‹ Cours abrégé de rhéthorique, à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 3 sur 62 · AVANTAGES DE L’ELOQUENCE.....MOYENS DE L’AC- QUERIR · texte numérisé non relu

AVANTAGES DE L’ELOQUENCE.....MOYENS DE L’AC- QUERIR

Savoir mettre la vérité dans un jour avantageux, gagner les esprits, et se rendre maitre des cœurs par le secours de La parole, est un talent si beau, si noble, et si utile dans le commerce du monde, qu'il n’est personne qui n’en sente le prix et le mérite, Ce noble talent c’est l’éloquence qu'on peut appeler à bon droit la maitresse des esprits et des cœurs. C’est elle, en effet, qui fait réussir les plus grandes affaires, et vient à bout des entreprises les plus difficiles. C’est elle qui fait que, humainement parlant, un orateur sacré à plus de succès qu’un autre dans la chaire de vérité. C’est par son moyen que le général anime ses soldats au combat, l'avocat s’attire l'estime et la confiance publiques, le magistrat devient comme l’âme et loracle de son corps, le ministre domine dans les conseils, ’ambassadeur soutientmieux les intérêts de son prince. En un mot, c’est elle qui rend un homme le protecteur de la

al COURS LE RHETORIQUE.

| justice et de la vérité, le défenseur des biens, de l’honneur, et de la vie de ses concitoyens.

Muis ce n’est pas s’ulement dans Les discours

(l publics et les grandes occasions que Péloquence l fait sentir son pouvoir: elle influe encore duns | tout le commerce de la vie, dans les conversutions, dans les lettres, dans les négociations pur- | ticulières. C’est elle qui inspire à Phomruc du monde la bonne plaisanterie, le badinage elc- | gant, la noble aisance, les grâces variées d'une | conversation tantôt enjouée, tantôt sérieuse, mails sl toujours intéressante. Faut-il instruire, conso- À ler, louer, blämer, reprendre, dissiper la tristesse Il ou la crainte, calmer la coière, réprimer lorgueil, j

exciter la compassion ? L'homme éloquent remplit avec succès tous ces différents devoirs; et | l'expérience nous apprend que tout autre que lui f s’en acquitte mal. Qui n’ambitionneroit de pos-

(fe séder un talent si avantageux à la société, et si ; | honorable pour celui qui Pexerce !

Il n’est donc question que de trouver les moyens de Pacquérir. Or, en supposant certaines dispositions naturelles, il y en à de quatre sortes : le L'étude des préceptes de rhétorique : 2° La lecture des pièces d’éloquence : 3° L’imitation des auteurs: 4% L’exercice de la composition. Chacun de ces exercices apporte à l’orateur un avantage particulier ; et ils concourrent tous quatre à le former.

lo Etude des préceptes de Rhétorique.

Les préceptes de rhétorique ne sont pas des lois arbitraires et inventées à plaisir; ils ont leur fondement dans la nature, dans la droite raison, et dans l’expérience. C’est le fruit des observations que des gens sensés ont faites sur les discours des plus grands orateurs. [ls ont remarqué l’ordre, le plan, la division de leurs harangues; par quel art ils intéressoient l'esprit et touchoient le cœur ; comment, dès le commencement de leurs discours, ils s’attiroient lattention et la confiance de leurs auditeurs; comment ils annoncoient les vérités qu’ils vouloient persuader ; comment ils les développoient et les rendoient sensibles par une suite de preuves étroitement liées les unes aux autres; quelle attention ils apportoient tantôt à donner du poids à leurs raisonnements, et tantôt à orner leurs discours de figures intéressantes ; comment enfin ils terminoient leurs harangues ou oraisons par des traits frappants, qui laissoient fortement empreintes dans les esprits les idées Les plus essentielles de leur sujet, ou dans les cœurs les passions les plus convenables à leur but,

Ces observations, recueillies et mises au jour par des hommes judicieux, formèrent bientôt de nouveaux orateurs qui, joignant les talents naturels à l’étude des préceptes, réussirent mieux que leurs prédécesseurs, et fournirent eux-mêmes une

matière abondarte à de nouvelles réflexions.

De nouveaux observateurs les firent, et ainsi de siècle en siècle, à mesure que le génie de l’homme a perfectionné l’éloquence, et c’est de 1à qu’on a formé ce corps de préceptes qu’on appelle communément la Rhétorique ou Part de bien dire ; préceptes d’une bien grande importance, dont le but est d’abréger nos veilles et de hâter nos progrès, en nous assurant le fruit des travaux et des peines de ceux qui nous ont devancé dans cette étude, et en nous épargnant, pour ainsi dire, tout le chemin qu’ils ont fait et qu’il faudroit nécessairement recommencer, si leurs leçons n’étoient venues Jusqu'à nous.

À la vérité les préceptes ne suffisent pas pour rendre les hommes éloquents. On ne réussira Jamais, si l’on n’a reçu, en naissant, une mémoire heureuse, une imagination vive et féconde, un sentiment fin et délicat, un geste noble, une prononciation aisée et correcte. Mais, d’un autre côté, c’est une maxime autorisée par l’expérience de tous les siècles, que le naturel le plus heureux et le plus accompli n’ira pas loin, s’il n’est aidé par le secours des règles.

On a mis en question, dit Horace dans son art poétique, si un bon poëme est l’ouvrage de la nature ou de l’art. On pourroit demander la même chose d’urie bonne pièce d’éloquence ; mais il faudroit répondre comme Horace ; je ne vois pas ce que peut faire le travail sans le génie,

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ou le génie sans l’étude ; ils doivent s’entraider mutuellement et concourir au même but.

Naturà fieret laudabile carmen, an arte, Quæsitumest. Ego nec studlium sine divite venä, Nec rude quid possit video ingenium ; alterius sic Altera poscit opem res, et conjurat amicè.

L'étude des préceptes est donc absolument nécessaire ; et l’on peut dire qw’il n’est guère plus possible de s’en passer, que de génie.

2° Lecture des pièces d’Eloquence.

La lecture des pièces d’éloquence, soit en prose, soit en poésie, est aussi très-utile pour acquérir ce talent. Cette lecture perfectionne le goût, elève Pesprit, et remplit la mémoire de pensées, de tours, et d'expressions qui ne manquent guères de se présenter lorsqu'on en a besoin. Il n’est pas possible que les génies les plus bornés et les moins disposés aux grâces, à force de lire des ouvrages pensés noblement et délicatement exprimés, ne prennent une certaine habitude de l'ordre, de la noblesse dans l’invention, et de la délicatesse dans lexpression.

Mais quels auteurs doit-on lire, et comment doit-on les lire? D’abord il faut lire beaucoup peu de livres: multum legendum, non multa. Timeo hominem unius libri, disoit un célèbre docteur. Zn effet, il y a toujours plus de vraie science

dans celui qui n’a lu qu’un bon livre, mais qui Va bien lu, que dans celui qui en a lu plusieurs sans se donner le temps de les méditer et de les approfondir. Aussi a-t-on eu raison d’assurer que, de deux hommes également favorisés de la nature, celui qui réussira le mieux dans Part d'écrire et qui aura surtout la manière la plus originale, sera celui qui aura lu le plus souvent et avec le plus de fruit un petit nombres d’excellents ouvrages, et moins d'ouvrages médiocres. Il y a en eflet bien du danger dans la lecture indiscrète dun grand nombre de livres. La plupart, plus brillants que solides, n’apprennent point à devenir éloquent ni à bien écrire. Plusieurs gâtent le goût, et ce sont quelquefois les plus attrayants. Un plus grand nombre peutêtre portent des atteintes plus ou moins funestes à la religion et aux bonnes mœurs. Ces derniers sont toujours les plus nuisibles au développement des talents oratoires. On perd, en les lisant, ces sentiments nobles, élevés, généreux, sans les quels il est impossible d’exceller dans la vraie éloquence ; et les grandes idées d'honneur, de vertu, de magnanimité, d'esprit public s’altèrent bien vite ou ne naissent jamais dans l'esprit des personnes dont le cœur est vicié de bonne heure par la lecture de ces auteurs ou dangereux ou suspects.

Mais comment doit-on lire les bons auteurs dont on a fait choix? Cette lecture, pour être

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utile, ne doit pas être superficielle et rapide. Il faut lire peu à la fois ; revoir souvent les mêmes endroits, sur tout les plus beaux ; en approfondir avec attention le sens et les beautés ; se les rendre familiers, presque jusqu’à les savoir par cœur, afin Jde les convertir en sa propre substance. Lire au-delà de certaines bornes, c’est presque toujours se fatiguer sans fruit. Car Pesprit, a dit un excellent critique, est comme les fleurs et les plantes, lesquelles se nourissent mieux quand on les arrose modérément ; mais quand on leur donne trop d’eau, on les suffoque et on les noie.

Il faut ensuite s’appliquer à saisir le plan, la conduite, l’ensemble de louvrage ; à découvrir lPenchainement, la suite et la progression des pensées et des sentiments ; à en démêler la vérité, la justesse et le naturel. Par là on verra. l'accord des choses avec les mots, avec les phrases, avec les figures, avec les tours, avec tous les ornements du discours. Mais on ne peut guères tirer un pareil fruit de ses lectures, qu’en suivant le conseil de Quintilien. Il veut qu’on lise les bons auteurs avec autant de soin qu’on en mettroit à composer soi-même ; qu’on examine successivement chaque partie de leurs ouvrages dans deux lectures consécutives, surtout si ce sont des pièces d’éloquence dont les beautés, ditil, sont quelquefois d'autant plus difficiles à dé-

couvrir, que l’orateur a fait de plus grands efforts

pour les cacher à son auditeur.

Ce seroit ici Le lieu de parler des extraits, des recueils, et de l'analyse.

Les extraits sont des passages choisis et transcrits. Leur grand avantage est de pénétrer l’esprit de ce qu’il y a de plus beau dans les auteurs ; ce qui sert beaucoup à le former.

Les recueils sont des assemblages d’extraite, de remarques consignées par écrit. L’avantage des recueils est d’avoir toujours sous la main tout ce que l’on est bien aise de se rappeller.

L'analyse consiste à faire Pabrégé méthodique d’un ouvrage, et à le représenter tout entier en petit. L’analyse est encore plus utile que les extraits et les recueils, parce qu’elle oblige à une attention plus soutenue, en ce que, pour analyser, il faut suivre un auteur, voir d’où il part, par où il passe, où il arrive, sil prouve ce qu’il a avancé, s’il tient ce qu’il a promis, sil s’écarte de son sujet, comment il y rentre. Par [à on s’accoutume à l’ordre, à la méthode, à bien diviser, à disposer tout dans un ordre lumineux qui satisfait l'esprit et la raison.

3° Imitation des Auteurs.

Un troisième moyen d’acquérir l’éloquence est de s’exercer à imiter les beaux modèles. Lutilité de limitation, pour se perfectionner dans les

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arts et dans les sciences, est reconnue par lexpérience et par la raison. Les plus grands hommes ont tâché d’imiter leurs devanciers.

Virgile a suivi Homère pour guide; et Cicéron, tout grand qu’il est, doit une partie de ses succès et de sa grandeur à Démosthène. En un mot, autant on peut citer d'écrivains qui ont excellé en éloquence ou en poésie, autant presque trouve-t-on d'imitateurs des modèles qui les ont précédés.

La première méthode pour se former à limitation des beaux modèles est la traduction. Par ee moyen on sapproprie les idées, les tours, les expressions, la marche des auteurs. Cet exercise n’a point été dédaigné des plus grands orateurs Romains. Cicéron lui-même se donnoit la peine de traduire en Latin les discours opposés d’'Eschine et de Démosthène.

Il est une autre méthode plus avantageuse recommandée par Pline le jeune dans une de ses lettres. Il veut que, après avoir lu un morceau d’éloquence, de manière qu’on en ait seulement retenu la substance, et non les propres termes, on traite la même matière dans un esprit d’émulation. Vous comparerez ensuite, ajoute-t-il, ‘ votre ouvrage avec votre original, et vous exa- ‘ minerez soigneusement en quoi il a mieux “ réussi que vous, en quoi vous pouvez l'avoir “ surpassé. Ce sera une grande joie pour vous “si en quelques endroits vous vous trouvez le

“ vainqueur, mais une grande honte si partout ‘ vous êtes demeuré au-dessous. Ce combat “ contre des auteurs excellents est sans doute “ hardi; sans témérité cependant, parcequ’il est “ sans témoins.”—L1b. 8. Epist. 9.

Il faut observer que ce ne sont pas les mots, mais les choses que nous devons imiter dans nos modèles. Encore ne s’agit-il pas de prendre leurs pensées toutes crues pour les transporter dans nos écrits. C’est leur esprit et leur goût que nous devons faire passer en nous-mêmes ; c’est-à-dire que nous devons tellement nous remplir de leurs sentiments et de leurs pensées, de leurs expressions et de leurs tours, que nous puissions en disposer comme de notre propre bien, sans gêne, sans contrainte, avec beaucoup d’aisance et de liberté. Ainsi unitoit La Fontaine : Mon imitation nest point un esclavage. Ainsi a imité Malherbe. Par ex: Horace avoit dit :

Pallida mors æquo pulsat pede pauperum tabernas Regum que turres.

Malherbe rend ainsi cette pensée:

La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles : On a beau la prier,

La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier.

Le pauvre, en sa cabane où le chaume le couvre, Est sujet à ses lois;

Etla garde qui veille aux barrières du louvre N'en défend pas nos rois.

Voilà ce qu’on appelle une imitation, et non pas une copie servile. Le poëte Français a même enrichi en quelque sorte la pensée d'Horace en Pamplifiant ; et c’est aussi le but qu’on doit se proposer en imitant, L’imitation deviendroit nuisible, si l’on sc renferimoit Gans le désir de la ressemblance : il faut encore s’eflorcer de surpasser ses modèles, sil est possible ; autrement rien ne se perfectionneroit.

L’imitation mène quelquefois au plagiat. Le plagiat est l’action dun écrivain qui pille ou dérobe le travail d’un autre, et se Pattribue comme son travail propre, soit en le Céguisant, soit sans déguisement. Rien n’est plus révoltant, n1 plus déshonorant pour un homme de lettres, parcequ’il prouve d'un côté Porgueil de Pécrivain, et de Pautre sa stérilité. Aussi a-t-on comparé le plagiaire au frélon qui pille les ruches, à [a fourmi qui enlève le grain, au pirate qui désole les mers, au voleur qui détrousse sur les grands chemins.

Néanmoins l’on a distingué l’auteur qui s’enrichit aux dépens des anciens, de celui qui se revêt des dépouilles des modernes. On a dit que prendre sur Îles modernes, c’étoit larcin ; mais que prendre sur les anciens, c'étoit conquête. Le mieux sans doute est de s’en tenir à ce que permet une imitation noble et généreuse, et de pouvoir toujours dire: cet ouvrage est à moi. Mais on excuse, et quelquefois même on

peut louer celui qui prend chez les anciens; au lieu qu’on blâme toujours celui qui vole les modernes, à moins qu’il ne s’en serve par citations.

4° Exercice de la Composition.

Si les préceptes nous éclairent, nous dirigent, et nous mettent en état de connoître en quoi consiste Le défaut ou la perfection d’un ouvrage ; si la lecture des pièces d’éloquence orne Pesprit, et perfectionne le goût ; si la traduction et limitation des auteurs procure peu à peu la facilité d’écrire, l'exercice de la composition achève de perfectionner lorateur. C’est pourquoi la composition doit ètre comme le fruit de Ja lecture.

Celle-ci enrichit Pesprit, celle-là lui apprend à faire usage de ses richesses. L'exercice dans Part d'écrire, dit Cicéron, est le meilleur de tous les maîtres. Car il en est de l’art de bien dire comme de tous les autres. On ne lacquiert que par l'usage, par un exercice continu, par lPexpérience journalière, dans la quelle les fautes mêmes doivent servir d'avertissement à l’homme d’esprit, sans le décourager. Aussi est-ce une méthode sagement adoptée, de prescrire aux jeunes gens des compositions journalières, où ils puissent appliquer les préceptes qu’on leur à donnés; compositions nécessaires, importantes, aux quels ils ne sauraient jamaisse livrer avec trop d’'ardeur.

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Ce n’est pas à dire toutefois qu’ils doivent se faire gloire de ne douter de rien, d'écrire avec rapidité, et d’enfanter des pages en quelques instants. L'expérience prouve que ceux qui s’abandonnent à cette facilité précoce, et à cette espèce détourderie littéraire, finissent presque toujours par être de mauvais écrivains, et du nombre de ceux à qui on peut appliquer ces vers de Boileau :

Bienhoureux Scuderi, dont la fertile plume

Peut tous les mois sans peine enfanter un volume!

L'es écrits, il est vrai, sans force et languissans,

semblent être formés en dépit du bon sens :

Mais ils trouvent pourtant, quoiqu’on en puisse dire,

Un marchand pour les vendre, et des sots pour les lire. Sal. 11.

Nous dirons donc aux Jeunes compositeurs de revenir sur leur travail, pour en examiner et en corriger les constructions, les liaisons, les tournures, les figures, les expressions même, ct les mots qui présenteroient quelque chose d’impropre, dincorrect, et d'irrégulier. “Corrigez, leur di- “ rons-nous avec le Quintilius d'Horace, corrigez “ ceci, croyez-moi, et encore cela. Vous avez ‘ essayé, vous ne pouvez faire mieux. Ne vous ‘“ découragez pas, essayez encore, et remettez “ sur l’enclume ces endroits défectueux.”

‘ Je prescris la lenteur et une sorte de sollici. “ tude en composant à ceux qui commencent, “ dit Quintilien. L'essentiel est d’abord d’écrire ‘ aussi bien qu’il est possible. La vitesse naitra

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“ de lhabitude..…....Tout se réduit à ces deux “ mots: en écrivant vite, on n’apprend jamais à “ bien écrire; mais en écrivant bien, on apprend ‘enfin à écrire vite.”’—Lib. 10, cap. 5.

Boileau, dans son art poëtique, répète avec une sorte de complaisance ces conseils st longtemps proclamés avant lui; et pour qu’on les retienne mieux, 1l les embellit de toute la précision et de tout Le charme de ses vers :

Travaillez à loisir, quelque orûre qui vous presse, Et ne vous piquez point d’une folle vitesse.

Un style si rapide, et qui court en rimant,

Marque moins trop d'esprit, que peu de jugement, J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Qu'un torrent débordé qui, d’un cours orageux, toule, plein de gravier, sur un terrain fangeux. Hâtez-vous lentement, et sons perdre courage, Vingt fois sur le métier remcttez votre ouvrage : Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Tels sont les moyens les plus efficaces, ou pour mieux dire, les moyens infaillibles de se former à l’art d'écrire, et de parvenir à léloquence.

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