CLASSE TROISIÈME
Substances acidi/mbles non métalliques, Vhydrogène, le nitro' gène, le soufre, le phosphore^ le carbone et le borone.
Jh
Leçon Q^uatorzième.
De VHj/drogêne et de VEau.
(Les substances que nous avons vues dans les leçons précédentes, ont généralement été traitées dans un sens actilj et les suivantes le seront dans un sens passif, leur caractère commun étant d'être plus ou moins modifiées, dans leur mode d'existence et leurs propriétéaprincipales, par l'action de quelques unes de^ précédentes ; ce qui, en suivant ce système, peut donner lieu à une division de la chymie en active et en passive. Nous avons donc vu la chymie active,' il npus reste maintenant à voir la, chi/mie passive.)
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\o. L'bydrogène emprunte son nom de deux mots greoi, hudor, eau, et getieô, jVngcndre, parce que, combiné avec l'oxygène, ce gaz forme l'eau. A l'éiàt de pureté, l'hjdrogène est invisible, élastique, très léger, et d'une odeuf alliacée, ou de poisson pourri 1res désagréable. Ce gaz est impropre à la respiration et insoluble dans Teau, &c.
L'hydrogène est très inflammable, et de sa combustion résulte sa combinaison dans la proportion de 15 parties à 85 d'oxygène au poids. Maisj mêlé d'avance avec l'oxygène, en élevant ensuite la température au point de l'ignition, riiydrogène brûle rapidement et avec une grande détonation* Deux parties de ce gnz contre une d'oxygènei en mesure, constituent le gaz bruyant qu'on appelle air tonnant. Dans Tair atmosphérique, il brûle avec une flamme bleuâtre.
La grande inflammabilité de l'hydrogène dépend de son affinité supérieure pour l'oxygène ; mais il a aussi de l'affinité pour une infinité d'autres substances, ce qui donne naissance à des produits variés et très intéressants. Ses principales combinaisons ont donc lieu avec l'oxygène, le carbone, le soirfre, le phosphore, l'arsenic et quelquefois avec les métaux, et son union avec ces derniers consitud les hydrures.
Combiné avec le carbone, et le phosphore, mais surtout avec le soufre, il forme le gaz olifiant, et généralement tous les gaz puants et infects qui s'échappent du corps, des latrines et des substances animales ou végétales en putréfaction.
Combiné avec le carbone seulement, ce gaz forme l'hydrogène carburé dont on se sert en quelques endroits pour l'éclairage. Ce gaz, composé artificiellement sur un grand plan, commence à être en usage dans beaucoup de manufactures dans les Etats-Unis» Il se forme naturellement! dans les terrains bas et humides où il y a, enfoui dans la terre, une grande quantité de charbon. Ce gaz existe slrr la surface de plusieurs sources et notamment sur la source saline de l'Assomption, dont j ai publié l'analyse de l'ead dans le no. ô de la Bibliothèque Canadienne de 1826. (Pour' quelques faux avancés touchant cette même eau, voyea aussi ma réfutation dans le Spectateur Canadien du 21 Octobre 1826.) Je dois à la politesse de M. Bonin, prêtre du séminaire de St. Sulpice de Montréal, la connaissante d'une source, située aux forges de St. Maurice, sur la surface de laquelle se trouve du gaz hydrogène carburé. Ce
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nène llonsieof m*éerit aussi, qu'il j a, à Mnchléht, une •ource dont l'effet estapérient. La source de Varennes va devenir intéressante par ses établissements, mais je ne con- Bais pas les constituants de son eau.
On extrait l'hydrogène de toutes les siibi^tanccs dans lesquelles il entre comme partie constituante ; mais c'est la décomposition de l'eau, par le moyen d'un oxyde nictallique, qui fournit le plus pur. Pour cet effet, on prend environ une cuillerée à soupe de limaille de fer que l'on met dans une retorte d'une chopine que l'on emplit d'eau, avec un peu d'acide sulphuriuue ou muriatiquc, et élevant un peu la température, l'hydrogène se dégage en grande quantité, et l'on peut le recueillir dans un vaisseau de la même espèce que le sont les autres gaz.
Dans ce procédé l'eau estdécomposce,son oxygène ayant une plus grande affinité pour le fer que pour l'hydrogène, il s'unit avec le fer et en forme un oxyde, pendant que l'hydrogène, devenant libre, se dégage de la composition. L'acide sulphurique dispose et hâte la décomposition qui a lieu ainsi par affinité élective, en voulant s'unir avec le fer, avec lequel se combinant enfin, il en forme un sulphate ou sulphite.
L'hydrogène entre encore dans toutes les compositions des substances animales et végétales dont il se dégage, dans un état simple ou composé) en grande quantité, lorsqu'à l'aide de Thumidité et de la chaleur elles se décomposent. Il se trouve abondant dans les mines, dans les étangs, dans les marais, et dans les eaux stagnantes, d'où il se dégage après une forte pluie en forme de globules qui viennent crever a la surface. Dans toutes les circonstances, ce gaz est le produit de la décomposition des substances animales ou végétales» mais particulièrement de celle de l'eau.
Les jets et les courants de lumières, les flammes éclatantes qui s'échappent et s'enlèvent des cimetières et autres endroits, et que les gens de campagne Si^^^eWeuXfeux-fuUets^ {ignés falui) (ju'ils considèrent avec tant d'effroi, sont dûs, en grande partie, à du gaz hydrogène mis en ignition par le fluide électrique. Mais, lorsqu'ils s'échappent des cimetières, il est généralement combiné avec le phosphore des os, lequel est ignitable et brûle spontanément à une température très modérée, tant est grande l'affinité de composition entre le phosphore et l'oxygène de l'air.
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L'hydrogène, comme nous venons de le voir, est tréi inflammable, et est le constituant principal de l'eau, conjointement avec l'oxygène qui est le seul capable d'entretenir la combustion. C'est pourquoi, lorsque l'on se sert de l'eau dans les incendies, pour éteindre le feu, où il faut toujours en jetter plus que le calorique n'en pent décomposer par son action, ou ne pas en jetter du tout ; car si on en jette une quantité que la chaleur peut décomposer aisément, l'on contribue par là beauc^ ; p à l'augmentation de l'incendie, par la combustion d': ''hydrogène de l'eau, lequel l'entretient et la répand rapidement. Ceci est un fuit que l'on ignore généralement, avec lequel, cependant, il importe beaucoup, à nos ingénieurs de pompes surtout, d'être familiers.
So. L'eau, dont il convient de dire quelques mots en cet endroit, à l'état de pureté, est liquide, diaphane^ inodore, et d'une saveur vive et fraîche. L'eau existe très abondamment dans l'univers, et est d'un usage très étendu duni l'économie domestique.
Les Chymistes considèrent l'eau dans trois états diflPérens, savoir : dans l'état de liquide, dans l'état de glace, et dani l'état de vapeur ; mais, la considération de feau dans ces trois états, respectivement, appartient plutôt à cette partie de In statique que l'on appelle hydraulique, qu*à lachymie.
L'eau a la propriété de dissoudre beaucoup de substances spécialement tous les sels, et lorsqu'elle en est saturée, sa gravité spécifique augmente de beaucoup. De sorte aue l'eau imprégnée de sel, étant plus pesante, elle est plut niftl-ais4e à déplacer que Y— m doaee, ë'ei tient que 1%MI
dt mer porte plus pesant que Teau de rivière, cl que lei
{)ersonne8 nagent pfui aiiément dans la première que dam a dernière.
L*eau et Tair atmosphérique se combinent par affinité réciproque ; mais il parnit (]ue Tair absorbe plus d'eau que l'eau n^absorbe d'air, comme on peut s^cn convaincre par la quantité énorme d'eau dont l'air se décharge de tems à autres; comme on le voit dans l'orngc actuel qui est un des plus forts qu'on n'eût jamais vu. (Tme. jour d'Août, 6 h. P. M. \S30.) Au moyen du calorique qui la dilate, l'eau existe dans l'air dans l état de vapeur; et co n'est
3ue lorsqu'elle en perd une certaine quantité, que se concnsant en forme de nuée, de l'une à l'autre desquelles il •'opère un courant d'électricité occasionnant un<» combustion d'hydrogène, elle tombe. L'eau a aussi une grande affinité pour le fluide électrique qui s'accumule dans les nues, et qui passant en équilibre de celles qui en sont plus chargées à celles qui le sont moins, opère les éclairs et les détonations effrayantes dont nous sommes témoins, comme dans le cas que l'on vient de mentionner.
Le bruit éclatant du tonnerre résulte du choc, l'une contre l'autre, des parties latérales de l'astniosphère, remplissant le vacuuni (vide) soudain que laisse l'hydrogène qui a subi une combustion instantanée, en passant, par sa combinaison avec l'oxygène de l'air, d'un écat moins dense à un état plus dense à celui de l'eau, ce qui occasionne un certain dégagement de colorique.
L'eau, pour être de bonne qualité, doit cuire aisément les végétaux, tels que les pois, &c. entrer facilement en ébullition, et dissoudre complètement le savon sans former de grumeaux, laver net et laisser dégager, par sa simple agitation, beaucoup de globules d'air. L'eau donc, qui possède toutes ces qualités, est la plus douce et la meilleure à boire.
L'eau co'jrante est plusimprégnée d'air quel'eau stagnante ou des puits, ce qui fait que la première est plus saine et plus douce que la seconde, et ce d'autant plus encore, que la dernière est souvent imprégnée de quelqu'.icide minéral et surtout du muriatique ; mais cet acide peut être aisément neutralisé par quelque substance alkaline, telle que la chaux qui lui offre une base avec laquelle il se combine et forme un composé qui laisse l'eau pure et douce.
L'eau courante est souvent imprégnée aussi de matières hétérogènes^ provenant des boucheries, &c. très irijuricuset
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â la santé ; dans ce cas, s'il est inévitable, en doit préférer de se servir de l'caa de puits, corrigée, comme enseigné ci'dessus, avec de la chaux.
Lorsque l'eau n'a pas été corrigée par la présence d'un peu de chaux jettée dans le puits, on peut l'adoucir par un peu de lessis ou de carbonate de soude ou de potasse.
L'eau, le menstrue le plus universellement répandu, u été, de tous tems, considérée comme le plus grand dissol> vantde la nature. Par son action, les sels, les terres et les métaux, dissous et divisés, sont chariés, entraînés d'un lieu â l'autre, et forment, par leur rassemblemeii', ces mines précieuses, ces collines et ces montagnes miijt.'stueuses que l'œil étonné considère avec admiration, et ces concrétions salines, et ces crystallisations innombrables de toutes sortes qui allectent constamment des formes géomclri(jues régulières, qui brillent à nos yeux d'une lumière étincclantc.
L'eau qui a la faculté de dissoudre, d'absorber et de retirer une Ibule de substances hétérogènes, n'est jamais pure dans lu nature ; elle est toujours imprégnée de quelques matières étrangères. Son action s'exerce surtout sur les substances salines qu'elle dissout abondamment, sans cependant augmenter sensiblement de volume.
C'est à l'aide de l'eau, et par son intermède, que le chymiste opère la plus grande partie de ses analyses et de ses combinaisons, et que le pharmacien extrait des substances (pli, soumises à l'empire de so» art, sont autant de produits précieux propres à combattre et à réparer les infirmités que les vicissitudes du temps, ou l'irrégularité et la débauche font naître tous les jours.
C'est en raison de ce pouvoir dissolvant et absorbant de l'eau que des particules très fines de soufre et d'oxyde de fer, s'évaporent et s'envolent avec elle dans l'air, où elles s'accumulent et forment instantanément, à l'aide du calorique et de l'électricité en mouvement dans des temps orageux, ces pierres météoriques qui, par leur gravité spécifique, tombent aussitôt. Ces pierres consistent donc de soufre et de fer, formant un sulphurs de fer {pyrite.)
Si l'on considère le pouvoir dissolvant de l'eau, qu'elle est capable d'être constamment imprégnée de matières hétérogènes; qu'elle est dilatable et s'évapore aisément par l'action du calorique, et qu'elle est presque toujours tenue en agitation par les courants divers des vents ; si l'on considère bien toutes ces choses, dis-je, conjointement avec la volatilité et la légèreté spécifique du soufre et de l'oxyde
1 it
de fer en poudre, et le grand degré d'affinité de composMMi que le calorique établit entre des substances de différentes natures, surtout entre les deux dont il s'ogit ici; et si l'on Tetit bien se rappellerque dans le courant du fluide électrique, passant d'une nuée à une autre, il y a toujours une grande augmentation de températin'e par la combustion de rhydn»gène, &c. On admettra plus facilement que la formation des pierres météoriques de cette composition est très possible, et l'on mettra au nombre des faits physiques bien constatés celui que plusieurs regardent encore comme niy»térieux et incroyable. Lorsque j'étudiais la minéralogie sous le savant professeur F. Hall, A. M. (de Baltimore) j*ai vu une de ces pierres pesant, autant que je puis me rappeller, d'eux livres un quart, et dont la chute est at» testée de la manière la plus authentique.
Leçon Q^uatorzième.
Du nitrogèncy du ci/atiogène, et de l'air atmosphérique.
lo. Le nitro^ène est le p^aze qui, combiné dans la proportion de 79 parties à 21 d'oxygène; constitue i'air atmosphérique que nous respirons.
Le nitrogènc est plus souvent connu sous le nom d'azote ; de sorte qu'il est dcsii|;né par i\Qws. noms synonymes qui tirent leur oriijine commune chacun de deux mots grecs; le premier, de ceux qui signifient engendrer du nitre {nitro et gcncô) parce que combiné en diff'érentes proportions avec l'oxygène, il forme le gaz oxyde nitreux, (le gai de réjouissance) et l'acide nitrique qui, combiné avec la potasse, forme le nitrate de potasse que l'on appelle nitre ou salpêtre-^ et son second nom qui signifie, impropre à la vie, est dérivé de Va (privatif) et de sot', vie ; parce que ce gaz ne saurait entretenir ni la vie ni la combustion. Ainsi, ces deux noms, nitrogène et azote, sont synonymes quant à la chose, et non quant à ses propriétés. Mais comme ce gaz n'est pas le seul qui possède cette propriété négative et qu'il convient mieux d'adopter et de suivre une nomenclature aussi uniforme q!ie possible, je le désignerai toujours dans la suite, par le seul nom de nitrogène.
Le nitrogène est un gaz incolore, transparent, raréfiabU «t d'une odeur fade ; et comme le gaz ucide carbonique «^
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rbydrogène, il est Impropre à la combastioa et à la respi^ ration. Mais la différence qui distingue le nitrogéne d'avec ce gaz, c'est que combiné avec l'oxygène, il n'est pas inflammable, de sorte qu'il n'est ni combustible ni propre à eutretenir la combustion.
Le nilrogène existe dans un très grand nombre de subs* tances avec lesquelles il a la propriété de se combiner en proportions différentes. On le trouve assez souvent dans les substances végétales, surtout dans la classe des plantei cruciformes, mais on le trouve toujours abondant dans let matières animales dont il est une des parties constituantes.
On obtient le nitrogéne des plantes cruciformes et des substances animales par leur décomposition. On l'obtient encore de l'atmosphère, en offrant à son oxygène une substance pour laquelle il a une grande affmité. Ainsi, la combustion du phosphore dans une quantité donnée d'air atmosphérique, laissera le nitrogéne dans un état de gaZ assez pur. Mais il y a encore d'autres moyens de se le procurer, trop longs pour être détail !és ici.
Le nitrogéne a la propriété de se combiner avec plusieurs substances, telh's que l'oxygène, l'hydrogène, le phosphore, le carbone, &c. ])ans ces cas il se décompose, c'est-à-dire que, comme les autres gaz, il perd plus ou moins de son calorique pour s'unir aux substances avec lesquelles il a da l'affinité.
Combiné dans la proportion de quatre parties avec une d'hydrogène, le nitrogéne constitue l'ammoniaque, un alkali volatile que nous verrons dans lu suite.
Combiné avec le carbone, ce gaz forme un carbure de ni- '{TOgène que l'on appelie cyanogène ; et cette dernière substance, unie avec une certaine portion d'hydrogène, forme facide h^dro-cyanique qtie nous avons déjà vu. Le mot cyanogène indique la couleur de ce gaz, qui est d'une couleur bleue, de ctmnoa.
Combiné avec l'oxygène, dans des proportions exactes et définies, il constitue ta plus grande partie de l'air atmosphérique, que nous respirons, raison pour laquelle nous en traiterons ici.
2o. L'air atmosphérique est un fluide très mobile, élastique, compressible, invisible, insipide, inodore, transparent, pesant, incondensable en liqueur, par l'abstraction du calorique ; mais comme ces propriétés générales de l'air tombent plutôt sous le domaine de la physiqne que de la fhymie, noui passerons à la considératioo de quelques au-
-rpmtigigsSSi
très qui servent encore à établir les caroelères principaux.
L'air atmosphérique est un composé de toutes les exhalaisons qui ont la faculté d'y flotter ou d'y rester sous la forme de gaz» au degré de pression et de température dans lequel nous vivons, mais ces exhalaisons différentes, et très abondantes en certains endroits, y existent plutôt comme des substances étrangères que comme des parties constituantes. L*air consiste donc strictement d'oxygène, de nitrogène, d'acide carbonique et de calorique qui donne la forme de gaz à ces substances; et l'analyse la plus exacte a démontré que sa position chymique est constamment la même dans quelque lieu et dans quelque saison qu'on le puise. Cependant, le gaz acide carbonique entre pour si peu dans la composition de l'air, que si ce n'était que pour la stricte exactitude, ce ne vaudrait pas la peine de le mentionner.
Pour les autres gaz qui se trouvent quelquefois dans l'air, et qui résultent de la décomposition des différentes substances animales et végétales, on ne peut les y considérer que comme mécaniquement mélangés par l'évaporation, par l'agitation des vents, et par le mouvement rapide et l'extrême ténuité de leurs particules.
En considérant la nature du nitrogène, qui est impropre à la respiration, et la grande proportion de ce gaz, qui entre dans la composition chymicjue de l'air, on est porté à croire que notre atmosphère contient trop de ce gaz pour la sûreté et la prolongation d« notre existence : mais il était nécessaire de tempérer faction très stimulante de l'oxygène, parce que ce gaz, trop vif et trop actif, épuiserait bientôt les principes de la vie,si Tintensitéet la stimulation n'étaient pas attaïuées par la présence du nitrogène, dans lequel il est, pour ainsi dire comme noyé.
Leçon Ctuinzième.
Du Carbone.
On appelle carbone la partie la plus pure du charbon, et la matière qui fournit â la combustion du diamant.
Le carbone diffère du charbon en ce qa*\\ est privé des sels) des terres, des oxydes métalliiques, de l^au, des ga^ et gcnéralemeal de toutea les substances étrangères qu*
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irboa, et
)rivé des des ga^ ireg que
l« charbon, à une température rédm'ta ou pen éltvéti illsorbe, avec plus ou moins de farilité.
Le charbon est aboiidumiueni l'-pandn dans lu nndir^i et est un de.n principaux ciMisiituatUv (Un aiiiiiinnx. dfS véj^élHUX et des minéraux. Dans l-aiilhr)«iitc (f^pcce de 'talc) il est plus pur qun dans auciint* aiitrr Miti>taiict', excepta le diamant. Il exi>(e en roinbinaisoii avec l'oxygène, le bitume, le soufre, l'hydroirène, eJc. elc
Com!)iné avec l*oxyj^èiie en funne de gaz, il flotte dans Pair atnios|)héri(]u«'; et uni au iiiOnti' fS'MH a l'ctat solide, il entre dans la composition du marbre, du blu*ic d'blspa^ne, de la pierre à chaux, et dans celU^ d'uno grande partie de chaque plauie et de chaque aninia', &c.
Le charbon, à l'état sin)|)k* où nous l'obtenons du bois en combustion, a des propriétés bien remai<|nables. Il semble être parfaitement indestructible par l'âge, et il parait que les anciens connaissaient bien ce fait, piiis(|ue les piliers qui servent de foinlalion au temple d'tphèse ont été passés an feu et ont leur surface réduite en charbon. Quand, dans des temps modernes, qneUpies uns furent tirés de la terre, le charbon ptirut |mrfaii«'«t»ent frais, et même quelques pretiières nmn «es de la hache étaient encore visibles, quoique ces pi iers fussent drmeuré> en terre depuis un grand nombre de siècles. Nos habitans, pour s'assurer d'une longue durée des pi.juets qu'ils plaiitt-nf en terre pour leurs clôtures, pciui raient tirer avantage <le ce fait, en faisant brûler un peu la surface de tout le bout qui est destiné à entrer en t«'rre, et même un peu au-tl«ssus.
Le charbon, oîi abonde le carbone, a encore la grande propriété d'absorber, à une température réduite, l'eati et généralement tous les gaz méphiticjues et iijurienx à la santé, tels que l'hv<lrogène suiphuré, legaz ammoniaqne, l'hydrogène carburé, le gaz acide carbonique, &c. et «le ieS exhaler ensuite à la faveur d'une température plus élevée; la connaissance de ce principe est d'une grande importance dans la pratique de la médecine, dans l'hygiène, dans l'agriculture et dans l'économie domestique.
Ce principe, oa celte faculté^ «lans le charbon, d'absorber et d'exhaler, à la faveur des différents dey rés de la tenipé* rature, l'eau, tes divers gaZ et autres substances injurieuMes et désagréables, nous apprend, lo. qu'&piès avoir été rou^i su feu, le charbon étant très avide, d<>nt il se pénètre facilement alors, un petit Remployer avec avantage pour des- •éelier les appartements humidbs» eu l'jr exposant quelques
le
Cf8]
tninotci après ion ignition. 2o. que lorsque du charbon est exposé â une température élevée, H faut ne pas s'exposer à ses exhalaisons. 3o. que dans le traitement des ulcères putrides et invétérés, i*usage du charbon réduit cr poudre, avant de le faire rougir, et mêlé avec du cataplasme, ou appliqué tout siti.pli'ment sur la plaie, est très recomroandable. 4o. que dans le traitement des maladies des intestins, accompagnées des vents et des acidités», &c. telles que la diarrhée, la dyssenterie chroni(|ue. la i\ys' pepsie, &c. l'administration du charbon en poudre peut être d'un très grand avantage. 5o. que dans les cas où la putréfaction des décédés encore exposés est rapide et injurieuse aux personnes d^alentour, couvrir ces corps de charbon pulvérisé, dans de grands sacs, peut être d'un grand service par l'absorption des gaz méphitiques qui résultent de leur décomposition. (Dans les trois derniers cas, je peux ajouter le témoignage favorable de ma propre expérience.) 60. que l^eau pure fortement imprégnée de poudre de charbon rougi, peut faire un excellent dentifrice dont on peut faire usage tous les matins pour la conservation des dents ; mais pour en recevoir tout l'avantage, il faut pulvériser le charbon dans un état dMgnition ; et l'in^ troduire immédiatement dans un vaisseau qu'il faut tenir toujours bouché hermétiquement. 7o que la putréfaction des viandes de table peut être empêchée, retardée ou beaucoup modérée, en les immersant et les laissant dans Une eau semblable à celle recommandée pour nétoyer et entretenir les dents. 80. que de l'eau putride peut être corrigée, en la fil tant â travers le charbon rougi, ou en y jettant du charbon en ignition. Le charbon a encore la
{>ropriété' de décolorer les liquides par le moyen de a filtration. 9o. que les engrais de la terre, tels que le fumier, la paille, et les feuilles pourries, &c. qui, comme le charbon, contiennent beaucoup de carbone, et fournissent la nourriture aux plantes, opèrent encore sur le même
Î)rincipe ; c'est-à-dire que, pendant la saison fraîche de a nuit, ces substances nutritives attirent et absorbent l'acide carbonique, l'hydrogène carburé, l'amn)oniaque, &C^.&c« peadant qu'à l'aide de la chaleur, que les rayons solaires produisent pendant le jour, elles exhalent ces principes et les fournissent aux plantes, qui les absorbent et se les assimilent, au moyen des vaisseaux de leurs racines fibreuses, des pores de leur feuillage, &c. Les plantes en mâmt temps qu'elles absorbent ainsi le carbone^ pendant
1 charbon pas s*ex« ement des réduit er : du catae, eNt très s umladieH dites, &c.
e. la dysudre peut ; cas où la Je et injucorps de être d*un tiques qui is derniers ma propre )régnée de . dentifrice i conservavantagei il >n ; et i*in?
faut tenir Litréfaction (tardée ou ssant dans néioyer et peut être , ou en y i encore la moyen de els que le COU) nie le burnissent le même raiche de absorbent n)oniaque, es rayons laient ces absorbent jrs racines plantes en if pendant
la saison chaude du jour, exhalent \*oxjBène ; au eoa- (raire, elles exhalent le carbone, &c. et absorbent rapidement l'oxygène pendant la nuit.
Combine avec l'oxygène, le carbone forme le gaz carb<^ nique, qui a la piopriétc de se combiner avec beaucoup de substances dont il forme des carbonates, telles que l*ain* nionia(|U(*, la potasse, la chaux, la soude, la baryte, la magnésie, le fer et le zinc.
Uni avec le fer en différenfes proportions, le carbone forme, lo. \cjer de fontes si précieux dons les arts. $o. lé carbure ôejèr ou plombagine^ lorsque le carbone y existe en grande proportion. 3o. le fer connu sous le nom &acier, où le fer prédomine. Les deux premières espèces se trouvent dans la nature, mais la troisième su fabrique arti* ficiellement par le moyen de la stratification du fer et du charbon en ignition, pendant laquelle il se départit de ion carbone en faveur du fer en contact qui l'absorbe.
Combine avec l'hydrogène, en différentes proportion!^ le carbone forme le gaz hydrogène carburé, le léger et le pesant (qu'on appelle gaz olifiant) que nous avons déjà vus à l'article hydrogène.
Le carbone existe abondamment dans le sang veineux, qui s'en décharge en passant par les poumons, où le carbone rencontrant l'oxygène de l'air atmosphérique inspiré, té combine avec lui et forme du gaz acide carbonique que les animaux expirent, en l'exhalant au-dehors, dans l'acte dé la respiration. Nous avons déjà vu ailleurs' que les plantes exhalent le gaz acide carbonique pendant la nuit et absorbent l'oxygène qu'elles exhalent pendant le jour, à l'aidé de la lumière et de la chaleur ; nous avons vu aussi que le gaz acide carbonique est impropre à la respiration et à la combustion, pendant qu'au contraire l'oxygène est essentiel à la combustion, à la santé et même à l'existence des animaux ; maintenant nous voyons que ceux-ci, en retour, expirent ou exhalent toujours du gaz acide carbonique dans l'acte de la respiration, ce qui nous fait voir que les plantes, qui en font leur principale nourriture, sont situées avantageusement dans les endroits où il y a des animaux, raison pour laquelle les fleurs croissent si rapidement clans les chambi es à coucher. Cette pratique, cependant, est très malsaine, parce que les plantes absorbent trop l'oxygène et exhalent trop le gaz carbonique pendant la nuit. Maii^ comme l'eau a aussi une grande attraction pour le carbiMdld ii le gai carbonique qu'elle absorbe rapidement, on peaC
•n empêcher l'effet délétnire, en tenant, dam l'apparttment, un voinseau plein d'enu qu'il faut avoir soin d« renouvellcr Hoiivent.
Oe.st »iMr ce principe de l'alunrption du carbone et du
f;nz ticide cnrl»oni(|ue pnr l'ftui, (|ue Mr. Viul et son 6l8, de 'étiit de rOliio, lors(|UH.snH(K|nés pnr ce g;iz quMI» r«fncontrèrenten creusant nn ptiits, furent avivés par l'effusion sur eux d'un sceau d'eau i{iii pnl leur servir aussi de stimulant et contribuer beaucoup h leur fotnnir une certaine quantité d*jiir alniospliéri(iiie nécesnaire à leur rétablissement. C'est l'expliciiti II (pie j'en donnai, lorxqu'éiant dernièrement à une assemblée du coniitc de surveillance des affaires publiques de L'Assomption, l'un de nous lut, dans le jcnrnal intéressant de Monsieur Hiuaud, ce f.iit curieux tiré d'un journal uiinTicain. Ce lut encore en partie par l'npplira> lion de ce pii'icipe (|ii'n la demande de queUpies uns du niêint> comitt'*, je donnai alors l'expliration de la maiii(}re doiil •..•forment les cavernes que nous trouvons dans les rocs t'i q'ii ^ont la cause de tant d'Iiiotoires sans fondation.
Ces cavernes n'ont g«''néralemeni lieu que dans des rocs de pierre calcaire, qui est composée de chaux et d'acide carl)oni({ue formant un carbonate dechnnx que l'eau, par ■a grande al raction |)OMr l'un et l'autre de ses constiluans, décompose aisément, d'où résulte qu'au mo^en Ae petites crevasses ou autrement, l'eau filtrant à travei's le roc le décompose en ses parties élémentaires, la chaux et l'acide carbonique, et forme ainsi ces cavités ou cavernes où l'on trouve ces ttubstances, la première à l'étal de stalactite et de slaiaij;mite et la secondr à cciui de gaz; et cette décomposition est facilitée pnr la friction de l'eau dont l'écoulement continuel en contigniu; de la surface du roc a lieu par attrac(i<m mutuelle. C'est ainsi que s'opèrent ces cavernes souterraines qi>i excitent tant la curiosité des uns et l'alarme des âv:tres, et cette explication nous donne la raison pour laquelle nous y trouvons toujours plus ou moin«i de la chaux en forme de stalac<iie, 8cc. ainsi que beaucoup de gaz acide carbonique, qui est contraire â la vie et la combustion.
J'ai vi.ité la caverne de St. Paul, dont j'ai, dans mon office, des échantillons de stalactite et de stalagmite, mais d'après la description savante de c^lle de Sle. Thérèse, je suis porté à croire que cette dernière est beaucoup plus intéressante.
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Le carbone est incombuMibIc, décomposable, et se trouve trè.H nbondaniMient répandu dans le ré^ne minéral, surtout en tofitic de houilles ou de mines de charbon de terre que le» gcolo^uf)» regiircient comme étant de formation primitive, parce (|u'on les ( trouvées plusieurs fois dans les montagnes (le preniière cicîtMon. Mai» je crois qu'elles peuvent bien rtre d'origine' secondaire résultant de l'iguilion et de la combustion spontanée des arbres et des plantes, à l'nide du calorique (|iii se dé/^agea et devint libre, au moment où les constituants de la terre prirent leur place respective dans un état plus solide et plus compact. On peut donc considérer ces houilles comme étant le résultat évident, et le résidu visible d'une combustion spontanée au temps où les divers gast et le calorique devinrent libres par la décomposition en leurs principes élémentaires de l'eau et de l'air, et par la condensation soudaine des constituants de la terre. Cette doctrine, bien que nouvelle, n'est pas desti uce de principes philosophiques et chimiques qui lui servent de fondation solide.
Le charbon est insipide, insoluble, combustible et de couleur noire. Cependant on ne peut apprécier, au juste, la couleur primitive du carbone. Quelques-uns pensent
3umI est blancy parce qu'il existe en as-ez grande quantité ans le coton et le papier, et qu% ce n'est que par une portion d*oxygène qu'il absorbe et avec lequel il se combine pendant la combustion, qu'il acquiert la couleur noire.
C'est le carbone, uni à l'hydrogène, qui est la base de tous nos éclairages domestiques, dans les huiles, le suif, le blanc de baleine, le coton de la mèche, &c. et l'oxygène de l'air contribue le plus à leur entretien par la grande affinité qui 8*exerce toujours entre les premiers et ce dernier, lorsqu'ils sont à une température un peu élevée, comme on le voit dans la combustion et la flamme de la chandelle, &c. qui, à l'aide de la température, résultent de la combinaison de l*oxygène aux matières combustibles.
Le coton étant un carbone presque pur, et le carbone ayant une grande affinité pour l'hydrogène et l'oxygène, c'est en raison de ces choses qu'est due la propriété injurieuse qu'a le coton sur les plaies ; parce que cellet-ci consistant d'une décomposition élémentaire plus on moins
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rapide des parties qu'elles affectent, le coton par la contiguïté de son carbone, hâte et facilite cette décomposition par l'afïinité qui s*exerce entre lui et le gnz dont est constitué la chair animale, Hhydrôgène, l^oxygcne, le nitrogène, &c. Mais le charbon n'a pas cette propriété injurieuse, parce qu'il est déjà saturé d'oxygène, et qu'il contient toujours quelques autres substances qui neutralisent celte qualité. Ces considérations pratiques, dont on peut tirer un grand avantage, paraissent avoir échappé à nos médecins chymistes.
Le carbone pur a une si grande affinité pour I*oxygène, qu'il entre'en ignition et brûle spontanément, lorsqu'il est en contact avec l'air atmosphérique à une température un peu élevée. Pendant mon séjour dans les Etals-Unis, j'ai vu deux manufactures de coton prendre en feu et se consumer, parce qu'on avait mis du coton à filer (de la ouate) dans les greniers, en contignité avec les couvertures qui le chauffèrent trop. Ceci doit nous mettre sur nos gardes contre des incendies qui pourraient arriver pour des raisons semblables.
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Leçon Seizième.
Du soufre, du phosphore et du borone*
lo. Le souffre est une substance combustible, dure, fragile, d'une odeur désagréable, lorsqu'elle est exposée â la chaleur, d'une couleur jaune pâle, et qui acquiert par la friction, la propriété électrique.
On rencontre le soufre dans les trois règnes de la nature. La patience {rumcx patientia) et quelques autres plantes du genre cochlearia, en contiennent beaucoup, ce qui leur vaut les propriétés médicinales qu'on leur attribue. Toutes les plantes cruciformes en contiennent généralement des quantités plus ou moins considérables.
L'usage du soufre est assez étendu dans la pratique de la médecine, surtout dans lo traitement des maladies cutanées. A l'intérieur, on le prend en combinaison avec d'autres substances telles que la crème de tartre, &c. et à l'extérieur, l'on s'en sert en forme d'onguent, mais alors, il répand une odeur insupportable à l'approche de la chaleur.
Le soufre existe et se manifeste dans les égoûts des court
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Le soufre se combii.e avec l'oxygène, l'hydrogène, et plusieurs métaux dont il est le ininérmisateur ; tels que le fer, le cuivre, le plomb, le zinc, &c. dont il forme des sulphures^ fréquemment employés en pharmacie. Ils se forment aussi naturellement.
Le soufre natif pur et crystallisé en aiguilles ou en oc» taëdres. Au moyen d^une douce fusion, â air clos, il se volatilise en poudre très fine qu'on appelle /?eMr de soufre^ ou soufre sublimé ; mais, celui dont on se sert se recueille particulièrement â la bouche des volcans. On en rencontre aussi dans plusieurs substances animales, et spécialement dans la fibre, le blance-d'œuf et la pulpe cérébrale.
La liqueur des hydropiques dont quelques-uns font un grand mystère, consiste de soufre avec de l'acier dans du vin blanc, dans lequel on fait infuser des poireaux. Cette liqueur dont quelques-uns font un grand débit dans ce quartier, peut être favorable dans quelques cas d'hydropisie, à cause de ses propriétés toniques et diurétiques, &c. mai«, dans beaucoup d'autres, oui la maladie dépendrait, ou serait accompagnée, de causes et d'effets différents, elle peut être très nuisible. C'est pourquoi, pour C^ire plus certain, on doit ne jamais faire usage de cette liqueur empirique ^ans l'avis spécial d'un médecin habile, qui connaisse et ses propriétés et la nature de la maladie.
La tisane courvaline admet encore une certaine quantité de soufre qui se trouve dans les racines de chicorée et de patience qui entre dans sa composition ; mais cette fameuse tisane doit sa propriété apéritive principalement au séné et au sel d'Ëpsom qui y entrent en grande quantité.
Dans une combustion rapide du soufre, il se combine en totalité avec l'oxygène de l'air, et fprrae V acide sulphurique. Sa combustion lente donne un autre produit qu'on appelle acide sulphureux.
Combiné avec l'hydrogène, comme dans les égoûts des cours, il forme l'hydrogène lulphuré que l'eau absorbe rapidemeat« et qui donne aux métaux une couleur brune.
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tx>mme on le voit souvent sur les cuillères d'argent, que l*on peut nétoyer avec du blanc d'Espagne, de la inagnési» ou mêine avec de la suie.
LMiydro^ène siilphuré se trouve abondamment dans les caufsf raison pour laquelle lorsquMIs sont cuits à la coque ou autrement, les cuillères d^argent dont on fait usage, pour les servir ou pour les manger, deviennent ternes. C*e8t pourquoi, pour éviter cet inconvénient dans de pareils cas, on peut faire usage de cuillères d'ivoire.
Oîi rencoulre encore le soufre, ainsi combiné dans les excrémens des animaux ruminants, dans les fumiers, les latrines, et dans les vents qui s'échappent du corps, ce â quoi ces choses doivent l'odeur insupportable qu'on exhale.
Le soufre est d'une très grande importance dans la pratique des arts, parce qu'il est la base de l'acide sulphuriqiie, qui est In clef du chimiste, et qu'il entre dans la composition de la poudre à iirer, &c. &c.
La poudre consiste donc de cinq parties de nitre, d'une de charbon et d'une de soufre L'usage principal du niire, dans cette composition, dont l'effet est souvent si redonfable, est de fournir à la combustion du charbon et du soufre, une portion additionnelle d'oxygène qui se dégage du nitre à l'aide de la chaleur que produisent ces deux substances en igniiion. Sur ce même principe, la combustion d'un peu de sel de nitre est très favorable dans la chambre des malades, et là où il y a des corps déposés. Comme cette proportion d'oxygène qui se dégajje du nitre, résulte de la décomposition par la combustion, et que ce sel est décomposé lorsqu'il est administré à l'intérieur, on peut raisonnablement c<mclure que sa propriété aniisceptiquedans les fièvres putrides, &c. dépend de l'oxygène qu'il fournit au système.
2o. Le phosphore est une substance très combustible que l'on trouve dans les trois règi.es de la nature, et spécialement uni avec les métaux dont il est le minéralivalenr; mais il existe d'une manière abondante dans les os de^ animaux qui consistent principalement d'acide phosphorique uni à la chaux dont il forme un phosphate.
On distingue le phosphore en naturel et artificiel.
Le phosphore naturel se manifeste dans les phosphorescences que l'on remarque dans les exhalaisons lumineuses qui s'échappent de la terre des cimetières, dans les lueurs que l'on apperçoit à la chair qui se putréfie, surtout celle à% poisson, à «ortain l^ii pourri, tt â pluiitirt piorrof
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précieuses. On prétend que les mouches à feu doivent la lumière qu'elles émettent â quelques propriétés phosphorescentes.
Le phosphore artificiel est celui que Ton obtient par affinité élective à l'aide de l'acide sulphurique. Cette espèce se manifeste encore dans les compositions phosphorescentes, telles que le sulphuie de baryte, les coquilles d'huîtres calcinées, le marbre rougi, &'c. &c. Celui que l'on obtient à 1 aide de l'acide sulphurique, par un long procédé, est le plus pur, c'est celui du commerce. On le coule généralemeni dans de petits moules pour lui donner la forme de petits bâtons que l'on tient toujours ensevelis sous Teau, autrement il prendrait feu spontanément dans l'atmosphère, pour Poxygène de laquelle il a une si grande affinité, quUl se combine avec ce gaz et entre en combustion â toute température.
Le phosphore est donc très combustible ; il est demitranspare?it, lumineux dans Tobscurité, d'une couleur jaunâtre, d'une odeur fortement alliacée, et d'une consistence molle, semblable à la cire, et est insoluble dans l'eau.
Des lettres écrites sur le mur, ou ailleurs, sont lumineuses pendant un certain temps de manière à être bien lisibles.
Le phosphore se combine avec plusieurs substances» telles que l'oxygène, le nitrogène, l'hydrogène, le carbone, le soufre, &c. En contact avec l'oxygène de l'atmosphère à air clos, le phosphore brûle avec une grande déflagration, dégage beaucoup de lumière et de calorique, et se résout en des vapeurs blanches qui se condensent et forme l'acido phosphorique.
Combiné avec l'hydrogène, le phosphore forme l'hydrogène phosphore qui exhale une odeur insupportable de poisson pourri, et c'est principalement l'ignition et la combustion instantanée de ce gaz composé, dans les marais et dans les cimetières humides, qui produisent les flammes fugitives qu'on mppeWe Jèux-foUets,
Le phosphore est employé dans un grand nombre de procédés dans les arts. En médecine, il est considéré, par les praticiens modernes, comme un stimulant très puissant^ et trop puissant, je crois, pour être administré longtemi avec sûreté, on même avec avantage pour le patient. On l'administre généralement dans les maladies d'épuisement, mais je suis convaincu que les effets que l'on croit en avoir obtenus, ne sont riea moins qu'exagérés, pour ne }T«i «iiiin
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injurieux. On l'administre ordinairement dans l'Btlier, quelquefois enveloppé dans quelques substances visqueuses*
80. Le borone se combine aisément avec l'oxygène, et forme l'acide boracique qui a une grande affinité pour la soude (soda) dont il forme un borate.
On obtient le borone du borate de soude, à l'aide de Tacide suiphurique, par affinité élective, et le procédé consiste simplement dans le mélange d'une solution de ce sel avec une certaine quantité d'acide sulphuriqoe qui, ayant une plus grande affinité pour la soude que n'en a l'acide boracique, se combine avec cette base, et forme un sulphate de soude (sel de glauber) â l'exclusion de l'acide boracique qui parait se précipiter en forme de petits flocons solides luisants, ce qui nous donne un exemple d'un acide minéral solide, lorsqu'l est pur.
Le borate de soude se nomme généralement borax, sel natif (|ui se trouve abondamment dans l'Asie. Ce sel minéral que les anciens nommaient crysocolla^ sert à soudre, bronzer, et fondre l'or et autres métaux. Il est aussi en usage dans la médecine, mais d'une manière très limitée. Il .sert encore â composer le fard, dont les femmes mondaines, à la honte de leur beau sexe, font un usage qui répugne également à la nature et à la religion.