‹ Cours abrégé de leçons de chymieChapitre 5 sur 29 · XIII · texte numérisé non relu

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la première est composée de 21 parties du gaz oxygène et de 79 du nitrogèno à la mesure, et que l'autre l'est de 15 parties de l'oxygène et 85 de l'hydrogène au poids.

D'après ce petit aperçu de trois des sciences les plus élevdcs que le génie de l'homme ait pu fonder en principes, il est aisé de voir que la chymie est aussi étendue que profonde. En effet, cette science profonde et d'une vaste compréhension qui soumet tout au pouvoir de son analyse, et ne laisse rien échapper à son investigation, exerce un empire absolu sur tous les corps physiques des trois règnes de la nature dont elle prend une connaissance particulière ; ses principes en atteignent facilement toutes les parties et son domaine ne connaît d'autres bornes que celles do l'univers.

Par l'application facile des principes de la chymie, nous pouvons tous les jours nous rendre raison de la nature et du résultat d'une infinité d'opérations et de procédés de diverses tendances qui ont nécessairement lieu dans la nature, dans les arts et dans les sciences, dans l'économie domestique et rurale, et, sans leur secours, nous demeurerions ignorants de la nature et des propriétés physiques, médecinales et autres, d'un nombre infini de substances hétérogènes dont la connaissance est aussi avantageuse à la société, qu'elle est agréable à l'esprit de l'homme observateur et amateur des sciences utiles.

Il est donc très important de se procurer une certaine connaisnaissance des principes de la chymie ; et l'acquisition des principes de cette science, et leur application dans le cours opératif des arts et des sciences, comme aussi de l'économie domestique, sont beaucoup plus faciles qu'on ne le pense généralement. II ne faut donc pas s'étonner si on en recommande partout l'étude, et si même les Dames, de V Europe et des Etats-Unis, se font un devoir d'en obtenir une connaissance, au moins élémentaire, qu'elles regardent comme une source de plaisir et d'utilité pratique.

Mais l'étendue immense de la chymie, et les avantages nombreux qui résultent d'une certaine connaissance de ses principes, se laissent mieux apercevoir en jettant un coup d'œil sur l'application que l'on peut en faire dans la pratique de certains arts en particulier.

L'Agriculture. — Il parait par l'histoire, que les anciens, et surtout les Egyptiens, avaient une connaissance assez parfaite des principes de l'agriculture qu'ils regardaient comme la prepiiere et la plus noble occupation de l'homme ; mais dès que les objets du luxe et de la vanité eurent prévalu sur ceux do première nécessité, l'homme enorgueilli de sa pompe et de son faste emprunté, dédaigna la culture de la terre, l'abandonna îi la pure routine des temps, et, par ces préjugés injustes, le premier et le plus noble des arts fut ainsi dégrade, et insensiblement réduit à l'état pitoyable d'imperfection où nous le voyons.

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Cependant, si un art tient son êminencc du degré comparatif de son utilité aux besoins do la société humaine, l'agriculture étant, sans contredit, le plus utile, il doit être le piemier, comme aussi le plus noble des arts. Comme tel, il devrait recevoir l'hommage respectueux de tous les hommes, et comme tel il reçoit encore au moins la considération philosophique de plusieurs peuples éclairés, et spécialement de nos voisins heureux, les Américains, qui, à l'aide puissante de la chymie, l'améliorent beaucoup, et l'élévent au premier rang, comme éta nt la source la plus naturelle, la plus féconde et la plus certaine de l'aise et du bonheur. En effet, l'agriculture a un rapport si immédiat avec la chymie qu'il est presque impossible d'être parfait agriculteur sans connaître au moins les principes élémentaires de cette science. Tout homme peut, il est vrai, faire porter du blé à la terre, mais sans le secours de la chymie, le sol changeant, ou devenant fatigué, la terre produira bien moins, et, avec le temps, peut-être rien du tout. Car, il ne suffit pas, pour le plus grand succès dans l'agriculteur, de labourer, de retourner, d'ameublir, de fumer et de herser la terre ; un mélange bien assorti d'ingrédients terreux, un engrais analogue à la nature du sol, et une considération particulière des principes aqueux, sont encore nécessaires, pour mettre les plantes en état de recevoir, et de retenir à besoin, une nourriture convenable, et de végéter à perfection. Or, cette connaissance, si essentielle à l'agriculteur, de la nature et des proportions exactes des divers ingrédients et des engrais du sol, et de leur susceptibilité respective, ainsi que celle des différentes plantes à absorber et retenir les substances aqueuses et autres matières nutritives, est du ressort immédiat de la chymie, sans le secours des principes de laquelle la marche laborieuse de l'agriculteur empirique est toujours plus tardive, plus pénible, tout-à-fait incertaine, et souvent même beaucoup plus dispendieuse.

Il est donc très important, pour l'agriculteur, de connaître nu moins les principes élémentaires de la chymie, comme aussi la meilleure manière d'en faire; dans les diverses opérations de son art, l'application journalière. (J'ai déjà fait voir, dans la Bibliothèque Canadienne du mois de janvier 1828 quelques-uns de ces rapports entre la chymie et l'agriculture.)

La MiNEUAr.of;iE. — L'exploitation des mines no saurait se faire, avec succès, sans l'aide de la chymie. Le secours de cette science, surtout eu égard à la sûreté do la vie du mineur, lui est donc indispensable. En effet, c'est la chymie seule qui le dirige et le gouverne dans tous ses procédés relatifs à lui mômo et au .succès de son entreprise, depuis le moment de la découverte du métal jusq\i'à ce qu'il soil réduit ^i l'état de malléabilité ; car, c'est de la chymie (pic nous tenons tous les métaux dont l'usage est aussi avantageux que multiplié dans lus affaires domestiques de la vie.

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