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tures variées du cœur humain, des divers mouvements qui l'agitent, et des passions qui le mènent dans les différentes circonstances de k vie. Le récit doit être vif, l'action rapide, le style plein de chaleur, les caractères particuliers bien marqués et parfaitement soutenus jusqu'à la fin, le dénouement amené naturellement et tiré du fond même des événements. Les épisodes ne sont pas interdits ; mais il faut qu'ils se rattachent facilement au sujet et qu'ils n'en détournent pas trop longtemps Tattention.
Différentes espèces de romans.
Les principales espèces de romans sont le roman de mœurs, le roman philosophique et le roman historique.
Le roman de mœurs prend un personnage dans la vie ordinaire, et fait sortiï tout le récit du jeu des passions qui le dominent, aidées ou contrariées par les passions des personnages secondaires. Cette espèce de roman doit instruire, mais la leçon doit sortir naturellement du récit des événements, sans être présentée sous une forme didactique ou comme la morale qui se place ordinairement à la fin des fables.
On peut rattacher à cette espèce le roman chevaleresque, qui fait agir des personnages pris dans les rangs élevés de la société.
Le roman philosophique a pour but d'établir une vérité ou un système, au moyen d'un récit entremêlé de dissertations sur cette vérité ou sur ce système. C'est une des formes du roman au moyen desquelles les romanciers contemporains se sont efforcés de porter les plus rudes coups à la morale et à la religion.
Le roman historique môle l'histoire à la fiction ; ses principaux personnages sont pris dans l'histoire, et le romancier s'y propose spécialement d'étudier une épo-
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que ou un personnage historique en ajoutant aux faits réels et authentiques ceux que rendent vraisemblables le caractère des personnages et le jeu des passions humaines. On doit reprocher à cette espèce de romans, dans laquelle a excellé l'Écossais Walter Scott, et qui a produit le chef-d'œuvre de Fabiola, de dénaturer l'histoire plus souvent qu'il ue l'éclairé, et d'enraciner dans l'esprit des lecteurs les préjugés et les erreurs qu'il conviendrait mieux de combattre.
On a de nos jours, comme on l'avait déjà fait au dixseptième siècle, essayé de remédier au mal que font les romans, par la composition de romans honnêtes et religieux, qui se servent de l'amour que tous les hommes, et particulièrement les femmes et les jeunes gens, ont pour les fictions romanesques. Ces essais de roman chrétien ont déjà produit des œuvres remarquables et utiles; mais l'on est en devoir de reprocher à la plupart des auteurs trop de précipitation dans leur travail et des négligences de composition qui déshonorent la littérature chrétienne.
Le roman religieux ou chrétien se divise en autant d'espèces que le roman profane : il est moral, on philosophique, ou historique. Moral, il excite au bien par la peinture des heureux effets de la vertu ou des fâcheux résultats du vice; philosophique, il défend les vérités de la religion; historique, il met en scène des saints ou d'autres personnages de l'histoire sacrée. Nous dirons, à ce sujet, que le roman historique chrétien doit être traité avec une très-grande réserve; qu'il ne convient pas, en général, de faire figurer dans la fiction les personnages mêmes à qui l'Église a décerné les honneurs des autels, et qu'il serait tout à fait inconvenant de faire intervenir le Sauveur lui-même, par exemple, la Vierge et les Apôtres.
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Au roman se rattache la nouvelle, qui s'en distingue par deux caractères : la moindre étendue et la forme plus exclusivement narrative; il est inutile d'en dire davantage à ce sujet.
Histoire du romaa.
Le roman est de tous les âges et de tous les peuples; à toutes les époques et partout l'on a aimé les récits vrais ou imaginaires, ces derniers surtout, qui charment davantage, parce qu'ils sont composés pour le plaisir du lecteur ou de l'auditeur. Les Grecs et les Latins ont donc connu la nouvelle et le roman, aussi bien que la fable et le conte. Chez les modernes, et principalement de notre temps, le roman est devenu l'une des branches les plus cultivées de la littérature. Cela ne prouve pas que notre siècle a cessé d'être frivole. Quelques-uns des romanciers doivent être cités ici : chez les Espagnols, Michel Cervantes, l'immortel auteur de Don Quichotte; chez les Anglais, Walter Scott et Dickens; chez les Italiens, Manzoni, dont les Fiancés ont été traduits dans toutes les langues; chez les Flamands, Henri Conscience; chez les Suédois, M"* Frédérica Bremer; en France, M°*« de Scudéry, George Sand, Sandeau, Octave Feuillet, Alexandre Dumas, Eugène Sue, Balzac, et cent autres, dont les œuvres, pour la plupart, doivent être éloignées des bibliothèques honnêtes. Pour le roman chrétien, il faut encore citer le cardinal Wiseman, auteur de Fabiola; le D' Newman, auteur de Callista; le P. Bresciani, auteur du Juif de Vérone, et M. L. Veuillot, auteur de la nouvelle intitulée : Corbin et d* Aubecourt,