‹ Cours abrégé de leçons de chymie [microforme]Chapitre 7 sur 32 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Cependant, si un art tient son émincncc du degré comparatif do Hon utilité aux besoins de la société humaine, ragriculture étant, sans contredit, le plus utile, il doit être le premier, comme aussi le plus noble des arts. Comme tel, il devrait recevoir l'hommage respectueux de tous les hommes, et comme tel il reçoit encore au moins la considération philosophique de plusieurs peuples éclairés, et spécialement de nos voisins heureux, les Américains, qui, à l'aide puissante de la chymie, l'améliorent beaucoup, et l'éléVent au premier rang, comme éta nt la source la plus naturelle, la plus féconde et la plus certaine de l'aise et du bonheur. En effet, l'agriculture a un rapport si immédiat avec la chymic qu'il est presque impossible d'être parfait ogiiculteur sans connaître au moins les principes élémentaires do cette science. Tout homme peut, il est vrai, faire porter du blé à la terre, mais sans le secours de la chymie, le sol changeant, ou devenant fatigué, la terre produira bien moins, et, avec le temps, peut-être rien du tout. Car, il ne suffit pas, pour le plus grand succès dans l'agriculteur, de labourer, de retourner, d'ameublir, de fumer et de herser la terre ; un mélange bien assorti d'ingrédients terreux, un engrais analogue a la nature du sol, et une considération particulière des principes aqueux, sont encore nécessaires, pour mettre les plantes en état de recevoir, et de retenir à besoin, une nourriture convenable, et de végéter à perfection. Or, cette connaissance, si essentielle à l'agriculteur, de la nature et des proportions exactes des divers ingrédients et des engrais du sol, et de leur siisceptibilité respective, ainsi que celle des^différentes plantes à absorber et retenir les substances aqueuses et autres matières nutritives, est du ressort immédiat de la chymie, sans le secours des principes de laquelle la marche laborieuse de l'agriculteur empirique est toujours plus tardive, plus pénible, tout-à-fait incertaine, et souvent même beaucoup plus dispendieuse.

Il est donc très important, pour l'agriculteur, de connaître au moins les principes élémentaires de la chymie, comme aussi la meilleure manière d'en faire, dans les diverses opérations de son art, l'application journalière. (J'ai déjà fait voir, dans la Bibliothèque Canadienne du mois de janvier 1828 quelques-uns de ces rapports entre la chymie et l'agriculture.)

La Minéralogie. — L'exploitation des mines ne saurait se faire, avec succès, sans l'aide de la chymic. Le secours de cette science, surtout eu égard à la sûreté de la vie du mineur, lui est donc indispensable. En effet, c'est la chymie seule qui le dirige et le gouverne dans tous ses procédés relatifs à lui même et au succès de son entreprise, depuis le moment de la découverte du métal jusqu'à ce qu'il soit réduit h l'état de malléabilité ; car, c'est de la chymie que nous tenons tous les métaux dont l'usage est aussi avantageux que multiplié dans les afltures domestiques de la vie.

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