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ne doivent jamais se porter plus haut que les yeux ou la tête, ni descendre ordinairement plus bas que la ceinture, quand on parle debout : 2°: Qu'il est défendu de frapper des mains, soit lune contre l’autre, soit sur la chaire, soit sur sa cuisse ; de compter sur ses doigts, et de les tenir ou trop crochus ou trop écartés: 8° Qu'il est plus digne d’un athlète que d’un orateur, de fermer les poings et de les présenter à son auditoire, et qu’il n’est pas honnête de montrer quelque personne du doigt : 4° Qu'il est très-indecent d’avoir des gestes étudiés, recherchés, affectés, pincés, qui conviennent bien plutôt à la légéreté d’un histrion ou d’un comédien, qu’à la noble gravité du véritable orateur: abesse plurimüm à salialore debet orator, dit Quintilien. Voyez sur cet article le traité des études de Rollin, dernier volume.
3 La JMémoire. La mémoire est la faculté de rappeler dans âme des perceptions et des pensées dont elle a d5jà eu la conscience. Cette faculté est un don de la nature: mais qu’on ne s’y trompe pas, ce don, comme tous les autres avantages naturels, gagne beaucoup à être cultivé. Il n’y a rien, dit Quintilien, qui reçoive plus d’accroissement par la culture que la mémoire, et rien aussi qui se perde d'avantage par la négligence : nihil œquè vel augetur curû, vel negligentià intercidit.
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mémoire est, sans contredit, le temps de la jeunesse. (C’est dans cet âge, en effet, que les fibres plus déliées, plus tendres et plus délicates, contractent plus facilement une habitude de sensibilité qui les rend attentives aux moindres impressions, et qui fait que toutes les sensations qui ariivent à l’âme par leur moyen sy reproduisent plus aisément.
Un bon moyen, et peut-être l’unique, de fortifier sa mémoire, de l’augmenter et de parvenir à lavoir excellente, ce sera donc de l’exercer de bonne heure, de commencer dès l’enfance à la cultiver, d'apprendre beaucoup par cœur, de revenir souvent sur les mêmes choses, et surtout de porter la sévérité jusqu’à ne pas se permettre le moindre changement ni dans les tours de phrase, ni même dans les expressions ; car il n’est rien qui rende la mémoire plus paresseuse, plus chancelante et plus débile, que de lui confier les choses d’une manière vague, incertaine, sans précision et sans exactitude.
En retenant aïnsi mot à mot, l’orateur, non seulement fortifie sa mémoire, mais aussi, ce qui est un avantage bien précieux, il la remplit d’expressions choisies, de tours élégants, de pensées qui sont déjà développées et qu’il retrouve au besoin : d’où il arrive ensuite que chaque fois qu’il répêéte un discours de sa composition, il ne manque jamais de lui donner quelque perfeetion
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Maïs en cultivant sa mémoire, l’orateur ne dut-il s’épargner à lui-même et à ses auditeurs que le seul tourment de se voir sans cesse obligé de relire dans la voûte un discours mal appris, qu’il devroit encore la cultiver avec le plus grand soin. D'ailleurs une autre chose qui tourne toujours au désavantage du discours, c’est que si l’orateur, par défaut de mémoire, pense continuellement à ce qu’il va dire, il ne songe plus à la manière dont il le dit; et dès lors son débit, privé de toute action, n’a plus rien qui intéresse ; tandis que s’il joint une mémoire facile aux autres parties de l’action, il sera sûr de plaire, même en ne disant que des choses communes et ordinaires.
On demandoit à Massillon, lun des plus grands prédicateurs du dernier siècle, quel étoit son meilleur sermon. C’est celui que je sais le mieux, 1épondit-il. Parole d’un grand sens, et qui fait concevoir tout le prix de la mémoire. Faut-il s'étonner après cela que tant de discours plaisent au débit, qui à la lecture sont trouvés médiocres ?