‹ Cours abrégé de leçons de chymie [microforme]Chapitre 25 sur 32 · L 1«1 J SECTION TROISIÈME · texte numérisé non relu

L 1«1 J SECTION TROISIÈME

Leçon Dix-Neuvième,

Dea terres non-allaîines^ la silice, V alumine, la zirconei glycine, Vj/ttria et lathorina.

Par analogie, on conjecture que, coume les dernières, ces terres consistent chacune d'une buse particulière unie à l'oxygène, et ces bases imaginaires, considérées collectivement, peuvent, comme celles des terres précédentes, être appelées métalloïdes. Quelques chymistes, cependant, placent la silice parmi les substances acidifiables non-métalliques, et la nomment silîcone,

lo. — La silice, cette substance terreuse si généralement répandue dans la nature, et qui forme la base des cailloux, du flint, du quartz, du granit, et de la plupart des pierres scintillantes, existe dans plusieurs composés animaux et notamment dans les calculs urinaires, où elle a été signalée depuis peu. On en rencontre aussi dans plusieurs plantes appartenant au genre des graminées. Mais on l'extrait ordinairement du crystal de quartz où elle se trouve â l'état de pureté.

La silice, à l'état de pureté, a toutes les propriétés physiques qui caractérisent les terres en général. La silice étant la base du flint, ou pierre à fusil, et de plusieurs sols riches propres surtout au bled, elle devient d'une grande importance dans quelques arts, et spécialement, parce qu'étant très soluble, mélangée avec la potasse exposée à un degré intense de chaleur, elle sert encore de base à tout ce que nous connaissons sous le nom de verre en forme de vitre ou autrement.

Mais la silice ne fc fond pas seulement avec la potasse ; on peut la traiter encore avec les autres alkalis fixes dans la formation du verre employé à nos usages domestiques. Ainsi, fondue avec les alkalis, on la coule, et, au moyen des moules, on lui donne la forme que l'on veut. Le verre ainsi composé permet aisément le passage des rayons coloriques solaires, mais le refuse à ceux qui émanent d'antres sources, connaissance dont on peut tirer avantage en difTérentes occasions.

Les différents sables, surtout les brillants, consistent principalement de silice, et convenablement mélangés avec la

glaise donl ils diminuent la ténacité des particules, en les écartant par leur introduction enlr'ellcs, ils forment les meilleurs sols pour presque toute sorte de grain, et spécialement pour le blé; car cet cloignemcnt des particules de la terre glaise, pur Tintroduction enlr'elles des grains de sable, rend beaucoup plus facile l'absorption par les racines fibreuses des plantes, des principes nutritifs nécessaires à leur existence et à leur accroissement respectif.

2o. — L'alumine, ainsi nommée, parce qu'elle se trouve abondamment dans l'alun du commerce, ne se rencontre jamais pure dans la nature; elle est presque toujours combinée avec la silice, pour laquelle elle a une grande affinité, ainsi qu'avec l'acide sulphurique et plusieurs oxydes métalliques.

Pour obtenir l'alumine pure, on fait dissoudre, dans une quantité suffisante d'eau chaude, de l'alun (qui consiste d'un sulphate de l'alumine et d'un petit peu de potasse,) on filtre, on verse dedans une solution de potasse, ou, encore mieux, de Tammoniaque liquide; l'acide sulphurique change de base, et laisse se précipiter l'alumine qui, après avoir été lavée quelquefois, est d'un état assez pur.

L'alumine est caractérisée par les propriétés suivantes ; à l'état de pureté elle est blanche, douce au toucher, insipide, adhérente à la langue et au palais, desséchant la bouche et répandant une légère odeur, lorsque l'on souffle dessus, et cette dernière propriété surtout en fait découvrir la présence dans plusieurs minéraux. Pour un exemple illustratif de toutes ses j)ropriété8, on n'a qu'à recourir à une de nos pipes à fumer.

L'alumine forme la base de la terre glaise qui proprement mélangée avec la silice, constitue la principale partie de nos sols ordinaires qui, ainsi constitués, absorbent avec avidité, surtout lorsqu'ils sont humides, l'ammoniaque, le carbone, Thydrogène carburé, Thydrogène sulphuré, et beaucoup d'autres substances nutritives nécessaires à l'accroissement des plantes végétantes, d'où se manifeste l'importance de remuer la terre souvent, ou de rechausser souvent les végétaux, afin de présenter aux substances nutritives, toujours une surface nouvelle des particules du sol absorbant.

D'après les données précédentes, on sent bien qu'il doit être beaucoup plus avantageux d'avoir recours à cette pratique le matin après une forte rosée, ou immédiatement après une petite pluie, parce que l'eau est déjà saturée de

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L'alumine a une grande affinité pour l'eau, qui en augmente beaucoup le volume ; d'où vient que lorsqu'elle est exposée il l'action du caloricjuc, elle se contracte et prend du retrait, propriété que Wedgwood a mise en usage pour mesurer le calorique qu'admettent les diverses substances, pour les degrés supérieurs à la chaleur de l'eau bouillante.

Le pyromclre de ce philosophe est donc fondé sur le retrait ou la contraction que peuvent prendre des cylindres construits avec de l'alunime pure, lorsqu'on les expose à Inaction d'une chaleur pins ou moins élevée.

L'alumine iibsorbe aussi les substances oléagineuses, dont, par cette propriété, elle fait passer les taches, et l'on peut opérer cet effet par l'application d'un peu de terre glaise dûment déléguée ou d'un peu de la substance de nos pipes communes finement pulvérisées, et appliquées sur les linges ou autre chose, de la même manière qu'on l'a recommandé précédemment dans l'usage de la chaux pour faire passer les taches.

On emploie encore l'alumine pure ou la terre glaise, dans les arts pour la fabrication des vaisselles, de la porcelaine et des poteries de terre, pour lesquelles elle est singulièrement utile, par la propriété qu'elle a de conserver au feu les formes variées que l'on veut lui donner.

L'alumine a encore une grande affinité pour les alkalis, d'où vient que les poiliers se servent de sel commun de table pour glacer ou donner le vernis à leur poterie. Elle se combine aussi avec l'oxyde de plusieurs métaux artificiellement, et en particulier avec celui du plomb, dont nos poitiers canadiens font usage pour ce qu'ils appellent^/omber leur poterie. " (X.)

(X.) N. B. On a assez généralement pour habitude de mettre des cornichons ou marinades dans des vaisseaux plombés ; mais le plomb étant une espèce de poison, et l'acide acétique, qui constitue le vinaigre ce qu'il est, ayant une grande affinité pour les oxydes de ce métal, il s'en suit que, par une composition dont résulte un acétate de plomb, qui est un sel très soluble, on s'expose à prendre une drogue qui peut causer de grands ravages dans la constitution des personnes qui seraient, par un pareil accident, soumises à son infiuence délétère. D'après les mêmes principes d'affinité, &c. l'on peut faire l*a même remarque touchant

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Combinée avec la chaux, l'alumine forme un excelieiii plâtre pour .-induire ou plâtrer les murs. On peut faire, de cette connaissance, une application fréquente et utile dans l^embellissement des maisons et de nos églises qui, parachevées avec cette substance ainsi composée, seraient beaucoup plus belles que chargées, comme elles le sont, de sculpture, souvent assez insignifiante, pour ne riett dire de plus.

3o. — La Zircone est une terre peu soluble, qui prend la consistence d'une gelée jaune dans l'eau.

4o' — La Glycine est une terre qui, combinée avec les acides, forme des sels sucrés astringents.

5o. — L'Yttria est la plus pesante de toutes les terres, et ressemble beaucoup aux métaux dans les propriétés physiques qui la caractérisent.

60. — La thorina n'est pas encore assez bien connue pour la signaler par l'attribut d'aucun caractère spécifique et par? ,t.iculier. Berzelius dit qu'elle est un phosphate d'yttria.

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