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CHAPITRE TROISIEME

CLASSE PHEMIERE.

SuUfances Acidifiantes, bOxygène^ le ChlorinCf le FitêOrwe^ l^Iodine et l^Hj/dro^àne.

Leçon Dixième.

Du Gaz Oxygène et de ses diverses prqpriétfs, SfC,

Nous avons déjà vu, dans la leçon seconde, une courte mention du caractère et de!« propriétés générales du gas; maintenant, avant de traiter de l'oxygène que Ton peut regarder comme étant le premier en importance dans let ])r.océdés de la nature et les fonctions de la vie animale et végétale, il est temps d'en donner une définition plus libérale.

Les ^az, en général, sont des fluides élastiques, incolores, généralement invisibles, pesants, compressibles, dilata.bles et plus ou moins odorants ; quelques uns sont alkalins et d'antres sont acides* Susceptibles d'un grand nombre de modiUcation?, il y en a qui demeurent cunstamment dans un état galeux, et que, par rapport à cette propriété caractéristique, on appelle gAZ p^rn^ia/vn/s; tels que l'air atmosphérique, le gaz acide carbonique, &,c. et ce sont là les gaz proprement dits. D'autres ne conservent la forme gazeuse qu'en tant qu'ils sont combinés en grande proportion 9Vec le calorique et que, pour cette raison, Ton nomme gaz non-^permanents ou accidentels, tels que l'al^ coliol et réther réduits en vapeur.

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Comme les gaz entrant tous plus ou moins dans ia compo» lition de toutes les substances matérielles, il t»'en suit que tous les corps solides et liquides peuvent prendre IVUat gazeux, lorsqu'on leur combuie une quantité de caloriqut*, capable d'affaiblir raffînité entre leurs particules cunatituantes, et de rompre lu cohésion qui lie leurs principes élémentaires.

Pour spécifier chaque espèce de gaz, Ton ajoute le nom de la baze qui est unie au caloriijue, comme gaz arjueux, lorsque l'eau, dilatée par le calorique, prend lu ibrtne de vapeur, gaz oxygèue, gaz nitrugéne, &c. &c.

Les gaz sont encore diiitingués en gaz solubles, c'estd-dire en ceux qui peuvent être absorbés pur Peau, tels que le gaz acide carbonique et le:i gaz sulpliureux et tre ceux qui ne peuvent pas l'être.

L'on conserve les gaz dans une cu.vc remplie de mercure pour les solnbles, et dans des flucnns de cr^slul remplis d'eau commuue pour les indissolubles.

L'on mesure le gaz dans un grand c)'1indre de verru

gradué très exactement^ que l'on appelle gazomêirey ou ien dans des vaisseaux dont ou connaît la cupuuité pour r«au.

Quelques-uns des gaz sont souvent trouvés dans le laboratoire de la nature, tels que le gaz acide corbonique et généralement tous ceux que l'on appelle méphitiques ou mjurieux, et qui résultent de la décomposition des substances mortes animales et végétales, et les autres sont obtenus par des procédés chymiques artificiels, tels que, entre beaucoup d'autres, l'oxygène que l'on se procure ainsi par le concours opératlf de trois choses différentes ; 1 ^ . par l'action du colorique, â ^ . par celle des acides ; 3 ^ . par celle de la lumière et de U chaleur.

Comme ce gaz est abondant en combinaison avec presque tous les métaux formant les oxydes métalliques dent il se dégage assez aisément, par l'action, sur eux, du calorique, on se le procure ordmairement de l'oxyde rouge de mercure, ou du noir de manganèse natif que l'on réduit, pour cette fin en poudre très fine dans un mortier de fer, et dont on introduit une certaine quantité dans une retorte de verre ou de porcelaine, ou de la composition de Wedgc-^oody (X) ou, ce qui e&t encore mieux, dans un

(X) Comme la porcelaine, la composition de Wedgewood consiste principalement d'argile ou terre glaise.

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canon de fusil dont on expose le gros bout, (celui qui con-* tient la poudre d^oxyde) dans un feu ardent ; celui d'un poêle, ou d'un fourneau de forge ou autre est meilleur ; mais on n'élève la température qu'après avoir ajusté les choses de la manière suivante : l*on adapte à l'autre bout du fusil, qu'il faut avoir soin d'élever beaucoup plus haut que l'autre, un tube recourbé de plomp que l'on fait plonger dans la cuve pneumatique, ou d'une autre remplie d'eau et que l'on fait passer ensuite en dessous et dans la bouche d'une cloche, ou d'un vaisseau de verre aussi rempli d'eau ot renversé la bouche en bas et placé de bout perpendiculairement sur une petite tablette trouée et située à une certaine profondeur dans l'eau de la cuve. Il faut enduire le tube avec de l'étoupe et de la colle, ou autre chose, pour en exclure l'air du dehors et empêcher l'exite du gaz du dedans ; il faut ensuite pomper, avec sa bouche, l'air de dedans le tube et le boucher avec le pouce ou la main immédiatement avant de le plonger dans l'eau et de l'introduire à travers un des trous de la tablette, dans le vaisseau de verre placé là pour recevoir le gaz. Il faut aussi un peu courber le tube, autrement l'eau qui pourrait s'introduire trop loin jusque dans le canon du fusil, ou par l'action du calorique, serait décomposée en ses parties élémentaires, ce qui, à l'aide de l'oxygène, occasionnerait une explosion de son hydrogène, au grand danger de l'o-pérateur et de ses assistants. Lorsque tout est bien préparé de cette manière, il faut élever d'abord doucement la température, et augmenter peu-à-peu l'action du calorique, Pendant cette opération, l*oxygène abandonne le métal. et le calorique se combine avec sa base, après quoi il s'échappe à travers le tube, et v'ent se loger dans le vaisseau de verre, où iî prend la placf; de l*eau.

De cette maniè'"e, d'un tiers plein le baril de poudre d'oxyde de maiiganèse, l'on peut collecter deux ou trois gallons de pur oxygène ; mais il faut laisser échapper un peu le gaz avant de ie rccueiller pour en faire usage, car il y a du manganèse qui contient de l'acide carbonique qui vient le premier.

On peut encore par un moyen fort simple, se procurer le gaz oxygène, en mettant dans uae fiole ordinaire, dont on fait usage en médecine, munie d'un tube recourbé, trois parties d'oxyde de manganèse réduit en poudre, et deux parties environ d'acide sulphurique concentré, secouant un peu la fiole pour mêler les substances, et recevant le

produit de la décomposition dans un vaissean de verre sons l'appareil pneumatique.

On obtient encore l'oxygène, de la même manière, de de l'oxyde rouge de plomb et de l'oxy-niuriate de potasse ; mais quelques acides, tels que le nitrique, &c. &c. en tiennent la plus haute proportion d'une manière si faible, que, lorsqu'ils sont combinés avec une base dans un état (le sel, comme le nitr<jte de potasse (salpêtre) ils la laissent facilement s'échapper à l'aide d'une faible action du < alorique. Ain>i, si une certaine quantité de salpêtre pulvérisé est introduite dans une retorte, ou dans- un canon de fusil, et si l'on conduit l'o}>ération de la manière recommandée lour les oxydes, le salpêtre fondra et bouillera, et bientôt après laissera aisément échapper l'oxygène. Il n'est pas nécessaire de chauiîer beaucoup le canon. Cependant, l'oxygène obtenu d'après ce procédé n'est pas aussi pur que celui des oxydes ; mais de la facilité avec laquelle on l'obtient du salpêtre vient le grand usage que l'on en fiïit dans la manufacture de la poudre à tirer, dont il fait partie, à cause de cette facilité de céder une partie de son oxygène qui contribue éminemment à la combustion soudaine et explosive du carbone ( ou charbon) et du soufre qui forment les deux autres parties de la poudre, ce gaz étant le seul propre à entretenir la combustion. Lors(]ue l'on se sert d'une retorte, on doit conduire en tout l'opération comme avec le fusil, excepté, qu'au lieu d'un fourneau, en l'expose à la chaleur d'un réchaud, ce qui est un peu plus commode.

L'extraction de l'oxygène des feuilles de plantes fraiehes dans un vaisseau de cry.stal rempli d'eau, de la manière décrite avant, que l'on expose à l'influence immédiate des rayons solaires, offre encore un moyen facile de se prc^curer abondamnient ce fluide élastique. A mesure qu'il se dégage ainsi des feuilles dans le vase, il prend la place de l'eau (J'ai s't-n relire.

L oxygène est mi fluide précieux, qui résulte de la combinaison cliymique de sa base avec le caloiique, et (jui, fesant partie de l'air atmosphérique, est le seul qui soit respirable et propre à entretenir la vie, propriété éminente qui lui a fait donner le nom (Vair vital.

On démontre, par plusieurs expériences intéressantes, que l'oxygène est essentiel à la vie ; des atiimaux mis sous un vaisseau rempli de ce fluide important, et entouré d'eau pour empêcher l'cxite, .s'agittent et se meuvent avec une

grande vivacité; et ce n'est qu'après un certain laps de temps assez long qu'ils y éprouvent un m;dai-<e insupportable, parce que cet air trop pur et trop raréfié, les active à un haut degré, acctMère considérablement la circulation, et exerce une aciion trop .directe sur les pommons, 'lonl les fonctions deviennent trop mpides pour pouvoir durer longtemps ; c'est-à-dire que des animaux ainsi exposés à l'influence trop stimulante de ce gaz, vivent très vite, et par là-même vivent très peu de temps. Ce fait indubitable nous fait voir la raison pour laquelle nous le tronvcms toujours délayé par le nitrogène dans l'air atmosphérique que nous respirons. Ce fait entre mille autres nous prouve encore que les élémens de la nature, dans un état de concentration, ne convit^nnent pas à la constitutibn de l'animal qui en fait usage, et que la pratique de prendre t'iu vin, mais surtout des liqueurs spirituenses, sans être dûment délayé par un peu d'eau pure, est très injurieuse aux personnes qui la continuent longtemps et d'une manière immodérée. (X)

L'influence de l'oxygène est aussi nécessaire à l'entretien de la vie végétale qu'à celui de la vie animale. Les plantes absorbent le carbone et exhalent l'oxygène penlant le jour; au contraire, elles exhalent le carbone et absorbent rapidement l'oxygène pendant la nuit; mais 1 eau et Miumidité ayant la propriété d'absorber les matières fétides et le carbone surabondant de l'air, il s'en suit que le ma-

(X) Je crois même que l'usage des liqueurs spirituenses est injurieux à l'homme dans tous les cas, excepté dans quelques-uns seulement, où les nerfs épuisés, ou paralysés-, ont besoin d'être stimulés en action, .le crois qu'il n'est pas nécessaire, non plus, pour devenir fort, comme le disent beaucoup de personnes, de prendre des l)oi^^io^s enivrantes, dont l'usage ne peut conduire qu'au vice et à l'épuisement, corporel et mental, comme ne le prouvent que trop bien l'observation et l'expérience. L'Ange qui annonça la naissance de Samsox, commanda à sa rnère de contribuer à sa sanctification, en le privant de l'usage du vin et de tout ce qui peut enivrer ; l'ordre de l'Ange fut fidèlement exécuté, et cependant l'écriture nous apprend que Samson devint le pins fort de tous les hommes ! Les anciens ne vivaient, probablement, jusqu'à un âge aussi avancé que celui dont l'histoire fait mention, que parce qu'ils menaient une vie plus sobre et plus frugale que nous.

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tin de bonne heure, avant l'cvaporation de la rosée, l'atmosphère est plus clair, plus net et plus sain, et ce sont là les raisons pour lesquelles la nature entière présente alors, à l'œil observateur, un aspect nouveau et si vivant, parce que les plantes sont saturées du principe vital qu'elles ont absorbé pendant la nuit, et que les aainiaux le respirent dans un état plus pur et |)lus salubre. (X)

Toujours combiné avec queli|ue substance, on n'a encore pu trouver l'oxygène isolé. Il se rencontre donc dans un grand non^bre de substances et dans trois élats différents ; lo. combiné sa base avec le calorique, et sous la forme gazeuse comme dans î'alr atn»osphéri{]ue, où il se trouve en union avec le gaz nitrogène; 2o. à l'état liquide, comme dans l'eau et les autres fluide: en combinaison avec le gaz hydrogène; So. sous la torme solide, comme dans tous les sels, les oxydes métalliques et autres, et encore beaucoup d'autres substances, comme on le voit dans le nitrate de potasse, l'oxyde de manganèse, dans le sucre, et spécialement celui d'érable, qui consiste principalement d'un oxyde de carbonne, raison pour laquelle le lait sûr, ou caillé, qui n'acquiert cet état que par sa combinaison avec l'oxygène, demande une quantité moindre de sucre que le lait doux pour être sucré au même degré, parce que le lait sijr, ou caillé, contient déjà une certaine quantité du preTiier principe qui constitue le sucre ce qu'il est.

Les combinaisons de l'oxygène avec ces dertiières subs* tances se démontrent par des nuances extrêmement variées, et dépendantes des différentes proportions où il se trouve. Les corps qui en admettent une certaine quantité, augmentent de poids, et passent, le plus souvent, à l'acidité, propriété générale qui lui a fait donner le nom d'oxygène (|ui se dérive de deux mots grecs doîit le premier oxuSy signifie acide ou ai^rr, et le second, <![eiieô, j'engendre.

Ce gaz est donc le principe de l'acidité, comme il est aussi le seul capable d'entretenir la vie et la combustion. Ainsi, c'est par sa combinaison chymique avec les bases acidifiables qu'il rend sûrs le vinaigre et autres substances, et produit les différents acides connus et employés dans la médecine, dans le ménage et dans les arts.

(X) Voyez le 2e. chap. de mon supplément critique au traité d'agriculture de Valère Guillet, Ecr. M. P. production canadienne très recommandable à la jeunesse, et qui fait honneur à son auteur.

Les lavurcs de gâteaux d'abeilles font, par leur combinaison avec l'oxygène de l'air, d'excellent vinaigre, lorsqu'on les expose, pendant un certain laps de temps suffisant en contact avec ce gaz, et à la chaleur solaire dans un vaisseau couvert simplement d'un linge attaché autour de l'ouverture.

L'oxygène rend plus pesantes les substances avec lesquelles il se combine; de sorte qu'une certaine quantité de vinaigre de vin-blanc pèse plus (jue la même quantité du même vin qui n'est pas acide ou sûr. L'oxygène pèse plus que l'air atmosphérique, qui fournit ce gar, à l'acidification, à la respiration, à la combustion, &c. &c.

Par conjbustion on entend l'absorption et la combinaison rapide de la base du gaz oxygène par une substance combustible, ou, dans d'antres termes, la fixation chymique de l'oxygène sur une substance combustible, et la flamme est la combustion d'un gaz.

Les substances sur lesquelles elle s'exerce prennent des nuances très variées et éprouvent des modifications qui dépendent des différentes proportions de l'oxygène con>biné. Le résultat le plus ordinaire de la combustion est l'oxydation et l'acidification, comme on le voit dans la potasse et l'acide carbonique, &c.

On a|)pelle combustible toutes les substances qui ont la propriété lie se combiner plus ou moins parfaitement avec Toxygène, et d'en dégager le calorique et la lumière.

La combustion n'a jam:tis lieu sans la décomposition, partielle ou complet'. îles substances combuj-tililes, raison pour laquelle le feu Dr. Frs. Blanchet veut iju'on les appelle '• substances décomposable?i."

L'amadou, ou agaric, le tondre et le charbon pulvérisé, brûlent dans le ffaz oxvgène nvec un éclat extraordinaire ; et une bougie allumée que Ton ploî^ge dans un vase (jui en est rempli, produit une flamme si brillante que l'œil ne peut la fixer. Un fil fin de fer, tourné en spirale sur un manche de pipe et garni d'un peu de soufre ou d'amadou que l'on allume, y brûle en répandant des étincelles d'une grande vivacité, et se fond en petits globules cassants et fragiles.

L'on se sert de l'oxygène pour obtenir un feu d'une grande violence, et pour fondre et volatiliser quelques substances qui avaient été jusqu'alors considérées comme enti;';rement réfractai res. La combustion brillante et rapide des métaux, et la décomposition des alkalis, au moyen de

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la batterie galvanique, dont nous avons déjji parlé dans la leçon huitième, s'opèrent, sans doute, autant par l'action piiissanle de l'oxj<rène qui résulte de la décomposition de l'acide et de l'eau (jui le délaie, que par celle de l'électricité, désiiijnée, dans ce cas, par le nom de galvanisme.

L'oxviijène entre dans la composition élémentaire des divers corps de la nature, tormc des combinaisons variables, surloiit dans les substances du rèffuc animal et véirélai, t't (iéj)cndantes de son degré de condensation et de la quantité plus ou moins considérable que les &ubs,iances s'approprient. Dans tontes ses unions, il est solide, licjiiide ou fliiitlc élastique, suivant la proportion de calorique uni à sa base, et qu'il a retenu dans l'acte de sa combinaison.

Dans la compcisition do l'air atmosphérique, l'oxigéne ertre dans la proportion d'un quart à trois (juarts do nitrogcne ; et daiis cell<» de l'eau, il y entre dans la quantité de 85 à 15 parties d'hydrogène au poids. De sorte que l'air que nous respirons consiste, quand il est pur, d'oxygène et de iiilrogène seulement ; et l'eau que nous buvons, encore doxygène et d'hydrogène. Mais l'air est souvent imprégné de substances étrangères (jui le corrompent et le rendent peu convenable à la respiration.

Dans un lieu donné, dans un appartement, par exemple, où l'oxygène se consomme npidement par la respiration et par la combustion, l'on peut suppléer à son absorption en en soufflant ça et là dans les dillérentes parties du lieu. — Pour cette fin, après s'être procuré de ce gaz vivifiant, de la manière déjà décrite, on en introduit, par le moyen d'un tube, dans une grande vessie ou dans une petite poche de gorinne élastiqiu', dont on arme l'orifice d'im robinet en cuivre qui se termine par un petit tube de métal (jue Ton dirige là où l'on veut dans l'appartement, en pressant la vessie après avoir ouvert le robinet pour donner issue h l'oxygène. On peut se servir encore de cet appareil pour mettre en opération une combustion promj)te et raj)icle, ainsi que pour faire respirer l'oxygène aux personnes presqu'é})uiMCCs d'une manière directe. La pratique en est recommandée dans la médecine pour celles (]ui sont malades d'atteintes de la phthisie. Mais je crois que ce gaz en donnant un mieux trotupeur, ne fait que produire les efl'ets physiques d'une douce chaleur et d'un peu plus de force momentanée, et qu'après un très court délai, les symptômes de la maladie reparaissent avec beaucoup plus

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cVinlcnsité qu'avant radininistralion de ce remède, parce (|ue son opération étant très stimulante, elle produit une fçrande excitation qui est toujours suivie d'une débilité proportionnée. On a donc I)eaucoup trop vanté les vertus médicinales exafçérées de ce gaz dont ou recommande l'usage dans la maladie.

C'est la propriété très stimulante de ce gaz, modifiée cepenilant, qui f:iit faire aux personnes qui le prennent publiciucmen tdans les jeux et dans nos cirques, toutes les contorsions et tous les gestes animés extraordinaires que Ton regarile comme Tex pression du naturel chez elles, et qui amusent si bien les assistants. Cette modification de Toxygène, (jue l'on prend ainsi consiste, de sa combinaison, dans une certaine proportion, avec du nitrogène, de l'acide nitrique réduit par l'action du calorique, à ce qu on appelle oxyde nitreux, en égard à sa composition, et gaz de réjouissance^ par rapport à celle qui suit les effets qu'il produit dans les personnes qui le respirent d'une manière directe. Mais Brande dit qu'elles ne le font jamais impunément. On l'appelait autrefois le protoxyde d'azote.

L'importance de bien connaitre l'oxygène comme le principal agent de l'oxydation, de l'acidification, de la combustion, de la respiration et de la vie naturelle, est la seule raison que j'offre en justification d'en avoir traité aussi au long dans un ouvrage purement élémentaire. Cependant, cette leçon ne donne pas encore, de ses diverses modifications et propriétés, une histoire assez complète; c'est pourquoi nous y reviendrons encore dans quelques leçons suivantes sur des sujets relatifs.

Leçon Onzième.

Noniemlaticre OiTjmique.

Par nomenclature, on entend ordinairement un catalogue de mots propres à une langue particulière, â une science, ou à utt art. Mais, dans un sens 'plus lin>ité, la nomenclature chymique que je me propose de donner, dans cette leçon, est un exposé court et méthodique de quelques principau.x noms et expressions propres à désigner l'état où se trouvent les substances dans leurs diverses combinaisons entr'elies, mais spécialement avec Toxygène, dont la plupart reçoivent différents degrés d'oxygé-

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nation ; et c'est pour cette raison que j'ai cru devoir en traiter immédiatement après )a dcfiriidon de ce gnz.

Par oxygénation, on entend les degrés variables, dans un état de moindres ou de plus liantes proportions, de l'oxgène en combinaison avec les «liverses substances acidifiables qui servent de base aux oxydes et aux acides. Ce mot employé c«»nune terme générique, comprend donc l'oxydation et l'acidilication.

Ainsi, comme roxviiène se combine avec les substances accidifiables en plusieurs proportions variables, mais toujours définies, il est à propos d'en donner ici une nomenclature convenable que j'étendrai, pour n'en faire qu'un sujet, à quelques comno-^itions dans lesquelles ce principe n'entre pas. Pour être plus précis, j'ctablierai deux états principaux de combinaisons tic l'oxygène avec les substances acidifiahles, que j'appellerai, le premier, état de moindres proportions, et le second, état de plus hautes proportions* Le premier état regarde les oxydes, et le second les acides, et le nom des uns et des autres vient d'un mot grec (oxifs) qui démontre la source co;r« mune de leur étymologi^. En effet les oxydes sont des premiers degrés d'acidifications, comme il est facile de s'en convaincre par l'observation, &c.

Chaque état de proportion comprend quatre degrés différents de Toxyuène en combinaison avec les diverses substances acidifiables, ce qui établit huit degrés, que l'on reconnaît en chvniie, de l'iixygène en combinaison avec les substances acidifiables, dont le quatrième est le dernier nécessaire à la formation des oxydes, qui, dans le cours de leur échelle, constituent l'état de moindres proportions ; et le cin(juième degré de l'oxygène en combinaison, nécessaire pour la formation des acides, est le premier qui commence l'échelle de ces derniers qui constituent l'état de plus hautes proportions. Fe sorte que, ces deux états de la même chose, sont comparatifs, et embrassent tous les degrés de combinaisons doit l'oxygène est susceptible avec les substances acidifiables. De sorte encore que toutes les substances acidifiables sont oxydables, ci vice versa pour un certain fio:nbrc, telles (jue le souffre, le nitrogène, les cinq métaux dont on a déjà parlé, Sic. Un grand nombre de subst ince«, telUs que les alkalis et les autres métaux ne se combinejit avec l'oxygèiu', que dans un état d'oxydes. iM:tis comme les o\\des ne sont strictement que des premiers degrés d'aciuiticalion, l'on

j)..'u( considérer loiites substances oxydables comme étant iicidifiables, nom «.générique qi.i désigne é<;Hlement les (liH'éiens degrés de cette scnle propriété pliy!'it|nequi leur est commune à toult-s, celle trentrer en combinaison plus ou moins intime avec l'oxygène.

L'oxyjièiie hc combine iIdiic dans des prt)porti(»(is exactes et (léliiiivs avec les différentes substances acidifiables cjui nécessitent une nomenclature particulière.

A lo. L(s suOsianctis acidyîanlcs sont celles (jui rendent acides les substances nvec lesquelles elles se coml)inent, et les suhstauccs acidi/i'ahUs sont celles (|ui sont capables de combinaisons diflerenles avec l'oxygène qui, dans son état de moindres proportions, forme des oxydes, et, dans son état de plus hautes proportions, des acides.

Les acides sont donc des substances composées, et comme ils sont susceptibles de se combiner avec des bases et lie former des sels, on les appelle substances salifianles^ et les bases avec lesquelles ils se contbinent, snhsfaucts sali- Jiahles. Tous lesalkalis, toutes les terres alkalines et tous les métaux sont des bases salifables. Chacjue sel est désigné p.ar \\\\ nom composé à la fois de celui de l'acide salifiant et de celui de la base salifiable, et se termine en ati: ou en îVp, selon le de<çré de roxyi^énalion de l'acide. Les acides se combinent très rapidement avec lei substances alkalines, et ibrme des composés que l'on appelle sels neutres.

Lorsque les substances acidifiables sont combinées avec l'oxygène dans l'état de moindres proportions, elles prennent le nom iVoxydeSy et lorsqu'elles le sont dans celui de plus liantes proportious, on les désigne par le nom iVaciclcs.

Les oxydes sent susceptibles de quatre degrés de combinaisons avec l'oxygène, que l'on exprime par l'ajouté des adjectifs de nombre grec, comme lo. \^ proloxi/di, '^Jo lo dtutojyde, 3o. le trituxyde, 4o. le peroxi^de. Par exemple, le métal appelé manganèse se combine avec l'oxygène à quatre degrés définis, et donne le proioxyde, le (ladoxijdey le triioxydc et le peroxyde de manganèse. — Quel(jues métaux s'unissent avec l'oxygène à un seul degré de l'état de moindres proportions, quelques-uns à deux, quelques autres à trois, et aucun à plus de quatre à l'état d'oxyde, comme le manganèse, &c. Mais cinq métaux se combinent avec l'oxigène dans l'état de plus hautes proportions, et forment des acides métalliques ; savoir, le Columbium^ le Tongstêne, le Molybdène^ le Chrome et

; étant eut les jui leur oïl plus

is exaclifhiblfs

jiii ren- ' coinhisoiit faune qui, oxydes, icitles.

et conibaics et 'ontcs, et ici s salies et tous l est tlésic'ule saliiiie eu atc :ide. Les ul)stance.s )pclle sels

lées avec es prencclui de

Vacidcs.

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l'ajoutc

Pur ex-

ec l'oxyloa-yde^ le ranèse. — eul degré à deux, re à l'état q uiétaux au te s piosavoir, le 'hrûme et

VArseniCf qui est le plus commun et te principal, surtout par rapport à sa propriété connue de poison virulent et mortel.

B. 2o. Les acides prennent les plus hauts degrés de l'oxygène dans leur composition, et ces degrés qui sont au nombre de deux principaux, s'expriment lo. par la terminaison en eujF de l'adjectif dérivé du nom de la base de l'acide, pour le premier principal ; et, 2o. par celle en iquf, pour le second, comme acide aulphureux, acide sulphurique, S(c. ^c. 3o. Pour les moindres degrés d'oxygène que prennent les acides dans son état de plus hautes proportions, c'est-â-dire un degré immédiatement audessous de celui qui constitue un acide dont le nom indiquant la base se termine en eux^ et un degré immédiatement audessous de celui dont le nom finit en iqucy on les exprime, cîiacùh moindre dans l'ordre qu'ils suivent, en ajoutant au nom de celui audessons duquel il est immédiatement, le terme hypoy préposition grecque qui signifie sous , ûmdessousji l'acide hi/po-std^ihureux indique un acide qui contient un degré défini d'oxygène immédiatement audessous de celui que contient l'ar.ide sulphureux, et hypo-sulphurigùey le degré immédiatement audessous de celui que contient l'acide sulpliurique.

Pour ceux qui considèrent le chlorinet \e^fiuorine et l'/odine, comme des substances simples et acidifiantes, ils ont adopté Çhloride, lodide, &c. et, par conséquent, disent Chloride de potasse^ Chlorate de potasse^ «Sfc. Ainsi, l'irrégularité n'a lieu que par le second principal degré de félat de plus hautes proportions. 4o. Quelquefois, quoique rarement, une substance acidifiable se combine avec l'oxygène â un cinquième degré dans l'état de plus hautes proportions; alors, pour exprimer ce degré, on ajoute le terme oxy ( contraction du mot oxygène ) au nom de l'acide; comme Yaci^Xe oxymuriatique ; de sorte que dans lés combinaisons de l'oxygène avec les bases acidifiables en proportions variables, le premie^: degré du premier état est le^w/wîOTMm iroxygénation (des oxydes) et le (sinquième et rare degré du secoiid état est le minimum d'oxygénation (des acides). 5o. Pour les oxydes qui sont dans un état de gaz, on les exprime en ajoutant des adjectifs se terminant en eux ou eo ique ; comme pour les acides, le gàx-oxyde-nitriqùe, &c.

C. 3o. Comme on vient de le, voir, les sels prennent, dans le nom qui indique la base dé leurs acides respectifs,

la terminaison en aie ou en ite, selon le de^ré plus ou moins élevé de leur oxygénation. Ainsi, lo. un sel dont la base est unie à un acide au plus haut principal degré d'acidification, prend un nom qui se termine en ntCt comme nitrate ôe potasse Sic. 2o. Celui dont la base est unie à un acide au moindre principal degré (rucidification, prend un nom qui finit en t/^, comme nitrite depotassef résidu du nitrate de potasse, qui dans le procédé qui nous a donné le gaz-oxyde*nitreux, a perdu une portion de son oxygène qui entre dans sa composition avec le nitrogène au moindre degré d'oxydation.

Pour n'en mentionner qu'un entre tous les autres pour leur servir d'exemple, l'acide nitreux nous donne dune un sel nitrite f et l'acide nitrique un sel nitrate,

D. 4o. Les sels sont désignes chacun par un nom composé de deux noms et d'une préposition, et où se trouve une restriction. Le premier qui est restreint pai !e second, indique la base de l'acide dont la terminaison décèle le degré d'acidification, et le second, qui fait la restriction, exprime la base du sel, laquelle doit toujours être dans un état d'oxyde préalablement à son union avec l'acide qui forme le sel. Il y a donc deux bases dans un sel, lo. la base de l'acide, et 2o. celle de l'oxide que l'on appelle base du sel. Or, comme cette base d'un sel peut être dans un état d'oxydation à un degré plus ou moins haut, lorsque l'on veut désigner ce degré, on ajoute au nom de l'acide l'adjectif numéral grec qui l'exprime. Ainsi, comme la couperose est un composé du protoxyde de fer et d'acide sulphurique, on l'appelle proto-sulphate de fer ; et comme le vitriol bleu est un composé du deutoxyde de cuivre et d'acide sulphurique, on le nomme deuto-sulphate de cuivre, ^-c.

Cependant, quelques chymistes les expriment simplement par une phrase passive où le nom de la base du composé se trouve le membre principal, et à la suite duquel ils placent le nom de l'acide au participe passé. Ainsi, ils disent du fer sulphaté, de la chaux siilphatée, &c. Mais cette manière de nommer les différents sels, outre qu'elle n'est pas toujours intelligible, n'est pas assez scientifique, parce que, pour dire le moins, on ne peut exprimer les différents degrés de l'oxydation de leurs bases.

Les sels admettent un excès de base ou d'acide, et pour indiquer l'un et l'autre, l'on fait usage des prépositions latines sub et super^ et de l'adverbe bis devtoit les acides.

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Ainsi, dans la dénomination de quel(}uc8 sels, s'il y a un excès de base, on ajoute la préposition sttb au nom de l'acide; comme sub'Carbonate de polasae {yier\asse) sub-muri' a/^ (chloride) de mereurtf 4"^.; et lorsqu'il y a un excès d'acide, on ajoute bi (contraction de bis) ou super au nom de l'acide; comme bi-carbonate de potasse (sel de tarde) ttiper-tartratc de potasse^ Sfc, Sfc, La préposition ptr regarde les oxydes, et désigne l'acmé de leur oxydation, et bis et 5ii/>«?r, comme étant synonymes, indiquent simplement un excès d'acide, et sub un excès de base.

Les sels qui résultent de la combinaison d'un acide et d'une base quelconque â proportion égale, s'appellent neutres.

Ainsi, sous le rapport de la quantité relative d'un acide et d'une base combinés ensemble de manière à former un sel, on les divise en trois classes, savoir, lo. les sels-sub^ 2o. les sels-super^ 3o. les sels-neutres ; et quant à la nature ou à la qualité seulement de la base, soit qu'elle soit alkaline, terreuse, métallique ou végétale, on reconnaît encore les sels en trois classes différentes, comme on le voit dans le paragraphe suivant.

E. 5o. L'on peut diviser les sels en quatre classes ; savoir, lo. Ceux qui ont pour base les alkalis minéraux et que Ton appelle sels alkalins. 2o. Ceux qui ont pour base les terres saliâables, et que l'on nomme sels terreux. 3o. Ceux qui ont pour base les oxydes métalliques, et que l'on appelle sels métalliques. 4o. Ceux qui ont pour base certaines substances végétales et auxquels on donne le nom de sels végétaux.

Comme Ton peut aisément le conclure, par les observations précédentes, le genre ou le nom générique d'un sel est dérivé du nom de l'acide, et l'espèce ou le nom spécifique l'est de celui de la base à laquelle l'acide est uni ; ainsi, dans le sulphate de soude, sidphale exprime le genre et soude l'espèce ; et l'on voit que chaque genre des sels a cinq ordres, savoir ; lo. le premier finit en ite venant d'un acide en eux, comme nitrite de potasse, 2o. le second se termine en ate provenant d'un acide en ique, comme sulphate de zine. 3o. quand une grande quantité d'oxygène &e combine avec un acide sans augmenter, mais plutôt en diminuant les propriétés propres â Tacide, ce que l'on fait connaître en ajoutant le mot oxy, comme l'acide oxymuriatique, formant avec la potasse Voxy-muriate de potasse, 4o. quand l'acide prédomine, ce qui s'exprime en

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