que celles de Tunivers entier, et ses principes en atteignent toutes les parties que, par leur application facile, on peut à loisir soumettre au pouvoir de l'analyse.

Nous avons déjà traité, d'une manière particulière, de tous les corps du règne minéral dans un sens chymique, parce qu'ils entrent tout plus ou moins dans la composition de tous les corps des trois règnes de la nature. Il est, cependant, à propos de faire ici encore quelques courtes observations sur les divers constituants des corps organiques, dont il est important d'obtenir une connaissance plus particulière.

L'on découvre assez aisément, par l'analyse, les principaux ingrédiens des minéraux, des sols et des eaux minérales ; mais la juste proportion des parties constituantes d'un corps composé, ou la quantité relative des substances élémentaires qui entrent dans sa composition, ne saurait être bien déterminée que par l'application assidue d'instructions et de connaissances pratiques, que ne peuvent embrasser convenablement les bornes restreintes de cet ouvrage abrégé. Cependant les divers procédés auxquels nous avons eu recours, dans le cours des leçons précédentes, pour obtenir les différents gaz et quelques autres substances constituantes, sont autant d'analyses exemplaires de celles que l'on fait sur une plus grande échelle pour découvrir

(X.) Le nombre des espèces des différents minéraux se monte à deux cent soixante et cinq ; celui des plantes, un peu au-dessus de quarante mille; mais celui des animaux, y comprenant les divers insectes et reptibles, est presque innombrable.

J'apprends avec plaisir que mon ami, Léon Gosselin, Ecuyer, Avocat à Montréal, se propose d'écrire un petit traité sur la minéralogie. Je lui souhaite tout le succès que mérite cette entreprise louable, et dont i'exocutioa pourra être très utile à notre pays.

celles qui entrent dans la composition élémentaire des corps organiques.

L'analyse des substances organiques est de deux espèces, parce que leurs consliluants se divisent en piemier ou prochains, et en derniers ou éloignés. La preniière nous donne 1 -urs constituants procliains qui sont des substances composées, tels que le sang, la fibre, la bile, &c. &c. et la seconde nous procure les éléniens de ces mêmes substances, tels que le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et le nitrogène, qui sont les principes élémentaires essentiels à la composition des animaux. L'addition du nitrogène établit une distinction importante entre les substances animales et les végétales. Etant un des consiituants de l'ammoniaque, il donne lieu à la formation de ce gaz avec l'hydrogène, pendant la décomposition des suhtances animales, pai* le procédé de la putréfaction. A la faveur du même procédé, il se forme encore plusieurs acides animaux, tels que le bombique, le lactique, le lithique, l'urique, le sébacique, ^c. &c.

Cependant, il est plusieurs autres substances dans la matière animale, tels que le soufre, le phosphore, l'oxyde de fer, la chaux, la soude, la potasse, &c. et divers autres acides, qui entrent tous plu» ou moins dans la composition des constituants prochains des animaux, tels que ceux qui sont contenus dans le tableau suivant, qui contient la division et la classiticafion des substances animales composées, d'après Fouraoy. Ce tableau est très propre, suivant nous, à présenter à nos jeunes lecteurs l'ensemble n)étliodique de toutes les matières animales qui font partie du domaine de la chymie, mais dont, cependant, l'exposition théorique ne peut entrer dans le plan circonscrit de notre ouvrage.

Les substancf-s animales composées sont donc, d'après le tableau suivant, divisées en trois classes ; savoir :

CLASSE PREMIERE

Substances animales appar/enant à tout le corps.

Liquides. \ Lymphe (. Graisse.

(Sang. Ç Transpiration

Lymphe. .... ., ) Humeur des ta-

- -' ^'i?"'^"- Vitésmtérieures.

1 Synovie.

'Tissu cellulaire.

Tissu membraneux.

Tissu tendineux.

Tissu aponévraticjue Molles. ^ Tissu ligamenteux.

Tissu glanduleux.

Tissu musculaire.

Tissu cutané, ^l'issu épirdermoïde.

Poil.

Cartiluge.

L Os.

CLASSE DEUXIliiME.

Substances animales appartenant à quelques régions particulières du corps des animaux.

Au Crâne.

A la Face.

Au Thorax.

P Pulpe cérébrale, j Fluide nerveux.

< Liqueur des venj tricules.

^^Concrétions pinéales.

pHumeur aqueuse.

J Humeur vitrée.

I Humeur cristalline.

(^Larmes,

r Mucus tranchéal j et bronchique, J Gaz des poumon?.

I Concrétions pul- } monaires.

1 Lait.

^ l'Abdomen ^

Suc gastrique.

Suc pencréatique.

Bile,

Calculs biliaires.

Suc intestinal.

Chyle.

Excrémens.

f Mucusnasal, Mucus de la bouche Suc des amygdales.

Salive.

Calculs salivai-

reâ.

Tartre desdents.

Cérumen.

"Cas des intestins Concrétions intestinales.

Liqueur de l'amnios.

Liqueur surénale.

Méconium.

Urine.

Calculs urinai-

res.

Suc de la prostate Sperme

Page 1