CLASSE PREMIERE
Des principes chymiques^ V affinité^ V attraction^ U calorique^ V électricité et la lumière ; des moyens employés pour rompre V adhésion ; des différentes lois chymiques.
Leçon Quatrième.
Des principes chymiques, Vattraclîoîi, Vaffinité, Sfc, comme étant les principaux agents de tous les changements chymiques qui s^ opèrent f à leur aidcj dans toutes les substances soumises à leur influence.
L^attraction est ce principe naturel par lequel les corps physiques en masse sont portés â se rapprocher les uns des autres, et à devenir en contact» sans aucun changement ni aucune altération quelconque dans leurs particules constituantes ou intégrantes ; c'est-à-dire, qu^eile consiste d%n simple rapprochement spontané entre des corps physiques inaltérés, tel que celui de la neige vers les forets et les montagnes, celui de deux gouttes de liquide, comme le vif-argent, &c. &c.
Mais comme cette attraction a lieu de préférence entre certains corps, on est forcé de reconnaître la loi de la force centripète et la loi de la force centrifuge ; c'est-âdire, cette force par laquelle certains corps physiques sont portés vers un centre commun, et tendent à y demeurer ensemble, ou, â s'en écarter, pour aller s'unir à d'autres objets naturels qui en sont éloignés, et ce, souvent même indépendemment de leur gravité spécifique; comme pour la force centripète, la propension qu'a la terre, ainsi qu'une goutte de liquide, â prendre et â conserver une forme globuleuse qui résulte de l'attraction mutuelle qu'ont entr'elTes ses différentes parties constituantes, qui tendent â se rencontrer vers le centre ; et, pour la force centrifuge, la répulsion de deux corps également saturés du fluide électrique, &c.
Outre cette attraction que l'on peut appeler collective, on reconnaît et distingue encore l'existence «t l'ezertion
'traction^ le ms employés ' chijmiques.
é, Sçc, eomme nts chimiques inccs soumises
yieX les corps )cher les uns ncun changeleurs particu- , qu*eileconitre des corps vers les forets i^uide, comme
iférence entre ! la loi de la fuge; c'est-àis physiques it à y demeus*unir à d'auce, souvent ique; comme la terre, ainsi ;onserver une [tuelle qu'ont es, qui ténia force cenjnt saturés du
lier coUectivt, «t l'exertion
de deux espèces d'attractions chymiques; sçavoir, l'attraction de cohésion ou d'agrégation et l'attraction de composition.
L'attraction collective est ainsi appelée parce qu'elle est celle en vertu de laquelle les corps physiques sont portés à se rapprocher en masse ; et cette tendance en eux, à s'unir collectivement, constitue l'attraction proprement dite, mais qui appartient plutôt à la physique qu'à la chymie, et dont nous ne fesons mention ici que pour établir un moyen de comparaison entr'elle et l'attraction de cohésion ^ et de composition.
"|| L'attraction de cohésion ou d'agrégation est celle qui opère un rapprochement et un assemblage entre des particules similaires, pour en former un tout, et constituer ainsi un agrégé dont le volume est augmenté, et chacune de ces particules similaires dont la réunion forme un agrégé, porte le nom de particules intégrantes.
L'attraction de composition est celle qui s'exerce entre des particules dissimilaires, c'est-à-dire qu'elle est le principe chymique par lequel les particules constituantes de certaines substances matérielles, d'une nature différente, sont portées, lorsqu'elles deviennent en contact, à se combiner chymiquement, et à former un autre seul et même corps d'une nature et d'une consistence nouvelle. Cette attraction est celle par laquelle s'opèrent toutes les compositions et les décompositions chymiques ; et pour qu'elle ait lieu, il faut qu'au moins une des substances mises en contact soit liquide.
L'attraction de composition diffère de l'attraction de cohésion en ce qu'elle agit sur des particules dissemblables, et donne des composés hétérogènes, et bien différents de chacune des matières qui les constituent ; tandis que l'attraction de cohésion ou d'agrégation exerce sa force sur des particules semblables, qu'elles soient simples ou composées, et produit des corps d'une nature homogène; c'est-à-dire, que c'est le pouvoir de l'attraction de cohésion qui unit entr'elles les particules similaires d'une substance homogène, et c'est celui de l'attraction de composition qui unit et constitue ensemble les particules dissimilaires d'un corps composé, c'est-à-dire, formé de différens ingrédiens d'une nature hétérogène, de manière que l'attraction de eomposition est le synonyme de l'afUnité chymique, nom |>ar îequtl nous la désignerons dans la suite.
Comme l'attraction, l'affinité est un mot générique qui sert à plusieurs vne«; dans la pratique des arts et des sciences, et dans le cours desafrai^es de la vie; mais nous nous bornerons ici à Va/Jînité chimique qui, d'après ses effets, admet encore une subdivision de plusieurs espèces, telles que 1". V'qljinitc siinple proprement dite.- 2". VaJ/înité é/edive simple; 3". VaJJimtc élective complexe -, 4". !'<////"- 7iité ifUcrmède ; 5". VaJJinité réciproque; b", Vajfinité quiescoite ; 7". Y affinité divcllente.
lo. U affinité simple est celle par l'action de ln(|uelle les particules constituantes d'un corps composé sont unies cliymiquemenf, sans occasionner la séparation ou la décomposition d'aucune autre substance quelconque ; comme le démontre l'union d'un alkali avec un acide, ou celle de la perlasse avec l'huile, formant du savon ; ou celle de l'ammoniaque avec de l'huile d'olive, formant le liniment Tolatil des médecins, &c. &c.
2o. 'UaJJinité élective simple est celle en vertu de laqu'elle les particules constituantes d'un corps composé, nouvellement formé, sont unies chymiquement à l'exclusion d'une ou de plusieurs autres substances qui se trouvent déplacées de leur état d'union préalable ; comme on le voit en jettant un peu d'acide sulphurique sur du carbonate de chaux {blanc d'Espagne) d'où résulte la formation du sulphate de chaux (plâtre de Paris) à l'exclusion de l'acide carbonique qui s'échappe de la chaux et s'envole en forme de gaz, l'acide sulphurique ayant une plus grande affinité pour la chaux que n'en a le carbonique. Comme on le voit encore dans la mixtion des ingrédiens d'une prise de soda, lesquels consistent de 20 grs. de carbonate de soude, et d'autant d'acide tartarique ou citrique qui, ayant une plus grande affinité pour la soude que n'en a l'acide carbonique, il se combine par l'affinité élective, avec la soude dont s'échappe l'acide carbonique,qui s'envole en forme de gaz, et produit une effervescence considérable.
Si à une dissolution d'un métal dans un acide, on ajoute une solution alkaline, l'acide de préférence, se combine chymiquement avec l'alkali en solution, ayant une plus grande affinité pour celui-ci que pour le métal, qui, à raison de sa pesanteur spécifique, tombe au fond du liquide, et forme un précipité.
C'est ainsi qu'en plongeant une lame de couteau dans une dissolution de cuivre par l'acide nitrique, celui-ci abandonne le cuivre pour se combiner avec le fer de la
énérique qui et lies scien- \is nous nous rès ses efl'ets, spèces, telles 2\ Va/Jinité
6», VaJIlnité
i de Inquelie )sé sont unies ion ou la dénque ; comme le, ou celle de ; ou celle de int le Uniment
1 vertu de la- )rps composé, lent à l'exclues qui se tiouile ; comme on ne sur du carsuite la formaà l*exclusion [aux et s'envole ne plus grande lique. Comme ;rédiens d'une '. de carbonate u citrique qui, de que n'en a ..nité élective, ue,qui s'envole considérable, ide, on ajoute e, se combine ant une plus [tal, qui, àraind du liquide,
couteau dans Irique, celui-ci lec le fer de la
laave, pour lequel il a une plus grande allinité que poiJr le cuivre (ju'il tenait en solution, et qu'il laisse reparaître, dans son état naturel, sur la lame (|ui s'en couvre d'une fine pellicule.
3(). l'njjinilc rlcdivc compU'Xc ou double exerce son influeiice cnire les particules constituantes de deux corps au moins, conipost'S, c'nacun d'une base alkaline ou métallique et d'un acide, et mis en contact, par un mélange convenable, pour en opérer la décomposition, l'échange de leurs bases respectives, et la formation de nouveaux composés, possédant une nature et des propriétés physiques et autres, bien différentes de celles (jni les caractérisaient, lorsqu'ils étaient dans leur état d'union préalable ; comme OM le voit dans le procédé suivant, qui consiste d'une solution de ])erlasse (sub-carbonate de potasse) à la(|uelle on ajoute une solutioïî de coupe-rose (sulphale de fer;) il y u échange Oi<^ bases et la formation du sulphate de potasse et de carbonate (ou rouille) de fer qui, à raison de sa pesanteur spécifique, tombe au fond du liquide en forme de précipité. C'est un procédé simple auquel un médecin chymiste peut souvent avoir recours avec avantage dans la pratique de sa profession, le sulphate de potasse étant un apéritif doux, et le carbonate de fer un excellent tonique, qu'on ne saurait, autrement, se procurer dans un état d'aussi grande pureté.
On voit encore un exemple de l'alHnité élective double dans la fameuse opération du miraadum chemicum^ qui consiste à mêler une solution de carbonate de potasse avec d 1 muriate de chaux qui produit la conversion instantanée de deux liquides diaphanes en une matière pierreuse solide» y ayant un échange de bases, et la formation du muriate de potasse et de carbonate de chaux.
4o. Uajfinilé intermède est celle par laquelle deux subs-^ tances, qui paraissent n'avoir pas d'affinité sensible enlr'* elles, sont disposées à s'unir chymiquemcntpar l'intermède ou l'intervention d'une troisième; ainsi, un aîkali est l'inler.Tiède d'une union chymiqno entre l'huile et l'eau ; l'ad* dition du jaune d'œuf à la térébenthine la rend soluble clans l'eau, &c. &c., d'où vient la théorie du savon, de la lessive, du lavage, des creusages, &c. &c. . 5o. Uujfinitc 7-éciproque est celle au moyen de laquelle deux substances sont également disposées à se rapprocher et cà se combiner chymiquement ensemble; comme on le Toit dans l'union d'un alkali avec un acide.
60. Vq/jîttUé quiesante et diveîlente sont celles qui ac manifestent dans l'exemple de l'affinité complexe ; car en examinant les phénomènes qui ont lieu dans ce procédé double, on reconnaît qu'il y a, en action, deux forces opposées ; celle qui tend à tenir unies, deux à deux, les substances qui y sont soumises, et à les faire demeurer en repos, et que pour cette raison, on appelle quiescente ; So. celle qui tend à les désunir, ou à faire qu'elles se combinent chymiquement dans un ordre différent, et qu'on nomme diveîlente, d'où il suit que la décomposition d'un corps ne saurait avoir lieu qu'autant que l'affinité quiescente est vaincue par la diveîlente.
Leçon Cinquième.
Des différents moyens employés pour rompre V adhésion ou Yqfflnité qui existe entre les particules des corps physiques.
La loi des affinités, dont nous venons de parler, tend tans cesse à rapprocher les particules des corps, et â les maintenir dans leur état d'union. Les efforts du chymiste se bornent presque toujours à vaincre cette force attractive ; et les moyens qu41 emploie se réduisent, lo. â divi. ser les corps par des opérations mécaniques ; 2o. à les diviser, ou â éloigner les particules, l'une de l'autre, par le secours des dissolvants ; 3o. à présenter aux divers infçrédients de ces mêmes corps, des substances qui ont plus d'affinité pour eux qu'ils n'en ont eux-mêmes entr'eux.
lo. Les différentes opérations auxquelles le chymiste a recours, pour déterminer la nature des corps, en altèrent la forme, le tissu, les propriétés, physiques ou autres, et en changent même quelquefois la constitution. Tous ces changements sont ou mécaniques ou chymiques; mais les opérations mécaniques, dont nous parlons en cemoment,ne dénaturent pas les substances; elles n'en changent, en général, que la forme et le volume, quelquefois aussi la couleur; ces opérations se font au moyen du marteau, du ciseau, du pilon, &c.
Ces opérations préliminaires préparent et disposent à de nouvelles, qui désunissent les ingrédients des corps, et «n changent la nature et les propriétés ; et ces opérations nouvelles ou secondaires, qu'on peut encore appeler chyiniques, constituent essentiellement l'analyse dont noui avons déjà donné la définition.
t celles qui se iplèxe ; car en m s ce procédé leux forces opdeux, les subsemeurer en rele quiescente; (u'elles se comrent, et qii*on mposition d*un l'affinité quies-
re V adhésion ou :orps physiques.
le parler, tend corps, et â les rts du chymiste ;e force attracent, lo. â divines ; 2o. à les de l*autre, par ■ aux divers inces qui ont plus tes entr'eux.
s le chymiste a •ps, en altèrent s ou autres, et ion. Tous ces liques; mais les 1 cemoment,ne
changent, en quefois aussi la
u marteau, du
et disposent à ts des corps, et ces opérations e appeler cby* yse dont doui
2o. On appelle dissolvant, ou roenstrue, fmensiruumj le liquide dans lequel disparaissent les particules solubles d'un solide; de sorte que la dissolution est la division et la disparition d'une substance solide dans un liquide, mais sans aucune altération dans la nature et les propriétés de celle que l'on dissout.
L'agent de la dissolution parait suivre quelques lois constantes que nous ne ferons que mentionner ici.
A. L'agent de la dissolution ne parait pas différer de celui des affinités; et dans tous les cas, la dissolution est plus ou moins abondante et facile, selon l'affinité des particules intégrantes du dissolvant avec celles de la substance à dissoudre.
Il s^en suit, de ce principe, que pour faciliter la dissolution, il faut triturer et diviser le corps que l*on veut dissoudre; par ce moyen on lui fait présenter plus de surface, et on diminue, entr'elles, l'affinité des particules intégrantes.
B. La dissolution est d'autant plus prompte, que les particules intégrantes de la substance à dissoudre présentent plus de surface à l'action du dissolvant. C'est sur ce principe qu'est fondé l'usage de broyer, de triturer et de diviser les substances que l'on veut dissoudre.
C. La dissolution d'un corps, dans un liquide, produit toujours du froid. On tire avantage de ce phénomène pour procurer des froids artificiels bien supérieurs aux plus rigoureux de nos climats, et au moyen desquels, on peut, même dans les plus grandes chaleurs de l'été, faire congeler la plupart des substances liquides. C'est au moyen du froid artificiel que les confiseurs font en été ce qu'on appelle la crème à la glace {ice-cream) en se servant de glace et de sel commun de table {muriate de soude) dans un vaisseau dans lequel ils introduisent, et tiennent continuellement en agitation, celui qui contient le liquide qu'ils veulent congeler. Le sel et la glace en passant d'un état plus dense à un état moindre et de fluidité, absorbent rapidement la portion additionnelle du calorique qui leur est nécessaire, pour cette transition, et en particulier du liquide soumis â lo congellation, jusqu'à ce qu'il y ait une égalité de température, après quoi le fluide ainsi congelé absorbe lui-mcme le calorique des autres substances ambiantes ; de sorte que, finalement, le sel, la glace et la première substance prennent tous également l'état de liquidité. De la même manière, la solution du muriate
d'ammoniaque, fsel ammoniaque J produit un froid artificiel encore plus considérable.
Les principaux dissolvants, employés dans nos opérations, sont l'eau, l'alcohol f esprit de vin) et la chaleur (ca' longue. J Les substances soumises à l'un ou à l'autre de ces dissolvants, présentent des phénomènes analogues ; elles se divisent, se raréfient ci finissent par disparaître à la vue ; le métal le plus réfractaire se fond, se dissipe en vapeur, et passe à l'état de gaz, si un plus haut degré de calorique ou de chaleur lui est appliqué. Ce dernier état forme une dissolution complète de la substance métallique dans le calorique.
Pour opérer une plus prompte, plus abondante et plus parfaite dissolution, on fait souvent concourir l'opération raréfiante du calorique avec la force dissolvante de l'eau ou de l'alcohol; comme une solution de sel dans l'eau chaude, de gomme dans l'alcohol bouillant, &c.
3o. Comme l'aflinité particulière des divers corps physiques n'est pas la même chez tous, leâ particules constituantes peuvent être plus ou moins aisément déplacées par la présence et l'action élective d'autres substances, et c'est là-dessus qu'est fondée l'action de tous les réactifs que le chymiste emploie dans ses analyses. Quelquefois il déplace certains ingrédiens qu'il peut alors examiner plus exactement par là-même qu'il les a déplacés et isolés des autres. Souvent le ré-agent employé se combine chymiquementavec quelques ingrédiens du corps que l'on analyse, et il en résulte un composé nouveau dont les caractères et les propriétés indiquent la nature et la substance qui s'est ainsi combinée, attendu que les combinaisons des principaux ré-agents avec les diverses bases sont connues. Il arrive encore très souvent que le ré-agent employé se décompose lui-même, ce qui complique les phénomènes et les produits, mais nous jugeons toujours, par leur nature, des constituans du corps que l'on analyse.
Ainsi, il ne faut pas considérer l'affinité comme étant la seule cause qui préside à la composition et à la décomposition des corps; au contraire, par l'afliinilé d'une substance quelconque, il faut n'entendre que la force chymique qu'elle exerce dans une circonstance donnée. C'est ainsi que le rapport entre les corps en masse, que la cohésion, la division et la séparation des particules, la température, l'élasticité, l'efflorescencc, la liquidité, l'état aëriforme ou
lin froiil arti-
ns nos opéraa chaleur (cai l'autre de ces ilogues ; elles isparaîire à la dissipe en valiaut degré de Ce dernier état iiice métallique
)ndante et plus irir l'opération )lvante de l'eau e sel dans l*eau t, &c.
vers corps phyarticules consti- [U déplacées par ostances, et c'est is réactifs que le lelquefois il dé- ; examiner plus ces et isolés des ombine chymiis que l'on anadont les caracet la substance imbinaisons des es sont connues, ent employé se [les phénomènes s, par leur naalyse.
é comme étant
et à la décom-
[ùté d'une subs-
force chymique
ée. C'est ainsi
ue la cohésion,
la température,
Itat aëriforme ou
gazeux et la raréfaction des substances, influent considérablement sur tous les phénomènes chymiqucs ; ces agents modifiant beaucoup et s'opposant toujours plus ou moins à la force coercitive de l'aflinité, qui tend sans cesse à retenir les substances dans leur état de composition préalable.
Leçon Sixième.
Des différentes lois chimiques.
L'aflinité chymique ayant été reconnue constante et invariable dans ses effiîts, Fourcroy a établi dix lois qui offrent très exactement l'ensemble de tous les phénomènes chymiques, et que l'on peut considérer comme les axiomes fondamentaux de la chymie.
V. — L^ affinité w'a lieu qu'entre les substances de nature différe?ite ou hétérogctic.
Ce premier principe est général et invariable. En effet, si l'on mêle deux substances de nature similaire, il en résulte un agrégé d'un volume plus grand, sans aucun changement dans la nature de leurs particules intégrantes; mais, au contraire, lorsque l'on met en contact deux substance» de nature différente, telles qu'un acide avec un alkali, ils se combinent chymiquement, et forment ensemble une seule et même substance d'une nature bien différente de celle qu'avaient, dani; leur état de séparation, les ingrédiens dont cette nouvelle production est constituée.
Cet exemple familier nous fournit encore un point saillant de distinction entre l'attraction et l'aflinité chymique proprement dite, qu'on ne saurait trop faire sentir, parce qu'elle paraît avoir entièrement échappé à la considération des chymistes ; c'est-à-dire, que l'attraction est ce principe par lequel les corps physiques sont portés à se rapprocher, et même à cohérer ensemble, sans aucun changement dans la nature de leurs constituants, et l'aflinité chymique est ce principe par lequel les particules des corps mis en contact se combinent chymiquement ensemble, produis.'înt, dans leur disposition, leur couleur et leur nature, un changement plus ou moins considérable.
2°. — U affinité n'a lieu qu'entre les particules extrêmes des substances.
L'affinité ne peut parvenir à faire combiner les subs» tances, qu'au moyen de la réduction de leurs particules à un degré de finesse extrême, et que par la mise en contact des unes avec les autres, quelquefois même en un état aëriforme. Tels sont les procédés auxquels on a recours pour opérer la combinaison du mercure avec l'acide oxymuriatique, du souffre avec l'alcohol, &c. &c. Cependant, il est bon de remarquer ici que la proposition de cette loi semble offrir quelques exceptions ; car on connaît des substances capables de se combiner ensemble, à l'état solide, pour prendre la forme liquide; tel est le mélange du muriate d'ammoniaque avec la chaux, qui laisse dégager da gaz ammoniacal ; tel est encore le mélange de la glace avec le muriate de chaux, &c. &c.
S*. — L'affinité peut avoir lieu entre plusieurs substances.
L'alliage dn bismuth avec le plomb, du cuivre avec l'étain, et généralement tous les métaux prouvent la vérité de cette loi.
Les combinaisons des acides avec les diverses bases aU kalines, peuvent encore servir d'exemple.
N. B. — Quand un corps est formé de deux substances» on l'appelle composé binaire; quand il Test de trois, composé ternaire, de quatre, composé quaternaire, &c.
4°. — Pour que deux substances se combinent chijmiquemenii il faut que l'une au moins soit liquide ou ^fluide.
Un grand nombre d'observations démontrent très exactement que deux substances solides ne sauraient entrer en combinaison parfaite l'une avec l'autre, à moins que l'une ne soit fluide, et plas la fluidité est parfaite, mieux et plus promptement l'effet s'opère. C'est ainsi que le sucre qui ne peut s'unir à la glace, fond facilement dans l'eau ; que l'acide sulphurique, étendu ou délégué d'eau, dissout le fer avec beaucoup d'énergie, tandis que l'opération est longue et incomplète, lorsque ce liquide est concentré ; que la potasse et la soude et la silice ne sauraient se combiner, pour former le verre, que par l'action du calorique qui liquéfie une de ces substances, &c. &c.
ô'. — Lorsque V affinité a lieu entre plusieurs substances, leur température ciiange dans l'instant de leur union.
La température des corps qui se combinent peut être de deux manières; lo. si le composé, pour sa formation nouvelle, a besoin de calorique, il y aura production de
r les s«bspnvticules à ie en contact
en un état on a recours
l'acide oxykc. Cepenoposition de w on connaît nble, à l'état it le mélange i laisse déganélange de la
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[SI j
froid, comme il arrive quand on dissout du muriate d'ammoniaque ou de soude dans l'eau, ou dans le mélange d'une certaine quantité de glace avec une partie d'eau, &c. &c., c'est-à-dire qu'il y a, de toutes parts, une absorbtion de cette portion de calorique qui est nécessaire jîour dilater, liquéfier et dissoudre ces substances, ce qui fait descendre considérablement le thermomètre et produit une sensation de froid. 2o. Au contraire, dans le cas opposé, il y a dégagement de calorique ; c'est ainsi qu'en mêlant quatre parties d'acide sulphurique concentré avec une d'eau, il y a une émission considérable de calorique et production de clialeiir.
L'extinction de la chaux vive nous prouve encore la vérité de ce fait, &c. &c.
6°. — Deux ou plusieurs substances qui se sont unies par affinité entr^ellcs^ forment un composé de nature et de propriétés bien différentes de celles qui les caractéri9ent dans leur état de séparai ion^ la saveur, la couleur, la forme, V odeur ^ le goût» r activité, la consistajice, S^c, n* étant plus les mêmes.
La connaissance de cette loi importante, et très remarquable en cbymie, est infiniment précieuse au médecin pharmacien; car, très souvent, de l'union chyroique de deux substances innocentes, il résulte un composé actif, vénéneux et dangereux à In vie; comme aussi la combinaison de quelques substances inertes, ou insipides, donne des produits spécifiques et capables de produire des effets très opposés à la nature préalable des matières constituantes ; comme pour la saveur et l'activité, l'acide oxymuriatique et la potasse qui, administrés séparément avec précaution, ne sauraient être préjudiciables à l'économie animale, mais dont la combinaison chymique donne une substance d'une saveur très caustique, et qui est un poison violent ! Comme, pour la couleur, l'acide gallique et le sulphate de fer, qui sont ou transparents ou peu colorés, mais dont la combinaison produit l'encre ordinaire.
La CQuleur des substances dépend de l'arrangement et de la disposition particulière de leurs particules constituantes, et bien que, généralement parlant, l'introduction du calorique entr'elles affaiblisse leur affinité de composition, cependant, comme cette composition dépend quelquefois de la présence et de l'opération du calorique chymiqne, qui est nécessaire à son existence, lorsque certaines substances en sont privées, l'affinité de composition est aflfaiblie, et leur eoulear et leur nature sont par là-mème changées
et moilificcs. C'est pour celii fjiu: l*cncrc qui n vAv exposile MU froid est en partie ciécoinposto, et ftsr.unie uue couleur plus blniiclio, tandi-s que le contraire a lieu lorsqu'elle est tenue à la chaleur.
Lorsque, par accident, l'on répand de l'encre sur les liardes ou sur le plancher, comme après l'acide ^alliquo, l'acide oxalique a plus d'allinité pour le fer que n'en a aucun autre acide, il se combine plus ou moins avec le for, et change et elllice peu à peu la couleur de l'encre. Ainsi, l'application souvent renouvellée de l'acide oxalique efface peu-»i-pc« les taches d'encre sur le linge ou ailleurs; et comme l'oseille commune des champs et des jardins (cxalis acclosella et riimex accloscl'a) en contient beaucoup, en les frottant souvent avec du jus des feuilles de cette plante on produit insensiblement le même ert'ct. (f )
Comme, pour l'odeur, l'acide muriatique et le carbonate d'anwnon laque, qui sont iXtwx. substances très pénétrantes, et de la dernière desquelles, pour cette raison, on se sert très souvent pour stimuler les nerfs olfactoires des personnes évanouies, mais dont la combinaison donne naissance à un composé qui n'a aucune odeur marquée; ou, au contraire, le souffre et la potasse, qui n'ont presque
(f) {L*encre indélébile (dite de lu Chine) se fait de la manière suivante : dissoudre trois onces (poids d'apothicaire) de nitrate d'argent dans deux onces d'eau de pluie ou de neige à la mesure, dans laquelle on ajoute un petit peu de gomme arabique, brasser le tout et le laisser reposer trois ou quatre jours, après lesquels elle est prête à être mise en usage.
Le linge que l'on veut marquer, doit être préalablement humecté avec une faible solution de gomme arabique ou *de carbonate de soude, que l'on fait sécher en repassant et glaçant le linge avec un fer chaud à repasser, après quoi l'on peut faire les marques désirées. Cependant, cette encre ne peut être considérée comme indélébile d'une manière absolue, car le pernitrate de mercure, en solution, efface et fait disparaître toute la couleur de l'encre indélébile.)
ft ctéexposrc ! une couleur orsqu'elle est
encre sur les cicie galliquo, r que n'en a iioins fvvec le u- (le l'encre.
l'acide oxiiliir le linge ou champs et tles \) en contient
lies feuilles dti lenie ellct. (i)
le et le carboiccs très péntJ- • cette raison, erfs olfactoires )inaison donne leur marquée; i n'ont presque
se fait de la oids d'apolhid'eau de pluie oute un petit e laisser repoe est prête à
préalablement ne arabique ou r en repassant epasser, après Cependant, ndélébile d'une rcure, en solueur de l'encre
fSS J •
f>ai d'odeur, mais dont le mélange, au moyen d'un peu d'humidité, form(? une substance d'une puanteur insupportable, kc. kc. (I)
7'. — La force tic X affinité se mesure par le degré de résisfence ou de dijjïcitlté que l'un a à vaincre pour déplacer et séparer les pnrticuli's da composants.
Il y a des substances dont on sépare, avec facilité, les particules constituantes, lesquelles s'unissent avec grande activité, lorsqu'elles sont dans un état libre; d'aulies, au contraire, se répugnent et se combinent avec lenteur, mais ont entr'elles un attachement et un2 ténacité extrême. — - Ainsi, en séparant les particules constituantes des corps, on doit considérer le degré d'affinité qui les lient unies chymiquement ensemble, et non l'énergie arec laquelle elles se combinent ; comme on le voit dans les exemples suivants: l'acide nitrique qui se combine très aisément avec le mercure, l'abandonne avec une extrême facilité; tandis que l'acide muriatioue, au contraire, qui s'y unit lentement, et avec peine, y adhère avec une grande ténacité.
8°. — lit/ a entre tous les corps phi/siques un degré d'a/Jî-' nité bien différent.
On peut aisément concevoir que, si tous Us corps physiques possédaient, entr'eux, le même degré d'affinité,
(J) Mon ami, le Dr. Robinson, de St. Vincent de Paule, in*a raconté un cas où un médecin administrait à la fois du carbonate de soude et du tartre émétique, d'où il devait en résulter le tartrate de potasse et de soude, substance catliartique qu'on appelle Sel de Rochelle.
Le savant professeur Gullup, m. d. avaiî coutume de nous relater, dans le cours de ses leçons intéressantes, le tas d'un médecin qui, voulant établir un écoulement à la jambe d'un malade, mais n'ayant que trop peu de potasse •t d*acide sulphurique pour pouvoir le faire avec chacune de ces substances séparément, trouva l'expédient do mêler les deux ensemble, afin d'en obtenir une «jtiantité suffisante de caustique dont l'application pourrait répondre à ses vues ; mais le résultat inattendu de ce mélange étant un julphate de potasse, qui n'est qu'un doux apéritif, il l'avait déjà laissé longtemps sur la jambe du patient, lorsqu'à sa grande surprise, il observa que sa nouvelle coropositiou ^'en avait seulement pas rougi la peau !
il n'y aurait, (Ibiis In nature, aucune combinaison^ aucun cliangcment ; il n'y aurait ni composition, ni décomposition; il n'y aurait que des corps simples. Mais l'aflfinitû et l'adhérence, qui unissent ensemble les particules des corps, ne sont pas les mêmes pour tous ; elles dépendent de certains choix et de certaines prcféi'ences entr'elles. C'est ainsi cpi'il est des substances qu'on ne peut unir ()u'à l'aide de moyens longs et pénibles, et qu'un grand nombre de corps ne peuvent être combinés directement par aucun moyen de l'art; ce qui se manifeste bien particulièrement n l'égord du fer et du mercure, de l'huile et de l'eau, &c. &c.
C'est principalement par le concours simultané des différentes nflinités que, à l'aide des divers moyens mentionnés dans la leçon précédente, l'on peut former différents corps avec les mêmes matières.
9". — U affinité est en raison inverse de la saturation des corps les nns par les autres.
Cette loi, plus abstraite et plus compliquée que les précédentes, renferme deux faits que l'on rencontre dons toutes les combinaisons chymiques. C'est pourquoi, il faut d'abord savoir, lo. que tous les corps, en se combinant ensemble, admettent des proportions exactes plus ou moins considérables de constituants et propres à chacun d'eux, proportions au-delà desquelles ils ne peuvent plus en prendre. Cette faculté constitue l'opération «jue l'on appelle saturation. Saturer un corps, c'est en faciliter la combinaison avec un autre, de manière \ en satisfaire entièrement l'affinité, c'est-à-dire, que c'est effectuer entr'eux une union chymique sans que l'un domine sur l'autre, 2o. Il faut encore savoir que les premières particules d'un corps qui s'unissent à celles d'un autre, pour opérer la saturation, y adhèrent plus fortement que les secondes, celles-ci plus que les troisièmes, et ainsi de suite ; et que plus on approche du point de saturation, plus l'affinité est faible. Ainsi, si l'on verse de l'acide sulphurique sur du mercure, on obtient, à l'aide du calori(jue, de l'acide sulphureux et du sulphate de mercure; l'acide est en partie décomposé, son oxygène se combine avec le mercure et en forme un oxyde, qui ensuite se d'ssout dans le reste de l'acide et forme un sulphate. Il résulte de ce fait que les dernières particules d'oxygène tiennent plus fortemenl au soufre que les premières, puisque celles-ci ont abandonné cette base dès le commencement de l'opération ; de
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nrinièrc que les premières particules du compoiition préalable deviennent les dernières de combinaison actuelle; li'où vient révidenceque les premières qui s'unissent ù un corps, y tiennent plus forteiuent que les dernières, (pic plus on approche du poir)t de saturation, moins elles sont combinées, et qu'on éprouve de grandes dilliculUvs à séparer les dernières particules d'un composr. 3o. Il faut savoir encore que les particules constituantes de» corjH» s'unissent to:ijours en proportions exactes et délinies; c'est-à-dire que, dans la composition d'un corps, il entre tant de particules d'une substance, tant d'une autre, sans qu'il soit au pouvoir de l'art do disposer le composé i" on prendre ni plus ni moins; elles s'unissent dans une proportion numérique, ce qui a donné naissance ù la fameuse théorie atomique qui est reconnue, à présent, par tous les cliymibtcs modernes, et dont on trouve des exemples dans les oxydes de fer, Sec. L'oxyde noir (la limaille et les particules) de fer, qui s'échappent de l'enclume des forgerons, consiste de 100 parties de fer et de 28 d'oxygène par le poids ; et l'oxyde rouge (la rouille commune) tle fer consiste aussi de 100 parties de fer et de *13 d'oxygène. Ces proportions, cpii en exemplifient une infinité d'autres, sont fixes et invariables, et on ne saurait inventer aucun moyen pour faire unir l'oxygène avec le fer en quantité différente.
Cette loi, de proportions exac(cs et définies, s'applique à tous les m(:taux, tous les acides, tous les sels, &c. &c. D'où naît l'importance de la bien connaître, pour en faire l'application dans la pratique des arts ; car ces proportions une. fois connues pour être toujours exactes et définies, l'artiste scientifique, le teinturier, par exemple, peut faire, avec économie, le mélange (lèses innjrédiens et doit ,,se borner à la quantité que les principes chymiques et la ' pratique lui ont démontré être nécessaire et suffisante, sachant, surtout, que la nature a prescrit à tous ces composés, des limites qu'il ne saurait contrôler.
Cependant, 4o. il faut remarquer encore que les li- Xjueurs fortes, dont l'alcohol est la base, paraissent faire 4ine exception à la loi de proportion, ainsi qu'à la loi dixième; car, par exemple, l'alcohol, le rhum, le brandy, le genièvre, &c. &c. se mêlent avec l'eau dans toutes les proportions, sans occasionner aucun changement essentiel, soit dans leurs propriétés, soit dans leurs qimlitcs sensibles, la force et le goût seulement étant réduits par la
présence et l'insipidité de l'eau, dans un degré proportionné à la quantité qu'on y ajoute.
D'après ce principe, l'addition d'un peu d'eau dans ces différentes liqueurs et dans le vin, avant d'en faire usage, comme boissons, est une excellente pratique, parce qu'elle en rend l'action plus régulière et moins stimulante, plus douce et moins diiïii*ible ; pratique que le médecin surtout ne saurait négliger, dans les cas de maladie accompagnée ou suivie d'une lenteur d'action et d'une grande faiblesse de nerfs, sans risquer beaucoup la vie du malade, en les stimulant au-delà de leur force, ce qui cause nécessairement un épuisement subséquent, proportionné au degré de stimulation intérieure, et, souvent même, une extinction totale et irrévocable de leur fonction !
Dans l'exception apparente dont il s'agit, ce n'est peutêtre qu'un simple mélajige ; mais il ne finit pas confondre le mélange avec le composé, non plus que l'amaii avec Vagrégé.
Le mélange présente toujours, dans sa consistance, la réunion de certaines substances hétérogènes, sans aucun changement essentiel dans leur nature, leurs diverses propriétés demeurant les mêmes; comme on le voit d.ins le pain, dans lequel on reconnaît le goût du sel, du fécule ou farine, &c. et encore dans la poudre à tirer, et généralement dans toutes les poudres pharmaceutiques, &c.
Le composé ofï're toujours, dans sa composition, un produit de particules hétérogènes et très différentes de chacune des matières qui le constituent, et résulte du changement essentiel qu'opère l'affinité chymiquc entre les particules de substances dissemblables; comme le démontrent tousles acides, toy s les oxydes, tous les sels,l&c.
h^amas est une collection de particules intégrantes qui n'ont aucune union entr*elles, et qui sont toujours mobiles et indépendantes les unes des autres ; comme nous le présente un tas de pierres, de grains, de bois, de sable, de chaux, de cendre, &c. &c.
L'agrégé est un corps homogène qui résulte de l'attraction d'agrégation qui agit entre les particules des substances semblables, simples ou composées, et les fait cohérer ensemble, comme on le voit dans le chloritCy le granité^ le quartZy et la plupart des minéraux pierreux.
egré propor-
reau dans ces n faire usage, , parce qu'elle mulanto, plus médecin surlaladie accomd'unc grande vie du malade, n cause nécesoportionné au it même, une ition !
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intégrantes qui oujours mobiles omme nous le bois, de sable,
ulte de l'attracicules des subsles fait cohérer !«?, le granité, le
10*. — Il y a entre les corps qui ne peuvent se décomposer A*abord, une affinité prédisposante qui détermine la décomposition.
Cette affinité entre des substances qui sont inhabiles à se combiner immédiatement ensemble, mais qui acquièrent cette propriété par la présence d^une quatrième substance, et qui fait nattre des décompositions qui ne sauraient avoir lieu sans l'addition de cette nouvelle substance, qu'on appelle intermède, parce qu'elle donne lieu à l'exercice de l'affinité intermède qui s*exerce au moyeu de l'intervention d'uns autre substance.
Cette affinité, qui semble se rapprocher de l'affinité élective double, en diffère en ce que l'on emploie comme agent simple, une substance d'une composition double, telle que l'eau qui est composée d'oxygène et d'hydrogène, et que les résultats, auxquels cette affinité intermède donne lieu, ne sont pas des composés binaires, c'est-àdire, formés de deux substances élémentaires ; par exemple, Peau et le fer ne se combinent pas aisément par aucun moyen de l'art; mais, si l'on y ajoute de l'acide sulphurique, celui-ci dispose le fer à décomposer l'eau, le métal s'empare de l'oxygène devenu libre par la décomposition, il s'oxyde et se dissout ensuite dans l'acide avec lequel il forme un sulpbate de fer, et il y a, pendant cette opération chymique, un dégagement d'hydrogène, l'autre gaz constituant de l'eau.
Voila pour les diverses affinités reconnues en chymie, et les lois qui en dépendent, et que j'ai cru devoir traiter un peu au long, parce qu'étant les principes fondamentaux de cette science, elles renferment l'explication de toutes ses opérations, ce qui en rend la connaissance facile et très utile dans la pratique de tous les arts, et même indispensable dans celle de quelques-uns, mais surtout dans celle de la médecine, dont le succès, dans maintes circonstances différentes, dépend entièrement d'en bien savoir faire l'application.
Leçon Septième.
Du calorique et de ses effets»
Par calorique (du mot latin calor) on entend le nom que Us auteurs de la nouvelle nomenclature chymique ont
donné à la substance qui cause l'effet^ et produit sur nos sons, la sensation qu*on appelle chaleur \ c'est-à-dire, considéré relativement, le calorique, par son intromission, est une cause opérative et la chaleur en est l'effet subséquent.
Les propriétés principales du calorique sont celles d*ètre très subtile, très rare et très élastique; de pénétrer tous les corps physiques, d'écarter leurs particules et de les modifier de manière à fondre les solides et à raréfier les liquides au point mêons de les convertir en fluides acriformes.
Le calorique en s'insinuant entre les particules des corps, est un obstacle à l'attraction de cohésion entr 'elles, parce qu'au moyen de son action répulsive, il les dilate, augmente leur ressort, et fait qu'elles assument un volume plus considérable. C'est ainsi que du fer chauffé au rougç, augmente sensiblement dans toutes ses dimensions, surtout en longueur. Mais le mercure est, de tous les corps physiques, celui qui se dilate davantage par l'action du calorique, et c'est cette propriété et sa facile condensation, qui fait qu'on l'emploie, concurremment avec l'alcohol, pour l'usage des thermomètres, dont la destination est, comme tout le inonde le sait, de mesurer et d'indiquer l'abaissement ou l'augmentation des degrés de la chaleur que, dans ce cas, on appelle ordinairement température.
Les différents degrés d'expansion et de contraction, auxquelles les diverses substances sont sujettes, est un grand inconvénient dans plusieurs occasions, surtout dans l'usage des instruments de musique et de ceux pour marquer le temps, telles que les montres, pendules, horloges, piano-forté, &c. car îes différents métaux, en particulier, étant susceptibles de différents degrés d'expansion, par la chaleur, et de contraction, par le froid, il s'en suit quo les instruments qui en sont construits sont sujets à être dérangés et souvent discords, lorsqu'il y a quelque changement un peu considérable de température dans l'atmosphère ; d'où il suit que, pour les jnano-forté, par exemple, il est important de choisir ceux qui sont construits d'un seul métal, et de les tenir toujours à une température égale. D'après ces principes, l'on voit pour quelle raison, les montres et horloges vont plus vite, étant exposées au froid qu'à la chaleur, parce que, dans le premier cas, ces instruments souffrent contraction ; ce 'uii en rend le;»
lit sur nos st-à-dire, romission, [«effet sub-
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LÎcules des i entr*clles, les dilate, un volume chauffé au limensions, de tous les par l'action ile condeniraent avec ; la destinamesurer et s degrés de linairement
:ontraction, ;tes, est un irtout dans pour mar- [, liorlofçes, [particulier, lion, par lu |en suit que ijets à être Aque chaiiins l'atmos- '^, par exconstruits impérature [elle raison, jt exposées eraier cas, ;n rend les
mouvements plus lâches, et que, dans le second, ils sont dilatés par la chaleur, ce qui en gène le cours. Cependant, lorsque le froid est excessif, l'huile qu'on y met, pour les lubréfier, se congèle tout cà-fait, et y produit une obstruction qui peut les faire arrêter.
L'exp?.nsion ou dilatation, cause quelquefois de grands ravages dans les cheminées, lorsque, par négligence, la suie s'y accumule et y prend feu spontanément, ce qui en occasionne la séparation, et la fracture des pierres y produit des crevasses souvent considérables, et met toujours les bâtisses en grand danger d'être brûlées. La prudence et l'économie veulent donc que l'on fasse nétoyer souvent les cheminées, pour obvier à ces accidents.
Dans le cas de feu dans les cheminées, comme la combustion résulte de la combinaison chymique entre l'oxygène de l*air atmosphérique et les substances combustibles, qui consistent principalement de carbone dans ïa suie, il s'ensuit que lorsque ce gaz est fourni en abondance à la suie par un courant d^air h la faveur d'un grand vent, leur combinaison est prompte et la combustion rapide. Il est donc très important, dans de pareilles circonstances, d'empêcher, ou au moins de diminuer, le courant d'air dans les cheminées pour y modérer la combustion, ce qui peut s'effectuer en les bouchant immédiatement par fe bas avec 'es boisures ou autre chose , pratique qui modérera de u ^ a violence du feu qui ne saurait alors causer de graî. i .avages. L'adoption de cette pratique, simple et facile à tout le monde, peut être d'une grande utilité, en prévenant les funestes effets de cet élément destructeur, le feu, qui cause la ruine et souvent la mort de tant de personnes qui en sont les innocentes victimes !
Les différentes modiffcations que subissent les corps physiques, par l'action du calorique, ont lieu dans plusieurs circonstances, d'après des principes invariables. C'est ainsi qu'il y a toujours une émission de calorique, chaque fois que des substances passent de l'état de liquidité â celui de solidité, et de l'état de gaz â celui de liquidité ; tandis qu'à raison d'une absorbtion de calorique, il se produit, au contraire, du froid (qui est un être négatif) toutes les fois que les substances passent de l'état de solidité à celui de liquidité, de l'état de liquidité â celui de vapeur, et de ce dernier â celui de gaz.
Tous les corps physiques contiennent une certaine quantité de calorique entre leurs particules, mais ce principe
V existe dans plusieurs états différents; de sorte quet n'ayant pas une manière d'être uniforme dans les différentes substances qu'il occupe, pour être plus systématique on le divise en deux espèces distinctes et principales; savoir :
A. — lo. Le calorique latent ou combiné;
B. — 2o. Le calorique libre ou sensible, qu'on subdivise encore chacun en deux autres espèces différentes, selon l'état apparent dans lequel il existe et se manifeste, comme on le verra bientôt.
A. — lo. Le calorique latent, qui n'est pas appréciable au thermomètre, est celui qui, par sa puissance attractive, sert n modifier les substances, à changer leurs vertus et leurs propriétés respectives. Le calorique latent se subdivise en deux espèces différentes; savoir, lo. le calorique chymique proprement dit ; 2o. le calorique spécifique.
lo. Par calorique chymique, on entend celui qui est nécessaire à l'existence et au maintien, dans leur état naturel, de certaines substances, telles que les fluides et tous les liquides, qui en admettent une quantité plus considérable que les solides, en combinaison avec les autres principes qui les composent.
2o. On appelle calorique spécifique, la quantité variable que contiennent respectivement des substances quelconques, de même poids, élevées à la mênie température, et cette quantité ne pouvant être mesurée par le ihermo* tnèlrcy (f ) on a recours, pour son appréciation, à un morceau de glace qu'une substance chauffée, â un degré déterminé, est susceptible de fondre. L'instrument qui sert â l'expérience s'appelle calorimètre.
Le calorique spécifique est aussi appelle calorique de capacité, parce qu'il désigne la quantité relative de calorique que différentes substances de même poids et de même température peuvent contenir faiblement dans leurs pores, sans égard à aucun degré de combinaison chymique ; ce qui le disthigue du calorique chymique, qu'on
(f) Le thermomètre et le calorimètre sont des instruments qui indiquent les degrés relatifs du calorique par l'expansion des solides et des liquides. Les degrés de l'expansion sont déterminés par référence à une échelle convenable qui les indique. — Thermomètre vient de deux mots grecs, thermos^ chaleur, et de mttron^ mesure ; et calorimètre vient de caloty calorique et de metron.
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poids et de ent dans leurs naison chymi- '^mique, qu'on
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es degrés de à une échelle vient de deux lesure ; et ca-
on.
nppollo aussi Cîiloriquo fixe ou roniUiné, parce (ju'il existe d.uis une combinaison cliymiqno exacte avrc le» autres priiiripes coP'-tituanls des sul)staricu!«, comme celiM cpai es*. c r' ibirié r.vrc la ha-e il'i iv^/, ^;e. i\'.c.
1, — ))o. Lt! {".alori(jno li'-rc, .v;'ou ;:p'/' !'•' .)u 1 (11- •..::'- 'j)''raturi', est celui (pii an'jcti; hi tliennoim In; et ([lù o» )).MCeptil)le à ncrs .'-eus, ; (jiluis.-jnt sur (.;vcl;i sms; tu;u (ju'ou appelle ciialenr. C'i t celri qui dilat*' Irscoijvs, ju;iis(jui n'est retenu dans aucune combinai r)n chyiiiqu'.', ré^idanl laibleiuent entre les particules des dillereiites .«substances, de sorte qu'on en opère le dégagement uvec facilité.
Le calorique, en devenait libre, est radié, du corps d'où il se détache, dans toutes les directions, et cherche toujours à établir nu degré d'équilibrité entre lesdifierentes substances, non qu'il se distribue égrdemcnt dans tous les corps, mais il s'y répartit d'après ses degrés d'affinité . avec eux, et d'après leur capacité à le retenir ; d'où il suit que les substances ambiantes en prennent et retiennent une quantité plus ou moins considérable ; et c'est dans 50ti mouvement d'une de celles-ci à une autre, qui en possède une moindre quantité, qu'il devient sensible à nos sens.
Le calorique devient libre au moyeu de la décomposition, ou de la com])ositio!i nouvelle, ou de l'arrangement nouveau et difl'érent qui a lieu entre les diverses substances. C'est ainsi, qu'à l'aide de la combustion, d'où résulte la décomposition chymique du bois, &c. *?cc. le calorique s'en dégage et se répand dans tout l'appartement où eJle 8'opère, jusqu'à ce (|ue la température en soit devenue
fiartout égale. C'est ainsi qu'en versant de l'eati sur 'acide sidphurique concentre, il s'en dégage une quantité de calorique jîroporticnnée à la dose d'acide sur laquelle on agit.
Mais le calorique n'existe pas en proportioi: {■■•au.' dans ^les subsUinces où il est réparti; cel!e>-ci en adiw <'e[;t (ici quantités diirjrentes qui dépendent ùvi l't'loi/rueinp.nt de leurs particules, de leur volume, et do leur puissance attractive pour cet agent. C'est retto nro| riélé qc'o.i appelle capr.e'tc des substances pour le calorique; et elle varie et est modifiée à l'infini, non seulement d'après certaines élections, mais encore d'après la transpaience, l.-i couleur, le tissu, l'opacité, la densité, la nature animaio ou végétale et les différents états respectifs des substance»
fi
daiig lesquelles le caloriv"|Ue fait sa iKniciiifc ; li c'est d'après cette propriété que, dons le langa^fc de l:i rliymie, on désigne les corps |)hysique.s par les noms de bons et dv. mauvais conducteurs du culori(jue, lorsque celui-ci deviciiî libre.
ijOSi corps qui nbsorbcnl le plus facilement le cak-ricpif, ont le luoius de capacité pour le retenir, et en sont les meilleurs conduc'teurs ; et celte ca|nicité des corps à retenir le calorique dépend tlo 5.on aniuité pour, et de son union plus ou m oins parfaite aven leurs })arlicules constituantes.^^
Les mélaux et les niiîukaux cciuluiscnt plus aisément le calorique devenu libre que les végétaux, et ceux-ci plus facilement que les substances animales ; et c'est sur ce principe, bien constaté, qu'est fondé l'usa;:^e des vêtements de toile, en été, pour nous préserver de la chaleur excessive de cette saison. C'est encore sur ce même j)rincipe, qu'est fonde la })référence que nous fesons de nous servir, en Iiiver, d'habillements de poils, de laine, de soie, &c. qui possédant une ca])acité retentive et moins conductrice du calorique, sont plus propres à nous préserver des ij. ^^ueurs du froid. C'est pour celte raison encore que h pierre étant un meilleur conducteur du calorique que la
(f) Cette aflinité des corps pour le calorique, me paraît être en raison du dejçré d'intimité de l'union de leurs par* ticules constituantes et de hur densité, c'est-à-dire que la force collective d'attraction et d'airniité pour ce principe est plus faible à proportion qu'elles sont plus éloignées les unes des autres, et, parconséquent, qu'elles sont unies plus faiblement et que les corps sont moin^i compactes, et, qu'en raison contraire, cette même force est plus considérable à proportion que les particules sont plus rapprochées dans leur combinaison,, et que les corps sont plus compactes, d'où il suit que les corps fragiles, tels que le verre, &c., sont de mauvais conducteurs du calorique, parce que, bien qu'ils soient souvent assez compactes, l'union de leurs particules constituantes est faible, ce qui fait que la seule introduction de ce principe entr'elles, en opère, si elle est soudaine, une désunion qui est généralement suivie d'une fracture. D'après cette observation, l'on voit la nécessité de n'introduire dans les v-iisseaux de substanccî: fragiles, telles que le verre, èvC. rien de chaud que bien grtiduellement, pour donner aux pai ticules le temps de se dilater sans fracas.
bi
ei
ce
rfe ; et c'est (l'ade l:i rliymie, on [lis (le bons et d.
y celui-ci ilevit;!i:
lenl le caloviqii*'.
il, et Cil sont lis lies corps à re!er, et (le son luiioii ; constituantt'S.(+; )t plus alsénictiî X, et ceux-ci plus ; et c'est sur ce i<^e lies vêtements la clmleur excès- 2 même principe, is de nous servir, ine, de soie, ^c, loins conductrice préserver des lion encore que la i calorique que h
rique, nie paraît ion de leurs parl'est-à-dire que la pour ce principe plus éloignées k:, ;s sont unies pUb pactes, et, qu'en s considérable à approchées dans plus compactes, le lo verre, «&:c..
parce que, bien ion de leurs parlait que la seiile
n opère, si PÎI2 bralement suivie
on, l'on voit la lix de substanccî:
cbaud que bitii
les le temps de
briijiif, une maison do pierre, artrris paribu^, eu égard (i la densité, t:c. est plutôt rcclmullee, en été, et refroidie fu iiivcr, (]ii'une niuisoîi de brique o;i de bois; et pour fellf raison, des glacières de buis soiit meilietacs (jue celles ije pierres. C'est encore sur ce principe (pi'est fondé la
1)raliiiue de couvrir, en élé, la glace des glacières avec du a paille, parce que cette substance est un mauvais conducteur du calovicjue (pii, dans ce cas, passe plus diflicilepicut de rair.^tirâOs,pliéri(ji:ocontirgent à la glace qui, pour f ettc raison, se conserve plus long-temps dans cet é(at.(.t|) Les mêmes substances conduisent plus aisément le calorique, bi elles sont d'in;e couleur sombre et foncée, et ont une siu'face rude, que si elles l'ont polie et brillante, et font d'une couleur paie et légère ; et c'est pour cette raison iQuo du fujuidc dans un vaiiseau rude et noir, réciiaufie |)!utôr, lorscju'il est exposé au fou, comme aussi pour les inêmes raisons, il refroidit plus aisément (ju'un autre, lorsqu'il en est relire ; et que les circonstances étant précisément inverses, le contraire a lieu ; c'est-à-dire que 4|ans ;un vaisseau blanc, brillant et poli, du licjuide prend beaucoup plus de temps à se réchauifor, étant au Ïqw, ^onimc aussi à se refroidir, lorsqu'il en est retiré. C'est encore pour ces mèmCvS raisons, que pour s'iiabiller chymiquement, nos vêtements, en liivcr, doivent être de couleur planche ou en approchant ; et, ]iour l'é(é, de couleur Ivoire, lorsque nous sommes à l'ombre, et blanche, lors-
Îue nous sommes exposés à l'ardeur du soleil. Le célèbre 'ranklin ayant exposé sur îa neige des morceaux d'étolfe 4e même tissu, mais de diflérentes couleurs, s'apperçut, quelques heures après, que le rouge était enfoncé dans la çcige, tandis que le blanc n'avait encore souiTert aucune Répression sensible ; ce qui prouve, lo. (jue les substances i^mbianles possèdent le pouvoir d'absorber le calorique ^evciui libre ; 2o. que le degré de ce pouvoir dépend ^aucoup delà couleur, le noir ou lacoideur approcharitc, j^bsorbant plus facilement les rayons caloriques (qui dans Jç cas présent firent foudre la neig« sous l'étclfe rouge) et le blanc ks réfléchissant vers la source de leur émafiation. (§)
([]) Pour les raisons mentiounées plus haut, iorsqu'en 4té on apporte dans la maison un morceau déglace, pour JljB conserver ])!us loiig-{em|)s, ou doit l'envelopper de préférence dans de la flanelle blanche.
Les couleurs ont un effet bie/i reniarquuhle sur dirt'ércnls animaux ; le noir, par exemple, ré[)i)gne le ciunélcon qui J'évite toujours Koltçueusenient ; l'ccarlate irrite lecoq-d'in- (lo, la vipère, le buflle, le laureau ; !c jaune attire le perchoir, le blanc les abeilles; et ceux qui portent des chapeaux noirs, durant l'été, ont toujours mi plus fjrand nonibn^ de mouches importunes autour d'eux que ceux qui portent des chapeaux blancs. La couleur noire attire aussi et retient plus que toutes les autres, non seulement les rayons calorifiques provenant de hi combustion et du soleil, &c. mais encore les odeurs et les gaz méphitiques, raisons pour lesquelles elle communique plus aisément la nutrétaction et l'infection aux substances qui la portent.
Le calorique libre, qu'on appelle aussi thermométrique, a plusieurs degrés dilïérents dont le premier commence à zéro, et le dernier finit à 84, terme de l'ébuUition de l'eau dans l'échelle du thermomètre de lléaumur. Dans lo thermomètre de Fahrenheit, le premier degré conimence à zéro et finit à 211?, son échelle étant beaucoup plus multipliée tlan.-^ la division de ses degrés. I^e degré de calorique au-dessus du point d'ébullition, et au moyen duquel on opère la cuisson de la porcelaine et la fonte des métaux réfractaires, n'est pas mesurable par les thermomètres, à
{()) C'est pour les raisons de leur couleur blanche et de leur qualité peu dense et peu compacte que les gens du val de Montpellier, dans l'état de Vermont, ont tiré un grand avantage de l'abri simple d'une couverte saupoudrée partout de neige, parce que, à cause de ses propriétés phy- ^iques, ces subtances sont de mauvais conducteurs du calorique que, dans le cas en question, elles réfléchissaient vers la source dj sor émanation, le corps des personnes qu'elles couvriaent. Ce fiiit dont les gens du v.il de Montpellier ont si bien su tiier parti à leur avantage, dans une circonstance critique, est donc fondé en principe autant qu'il l'est j)ar l'expérience, et il n'est pas inconnu à nos voyageurs du nord, qui se trouvent souvent dans une situation semblable ^ colloque mentionne le militaire dont parle l'extrait J ; M. BiDa;id, publié dans son Observateur du 26 Févr, lS3i, lequel recommande l'usage de la neige par-dessus urje simple couverte comme un substitut pour plus de couvertures en lùver ; mais cette pratique ne peut être adoptée que lorsque la température de l'atmosphère où nous somme?, est beaucoup au-dessous de celle du corps.
sur ditrérci)(s ciiméléoii qui te lecoq-<i'in- ; attire le perrtent des clui- » plus grand eux que ceux iir noire oitire non seulement (ibtistion et du z méphitiques, us aisément la i la portent, îrmométrique, r commence à dlition de l'eau lur. Dans le nrré commence coup plus miildtgré de calo-
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cause du peu d'étendue de leurs échelles ; pourTévàlucr, on a i<naginé un instrument qu'on aj)pellc (>yrornctr(', (]ui vient de deux mots grecs, pur^ feu, et de wt/ro;/, mesure.
Outre les moyens déjà mentionnés avant, on délerniinc et augmente l'attion du cnloritjue, 1". par le contact des substances chaudes ; ^o. par le secours dus verres ardents qui rapprochent et concentrent les rayons calorifiques ; 3o. par hi IViclion ou le Irottement ilcs choses solides; 4o. par la compression.
Au moyen des verres convergents, il se développe une certaine quantité de calori(jue capable d'enflammer les combustibles, et de tondre les métaux les plus réfractaires ; tt par la friction rapide de deux pierres, de deux métaux, ou d'une pierre avec un métal, tt Is que le sile.^ avec l'acier, ou de deux morceaux de bois, il se dégage une quantité assez considérable de calori(jue pour enflammer una mèche d'amidon, des étoupes et autres combustibles de cette nature. Ce battetnent, cette friction, ou ce frottement cause le rapprochement intinie des particules intégrantes des substances comprimées et occasionne la disparition des pores qui logeaient le calorique latent qui devient libre, lequel, en s'échappant, produit l'ignition des combustibles secs mis eu contact; ce que nos cultivateurs et autres opèrent, tous les jouis, en ce qu'on appelle battre du feu pour allumer lu pipe. Je dis des combustibles secs, parce que l'humidité absorbe le calorique au point d'empêcher l'ignition. Dans cette opération familière, on exprime le calorique des substances, pour ainsi-dire, comme on exprime l'eau d'une éponge. Mais le calorique qui peut être produit par la friction ou par la compression n'est pas tout fourni par les substances elles-mômes, parce qu'à mesure que le calorique latent se dégage et devient libre, l'air atmosphérique agit sur les substances combustibles, les calcine, les enflamme, et donne lui-même du calorique en se combinant chymiquement avec elles dans le procédé de la combustion.
La formation, et en général tout procédé chymique qui change la composition et la nature des substances, surtout lorsqu'elles passent de l'état fluide à l'état solide, peut en dégager et rendre libre le calorique latent, parce que le nouveau composé peut en demander et en absorber ou refuser d'en -admettre, en combinaison, une plus ou moins grande quantité; ce qui fait que les opérations chymiques produisent tantôt du chaud et tatitôt du froid.
KJJ
Avatil (le terminer iîos <i!)scrvationssiir locali)ri(|i!t.' libre, nous (levons coiihiclcicr ici (V-ux plituoniôncs cliymicjwvs (jiii paraisst'Mt ctre dos anomalies aux piincij^ts (|ni lui btJiit propres. Ji\'au, ilans sa con/^a-llalion, eu fournit un, et la brifiur, dans son cxposiiion à un degrc intense de calorique, fournit l'autre.
Le dégagement un calorique tlo l'eau (\u\ m cause lu congcllatiorj, en produit une diîation consicléiable, parce (pie, le calorlcpie, en s'en cciiappaut avec rapidité p.our établir son é(]uilibre, vu écarte beaucoup ifs p.arucuLs (pu g(jleiit ainsi éloignées les r.ncs des autres; ce (jui augmente le volume, suilout ù PiMidroic de non oxiti', d'(;ù vient la rupluriî et la finclnre des vaisseaux l'i agiles dans lesquels l'eau gèle.
Ceci |)oui être dû aussi à un nouvel arrangement ch}'mique entre les particules de l'eau dans un état de congellation.
Les manufacturiers d'ardoise, après en avoir scié la pierre en qunrrés, en opèrent la division en feuillets par l'introduction, entre leurs interstices, de l'eau qu'ils font geler, et c'est d'après ce principe, qu'à la suite d'une forte gelée, l'expansion, par la congellation soudaine des plantes, opère la division des aibres et des clièncs les plus durs, avec une force incalculable, et souvent avec un bruit ellVayant.
L'eau de l'océan, des grands lacs et des sources profon» des ne gèlent pas, en biver, parce ([ue le calorique qui s'en écliap|)e résiste toujours à l'opération de l'air froid qui est continuellement présenté à leur surface, ce qui fait jjerdre la température à une certaine portion de l'eau qui, devenant plus dense et plus pesante, tombe en bas, tandis que celle du fond, étant plus chaude et moins dense monte et forme à sa place uucî uouvello surface dont le calorique se dégage constamment et se répand dans l'atmosphère ambiant. De là vient que, pendant le cours de ce procédé, l'air est toujours plus chaud dans leurs environs. Le même procédé à lieu dans nos rivières, jusqu'à ce que le calorique '«îériruv devenant pour un temps presque épuisé, la surî^ :.^ ilo ) -xu se congèle dans un état solide, ce qui en empe ju< :; ir8 tout-à-iait l'exite. L'air est donc plus tempéré suk i/rs bords . ant qu'elles soient gelées, comme aussi il est plus frv ' ' lorsqu'au 'r^cmps, la glace absorbe tout le calorie, ^oiant j\ dissoudre et redevenir liquide. L'air cùi aussi plu .-Js sur les rivages
ilori(|i!L' libre, ;.s cliyii)i(j:ifs s ({iii lui boiit ixiniit lin, et Jsc de calori-
i ci\ cause la '•rabic, parce apidile pour canicules (pii tjui augiiiente d\>ù vient la la.'is lesquels
.>ment cltymi- , (le coiigclla-
avoir sciù la i leuib't'ts par au qu'ils font te d'une fbrlc une des piaules plus durs, 1 bruit ellVay-
urcos profoii-
dorique qui
de l'air froid
c, ce qui fait
de l'eau qui,
î bas, tandis
dense monte
le calorique
'atmosphère
ce procédé,
Le même
ue le calori-
e épuisé, la
e, ce qui en
|nc plus tcni-
jées, comme
la "lace ab-
idre et rede-
h's rivages
tIÏ
durant K; cours du soleil d'un beau jour d'été, parce (^uc le calorique de l'atmo^plièro audjiant Cist ])lus ou moins <Mni)l()yJ à la coiivcr^iion do l'eau lU vapeur (pii hfivcr'.t ciiMiito à la /briualion des nuées, los()Ut'lles, lorstjue par le |>ass;i(rL' d'un vent froid, elle se conilcnsenl, causent tôt ou tanl de la pluie.
Les vapeurs (jue l'on voit sndén^airer de la mer, des grands lacs, d> s sources profondes et île nos i ivières avant <ju'elles soient pjelé>-'s, consistent de réchaj)pe du ca!ori(juo clierdiant son é(iuilihre et amenant avec lui toujours une certaine quantité d'eau dans un état de vapeurs (jui, se condensant dans l'air, y deviennent visibles et produisent le pliénomène ([u'on aperçoit. C'est d'ajjrès ce même principe (jue les vapeurs de l'eau chaude, que les diverses matières volatiles dont est composée la fumée des cheminées, et que l'exlndaison des poumons qui a lieu dans l'acte de la respiration, deviennent plus visibles dans l'air ntnio>p!iérique, à proportion qu'il est plus froid.
La brique, connue répon;,^ est une substance poreuse qui .nbsorbe abondamment l'humidité qui, par sa ])résenee, la dilate beaucoup. Da sorte que, en exposant la brique à un dépare intense du calorique, son humidité est totalement évaporée, et le calorique étant insuffisant pour rerajjlir les lacunes qu'elle laisse entre ses particules, elle se condense, et le voUnno en est ainsi diminué. Mais cette exj)ansion de l'eau, lorsqu'elle passe de l'état liquide à celui de congellalion, et ce retrait ou cette condensation de la brique, lorsqu'elle est exposée à un degré intense du calorique, sont des faits qui ont lieu d'après des principes qui ne deviennent i)as de ceux de cet agent.
Mais rcvaions à sa subdivision.
lo. — Le calorique animal est celui qui résulte principalement de l'union chymique qui a lieu, dans le procédé de la respiration, entre l'oxy/jène de l'air atmos})hérique et le carbone et l'hydrogène qui se trouvent dégagés dans le sang venant des veines, et (jui circulent dans les poumons ; et c'est de cette imion intime entre ce gaz et le carbone, la décarbonisation du sang véneux, &c., que résultent encore la formation de l'eau qui s'exhale des poumons, en consistencc de vapeur.
Miiis l'ox v^rne de l'uir atinosj)lu'i icjiu' (\uc nous» rtspironn, rt f|iU' les jXMinioiiK îil)sorl)(M»t, pour «M)siiit<* le tmiismcUrc ;i la (;irriili«ti()ii, lu.' si' ronihiue pas avec i'liv(lro«rt'iio et If tarhoniiL' st'iilemt'Ht lUms les pomnoi'.s ; mais, »ie rciixci il passo «'rïcoreavcc le sanjf dans its amiculos (oreilloltes) rt les vcnlriculos du cœur, et i\o ccl'ii-ci dans toutes li's artères qui le distribuent dans toutes les parties du système animal ; mais rox\vrèno de l'air, dis-je, circulant ainsi dans et avec le san^ (jui lui sert d<; véhicule, continue, par toute la circulation, sa combinaison cliymiquc avec riiydrofijène et le carbone «jui s'y trouvent libres ; d'où résulte un d<Vn«r(»iTient continuel et j^énéral du calorique animal, qui circide et se manifeste dans toutes les parties du cor|)s, plus ou moins, selon que la respiration et la combinaison cliymiquo sont plus ou moins parfaites.
La tempc.aturc du sang varie considérablemen4 chez les animaux. Chez quelques quadrupèdes, elle est beaucoup plus élevée que chez Mio"imc. Chez le mouton, elle est de 102(Fy\iiHENiiEiT,)mais elle est plus élevée chez les oiseaux que chez tout atitre animal. Chez le canard, elle est à 167o; et chez l'homme à environ 98o. L'on dit que la température du sang est plus élevée îi proportion qu'il est plus près du cœur, et c'est une opinion généralement reçue que le sang des artères est plus chaud d'un degré que celui des veines. Les maladies accompagnées d'excitation sont capables d'élever beaucoup la température du sang. Dans le paroxisme de la fièvre tremblante, la température se réduit, et dans les fièvres ardentes, elle s'élève jusquà 102 degrés. Mais bien que l'homme ait sa température naturellement moins élevée que beaucoup d'autres animaux, il a pourtant plus que tout autre le pouvoir de la maintenir plus égale, soit qu'il soit exposé à un grand degré de froid ou de chaleur.
Cependant, contraire à l'opinion généralement reçue, je crois que le caloriqne animal ne procède pas uniquement de l'union chymique de l'oxygène avec l'hydrogène, formant de l'eau; ni de l'union encore de l'oxygène avec le carbone du sang des veines, formant de l'acide carbonique que nous expirons ensuite avec l'eau formée aussi dans les poumons ; mais il peut résulter encore, en partie, de l'assimilation des aliments que nous prenons, c'est-à-dire de leur conversion en notre propre substance, comme il le peut aussi des différentes sécrétions animales, pendant le cours desquelles la chymie agit, et contribue toujours
beau lors( ronv ni r
iroill
blir rt fir forme De raiori iihén dnns plus ' main, rature au mi Si 1 niettui grimer base 81 et rais qui po peineni aussi ii plus c maladi( recevoi Or. Fr Québec considé 2°. J végétau peu de hi vie, posséda certaine miler ce App] çoit de cération tances ; et pour connaiss d'une gi
respirons, imsmfllrc roift'ue ft (le rciixireillottes) toutes le»
(lu syslèuliint ainsi continue, liquc «ivre )res ; d'où calorique les parties itioM et la lites.
ment chez B est beaule mouton, ilcvce chez le canard, )8o. L'on proportion 1 générale- :liaiid d'un ompagnùes a te m pur aremblante, entes, elle fmme ait sa beaucoup tre le poupose à uu
lent reçue, Iniquement pgène, forme avec le le carboni- I aussi dans partie, de l'est-à-dire comme il , pendant toujours
\)eaucoMp dan-* If» ihan^enienfi (|ul ^'opùrent, Jurtou? lorsque de!4 li<|Mides claire deviennent plus di*n9tf!«, ou «ont rouvert!» eu solides ; ce qui doit néresMiiromcnt («ccasion» mr dans le» divers organes, im dég.igemeuf plu» ou moins consiilérable du ( niorique qui, vu ( herchant à étnblir sou •'•quilibre, est absorbi pjir les parties adjaccnt'^s et finiileuient se minif.'ste à l'extérieur, avec celui nii se forme dans lu rirculntion.
De ces dilFérens moyens nMturellement prcnlMitifs ilii falorlque animal, résulte la caloricité, ou r>'tte puis.mnce iihérente à tous les êtres vivants, de pv^rsister toujoiin* dans le mèms dj'gré (Ip chaleur, sous les temp(^ralures les plus variables, propriété en vertu de laquelle le corps; humain, chaud de 30 à 32 degrés, conserve la môme tcnipéi'ature sous le climat glacé des régions polaires, commo au milien de l'atmosphère embrase de la zone torride.
Si la nature de ce petit ouvrage et le temps me le permettaient, je pourrais prodiiire ici une huigue série d'orgtimcnts, pour prouver, à l'évideMce, la solidité de la hase sur lacjuelle est fondée cette doctrine philosophique et raisonnable; et dans une entreprise de cette nature, qui pourrait contribuer beaucoup au plus grand développement di certains principes Je la physiologie, comme aussi à eu rendre l'application plus facile, plus utile rt plus certaine, dans nos recherches sur la pathologie des maladies et dans la pratique de la médecine, on pourrait recevoir un grand secours de la lecture de l'ouvrage du feu Dr. Frs. Blanchet ( Ecr. &o. en son vivant demeurant à Québec: ) production canadienne qui n'a jamais reçu la considération qu'elle mérite.
2°. Le calorique végétal est celui qui est propre aux végétaux et résulte de procédés qui s'opèrent en eux, à peu de chose près, semblables à ceux qui ont lieu pendant la vie, dans le système animal; ccb êtres de la création possédant, comme les animaux, un degré évident d^une certaine vitalité, le pouvoir inhérent d'absorber et d'assimiler ce qui leur convient.
Application. — Outre le grand avantage que l'on reçoit de l'action du calorique, en pharmacie, pour les macérations, les digestions et les décoctions de certaines substances; pour la distillation et l'ébullition de c[>ielques autres, et pour la crystallisation des différents sels, &c. &c., la connaissance des principes relatifs à cet agent peut être d'une grande utilité dans son application à ia pratique de
la médecine. Su nature subtile et pénétrante; son pou"voir d'écarter les particules des substances et de les dilater ; le changement plus ou moius considérable qu'il opéro en elles ; sa puissance à les disposer à la décomposition et à la composition nouvelle; les diverses et nombreuses modifications qu'elles subissent par son action répulsive et autre ; le dégagement de ce principe qui se manifeste chaque fois qu'elles passent de l'état de liquidité â celui de solidité, et de l'état de gaz à celui de liquidité, et de l'état de liquidité à celui de vapeur et de gaz; sa faculté de pouvoir être radié d'un corps à un autre ; sa tendance continuelle à établir son équilibre entre les substances, à s'unir â elles à proportion de leur capacité respective â l'absorber et à le retenir; toutes ces choses relatives, dia-je, sont autant de faits importants dont le médecin chymiste peut faire usage et se servir avec grand avanloge dans le traitemeut des différentes maladies, surtout de celles qui sont accompagnées d'un degré plus ou moins considérable d'inflammation.
Dans les inflammations, à raison de la violence et de l'accélération de la circulation, il y a toujours une augmentation de calorique sensible, qui cause un certain degié d'irritation, et une dilatation dans les parties affectées, où il s'accumule, qui contribue beaucoup à la réplétion, d Tefifusion, à l'obduration et à l'augmentation du volume qui se manifestent ensemble à nos item. Or des substances liquides, d'une température au-dessous de celle des parties malades, appliquées froides â leur surftice, en absorbent le calori(]ue accumulé, dont elles réduisent l'opération morbifique, modèrent l'action des vaisseaux, et diminuent ainsi peu-à-peu le procédé morbide de l'inflammation ; et c'est ce qui se pratique tous les jours danâ l'usage de ce qu'on appelle fomentations, remèdes liquides qu on applique sur les parties enflammées.
Les fomentations chaudes et émollientes, dont on se sert le plus généralement, amollissent les parties, les afiniblissent, occasionnent l'ouverture de leurs pores, dont elles facilitent l'exite du contenu et en ab:>orbcnt la portion du calorique qui leur est nécessaire pour opérer leur évaporation, qui est beaucoup accélérée par un certain courant d'air atmosphérique.
Les cataplasmes agissent, à peu de chose prés, sur le même principe, avec cette diiférence, cependant, qu'étant appliqués dans un état beaucoup plus chaud, ptxth
son poule les dilaqu'il opère I position et reuse:; mofpulsive et
manifeste é à celui de
etdeTétat Et faculté de la tendance ibslances, d respective à ives, dis-je, 'in chymiste loge dans le le celles qui considérable
olence et âé irs une aug- I certiain deies affectées, |a léplétion, du volume s substances
le des paren absor-
: l'opération et diminuent nmation; et 'usage de ce îs qu on ap-
)nt on se sert les afiniblis- ), dont elles \ portion du eur évaporacourant d'air
près, sur le ndant, qu'éhaud, pixr la
grande dilatittion et par !c ^rand ramoUisscmentqu^ils eau* iscnt dans les parties affèctres, ïh en modèrent l'action, diminuent la vitalité et facilitent la décomposition, qu'on appelle suppuration connue vulgairement, par le hom commun d'aboutissement.
Les fomentations froides, par l'absorblion qu'elles font du calorique, opèrent, dans les parties auxquelles elles sont appliquées, une contraction plus ou moins considérable, diminuent 1? calibre de leurs vaisseaux, amoindrissent le volume de leur contenu, causent une révulsion de leurs fluides qui s'évaporent peu-à-peu, réduisent l'infiammation, et remettenl ainsi les parties au pouvoir de reprendre leurs fonctions naturelles, et de les continuer d'une manière parfaite et régulière.
Mais, en faisant usage de ces fomentations, qui sont g<^néralement préférables aux chaudes, il faut ïie pas les appliquer trop froides, surtout si les parties sont faibles, et ont éprouvé, peu auparavant, une grandelranspiration ; car sous Tinfluence de ces conditions, les parties malades sont encore beaucoup plus irritables, la contraction qui s'y opère est tro]) soudaine, et l'application du froid leur est un stimulant, et un irritant quiles induit en une réaction, accompagnée souvent d'une augmentation considérable des symptômes de la maladie, surtout si le froid n'est pas continué assez long-temps, pour épuiser, par la continuation de son action stimulante, l'action nerveuse des parties ; d'uù nait l'importance de faire usage des fomentations froides d'une manière graduelle et proportionelle, et de les continuer toujours quelque temps, si l'on ne veut pas se rendre coupable d'aggraver la maladie, de la rendre souvont même incurable, de curable qu'elle était, et d'abréger par là les jours du malade, par la réaction toujours dangereuse à la quelle sa discontinuation inconsidérée ne manque jamais de donner lieu.
Voilà pour la considération particulière du calorique dans le traitement topique des inflammations locales ; mais pour ce qui est de son application générale dans les maladies intérieures, elle est aussi. considérable qu'avantageuse.
Pour n'avoir recours qu'à un seul fait entre un grand nombre d'autres également bien fondés^ j'observerai seulement que la transpiration est une sécrétion qui, comme plusieurs autres, est en grande parties due à l'influence du calorique et à une action chymique intérieure sur les fluides, lesquelles sont beaucoup augmentées par l'admi-
iiistration intérieure de certains ini^rédiens cbauds, qui, ayant une grandi? afiiailé pour le caloriqne et autres principes élémentaires, accélèrent le procédé do celte sécrétion salutaire, en augmentent la quantité et en facilitent l'exufllntion à la surface, ou, en s*évuporant, elle en absorbe encore le calorique, et y produit une kensalion de fruiclieur.
Le célèbre Franklin a éprouvé sur lui-même qne, lorsque le corps est en sueur, il est moins chaud que lett substances ambiantes, et il observe que la transpiration libre détermine toujours quelque degré de froid.
Le grand nombre de travailleurs dans les pays chauds, dans les verreries, dans les fonderies, &c. &c. n'en supportent les chaleurs brûlantes qu'en transpirant beaucoup ; et lu quantité copieuse de liquides qu'ils boivent fournit encore matièra à cette transpiration, dont l'évaporation est augmentée par un courant^ ou l'agitation de Tair ; d'où vient l'usage des éventails, des ventilateurs, &c. qui sont destinés à mettre en mouvemens Tair chaud, et à lui donner la vertu de rafraichir, en facilitant et favorisant l'évaporation de la transpiration.
L'air chaud et sec est le plus propre à la respiration et à former un courant d'air rafraîchissant, parce qu'il est le plus propre aussi à raréfier et à absoiber Thuniidilé; et l'air humide, est te moins convenable, parce qu'il est imprégné et déjà saturé de substances hétérogènes, ce qui se fiiit sentir par la pesanteur qu'il cause dans les poumons, laquelle est généralement bien sensibl", surtout dans ceux de» personnes faibles. De là l'importance de renouveller souvent l'air, pour rafraichir nos appartements, et pour les purifier de l'abondance d'air fixe ou impur qui s'j accumule, surtout pendant la nuit; coutume salutaire dont le savant Franklin recommandait la pratique, au moins tous les matins, ayant soin d'exposer à un courant de nouvel uir,lelitettoutcequiaserviaucoucherpendantlanuit.
L'explication de ces principes c^t d'un grand avantage dans la pratique de la médecine. On voit presque toutes les fièvres se terminer par une transpiration abondante, qui exporte avec elle la matière morbifique au-dehors, et remciie le corps à la température ordinaire; et c'est pour cette raison que le médecin chyuiiste, en cherchant à modérer l'excès du calorique dans ses malades, ménage foujours, dans l'air, tes dispositions les plus favorables à ses vnes thérapeutiques.
auds, qui, jtre» priheite sécré- I) facilileiit ; en absorisalion tle
que,
lorsle le» subsition libre
lys chauds, , n'en supbeaucoup ; ent fournit ivaporation l'air; doù :c. qui soitt t d lui don- ■isant l'éva-
^iration et à qu'il est le umidilé; et ju'il est iin- >nes, ce qui >s poumons, dans ceux renouveller îts, et pour qui s'y acutaire dont au moins courant de dantlanuit.
id avantage isque toutes abondante, dehors, it c'est pour haut à molénagc tourables à ses
Leçon Huitième.
De l'électricité et de ses propriétés.
L'électricité est ce principe inhérent des substances qui en attire d'autres plus légères ou de condition difi'crente. Le magnétisme et le principe galvanique ensontc'es monificatioYis ; avec cette difl'érence, cependant, que l'électricité proprement dite convient à un grand nombre do difierentcs substances ; au lieu que le magnétisme ne se rapporte qu'au fer et à l'aimant, et que le galvanisme ne su manifeste qu'au mojen de certi'ins métaux, susceptibles de différents degrés d'oxyJ'.tion, et humectes avec un acide minéral.
L'électricité, jusqu'à ces années dernières, était considérée comme appartenant à la physique exclusivement ; mais comme par son action, ou au moyen de ses modifîca> tions, on a pu faire plusieurs nouvelles découvertf:» importantes, la chymie la reclame ctimme un de ses principes dont il est nécessaire de traiter en son lieu.
L'électricité est reconnue en positive et négative, termes relatifs qui expriment une plus grande et une moins grande quantité de ce fluide. Quelques-uns, suivant la vieille nomenclature, préfèrent la distinguer en élcctrieilc vitreuse et résineuse.
L'électricité réside plus ou moins dans presque toutes les substances, mais principalement dans l'air atmosphéri- (jue, surtout quand il est pur et bien sec.
Les substances électrisées au même de^ré, se repoussent les unes les autres ; et celles qui sont électrisées les unes plus, les autres moins, s'attirent et se rapprochent.
Au moyen des frictions sur le verre ou sur la cire, &r. avec un amalgame sec et chaud, ou un mouchoir de soie, on accumule le fluide électrique dans des vases ou sur la surface ; et on appelle excitation é'ectrique, le pouvoir répulsif et attractif ainsi mis en mouvement parla friction. Lorsque la friction est considérable, et que l*air est bien sec et que les ustensiles sont chauds, des étincelles, et même un courant de fluide électrique se laisse appercevoir, comme une flamme de feu, et passe de la substance électrique d'une substance électrisée à celles qui ne le sont pas. Ce passage du fluide électrique d'une substance à une autre, se fait au moyen de ce qu'on appelle conducteur. Or, il y ade§ cerps qui sont bons conducteurs el d'autres
qui ne le soni pns. Jj'oou et tous les métaux sont de bons conducteurs ainsi que (iebonscolleeteurs du fluideélectrique, et ils le sont encore mieux lorsqu'ils sont exposés en pointes, principe qui nous guide dans la construction et l'usage des paratonnêreSf qui sont destinés à attirer et collecter le fluide électrique qui s'accumule dans les nuées pour ensuite le conduire dans la terre; mais le verre, la cire, la soie, la plume, le bois bien sec, &c. &c. ne le sont pas.
Toutes les fois qu'une grande quantité du fluide électrique accumulé passe, au moyen des frictions ou simplement par attraction, d'une substance à une autre, comme d^une nuée à une autre, il y a toujours un certain bruit et un dégagement considérable de calorique, tous deux proportionnés à la quantité du fluide électrique en mouvement ; ce qui met en jeu les affinités chymiques et dispose 1rs diverses substances exposées à leur influence à la décomposition et à la composition nouvelle; d'où vient l'observation que, lorsquMl tonne, les viandes et même les œufs exposés à la chaleur des poules couveuses, sont biea plus faciles à se gâter, c'est-à-dire à se décomposer chymiquement. Car il paraît que l'électricité contribue beaucoup à exciter, et à mettre en opération, les différentes nffiiiités chymiques. Le chevalier Humphrey Davy a démontré que les substances qui sont incapables d'union chymique, sont conformément dans la même condition électrique, et les acides, en général, ne se combinent si aisément avec les alkalis et les oxydes niétalliques, que parce qu'ils sont dans des conditions électriques opposées ; c'est-à-dire que les acides sont naturellement dans un état d'électricité négative, et les alkalis et les oxydes dans un état délectricité positive ; de sorte qu'ils peuvent s'unir chymiqucment, par l'influence électrique, indépendamment de toute autre
On excite et accumule la modification de l'électricité appellée galvanisme au moyen de quelques plaques de métaux de différentes oxydabilités, arrangées dans une caisse, nommée auge galvanique, d'une manière alternative, et humectées avec un acide minéral délayé. Les métaux les plus oxydables possèdent l'électricité positive,, et, les moins oxydables, la négative.
Plus ces plaques de différents métaux sont nombreuses, plus grande et plus forte est la quantité d'électricité excitée; et dans son passage à la substance placée entre ces deux pôles, elle est accompagnée du plus grand degré
le bons ctrique, n |)oinl l'usage îollecter ;es pour h cire, lont pas.
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Le Chevalier Humphrey Oavy ayant fait multiplier plus que tout autre homme avant lui, la force d'électricité et de calorique que peut fournir cet arrangement métallique, en a pris avantage, et a effectue la décomposition, que personne n'avait encore pu opérer, de plusieurs substances, comme les alkalis, les terres alkalines, &c. &c. que Ton considérait coroiae simples et indécomposables. Le savant professeur Hare, deis EtatSy s'est aussi rendu célèbre par les nombreuses expériences chymlques qu'il a faites au moyen puissant de la batterie galvanique ; et la lumière qui les accompagne est si belle et si brillante, que l'œil est absolument incapable de la supporter plus longtemps que durant le court espace dé quelques secondes, comme j'en ai été souvent témoin oculaire aux belles expériences que nous faisait l'habile professeur S. F. Dana, dans le " Darfnoufh médical collège,** â Hanovre, état de Newhamshire.
L'électricité est très difiusible et a une grande affinité pour tes fibres des muscles et pour le fluide vivifiant des nerfs, auxquels elle est un stinuilant puissant et utile; d'où vient que dans des temps beaux et secs, les esprits animaux sont toujours excités en une action plus forte, plus vive, plus prompte et plus vigoureuse; tandis que dans des temps humides et pluvieux, Peau et les vapeurs absorbent l'électricité de l'iiir e( des nerfs qui sont privés de la quantité qui leur convient ; ce qui fait que nous sommes alors moins actifs, plus sombres et quelquefois mêioe mélancoliques. Mais, dains dés circonstances pareilles, surtout lorsqu'il tonne, la cohnaissance des mauvais conducteurs peut être mise en pratique avec avantage. La soie est un mauvais conducteur, et dans le cas où Thumidité de l'air ambiant absorberait l'électricité intérieure du système humain, une robe ou une chemise de cette étof!e l'empêcherait de s'échapper ; et dans le cas où l'air serait chargé d'électricité courante, comme quand il tonne, ce même vêtement en arrêterait le cours et mettrait le corps hors du danger de son opération. Etre situé sur la cire, sur le verre, sur un lit de plume ou de duvet, étendu sur le plancher sec, sur une clôture sèche, &c. &c. est encore un préservatif; mail dès qu'une
v)e ces choses est devenue humide, elle ne saurait empôcbei le cours électrique de se décharger sur nous.
On voit diaprés ces exposés, qu'il e»t utile de connaître le principe électrique, et ce, d'autant plus qu'étant un stimulant diffusible dont on peut gouverner l'action à volonté, on peut s'en servir, avec avantage, dans maintes occasions différentes. Mais modifiée telle qu'elle l'est par l'acide, dans la batterie galvanique, l'électricité est infiniment préférable dans son application à quelques maladies. Son opération communiquée, par petits chocs, avx parties faibles, leur est très utile.. Parlant de l'estomac en particulier, quelques chocs galvaniques, dirigés dans la région de sa situation, quelques minutes après le repas, le met en état de digérer plus facilement et plus profîtablement ; pratique salutaire, à laquelle on peut avoir recours, de la manière indiquée dans ma thèse d'inauguration au degr^ de Docteur en médecine, surtout lorsque cet important organe est trop faible pour pouvoir bien faire ses fonctions sans l'aide de quelques moyens étrangers. (^) M. Dutrochet explique le procédé de la nutrition et des fonctions organiques au moyen de l'influence du fluide électrique sur les divers organes. Le Dr. Brown a fort recommandé l'usage de l'électricité dans un grand nombre de maladies ; mais je le crois plus exagéré que fondé, et VeX' périence vient à l'appui de cette opinion. ,
Mon ami, l'habile K. Nelson, Ecr. M. D. d« Montréal, m'observait dernièrement qu'il croit qu'en hiver, le fluide électrique influe beaucoup )sur les divers organes dont les fonctions se trouvent ainsi augmentées au point d'y établir un degré plus ou moins considérable d'inflamination, et cette idée me parait juste, parce qu'en hiver, lorsque l'air est pur et sec, l'électricité est, par rapport aux corps vivants, toujours à l'état positif, stimulant qui, par la continuation de son action sur les organes, leur devient un irritant productif de diverses maladies inflam» roatoircs que l'on observe souvent en hiver.
L'électricité ou le galvanisme animal, fait maintenant beaucoup de bruit en Europe, et l'on raconte que, lorsque le système en est saturé, l'on peut pratiquer les opérations les plus douloureuses sans causer aucun inconvénient au malade. Mais, comme celle de tout autre remède nouveau, il pourrait se faire que la réputation qu'on lui donne fAt un
^ \oycz le No. 7rae. du Journal Médical d« Québec.
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peu outrée. M. Delenze en fait pourtant un grand cas, et élève jusqu'aux nuées M. Mesmer qu'il regarde comme l'auteur de sa découverte d'une manière particulière. — Mais, je regarde comme plus amusant qu'utile, l'ouvrage de M. Deleuze sur les effets merveilleux du magnétisme animal, que je conçois être, en grande partie, ceux d'une forte imagination du malade.
Leçon Neuvième.
De la Luviièrc.
La lumière, prise dans un sens collectif, désigne l'union des difFérens rayons qui procèdent des corps lumineux, et causent, sur nos sens optiques, la sensation qu'on appelle vision ; c'est-â-dire que la lumière est une substance particulière qui rend perceptibles à nos yeux la forme et la proportion des objets, et qui dans ses parties séparables, donne les différentes couleurs et de l'éclat à toutes les productions de la nature et de l'art.
La lumière appartient plus particulièrement à cette partie de la physique qu'on appelle o/^/z'çj/e/ mais, comme elle influe i)eaucoup sur la décomposition (}'un grand nombre de substances, la chymie est aussi obligée de la prendre sous sa considération.
Les physiciens ne sont pas d'accord sur les sources de la lumière ; le plus grand nombre pense qu'elle émane du soleil et des étoiles fixes; quelques uns la croient répandue dans l'espace. Cependant elle se manifeste avec le calorique dans un grand nombre de décompositions et de compositions nouvelles, comme dan^ la combustion d'une foule de substances, dans la décomposition des alkalis dans la combinaison de l'oxygène avec les métaux, dans l'ignition de la majeure partie des corps naturels, &c. &c.
On peut considérer toutes les substances de la nature comme autant des prismes naturels qui décomposent, ou plutôt divisent la lumière. Lorsqu'elle est réfléchie toute entière de leur surface, et sous aucun changement dans ses rayons, on éprouve la sensation du blanc ; lorsqu'elle est en partie réfléchie et en partie absorbée, il en résulte les diverses colorations; lorsque l'absorbtion de tous ses rayons est complète, la production du noir absolu a lieu ;
de sorte que le blanc est la réunion de toutes les couleurs» et le noir en est l'absence. Plusieurs corps acquièrent la propriété de luire lorsqu'ils sont exposés, pendant un certain temps, a l'influence d^une lumière vive. Les corps a travers lesquels la lumière passe facilement sont appelles diaphanes ou transparents ; et ceux, au contraire, qui l'arrêtent à leur surface, sont nommes corps opaques,
La réfrangibilité des corps coïncide parfeitement avec leur composition chymique; de sorte que si la puissance réfringente trouvée est en rapport avec les principes constituants obtenus par l'analyse de la substance, l'exactitude des résultats de l'opération ne peut être douteuse ; et Von sait que le célèbre Newton a observé, il y a plus d'un siècle, que la lumière traverse, avait lieu en raison de leur densité et de leur combustibilité, et qu'il avait prédit, sur cette observation que l'eau devait contenir un principe inflammable que l'on a découvert depuis être le gaz hydrogène, qui en fait partie, et qui est en effet très inflammable.
La lumière blanche on solaire est composée de huit rayons primitifs ou colorés que l'on met en évidence par le moyen du prisme, et qui se présentent dans l'ordre suivant ; savoir, le rouget i*orangc, le jaune, le vert, le bleUf le Vindigo, le pourpre, le violet. Quelques physiciens sont portés à croire que le rouge, le jaune et le bleu sont des couleurs simples ou primitives, dont les modifications produisent la formation des autres rayons, c'est-âdire que le vert résulte du jaune et du bleu ; Toranfré, du rouge et du jaune ; et l'indigo, du bleu et et du inolet ; et ces trois couleurs, le rouge, le bleu et le jaune, étant celles dont la combinaison et les proportions forment toutes les nuances dont les arts sont enrichi*:, les tenturiers n'en con* naissent pas d'autres primitives.
La réflexion des rayons colorés de la lumière, dépend non de la nature, mais de l'arrangement chymique des
{}articules constituantes des corps, comme on le voit par a production des différentes couleurs, au moyen du mélange de quelques ingrédiens colorés bien faiblement, et quelquefois même tuut-à-fait limpides; d'où l'on peut tirer la conséquence, qui cooic de source, que les clifférentes couleurs ne sont pas inhérentes à la madère, mais dépendent dé l'arrangement des particules constituantes des corps gouvernés par les différents degrés dé l'affinité chymique. L'artiste chymiste, par l'application variée
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Il est donc nécessaire que les artistes connaissent les affinités chimiques au moyen desf^uelles ils peuvent, dans l'occasion, combiner différents ingrédiens avec lesquels ffs puissent former diverses couleurs. Par exemple, préparez les solutions suivantes de la manière ci-dessus enseignée, et vous obstiendrez toutes les différentes couleurg décomposables.
No. 1 ® . Dissolvez de l'acétate de plomb dans la pro« portion d'une partie à 50 d'eau au poids.
No. 2 ® . Du sub-carbonate de potasse dans la proportion d'une partie â i d'eau au poids.
No. 3 ® . Du permariate ( perchloride ) de mercure, dans la proportion d'une partie à SO d'eau au poids.
No. 4 ^ . Du sulfate de fer, dans la proportion d'une partie à 6 d'ean au poids.
No. 5 ® . De Tacide sulpburique, dans la proportion d'une partie à 18 d'eau au poids.
No. 6°. De l'acétate de cuivre, dans la proportipn d'une partie à 100 d'eau au poids.
No. 7 ° . Une forte solution d'ammoniaque.
No. 8 ^. De la teinture de chou rouge.
No. 9 ° . De la teinture de noix de galle.
No. 10 ® . Du prussiate de potasse.
No. 11^. Du nitrate de mercure composé dans la proportion d'une partie de mercure â 4 d'acide nitrique auquel on ajoute deux fois autant d'eau. Ainsi, en mêlant ces différents liquides on obtient,
1 ® • IjC rouge, en mêlant une partie de No. 5 ® . avec une partie de So. 8 ® .
2 ^ . L'orangé, en mêlant quatre paxties de No. 3 ® . avec une partie de No. 2°. et l'on rend cet orangé limpide en y ajoutant une partie de No. 5 ° .
S ® . Le jaune, en mêlant quatre parties de No. 11®. avec une partie de No. 2 ° .
4 ® . Le vert, en mêlant trois parties de No. 8 ® . avec une partie de No. 2 ® .
5 ® . Le bleu, en mêlant trois parties de No. 6 ® . avec une partie de No. 7 ® . et l'on rend ce bleu limpide en y ajoutant une partie de No. 5 ° .
6 ® . L'indigo, en mêlant une partie de No. 4 ® . avec une partie de No. 10 ® .
7 ® . Le rouge du rubis, en ajoutant au vert une partie deNo. 60. ■
8 ® . Le violet, en mêlant le rouge à l'iiiilico.
U o . Le blanc, en mêlant trois parties de No. 1 ® . avec une partie No. 2 ^ .
10^. Le noir, en mêlant trois parties de No. 9<^. avec une partie de No. 4 <=> ., et l'on rend ce noir limpidu en y ajoutant une partie de No. 5 ® .
Le mordant ne donne souvent la coulenr que par Taffinité qu'il a avec la matière dont on se sert pour celte fin. Dans certains cas, il effectue une décomposition totale de cette matière, et par là produit de nouvelles couleurs.
La lumière solaire décompose plusieurs substances par son action sur leurs principes élémentaires ; comme la ciguc, la digitale, le camphre, Tacide nitrique, Tacide hydrocianique (prussique,) le gaz chlorine, le nitrate d'argent, &c. La plupart des oxides et des sels métalliques, sont de ce nombre, surtout ceux qui ont le mercure pour base ; et dans toutes leurs décompositions, il se dégage toujours du gaz oxygène pur. Cependant, la question de savoir, si la lumière diffère du caluri(]ue, et si elle exerce sur les substances composées une action chymique, est encore imparfaitement résolue ; mais le calorique raccompagne si généralement dans ses diverses émanations, que quelques chymistes sont d'opinion que ces deux substances dépendent l'une de l'autre, et qu'il y a entr'elles une iientité absolue. {§§)
[§§) Un médecin de ce quartier, ayant par parade ou pour sa commodité, rempli un certain nombre de boëtes avec de l'onguent gris, les exposa à la vue sur une tablette près d*un poële ; mais il fut décomposé et en partie évaspore; de sorte que, quelque temps après, le médecin fut fort surjïVis de n'y plus trouver qu^un peu de sain-doux flultant sur encore moins de mercure dans un état fluide et de crudité. Ce fuit qui était une conséquence naturelle de l'opération du calorique, et de la lumière qui avait affaibli Taftinité entre le mercure et l'oxygène qui, en s'en dégageant, avait laissé ce métal dans un état isolé et de pureté ; ce fait dis-je, qui eût été facile â expliquer par un médecin cbymiste, était un phénomène pour celui qui n'avait si' le prévoir. Cependant, ce même fait voir combien il est important, pour le médecin surtout, d'être chymiste pour l'économie, pour son plaisir et pour son lionneur et pour sa propre sûreté; car, à dire le moins, i'évaporatioi) mtrcuriellu est toujours d'angereuse pour les
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La lumière, comme tout le monde le tait, e^t très favorable à la végétatiOD, et toutes les plantes la cherchent avec avidité, et s'inclinent toujours de son côté ; mais elle agit de deux manères sur ces corps organiques, c'est-ù-dire qu'elle en dégage le gazoxyigène et fait absorber le gaz acide carbonique avec abondance pendant le jour, tandfisqu'au contraire, elle favorise Pabsorblion de l'oxigène et Texhalaison de Tacide carbonique pendant lu nuit, ieraqu'ils vivent, ce qui fait voir le danger de coucher dans des appartements petits, où il y a une certaine quantité de plantes, qui absorbent l'oxygène de l'air pendant lu nuit, et privent les poumons de la quantité qui leur est nécessaire pour le support de la vie. Mais lorsque les plantes sont mortes, et dans un état de décomposition, il y a toujours une absorbtion plus ou moins considérable de l'oxygène de l'air, surtout lorsqu'elles sont exposées à la chaleur, â l'humidité et à la lumière du jour et un dégagement du gaz acide carbonique et de plusieurs autres gaz fétides et méphitiques, ce qui rend très malsains les endroits on il y a une grande quantité déplantes en décomposition.
Il parait indubitable que, quand la lumière produit le dégagement de Toxygène des plantes, des oxydes et des acides qui sont exposées à son action, elle entre en combinaison directe avec ce fluide élasti(]ue combiné, et qu'elle sollicite son émission, en fournissant assez de calorique pour augmenter son élasticité. Il parait aussi que l'action de la lumière occasionne la décomposition d'une partie de l'eau de végétation des plantes vivantes ; qu'elle fixe et accumule l'hydrogène résultant de cette décomposition, pendant que, d'un autre côté, elle favorise le dégagement de l'oxygène. Quelques chymistes prétendent même que son influence détermine, dans quelques circonstances, la décomposition complète ou partielle du gaz acide carbonique des plantes, et que le carbone, ainsi fixé dans leur substance contribue beaucoup â leur développement.
La lumière opère, sur les animaux, des effets non moins remarquables que sur les végétaux ; car, comme les plantes placées dans un lieu obscur perdent leur vigueur et leurs
personne t qui y sont exposées; d'où vient que celles qui ne servent de l'onguent mercuriel pour quelqoe maladie cutanée, doivent, pendant ce temps-là» ne jamais se couvrir par-dessus la tète.
yroprxclvn^ koiU pâles et lnngui)>santei, deviennent insipU «les et éA'uAùe» ; (le môme les animnuX) qui vont privés de la lumière sont hluncliâtres, sansénergie, et se distinguent de ceux (pii sont exposés il son influence par leurs couleur» qui sont toujours peu apparentes, et jamais, ou t»ès rarement ItrillariK^.