‹ Cours abrégé de leçons de chymie [microforme]Chapitre 26 sur 32 · CLASSE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CLASSE CINQUIEME

Leçon Vingtième.

Des métaux proprement dits, le Jer, le manganèse, Vétain, le zinc, i'arsem'c, Sfc. Sfc. ^c.

On appelle métaux, des substances inorganiques, for? mées, par juxta-position^ de petites lames brillantes, appliquées les unes aux autres en différents sens.

On distingue les métaux des autres substances par les propriétés suivantes : ils sont tous bons conducteurs de l'électricité et du calorique. Quand ils sowi combinés avec l<oxygèue, le chlorine, l'iodine, le soufre, &c. et que le résultat composé est soumis à l'action du galvanisme, les

les vaisseaux de cuivre, «n rapport avec le vinaigre, &c. On ne doit donc jamais mettre aucune substance acide, pour un temps considérable, dans des vaisseaux plombé^ pu (le jiuivre.

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métaux paraissent toujours au bout oppose de la batterie, ce qui les fait regarder comme électriques positifs. lU sont très opaques, refusant le passage à la lumière, et ce, même lorsqu'ils sont réduits en lûmes très minces. Mais ils sont généralement de bons réflecteurs de la lumière, et possèdent un lustre particulier qu'on appelle le lustre métallique.

On rencontre les métaux [dans les trois règnes de la nature ; le plus ordinairement, cependant, on les trouve dans l'intérieur de la terre, disposés en couches, ou bien disséminés en petites parties en différents lieux plus ou moins profonds. Quelquefois aussi ils sont â l'extérieur de la terre.

Les métaux résident dans le sein de la terre dans cinq états différents ; savoir, lo. à l'état natif ou pur, tels que l'or, l'argent, le platine, le cuivre, &c. So. à l'état d'alliages naturels, ou combinés avec d'autres métaux ; 3o. unis a l'oxigène à l^état d'oxyde, contenant alors des proportions très variables de ce fluide élastique ; 4o. combinés avec les acides à l'état de sels métalliques ; 5o. combinés avec différentes substances combustibles que l'on appelle rainérallsateurs, tels que le soufre, le phosphore, le carbone, &c. &c. ce qui constitue les sulphures ou pyrites, les phosphures, et les carbures métalliques, et tous sont capables de devenir des sulphures, en les chauffant en contact avec le soufre.

Les métaux peuvent se combiner entr'eux et donner naissance â des combinaisons que l'on nomme alliages, ce qui augmente leur fusibilité. Quand le mercure est ainsi uni à quelque métal, on donne au composé le nom d'amalgame.

Le mercure à une grande afiinité pourl'étain, d'où vient que des ustensiles de cette dernière substance sont aisément décomposés par la première en contact. Un exemple de ce fait est arrivé entre les mains d^un jeune Monsieur, de cet endroit, qui, ayant mis, par curiosité, un peu de mercure liquide dans un cornet d'^ain, fut fort surpris de le trouver un jour sans fond, le mercure l'ayant converti en amalgame ; ce qui le porta â venir me voir pour on avoir l^explication.

Le mercure a une grande affinité pour l'or, et recouvre, d'une certaine pellicule, les articles composés de ce métal; c'est pourquoi, lorsque l'on fait ou se sert de l'onguent gris, ou autre préparation mercuriellef on doit toujours

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atoir soin de se dépouiller de ses ornements de compositi-' on d'or.

Les alliages, bien différents de la plupart des combinaisons cliymiques qui donnent souvent des produits neutres, participent ordinairement des caractères des métaux qui entrent dans leur composition, en sorte que les propriétés sont réciproques et dépendantes des proportions dans lesquelles chaque espèce se trouve mêlée. On remarque, cependant, que les alliages sont plus durs, mais pLis fdsibles et beaucoup plus oxydables que les métaux simples qui les constituent.

Les propriétés physiques des métaux, quoique très caractéristiques, présentent des modifications c^ui varient suivant l*espèce. En général, cependant, ils sont d'une opacité absolue, ont une odeur, une saveur plus ou moins marquée, une fusibiUté, une ténacité, une ductilité et une couleur qui leur sont particulières, ainsi qu'un éclat métalli-

aue et une pesanteur spécifique qui diffère dans chacun 'eux.

Les métaux réfléchissent tous plus ou moins la lumière, et on appelle cette réflexion lumineuse qui diffère chez chacun d'eux, son lustre métallique.

En chymie, comme en physique, pour désigner la gravité et la légèreté spécifique et comparative d'une substance connue quelconque, on prend l'eau douce pour terme de départ et de comparaison ; ainsi la gravité spécifique de tous les métaux, à l'état de pureté, est au dessus de cinq, c'est-à-dire qu'ils pèsent tous au moins cinq fois plus que Peau douce ordinaire.

Les métaux sont tous plus ou moins usités dans la pratique de la médecine, et ils forment ensemble une partie considérable de la matière médicale. Mais l'étude des propriétés physiques des métaux appartient à la minéralogie, et celle de leurs vertus médicinales est du ressort de la pharmacologie qui sont des sciences étrangères à notre ouvrage. Ainsi les métaux étant des substances simples, parconséquent indécomposables, nous ne les envisagerons ici que sous le rapport de quelques propriétés chymiques qui leur sont communes.

Les métaux proprement dits sont au nombre de vingthuit, et pour des raisons à peu près semblables à celles qu'on a alléguées touchant les substances métalloïdes, dont il est traité dans le chapitre précédent, nous les rangerons en quatre sections différentes, qui sont fondées sur Tordre

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de leur degré d'atHnitu pour l'oxygùne. F-.ft première corn-' prendra les métaux qui, par leur grande afiinitc pour l'oxygène, décomposent l'eau, à la température ordinaire pour obtenir ce ga?r, mais surtout lorsqu'ils sont rougis au feu. La seconde embrassera ceux qui n'ont pns pour ce

fraz une affinité assez grande pour pouvoir décomposer 'eau. La troisième comptera les métaux qui ne reçoivent de l'oxygène que des acides fbrls. La quatrième enfin renfermera ceux qui absorbent ce gaz k une température ordinaire, et qui le laissent s'en dégager en entier à une température plus élevée.

1ère. Section. L'eau commune, surtout à une température élevée, oxyde singulièrement bien les métaux, parce que, en contact avec eux, elle se décompose. Dans ce cas, son oxygène se combine avec les métaux, et l'hydrogène se dissipe ; et c'est en conséquence de ce pliénomène chymique, que la nature nous offre très souvent les métaux dans l'intérieur de la terre, â l'état d'oxyde diversement colorés. Tous les métaux, cependant, ne jouissent pas de la faculté de décomposer l'eau avec une égale facilité ; quelques-uns, tels que le manganèse, le fer, le zinc, opèrent cette décomposition à une température ordinaire, et souvent à froid ; d'autres, comme l*étain et l^antimoine, ne l^effÎBctuent qu'à une température très élevée, c'est-à-dire lorsqu'ils sont rougis de feu.

2de. Section. Il est d'autres métaux qui absorbent l'oxygène ; mais dont l'affinité pour ce gaz n^est pas assez grande pour pouvoir opérer la décomposition de l'eau. De ce nombre il y en a cinq qui peuvent devenir des acides capables de se combiner avec les bases salifiables et de former des sels, tels que VarseniCi le chrome^ le molybdène, le tungstène et le columbium. Les autres métaux de cette section ne sont pas de nature à pouvoir devenir acides par leur combinaison avec l'oxygène, et quelques-uns n'absorbent ce gaz que par l'intermède d'un acide, tels que le cuivre, le bismusthf le cobalt, le titane, le tellure, le cérium, I'mrane.

3ème. Section. Les métaux que renferment cette section sont très difficilement oxydables, ne peuvent décomposer l'eau dans aucune circonstance, et n'absorbent l'oxygène que des acides forts, tels que l'or, Vargent, \e platine, les plus connus, et le palladium, \*osmium,\e rhodiumj l'iridium et le tuîitalum, qui ont été découverts récemment et dont les propriétés sont encore imparfaitement connues.

Les alliages du platine possèdent à peu prés les mêmes

propriétés.

4nie. Section. Cette section comprend les métaux q*ii absorbent Poxygcne à une température ordinaire, et le laissent s*cn dégngcr en entier à une ten^pérature plus élevée, comme le mercure^ le plomb et le nikel. Nous avons déjà fait meniion, en traitant de l'oxygène, de cette piopriété du mercure, en particulier, d'absorber ce gaz et de le laisser s'en dégager avec facilité à une température )>eu élevée.

Le plumb, dont on se sert ordinairement pour plomber les divers vaisseaux de terre, est un poison, a une grande affinité par l'acide acétique du vinaigre, et forme un acétate dont l'introduction dans l'estonuic peut être très préjudiciable, ce qui nous enseigne que l'on ne devrait jamais se servir de vaisseaux plombés pour la garde du vinaigre, ni pour la conserve des cornichons ou marinades, ni d'aucun commestible.

Le cuivre se combine aussi aisément avec l'acide acétique, et forme un acétate qu'on appelle vulgairement vertde-gris, qui est un poison]encore plus dangereux ; mais l'on peut remédier à cet inconvénient en faUant étamer (enduire d'étuin) les vaisseaux de cuivre consacrés à l'usage domestique. (X.)

La combinaison du fer avec l'oxygène de l'eau ou d'autre source, forme un oxyde que l'on nomme rouille, et qui, loin d'être poison, est un ingrédient tonique et salutaire ; d'où vient que Ick eaux minérales qui en contiennent beaucoup sont très convenables aux estomacs faibles.

Les métaux sont d'un usage considérable et très varié dans la pratique des arts et de la médecine, et les procédés à l'aide desquels on les débarrasse des substances étrangères, s'opèrent par une suite de travaux que nous enseigne la métallurgie, science profonde qui exige des connaissant ces très étendues, et que ne comportent pas les limites étroites de notre ouvrage abrégé.

Cette leçon termine le traité abrégé de toutes les substances qui entrent dans la composion élémentaire de tous les corps physiques des règnes de ta nature; et celui qui voudra se les rendre familières, aura une idée générale dé tout ce qui constitue l'univers entier ; car toutes les substances animales, végétales et minéialee, sont plus ou moins composées de ces principes élémentaires.

(X) Voyet la note précédente sur ces deux métaux.

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Cependant, nous ti-rons encore qu(;iques courtes observations sur los didérenls corps tics (rois rrgncs, et nous coMcluerons cet opuscule p:ir un petit supplr-meut contenant, en outre, gn exposé comparalif des aniiiitL's simples, pt)ur servir de «ruido ilmis les tircotistunces où il est nécessaire de connaître les ilegrés de leur éclielle.

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