PREF ACE
Si nous avions à démontrer ici l'utilité de l'Histoire, nous nous bornerions à rappeler ce qu’en a dit Bossuet lui-même, en tête de son admirable Discours sur l'Histoire universelle, et cela suffirait amplement; mais que sert-il de s’évertuer à prouver une vérité que personne ne met en doute? Disons, seulement que, prise dans son acception la plus large, l’Histoire n’est autre chose que la représentation en grand de la nature humaine, et qu’elle offre, par conséquent, à Pesprit et au cœur un vaste champ où l’un et l’autre peuvent cueillir à l’aise de riches moissons. Ajoutons qu’on ne saurait inspirer trop tôt aux jeunes gens l’amour et le goût des choses sérieuses, et que nulle étude profane n’est plus propre que celle de Histoire à faire atteindre ce but excellent, Il est au surplus, digne de remarque, qu’un jeune homme, habitué de bonné heure à lire des ouvrages instructifs et moraux, s’adonne r'arement à des lectures légères ou pernicieuses, Cette vérité cet si généralement reconnue, qu’un grand nombre des romanciers du jour s’efforcent souvent d'élever sur quelque ‘:t historique l’échafaudage de leurs œuvres frivoles ou maisairies. Sans le vouloir, peut-être, ils rendent ainsi à l’Histoire le plus magnifique hommage.
Quant à l’ordre à observer dans l’étude de l’Histoire, il est tout tracé d’avance par la nature même des choses, Le Peuple de Dieu, étant le seul de toute l’antiquité qui ait conservé fidèlement, jusqu’à la venue du Messie, le dépôt sacré des vrais principes de la morale, qui sont la base de toute éducation véritable, il convient, sans contredit, de donner à son histoire le rang suprême. Puis viennent:
lo. iHistoire ancienne.—"* Les anciens empires, dit Bossuet, ont, pour la plupart, une liaison nécessaire avec l’Histoire du Peuple de Dieu. Le Seigneur s’est servi des Assyriens
1v PRÉFACE,
et des Babyloniens pour châtier ce Peu le rétablir ; d'Alexandre ct de ses le protéger: d’Antiochus lillustre ct de ses successeurs, pour
l'exercer; des Romains, Pour soutenir sa liberté contre les rois de Syrie, qui ne songeaient qu’à le détruire.”
ple; des Perses, pour premiers successeurs, pour
ces ruines, le seul Empire l’Empire de Jésus-Christ,
Moyen-Age. —Cette période, d'environ dix hute du vieux au. Le polyurs du monde p de grâce; le n, qu’il écrase
théisme, si profondément enraciné dans les mœ Païen et barbare, reçoit du Christianisme le cou règne du Sauveur s'établit sur l'empire de Sata d’un poids divin; le despotisme le plus cruel, le plus insupportable, fait place à une politique chrétienne et relativement
douce; puis, de l'union étroite de la religion et de la politique, naît une nouvelle force qui 8’
a période comprise entre l'inva-
unis géles peuples Couraient après d’autres
us ne s’appliquaient pas en même ten\ps à chercher premièrement le règne de Dieu et sa jus-
tice’”’, tous n'évitaient Pas, non plus, de tomber dans les abtmes de l'erreur, en religion, en philosophie et en politique.
La Renaissance des Lettres ei des Arts coïncide avec la prétendue Réforme, qui amène à sa suite Jes guerres de religion,
8 Perses, pour Ccesseurs, pour csseurs, pour contre les rois
bant les uns tes on de leurs ieu de toutes oit promise :
l’'environ dix ute du vieux u, Le polyrs du monde de grâce; le qu’il écrase plus insuprelativement la politique, ntaux paset sort enfin
ntre l’invans 11e COMpnieux rem- 8, éclairés soumis gées peuples 8 d’autres | en même | et sa jusns les abtlitique.
rec la préreligion.
PRÉFACE. v
Puis, les nations protestantes sont reconnues et admises dane la politique européenne par le fameux traité de Westphalie. Une philosophie toute matérialiste vient ensuite prêter mainforte à cette fausse politique née en dehors de l'idée religieuse, et, l'Ére révolutionnaire commence, pour ne plus s'arrêter que quand les nations seront enfin décidées à rentrer dans la voie droite et sûre que Dieu leur a tracée,
à Dans cette période, relativement restreinte, il y a, sans aucun doute, une multitude de faits éclatants et glorieux, que nul ne peut nier: la foi, l'espérance et la charité enfantent encore des prodiges ; mais, s’il y a lieu d'admirer quelquefois, trop souvent aussi, par malheur, on y rencontre bien des sujets capables de faire gémir le cœur d’un véritable chrétien.
On ne saurait, à coup sûr, retirer de l'étude d’un simple manuel d'histoire tout le fruit que nous venons d'indiquer à la hâte; car, après tout, un abrégé n’est pas plus un cours,
‘qu’un sommaire n’est une science, qu’un plan n’est un édifice;
encore est-il nécessaire, néanmoins,—en histoire comme en tout le reste, —de procéder du simple au composé, du facile à ce qui l’est moins. Faute d'y réfléchir, sans doute, certains beaux esprits n’ont que de superbes dédains pour les abrégés en général et pour ceux d'histoire en particulier. A quoi bon, disent-ils, bourrer la tête des enfants de tant de faits qu’ils ne comprennent point, et de tant de dates aussi vite oubliées qu’apprises? Partant de là, ils ne demandent rien moins que l’anéantissement des ouvrages élémentaires. A les en croire, il faudrait peut-être, par exemple, commencer ses études sur l’histoire par de Ségur et Rollin, en passant par Rohrbacher. Autant vaudrait, pour être logique, mettre entre les mains des enfantsla Grammaire des Grammaires, le Dictionnaire universel de la langue française, le Cosmos de Humbolt ou la machine arithmétique de Pascal.
Si l’on ne considère que la réponse, parfois très-courte, qui se trouve dans l’abrégé, et que l'élève doit apprendre mot à