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eux-mêmes, et un raillier de victimes sans défense furent massacrées dans la cathédrale. D'autres villes eurent le même sort, et l’on ne pouvait faire en Irlande un pas sans y trouver des restes d'incendie et des traces de sang.
21. Les exécutions partielles ne remplissant pas le but que l'Angleterre se proposait, Cromwell en revint à l’idée de coloniser l'Irlande par des populations protestantes. Dans l'impossibilité d’exiler de leur pays tous les Irlandais, voici ce que l'on fit: sur quatre provinces dont se compose l'Érlande, on résolut d'en peupler trois de protestants et de n'admettre de catholiques que dans la quatrième ; non que celle-ci dût être sans protestants, mais co scrait la seule où il serait permis à des catholiques irlandais de résider: ce fut le Connaught, auquel on joignit le comté de Clare. Alors, tous ceux à qui la guerre avait tout enlevé, de même que tous ceux qui, par leur pauvreté, avaient été épargnés, furent contraints de 8e retirer dans le Connaught. ‘“ Cette mixérable population, dié M. de Beaumont, était cependant ce qu'il y avait de plus noble en Irlande ; elle emportait avec elle la foi religic 180 de ses pères et l'amour dela patrie. Tout l'avenir de l'Irlande était là. ” Une fois entrésen Connaught, les catholiques y furent parqués comme un vil bétail ; il leur fut interdit, sous peine de mort, de dépasser la limite qui leur était fixée. Il y a encore en Irlande un dicton qui date du temps de Cromwell. Quand on veut du malà un ennemi, on lui crie: Go to hell or to Connaught! Vaen enfer ou en Connanght !
22. On aurait pu croire que le roi M eee Charles IL, reveuant sur son trône, la pauvre Irlande aurait quelque répit, et que,sous un Stuart qui penchait vers le catholicisme, le pays catholique par excellence jouirait d'un peu de bonheur. Mais non! ce faible monarque, tremblant devant les covenantaires, par timidité continua à poursuivre les catholiques comme avaient
31. Quelle mesure prit l'Angleterre en vue de faire disparaître la population irlandaise ?—22, Quelle fut ia conduite de Churies IX vis-à-vis de l'Irlande ?
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fuit ses prédécesseurs ; il ordonna qu'on exécutât en Irlande les lois pénales ; il suspendit la liberté indivi. duelle, de peur que les [rlandais ne vinssent lui demander justice en Angleterre. Lui, rentrant dans ses tats, reprenant possession de ses palais, ne fit pas rentrer dans leurs domaines les partisans de sa cause ; la crainte de ses surveillants covenantaires le rendit ingrat.
. 28. Tout roi d'Angleterre, au XVIIe siècle, .devait se résigner à n'être ni juste ni humain envers une artie de ses sujets pour pouvoir gouverner l’autre, our plaire aux Anglais, pour obtenir lours vivats, il fallait faire souffrir, gémir et pleurer l'Irlande, Jacques 11, frère de Charles II et son successeur, était d’un caractère trop élevé pour feindre d’autres sentiments que ceux qu'il avait au fond de l'âme, ot pour condescendre à seconder une croyance qui n’était pas la sienne, aussi perdit-il ses trois royaumes, comme nous avons vu plus loin, avant que le sceptre se fût brisé dans ses mains. Ce monarque, honnête homme, avait tenu vaillamment l'épée sur les bords de la Boyne; mais, malgré son courage, la fortune lui fut contraire, et le chemin du bannissement s'ouvrit devant lui. S'il eût été vainqueur, si l'ingratitude de Guillaume et de Marie n'avait pas obtenu contre le roit un de ces succès que la Providence accorde parfois dans ses décrets impénétrables, la catholique Irlande eût rospiré en paix sous le règne de Jacques II. 24. Les persécutions sanglantes avaient cessé, et si le glaive n'était plus tiré contre les Irlandais catholiques, les lois pénales pesaient sur eux d’un poids immense. D'un bout à l’autre de ce code de lois pénales se retrouve une satanique habileté, et chacune d'elles cache sous des termes de tolérance une odieuse tyrannie. Ainsi, ce peuple, qui à prouvé que nulle violence, si cruelle qu’elle fût, ne saurait lui arracher
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23. À quoi devait se résigner tout roi d'Angleterre, au XVIIe siècle, eh montant sur le trône ? Quelle conduite tint Jacques II, à son avénoment ?—24. Après les perséoutions sanglañtes, les Ir-
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sa foi religieuse, aura toujours son église et son prêtre, et du moins il pourra croire qu'on ne veut plus lui enlever ni l’un ni l’autre; mais, en même temps que la pratique du cuite catholique et la présence du prêtre sont tolérés en Irlande, au moins tacitement, une loi est rendue qui bannit à perpétuité du royaume d'Irlande tous les évêques, archevêques ou pe ra ecclésiastiques quelconques ayant pouvoir de conférer les ordres religieux. C'était, en d'autres termes, dire que le culte catholique cesserait en Irlande avec la génération des prêtres alors existants. Des primes sont promises aux dénonciateurs qui signaleront la présence des prélats papistes en Irlande; et si des
rêtres y sont tolérés, ce sera à trois conditions: 1°
y prêter le serment d’abjuration; 2° de faire enregistrer leurs noms à la cour des sessions et de fournir
eux cautions, chacune de cinquante livres sterlings, en s’engageant à ne point sortir du comté ; 3° de n'officier que dans la paroisse pour laquelle ils ont été inscrits.
Le fameux Edmond Burke a dit, en parlant du système de persécution contre l'Irlande, que c'était le plus habile et le plus puissant moyen d'oppression qui ait jamais été inventé par le génie pervers de l’homme pour ruiner, avilir, dépraver une nation et corrompre en elle jusqu'aux sources les plus inaltérables de la nature humaine.
26. Vers l'an 1776, les malheureux Irlandais conçurent l'espoir de leur affranchissement. L'indépendance américaine leur fit croire à l'indépendance irlandaise. La déclaration de l’affranchissement des États-Unis eut, comme chacun sait, un grand retentissement par le monde et agita la plupart des peuples ; elle n’effraya, elle ne consterna que l’Angleterre, qui voyait une de ses colonies lui échapper et de province soumise se faire sa rivale. À voice from America shouted to liberty, dit Flood-Hardy. Aussi,
dès 1778, le gouvernement anglais se vit obligé de
25, Qu’arriva-t-il à l’époque de l’indépendznce américaine ?
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258 HISTOIRE MODÉRNE.
réformer plusieurs des lois pénales qui avaient posé le lus sur l'Irlande. On abolit le droit qu'avait le fils ‘un Catholique, en se faisant protestaut, d'être saisi de la propriété de son père, et de dépouiller celui-ci de la libre disposition de ses biens, dont il n'était plus que le fermier ou l'administrateur comptable envers son fils.
26. La guerre de l'Angleterre avec ses colonies n'avait pas produit seulement sur l'Irlande: un effet moral, elle exerça sur le pays une influence que l'on
eut en quelque sorte appeler matérielle. Les alliés
e l'Amérique menaçant les côtes d'Irlande, sa su-
erbe dominatrice lui permit d’armer ses enfants, de
es enrégimenter comme volontaires pour défendre le sol natal. Alors, comme par un mouvement universel et spontané, ce pays si longtemps esclave se couvre d’une milice volontaire animée d'enthousiasme, et qui mêle à son espoir de repousser les attaques étrangères, la pensée de rendre moins lourd le joug de l’Angleterre. A dater de cette époque, l'Irlande respire un peu, etle monarque anglais apprend qu'il y vient de surgir une nation redoutable avec laquelle il faudra compter.
27. En 1782, le parlement irlandais se fait indépendant et proclame le principe délibéré hautement
ar les volontaires, qu'aucun pouvoir en ce monde n’a e droit de faire des lois obligatoires pour l'Irlande si ce n’est le roi, les lords et les communes irlandaises. Dans la foule des combattants parlementaires, il faut distinguer un grand chef, un précurseur d'O’Connell, Henri Grattan. C'estsursa parole vivo et puissante que le parlement d'Irlande adressa au roi cette déclaration énergique. ‘“ Que lessujets de l'Irlande sont un peuple libre ; que la couronne d'Irlande est une couronne impériale inséparablement unie par un lien d'où dépendent le bonheur et l'intérêt des deux peuples; mais que le royaume d'Irlande est un royaume
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26. Quel effet produisit sur l’Irlande la guerre de l’Angleterre avec ses colonies ?—27, Qu’obtint l'Irlande en 1782? Quel chef distingué parut alors dans l’arène parlementaire ?
distinct, :
particuliè our faire es lords € 28. Par 60000 hon d'Irlande, lit expres:
l’Angleter fut à la su fendait à 5 livres s aux prote:
pistes, fu montré ui tôt envah 29. Sou landais d tous les d arlemen ilyeutu reusemen dre. Air ce, ot la semblé d justices.