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gnage honorable à la mémoire des illustres morts, où à la vertu des vivants, et d’exciter ces derniers à devenir encore meilleurs et plus par: faits. Or pour dire d’une personne tout le bien qu'on en peut dire, il faut observer qu'il y à trois sortes de biens dans l’homme : les uns regardent le corps, les autres l’esprit, les autres dépendent de la fortune. Les biens du corps sont une patrie gloricuse, une naissance noble, une bonne éducation, la santé, la force, la beauté..…..Les biens de l'esprit sont la science, la sagesse, la prudence, les autres vertus et bonnes qualités. Les biens de la fortune sont les richesses, les dignités, Les charges...
“ Supposons donc qu'un orateur ait à louer un grand homme. Il peut le considérer par rapport à sa naissance, soit qu’il en ait soutenu Péclat si elle a été illustre, soit qu’il en ais vaincu et illustré la bassesse si elle a été obscure: pur rapport à sa patrie, sous les mêmes regards : par rapport aux biens de la fortune, S'il a usé noblement de son opulence, ou sil a supporté avec courage la disette et la pauvreté : par rapport à son esprit et à ses talents, s’il a sçu en faire un bon usage : par rapport aux belles actions qu’il a faites, aux charges et aux emplois qu’il a dignement remplis ; aux victoires qu’il à remportées, si c’est un guerrier ; aux négocialions qu’il a habilement et utilement conduites, si c’est un Ministre ou un Ambassadeur ; à la sagesse de son gouvernement, si
c’est un Souverain. Si c’est un savant, il parlera de la variété et des richesses de ses connoissances. Si celui qu’il loue n’est plus, il relevera ce que sa mort a eu de remarquable ; si elle a été glorieuse et tragique comme celle de Turenne, pieuse et chrétienne comme celle du grand Condé.
“Dans les louanges, il faut surtout respecter la vérité, et fuir l’éxagérotion. ‘Tout éloge qui n’est pas fondé sur la vérité dégénère en une basse adulation, qui déshonore également et celui qui prodigue les louanges et celui qui les reçoit. L’éxagération cest aussi un grand défaut. {l y en a qui ne trouvent rien de plus beau, de plus riche, de plus étendu, de plus essentiel que le sujet dont ils ont entrepris de faire valoir l’importance. Le guerrier qu’ils louent est toujours le plus grand des héros : le saint dont ils font le panégyrique est le plus grand de tous les habitants du ciel. (Ce vice, effet ou de l’enthousiasme ou de la séduction de Pamour propre, ne sert qu’à attirer du ridicule.
$ L'art de louer est ce qu’il y a de plus difficile en éloquence. Aussi les éloges fins et délicats, udroitement amenés, et masqués sous une enveloppe qui les cache à demi sont rares dans les auteurs. On voit un exemple de louange fine dans le récit de la Mollesse vers la fin du 2e chant du Lutrin de Boileau. Les louanges de
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