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II. — lie roman

DéfisitiêD et objet.

Le roman appartient, comme l'histoire, au genre narratif, mais son domaine est la fiction ; un roman est un récit d'événements imaginaires, fait surtout en vue de récréer l'esprit et de charmer l'imagination. Sous ce rapport il appartient à la poésie, et l'on pourrait dire même qu'il ne diffère de l'épopée que par la forme du langage : l'épopée s'exprime envers^ tandis que le roman

s'exprime en prose. Ce rapport avec l'épopée lui a valu son nom dans notre langue ; car ce nom vient de ce que les premières épopées populaires, abandonnant la langue latine, adoptèrent la langue du peuple, qui était le roman ou romain (latin) corrompu d'où se sont formées les langues modernes delà France, de l'Italie et de l'Espagne.

Comme toute poésie, le roman a pour but de plaire ; comme toute composition littéraire, il doit viser en même temps à élever l'âme et à rendre les hommes meilleurs.

« Le divertissement du lecteur, dit Huet (1), que le romancier habile semble se proposer pour but, n'est qu'une fin subordonnée à la principale, qui doit être l'instruction de l'esprit et la correction des mœurs. » Avons-nous besoin de dire que cette fin principale n'est malheureusement pas celle que poursuivent la plupart des romanciers, dont l'unique but est presque toujours de plaire aux passions et dont beaucoup se proposent systématiquement de corrompre les cœurs?

Règles littéraires.

Les règles de la composition pour le roman sont celles de la narration et de l'épopée; le romancier peut prendre tous les tons et user de toutes les ressources du style; tout lui appartient, le dialogue aussi bien que la description, le discours, le portrait, la dissertation, etc.; tous les genres peuvent se trouver réunis dans le même roman.

Les événements que le romancier invente peuvent être, au moins dans leur ensemble, en dehors des événements ordinaires ; mais ils doivent toujours être vraisemblables, intéressants, propres à amener des pein-

(l)Évêque d Avranches, Traité de l'origine du roman.

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