ABJURATION
'L'abjuration est la déclaration publique par laquelle on renoncé & une hérésie ou à une erreur, ou, en d'autres termes, c*est le serment
f)ar lequel un hérétique converti renonce à ses erreurs et fait profession de la foi catholique ; cette cérémonie est nécessaire pour qu*il puisse être absous des censures qu'il a encourues et être réconcilié à l'Eglise. Abjuratio, secundum nominis etymologiam , idem sîgnificat quod jurejurando negare, secundum rem vero, ut hœresum detestatio cum asaertione catholicœ veritatis.
Dans le droit canon, on trouve quelquefois le mot d'abjuration ou d'abjurer, employé en un autre sens. Il y a dans le chapitre Cum haberet, de Eo quiduxit, etc , abjurare adulteram^ pour dire abandonner l'adultère; mais l'usage ne permet de se former ni doute, ni équivoque Bur le sens de notre définition.
Les protestants, ditBergier (1), ont souvent tourné en ridicule les conversions et les abjurations de ceux d'entre eux qui rentrent dans le sein de l'Église catholique ; pour prévenir cette espèce de désertion, ils ont posé pour maxime qu'un honnête homme ne change jamais de religion. Ils ne voient pas qu'ils couvrent d'ignominie , non seulementleurs pères, mais les apôtres de la prétendue réforme, qui ont certainement changé de religion et qui ont engagé les autres à en changer; ils rendent suspectes les conversions des Juifs, des mahométans , des païens qui se font protestants ; et leur censure retomb'e même sur tous ceux qui se sont convertis à la prédication des apôtres. Leur maxime ne peut être fondée que sur une indifférence absolue pour toutes les religions, par conséquent sur une incrédulité décidée.
Dans tous les temps. TÉglise a exigé des hérétiques et des schismàtiques, prêtres ou laïques, qui voulaient rentrer dans son sein, Y abjuration ou rétractation de leurs erreurs. Dès le temps du premier concile de Nicée, nous voyons que les hérétiques étaient tenus de confesser par écrit qu'ils recevaient les dogmes de l'Église catholique. De his qui se nominant catharos, id est mundos {species erat novaitanorum) si aliquando venerint ad Ecclesiam eatholicam, placuit sancto eoncilio ut impositionem manuum recipientes, sic in clero permaneant. Hœc autem prœ omnibus eos convenit scriptis confiteri, quod catholicœ Ecelesiœ dogmata suscipiant; id est et bigamis se commnnicare, et his qui in persecutione prolapsi sunt ergà quos et spatia constituia et tempora {pœnitentiœ) definita, ità ut Ecelesiœ dogmata sequantur in omnibus. (ConcU, Nicœn. I, can. 8.) Le second concile de Nicée a renouvelé ce canon, en l'appliquant aux erreurs de ce temps. C'est en vertu de ces mêmes principes qu'on oblige toujours les protestants qui se Convertissent à abjurer les erreurs de la prétendue religion réformée.
Depuis on exigea des prêtres qui avaient prêté serment à la con-
(1) Dictionnaire de théologie.