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ra ; Louis XIV y sont déguisées en repraches, et pren- hi nent même le ton de plainte et d’indignation :
= | | | ki Hélas ! qu'est devenu ce temps, cet heureux temps, l'A 6 à Où lee Rois s’honoroient du nom de fainéants, e, ‘fi S'endormoient sur le trône, et me servant sans honte, d ta Lrissoïiont leur sceptre aux mains ou d’un Maire ou d’un | jh Comte ?
FA Aucun soin n’approchoit de leur paisible cour la On reposoit la nuit, on dormoit tout le jour. ui Seulement au printemps, quand Flore dans les plaines Je Fuisoit taire des vents les b'uyantes haleines, é Quatre bœufs attelés, d’un pas tranquille et lent, h Promenoient dans Paris le Monarque indolent. LE : Ce doux siècle n’est plus : Le ciel impitoyable 18 4 À placé sur leur trône un Prince infatigable. le à Il brava mes douceurs, il est sourd à ma voix : FA Tous les jours il m'éveilie au bruit de ses exploits : e 4 Rien ne peut arrêter sa vigilante audace : " Li L'été n’a peint de feux, l'hiver n°a point de glace: rs î J'entends à son seul nom tous mes sujets frémir. le | | En vain deux fois la paix a voulu l'endormir ; F3 : Loin de moi son courage entrainé par la gloire LÉ Ne 88 plait qu'à courir de victoire en victoire. à» rh Je me fatiguerois à te tracer le cours IT) ñ. Des outrages cruels qu’il me fait tous Îles jours. le È Un autre exemple de louange ingénieuse et 8, F: des mieux tournées dont s’honore la langue ; Française, est le compliment de Massillon à | FI Louis XIV, dans Pexorde si justement vanté de
son Sermon pour le jour de la Toussaint. L’orateur y prend pour texte ces trois mots tirés de l’évangile du jour, beati qui lugent : bienheureux ceux qui pleurent : puis il continue ainsi :
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SIRE, “Si le monde parloit ici à la place de Jésus- “ Christ, sans doute il ne tiendroit pas à votre
Majesté le même langage. Heureux le be à “ Prince, vous diroit-il, qui n’a jamais combattu 4 : “que pour vaincre ; qui n’a vu tent de puis- : F “ sances armées contre lui, que pour leur donner 1 à “une paix plus glorieuse ; et qui a toujours été À dé “ plus grand ou que le péril, ou que la victoire. 1 G « Heureux le Prince, qui durant Le cours d’un : di “ règne long et florissant jouit à loisir des fruits à “ “ de sa gloire, de l'amour de ses peuples, de les- 1 "* “ time de ses ennemis, de Padmiration de Puni- à à “vers, de lPavantage de ses conquêtes, de la ï ‘ magnificence de ses ouvrages, de La sagesse de : : “ses lois, de lespérance auguste d’une nom- : ù ‘ breuse postérité ; et qui n’a plus rien à désirer ” ‘ que de conserver long temps ce qu’il possède. ' u ‘ Ainsi parleroit le monde ; mais, Sire, Jésus- à ù ‘ Christ ne parle pas comme le monde. ï k * Heureux, vous dit-il, non celui qui fait V’ad- Fr k ‘ miration de son siècle ; mais celui qui fait sa : principale occupation du siècle à venir, et qui . : 6 vit dans le mépris de soi-même et de tout ce ; ‘ qui passe, parce que le royaume du ciel est à 5 ‘6 Jui. di + Heureux, non celui dont l’histoire va immor- à “ taliser Le règne et les actions dans le souvenir # ‘ des hommes ; mais celui dont les larmes au-
‘“ ront effacé l’histoire Ce ses péchés du souvenir
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“ de Dieu même, parceqw’il sera éternellement «“ consolé. |
‘ Heureux, non celui qui aura étendu par de ‘ nouvelles conquêtes les bornes de son empire ; ‘ mais celui qui aura su renfermer ses desirs et ‘ ses passions dans les bornes de la loi de Dieu, ‘“ parce qu’il possédera une terre plus durable ‘ que Pempire de Punivers.
- Heureux, non celui qui, élevé par la voix ‘ des peuples au-dessus de tous les Princes qui ‘ ont précédé, jouit à loisir de sa grandeur et de “ sa gloire ; mais celui qui, ne trouvant rien sur “ le trône même digne de son cœur, ne cherche “ de parfait bonheur ici-bas que dans la vertu et ‘ dans la justice, parce qu’il sera rassasié. « “Heureux, non celui à qui les hommes ont ‘“ donné les titres glorieux de grand et d’invin- “ cible ; mais celui à qui les malheureux donne- “ ront devant Jésus-Christ le titre de père et de ‘“ miséricordieux, parce qu’il sera traité avec mi- ‘< séricorde.
” “ Heureux enfin, non celui qui, toujours arbi- ‘ tre de la destinée de ses ennemis, a donné plus “ dune fois la paix à la terre ; mais celui qui a pu “ se la donner à soi-même, et bannir de son ‘ cœur les vices et les affections déréglées qui en ‘ troublent la tranquillité, parce qu’il sera ap-
‘ pelé enfant de Dieu.
“Voilà, Sire, ceux que Jésus-Christ appelle ‘“ heureux ; et l'Evangile ne connoit point d’au-
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“tre bonheur sur la terre que la vertu et l’in- ‘ nocence.” « Il est impossible de rien trouver d’aussi parfait. Massillon parut si éloquent dans cette circonstance, que les courtisans les plus :pirituels en furent étonnés; et il excita dans l’assemblée, malgré la gravité du lieu, un mouvement involontaire d’admiration.